Éd. Delphine Amstuntz, Paris, Hermann, 2017. ISBN 9782705694777. 182 p.,19,00 €.
Source: SIEFAR
Éd. Delphine Amstuntz, Paris, Hermann, 2017. ISBN 9782705694777. 182 p.,19,00 €.
Source: SIEFAR
Dir. Catherine Gaullier-Bougassas et Catherine Dumas. Turnhout, Belgium, Brepols Publishers n.v, coll. "Alexander redivivus" 9, 2017. ISBN: 978-2-503-56981-9. 451 p. 85€.
À partir de la fin du XVe siècle et surtout des XVIe et XVIIe siècles, le plus spectaculaire renouvellement esthétique de la figure d'Alexandre le Grand vient de la création d'un théâtre, puis d'un opéra, qui lui sont consacrés. Or la naissance et le développement en Europe de ces écritures dramatiques puis lyriques sur le Macédonien n'ont été jusqu'ici que très peu étudiés. Les œuvres, nombreuses et très diverses, témoignent d'une inventivité certaine et constituent un pan important de la réception de son histoire et de sa légende. En Europe occidentale, la composition des premières pièces de théâtre, d'abord surtout des tragédies, succède aux traductions humanistes de Quinte-Curce, de Justin et de Plutarque. Elle relance un processus de jeu avec l'Histoire et de mise en fiction que les auteurs de ces traductions avaient précisément cherché à arrêter après les libertés médiévales. Aux XVIIIe et XIXe siècles, si les pièces de théâtre qui s'écrivent encore sont moins souvent représentées que celles du XVIIe siècle, de très nombreux opéras contribuent à façonner durablement les représentations du conquérant en Europe occidentale, tandis dans le monde hellénique le théâtre d'ombres s'approprie le personnage antique comme figure de sauveur. Alexandre prend ainsi vie, avec son entourage, dans des genres dramatiques et lyriques divers, les auteurs l'adaptent avec la plasticité qui caractérise son personnage. Il incarne toujours un prestige qu'ils s'approprient, pour susciter l'admiration, parfois la pitié, moins souvent l'indignation ou le rire.
Cet ouvrage constitue le premier volume collectif consacré aux réinventions d'Alexandre et de son entourage en héros dramatiques et lyriques. Il réunit dix-neuf articles sur les littératures et les spectacles français, néo-latins, espagnols, italiens, anglais, germaniques et néo-helléniques, et se termine par des répertoires des œuvres fançaises, espagnoles, italiennes, anglaises et germaniques.
Catherine Gaullier-Bougassas est professeur à l'Université de Lille 3 et a publié de nombreuses études sur la réception de la figure d'Alexandre le Grand.
Catherine Dumas est maître de conférences à l'Université de Lille 3, spécialiste du théâtre européen du 17e siècle.
http://www.brepols.net/Pages/ShowProduct.aspx?prod_id=IS-9782503569819-1
Paris, Classiques Garnier, 2017. ISBN 9782406058687. 137 p. 30€.
Pour montrer le principe fondateur de la théorie des idées chez Antoine Arnauld, cet ouvrage convoque l’abstraction d’esprit. Il montre comment, en suivant ce principe mis en place dans La Logique et appliqué dans le Des vraies et des fausses idées, Arnauld reprend et prolonge le projet cartésien.
Edité par Olivier Leplatre ; préface de François-Xavier Cuche. Genève, Droz, Cahiers du GADGES 14, 2017. isbn 978-2-36442-074-8. 470 p., 60 ill. n&b., br., 41.71 €.
Emblème d’un siècle ambivalent vis-à-vis des arts de représentation, iconolâtre autant qu’iconophobe
Fénelon témoigne dans son oeuvre d’un complexe du visible. Chez lui, dialoguent en
tension les plus grandes réticences et l’intérêt stratégique voire le goût profond pour l’image.
Les études rassemblées ici sondent et comparent les divers pans d’un corpus divers qui assemble
fictions, essais pédagogiques et esthétiques, et bien entendu prose spirituelle. Ce balayage permet
une grande pluralité des approches qui saisissent les enjeux et les soubassements d’une pensée,
d’une croyance et d’une sensibilité à la fois inquiétées et passionnées par le pouvoir de l’image.
Pour partie, Fénelon met en soupçon, éventuellement refuse les images, jugées risquées parce que
séductrices, trompeuses, illusoires (le pur amour quiétiste est fondamentalement sans vision).
Mais il sait aussi ne pouvoir se passer du régime de l’image, concrète et mentale, pour toucher
et persuader les hommes auxquels il s’adresse et que les sens rendent incapables de s’élever spontanément
à l’abstraction des idées ou de la foi. Le lecteur trouvera dans ce volume un croisement
de perspectives : spirituelles, littéraires, stylistiques, esthétiques, didactiques, éditoriales…
L’enquête conclut à la place centrale et éminemment problématique que l’oeuvre de Fénelon n’a cessé d’entretenir avec les différents modes de la figuration.
Genève, Droz, Travaux du Grand Siècle 43, 2017. ISBN 978-2-600-05797-4. 416 p. 65.40 €
Helléniste remarquable, Jean Racine se distingue de tous ses contemporains, et de Corneille en particulier, par le retour incessant à la tragédie grecque. C’est en traduisant Aristote, en annotant les pièces athéniennes et en adaptant Euripide sur scène, qu’il retrouve le secret du « héros tragique », ni tout à fait coupable ni tout à fait innocent. En bousculant les codes dramaturgiques de l’époque, Racine fera de sa découverte le symbole d’une « révolution » dans l’art de fabriquer des tragédies. L’ouvrage se propose de reconstruire l’évolution de cette « révolution racinienne », en explorant son origine grecque et ses manifestations les plus explicites, à savoir les quatre pièces inspirées d’Euripide : La Thébaïde, Andromaque, Iphigénie et Phèdre. La lecture croisée de l’ensemble des sources permet de décoder le palimpseste racinien en laissant émerger le rôle crucial joué par le texte euripidéen sous-jacent. Pourtant, en véritable caméléon, Jean Racine n’hésitera pas à sacrifier son souffleur athénien et sa propre révolution sur l’autel du succès.