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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Personnage en séries, séries de personnage
Posted: Sunday, October 15, 2017 - 11:17

17-18 mai, Université de Caen Normandie

Propositions : 15 décembre 2017

Depuis quelques années, le récit sériel et les conséquences de ses formes sur la narration, notamment cinématographique et télévisuelle, interroge. En parallèle à ces travaux et réflexions, ce colloque pluridisciplinaire veut aborder la sérialité sous l’angle particulier du personnage, qu’il soit télévisuel, cinématographique, littéraire, pictural ou dessiné. Il s’agira de s’intéresser à la sérialité de ces personnages inscrits dans une temporalité longue et fractionnée, et de s’interroger sur ce que cette forme d’existence produit, permet, contraint, ce qu’elle révèle peut-être aussi du statut de personnage, en général et dans chaque art en particulier.

L’histoire de l’art est traversée, de manières extrêmement variées, de personnages récurrents. Un  même personnage ou un même type de personnages peut être représenté à plusieurs reprises (les dix portraits de son oncle Dominique Aubert par Paul Cézanne[1], la série des Monomanes de Théodore Géricault[2]) ou revenir de manière régulière sur des supports et sous des traits différents (Superman[3], Fantomas[4], James Bond[5]). Un même acteur peut incarner le même personnage dans une série de films mais aussi jouer plusieurs personnages dans une même œuvre, que ce postulat soit inscrit dès le départ[6] ou fruit d’un travail d’adaptation[7]. La sérialité peut aussi constituer un regard critique et analytique sur un personnage d’origine, le modèle réel ou déjà sa représentation (les variations de Francis Bacon à partir du portrait par Velazquez du Pape Innoncent X). Autant de cas de figures, non exhaustifs, dans lesquels des auteurs travaillent sur la récurrence et, d’un art à l’autre, offrent le personnage sériel comme objet d’étude.

Les interventions pourront s’inscrire dans différents axes :

(Dé)Construction du personnage sériel :

Les personnages revenant de manière récurrente peuvent vieillir d’aventure en aventure ou au contraire évoluer dans un éternel présent (le Little Nemo de Winsor McCay[8]). Les stratégies narratives mises en place par l’auteur ou les auteurs pour satisfaire au jeu entre répétition et nouveauté propre au retour d’un personnage, synthétisé par la notion de héros bibliothèque (Huftier), pourront faire l’objet d’interventions, de même que les différences entre héros de séries évolutives ou fermées, ou encore le changement de statut et de fonction d’un personnage au fil du récit sériel : de quasi figurant ou personnage secondaire à héros ou antagoniste principal, un personnage peut en effet prendre une importance considérable au fil d’un récit qui s’inscrit dans la durée ou reprend après une interruption (prévue ou non), et inversement (Baroni), que l’on pense aux personnages de la saga des Rougon-Macquart d’Emile Zola[9] ou à certains personnages de Breaking Bad[10].

Personnage sériel et inter/transmédialité :

Les interventions pourront s’interroger sur des personnages sériels circulant d’un support à l’autre, parfois dans le même temps d’un pays à l’autre : qu’advient-il de Sherlock Holmes, héros des romans anglais de Sir Arthur Conan Doyle lorsqu’il prend vie au cinéma sous les traits du britannique Basil Rathbone[11] puis de l’américain Robert Downey Jr[12], avant de devenir le personnage principal de la série télévisée anglaise Sherlock sous les traits de Benedict Cumberbatch[13]? D’une autre manière, le personnage de Buffy change lui aussi de support, ce changement suivant l’évolution de l’héroïne : née au cinéma, Buffy se développe ensuite au sein d’une série télévisée avant que ses aventures ne continuent en bande dessinée[14]. Le personnage rentre ainsi à deux reprises dans une logique sérielle, passant de la télévision au comics : la Buffy dessinée est-elle la même que la Buffy incarnée par Sarah Michelle Gellar ?

Dans ce cadre là, il pourra également être intéressant de s’interroger sur le développement d’un personnage adapté d’un support quand la chronologie de l’adaptation dépasse celle de l’original : ainsi la série télévisée Game of Thrones[15] commence-t-elle comme une adaptation des romans de George R. R. Martin avant que l’évolution des personnages à la télévision ne rattrape puis ne dépasse leur état dans le roman. Comment un personnage s’émancipe-t-il ou accomplit-il alors l’arc narratif qui était le sien dans le roman et quelles conséquences cette émancipation pourra-t-elle avoir sur le texte à venir ? Plus généralement, comment le processus d’adaptation et celui de sérialisation dialoguent-ils ?

Economies sérielles :

Une des spécificités du développement sériel d’un personnage est la place que peuvent prendre, dans son évolution, les réactions de ceux qui suivent ses aventures : qu’il s’agisse d’Eugène Sue recevant pendant l’écriture des Mystères de Paris[16], des courriers de lecteurs lui demandant le retour de tel ou tel personnage ou des forums consacrés à des séries télévisées ou des films dans lesquels les fans réagissent, formulent des hypothèses quant au devenir de l’un ou l’autre de leur héros, les adeptes d’un personnages s’investissent dans son évolution. Ces (tentatives d’) interventions viennent-elles contrer la liberté des auteurs voire des autres lecteurs/spectateurs (Jouve)? Quelles places prennent-elles (avec ou contre l’auteur/les auteurs) dans la construction du récit sériel qui parfois subit mais parfois aussi intègre, voire se nourrit à la fois de ces commentaires mais également de ses conditions de productions et de ses incertitudes (Goudmand).

Les interventions  pourront également étudier la réception et les attentes spécifiques par rapport à ce type de personnage et, dans certains cas, la naissance d’un nouveau personnage qui en émane, ni la créature de fiction ni l’acteur qui l’incarne mais les deux à la fois (Chalvon-Demersay). Elles pourront s’attacher à questionner les spécificités du héros sériel selon les genres dans lesquels il se développe : souvent attaché aux genres et auteurs populaires, le héros sériel se retrouve néanmoins aussi dans des genres ou chez des autres dits nobles ou auquel le temps a rendu leur noblesse[17]  : y existe-t-il et s’y développe-t-il alors selon les mêmes modalités (narratives, esthétiques) ? Participe-t-il ou a-t-il participé à faire bouger certaines frontières ? Dans tous les cas, il s’agira de croiser les approches et les disciplines afin de proposer quelques hypothèses sur la spécificité du personnage sériel.

 

Les propositions de communications d’une quinzaine de lignes sont à envoyer pour le 15 décembre 2017 à helene.valmary@unicaen.fr. Elles seront évaluées par un comité scientifique constitué de Julie Anselmini (MCF, Université de Caen, LASLAR EA4256), Fabien Boully (MCF, Université Paris Nanterre, EA4414 HAR), Claire Cornillon (MCF, Université de Nîmes, RIRRA 21), Stéphanie Loncle (MCF, Université de Caen, CRHQ EA7455), Camille Prunet (Université de Toulouse-Jean Jaurés, LARA-SEPPIA, EA4154), David Roche (PR, Université Toulouse Jean Jaurès, DEMA/CAS EA 801).

 

Bibliographie indicative

Raphaël BARONI, « Intrigues et personnages des séries évolutives : quand l’improvisation devient une vertu », in Raphaël Baroni et François Jost (dir.), « Repenser le récit avec les séries télévisées », Télévision n°7, Paris, CNRS éditions, 2016, pp. 31-48.

Sabine CHALVON-DEMERSAY, « Enquête sur l'étrange nature du héros de série télévisée », Réseaux 2011/1 (n° 165), pp. 181-214.

Umberto ECO, De Superman au surhomme, Paris, Grasset, 1993.

Vincent JOUVE, L’effet-personnage dans le roman, Paris, Presses universitaires de France, 1992.

Anaïs GOUDMAND, « "Oh my God ! They’ve killed… !" Le récit sériel entre autonomie et hétéronomie : conséquences du départ non planifié des acteurs », in Raphaël Baroni et François Jost (dir.), « Repenser le récit avec les séries télévisées », Télévision n°7, Paris, CNRS éditions, 2016, pp. 65-83.

Arnaud HUFTIER, « Vertiges de la série : M. Wens de S.-A. Steeman ou réécrire la répétition », in Jean-Paul Engélibert, Yen-Maï Tran-Gervat, La littérature dépliée, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, pp. 383-395.

Murray SMITH, Engaging Characters, Oxford, Clarendon Press, 2004.

 

[1] Durant la même période de 1866, Cézanne peint une dizaine de portraits de cet oncle, sous des angles différents, avec des déguisements variés (en moine, coiffé d’un turban ou d’un bonnet de coton).

[2] Il est question de dix toiles dont cinq seulement auraient survécu, peintes aux alentours de 1820 : Le Monomane du commandement militaire, Le Monomane du vol, Le Monomane du vol d’enfants, La Monomane de l’envie, La Monomane du jeu.

[3] Créé par Joe Shuster et Jerry Siegel en 1938, le personnage de Superman a vu ses aventures déclinées dans plus d’une dizaine de comics écrits par différents scénaristes et dessinateurs. Il a été également adapté en feuilleton radiophonique et au cinéma sous les traits de Christopher Reeve (la tétralogie Superman de 1978, 1980, 1983, 1987), Brandon Routh (Superman Returns, Bryan Singer, 2006), Henry Cavill (Man of Steel, Zack Snyder, 2013).

[4] Créé par Pierre Souvestre et Marcel Allain et développé entre 1911 et 1913 dans une trentaine de romans, Fantômas a connu au cinéma les traits de différents acteurs (René Navarre chez Louis Feuillade en 1913-1914 ou encore Jean Marais dans les adaptations de André Hunebelle [Fantômas, 1964 ; Fantômas se déchaîne, 1965 ; Fantômas contre Scotland Yard, 1967])

[5] Le personnage de James Bond a été créé par Ian Fleming dans le roman Casino Royale en 1953 et a vu ses aventures déclinées dans 12 romans et 9 nouvelles par cet auteur. Après sa mort en 1964, plus de 8 auteurs se sont succédés pour raconter de nouvelles aventures du personnage. Dans le même temps, James Bond a été adapté au cinéma sous les traits de différents acteurs : entre autres, Sean Connery entre 1962 et 1967 ; Roger Moore entre 1973 et 1985 ; Pierce Brosnan entre 1995 et 2002 ; Daniel Craig depuis 2006.

[6] On peut penser par exemple au cinéma à Sabine Azéma et Pierre Arditi dans Smoking/No Smoking (Alain Resnais, 1993) ; Denis Lavant dans Holy Motors (Leos Carax, 2012) aux acteurs de Cloud Atlas (sœurs Wachowski, 2012). Dans la série télévisée, évoquons American Horror Story (Brad Falchuk, Ryan Murphy, FX, 2011-) et son principe de faire revenir à chaque saison les mêmes acteurs dans de nouveaux rôles.

[7] Ainsi Gwénaël Morin évoque-t-il une adaptation de l’Antigone de Sophocle dans le cadre du Théâtre Permanent des Laboratoires d’Aubervilliers : « Nous avons décidé au regard de la construction de la pièce de Sophocle qui ne fait jamais apparaître plus de trois personnages en même temps, (…) que les personnages (…) puissent être interprétés par un même acteur (…). Si nous faisons jouer Antigone et Hémon par le même acteur par exemple, cela permet au moment où Créon porte le corps d’Hémon, son fils, mort, de porter aussi le corps de l’acteur qui joue Antigone. Il porte les deux morts en même temps. Il y a ainsi une sorte d’évidence de la dramaturgie.», http://www.leslaboratoires.org/article/antigone-discussion-collective, page consultée le 14 août 2017. 

[8] Entre 1905 et 1914, Winsor McCay publie hebdomadairement dans le New York Herald Tribune les aventures de son Little Nemo in Slumberland : chaque planche déroule le récit d’un rêve du petit garçon Nemo qui, systématiquement, à la dernière case, se réveille.

[9] Vingt romans écrits entre 1871 et 1893 mettant en scène cinq générations d’une même famille.

[10] Breaking Bad, Vince Gilligan, AMC, 2008-2013.

[11] On compte une série de 14 films (entre 1939 et 1946) avec Basil Rathbone dans le rôle de Holmes et Nigel Bruce dans celui de Watson, la plupart réalisés par Roy William Neill.

[12] Sherlock Holmes, Guy Ritchie, 2009 ; Sherlock Holmes : jeux d’ombres, Guy Ritchie, 2011.

[13] Sherlock, Mark Gatiss, Steven Moffat, BBC One, 2010-2017.

[14] Buffy, Fran Kuzui, 1992 ; Buffy contre les vampires, Joss Whedon, The WB/UPN, 1997-2003 ; Buffy contre les vampires, Joss Whedon, 2007-.

[15] Games of Thrones, David Benioff, D. B. Weiss, HBO, 2011-.

[16] Les Mystères de Paris furent publiés en feuilleton dans Le Journal des débats en 1842-1843.

[17] Pensons au cinéma au personnage d’Antoine Doinel chez François Truffaut (Les 400 coups, 1959 ; Antoine et Colette, 1962 ; Baisers volés, 1968 ; Domicile conjugal, 1970 ; L’Amour en fuite, 1979) ou à Paul Dédalus chez Arnaud Desplechin (Comment je me suis disputé… ma vie sexuelle, 1996 ; Un Conte de Noël, 2008 ; Trois souvenirs de ma jeunesse, 2015).

Source: Fabula

Appel à contributions: Cahiers ERTA nos 17-18 : "Paresse, repos, farniente"
Posted: Sunday, October 15, 2017 - 11:14

Ne rien faire tout en ayant beaucoup à faire. Ne plus rien faire après avoir fait beaucoup. Ne rien faire, tout court. Les modalités de cet état sont nombreuses, de même que ses causes et effets. Souvent désirable, parfois douloureux, il constitue, surtout aujourd’hui, le négatif du modèle dominant de l’efficacité pratique.

Paradoxalement, par cela même, cet état – qu’on l’appelle paresse, repos ou farniente – offre un espace propice à la littérature. D’une part, il est une des conditions principales de l’existence même de celle-ci : sans ce vide temporel, ni l’écriture ni la lecture ne seraient possibles. D’autre part, il constitue l’un des sujets privilégiés du roman et de la poésie dans la mesure où il permet de se concentrer sur ce qui échappe à d’autres types de discours, à savoir sur la vie intérieure. Dans le même temps, ne rien faire signifie (s’)ouvrir sur un néant, sur un revers de l’activité, fondement de la civilisation. Enfin, écrire est-ce ne rien faire ?

Le numéro suivant des Cahiers ERTA propose de réfléchir sur différents aspects de cette activité paradoxale qu’est ne rien faire, en l’occurrence sur la façon dont l’aborde la littérature française et francophone.

Calendrier :                                                  

  • avant le 30 juin 2018 : adresser un article (d’une longueur d’entre 25 000 et 30 000 signes, notes et espaces compris) à l’adresse suivante : ertafr@ug.edu.pl,
  • 30 septembre 2018: décision du comité de lecture,
  • 30 octobre 2018 : remise des articles respectant la feuille de style,
  • mars et juin 2019 : publication des numéros, respectivement 17 et 18 (version électronique)
  • décembre 2019 : publication du volume (version papier)

 

Indépendamment de ses numéros thématiques, la revue accepte des articles divers dans ses rubriques « Varia » et « Commentaires ».

Site internet : http://www.ejournals.eu/CahiersERTA/

Appel à communications: L’écrit et le « sculptural »
Posted: Sunday, October 15, 2017 - 11:08

Colloque organisé à l’Université Toulouse - Jean Jaurès  par Claire Gheerardyn et Benoît Tane (LLA-CRÉATIS)

Les mercredi 12 et jeudi 13 Juin 2019

Propositions: 19 novembre 2017

Lorsque Christian Prigent écrit dans Le Sens du toucher  (2008): « Il m’arrive en écrivant, d’avoir la sensation vive de rouler les mots entre mes doigts, comme des concrétions de matières », il semble répondre de manière lointaine à Théodore de Banville qui, dans une fameuse « Odelette » dédiée à Théophile Gautier, place dans les mains du poète «  L’outil du ciseleur » (1856). Modelage de l’argile d’un côté et taille directe de la pierre de l’autre font de l’écriture une sculpture sur mots. Prigent et Banville aspirent ici tous deux à « écrire comme on sculpte », assimilant les gestes de l’écrivain à ceux du sculpteur, et la matière verbale à une matière sculpturale.

Il s’agira de mettre à l’épreuve l’analogie entre sculpture et littérature en soumettant à la réflexion collective la question suivante : dans quelle mesure un texte peut-il être qualifié de sculptural ? Nous espérons ainsi développer l’étude des relations transmédiales entretenues par la littérature et la sculpture. Jusqu’à récemment, ce domaine d’étude a été presque entièrement négligé au profit d’autres arts, et en particulier de la peinture. Quelques études ont pourtant fait figure de pionnières[1]. Nous voudrions reprendre ce chantier en déplaçant les questions soulevées par nos prédécesseurs, pour poser au centre de l’attention non tant les liens de certains écrivains à certains sculpteurs, que le sculptural, notion à définir, sujette à variations, mais propre à décrire des traitements de matière, des formes, des gestes, des compositions...

Les quelques études existantes ont jusqu’alors favorisé la littérature française[2]. Dans une perspective comparatiste, nous proposons au contraire d’éclairer d’autres sources, écrites dans des langues diverses. Le corpus des « textes sculpturaux » se trouve très largement à inventer, en fonction de critères à circonscrire. Ainsi, ce n’est sans doute pas parce qu’une sculpture est évoquée dans un texte que ce dernier devra nécessairement être qualifié de « sculptural » ; néanmoins, la présence avérée de la sculpture pourra servir de point de fixation, donnant consistance à la catégorie qui nous intéresse.

Peut-on vraiment écrire comme on sculpte ? Les mots forment-ils une matière susceptible de subir différentes façons (la ciselure, le polissage, la cassure, etc...[3]), pour se constituer en creux, aspérités, arrêtes, contours ? Il faut alors se demander fermement comment de telles catégories peuvent être transférées de l’objet sculpté vers l’objet textuel. Nous proposons donc de tenter d’analyser les textes « sculpturaux » en forgeant des outils empruntés à la sculpture et à sa matérialité?dans l’espoir de faire ainsi émerger des lectures inventives.

Il faudra alors être attentif à ce qu’une sculpture ne constitue pas un objet immobile et univoque, mais se développe selon un processus où se succèdent de nombreux états, depuis l’ébauche première jusqu’à l’érosion de la forme. De même, le verbe « sculpter » recouvre des opérations très diverses (modelage, taille, soudure, fusion, gravure...), portant sur des matières variées (argile, pierre, métaux ou alliages, bois, plâtre...). Depuis l’antiquité, on oppose les techniques procédant par soustraction de matière (per via di levare) à celles qui procédant par adjonction de matière (per via di porre), modèle à compléter de pratiques plus récentes, telles l’assemblage, art du composite et du modulaire (voir l’œuvre de Carl Andre, sculpteur et poète). Comment ces techniques variées peuvent-elles inspirer la création de nouveaux dispositifs écrits ? Comment transforment-elles la perception des textes ? Quelles conséquences sur la notion de « forme » ?

 

Nous désirons pousser dans ses retranchements l’examen de l’analogie entre texte et sculpture, tout d’abord en l’emmenant sur de nouveaux terrains.

- L’analogie en question concerne en premier lieu le travail de la langue poétique, vouée à expérimenter en repétrissant, retaillant, refondant la parole. Toutefois, d’autres genres, et tout particulièrement l’essai et le roman, méritent aussi d’être examinés au prisme du sculptural. L’opposition entre une forme brève, ramassée en des contours précis, et une forme longue, se déployant dans l’espace étendu de la lecture, et se montrant sous des angles renouvelés, se révèlera peut-être ici éclairante. De surcroît, la fiction a partie liée étymologiquement avec l’acte de fingere, de malaxer entre les doigts une matière ductile. Le récit, l’essai, le poème sont peut-être des formes souples, malléables, en perpétuel devenir. L’étude de leur caractère sculptural devra s’accompagner d’une étude de leur plasticité[4].

 

- L’analogie entre littérature et sculpture éclaire certes la création du texte, mais peut-être gagnerait-on aussi à l’envisager sur le plan de la réception et de la lecture. Le romancier serbe Milorad Pavic a ainsi déclaré de son Dictionnaire khazar (1984) : « Mon roman se lit de la même façon qu’on admire une sculpture : il n’a ni début ni milieu ni fin, il faut en faire le tour» L’étude du sculptural conduit alors à celle d’une plasticité des œuvres refaçonnées par leurs lecteurs. La sculpture de surcroît, loin de se destiner au seul regard, s’appréhende avant tout par le toucher. Quelle place alors pour la main et la peau du lecteur ? Certains textes aspirent-ils à faire naître une « sensation tactile indirecte, imaginaire » (selon l’expression de Herbert Read) et s’explorent-ils à tâtons pour le lecteur ?  Il y a-t-il, pour détourner une expression de Ezra Pound, une « caressabilité » du langage ? Des catégories sculpturales, telles le dur, le rugueux, la saillie, l’aspérité, reposent sur une perception par palpation. Au prix de quels déplacements peut-on parler de dureté ou de souplesse, de rugosité du langage ou de la forme textuelle ?

- Faut-il limiter l’analogie entre littérature et sculpture au travail formel ? N’y a-t-il pas d’autres points de rencontre ? Ce sont différents types d’objets sculptés qui peuvent servir de modèle à la littérature : monuments, tombeaux, figures sacrées ou épiphaniques, formes ponctuant un paysage, bibelots, rondes-bosses et bas-reliefs, etc... L’analogie concernerait alors aussi les fonctions du sculpté et de l’écrit.

- Ce sera aussi le détour par les autres arts (la danse, la musique, le cinéma, la photographie, le dessin, etc.) qui permettra d’articuler la sculpture à la littérature. Ainsi la « gravure » fait peut-être entrer la sculpture directement dans le dispositif du livre (traditionnellement en effet le graveur indique sculpsit pour signer). Le processus de l’impression transforme peut-être l’écrit imprimé en sculpture plate. De surcroît, aborder d’autres arts pourra enrichir la perception de la catégorie interrogée. Un film peut-il par exemple être dit sculptural sur le même mode qu’un roman ?

- Enfin, le fait même de « penser par analogie » nous paraît devoir être examiné. Poser une équivalence entre écriture et sculpture exige de réinventer le texte par une participation active du lecteur qui doit accepter de considérer ce dernier comme se déployant en volume. Il sera fécond d’interroger cette analogie pour ce qu’elle est, en se demandant où et comment elle se révèle fertile, jusqu’où elle tient, où elle se dérobe, où elle s’effondre. Cette analogie est-elle réversible : peut-on sculpter aussi comme on écrit ?

 

Les propositions de communication (environ 500 mots), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à adresser avant le 19 novembre à l’adresse claire.gheerardyn@gmail.com.

[1] Voir Keith Aspley, Elizabeth Cowling, Peter Sharrat (dir.), From Rodin to Giacometti, Sculpture and Literature in France, Amsterdam et Atlanta, Rodopi, 2000 ; Michel Costantini (dir.), Pour une sémiotique de la sculpture, VISIO, vol. 7, n°3-4, automne 2002-hiver 2003 ; Lois Cassandra Hamrick and Suzanne Nash (dir.), Sculpture et poétique : Sculpture and Literature in France, 1789-1859, numéro spécial de la revue Nineteenth-Century French Studies, Vol. 35, n° 1, automne. 2006 ; Ivanne Rialland (dir.), Écrire la sculpture, XIXe-XXe siècles, Classiques Garnier, 2012.

[2] Une publication récente autour de Brancusi a ouvert cependant l’étude à la poésie de toutes les langues. Voir Ana-Maria Gîrleanu et Natacha Lafond (dir.), Constantin Brancusi et les poètes, ReCHERches, N°17, printemps 2016.

[3] Pour une étude des procédés sculpturaux voir notamment Herbert Read, The Art of Sculpture, Londres, Faber and Faber, 1956 ; Rudolf Wittkower, Qu’est-ce que la sculpture ? Principes et procédures de l’Antiquité au XXe siècle, Macula, 1977 ; David Hulks, Alex Potts, Jon Wood (éd.), The Modern Sculpture Reader, Leeds, Henry Moore Institute, 2007. Pour une réflexion sur la matière voir Ralph Dekoninck, Agnès Guiderdoni-Bruslé et Nathalie Kremer (dir.), Aux limites de l'imitation. L’ut pictura poesis à l’épreuve de la matière (XVIe-XVIIIe siècles), Amsterdam et New York, Rodopi, 2009.

[4] Sur cette notion, voir Mireille Raynal-Zagouri (dir.), Le Rêve plastique des écrivains, La Licorne, Presses universitaires de Rennes, 2017.

url de référence : http://lla-creatis.univ-tlse2.fr

Source: Fabula

Appel à communications: Place et conscience du latin en français du Moyen Âge à nos jours
Posted: Sunday, October 15, 2017 - 11:02

Paris Sorbonne, jeudi 7 et vendredi 8 juin 2018

Propositions: 10 novembre 2017

Organisé par les doctorants de l’EA 4509 Sens Texte Informatique Histoire

en partenariat avec le GEHLF et avec les soutiens de l’ED V,

de l’EA 4509 Sens Texte Informatique Histoire

et des associations de doctorants :

ALIS – Atelier de linguistique

Reverdie – Atelier de langue française médiévale

Styl’lab – Atelier de stylistique

Organisateurs : Oleg Averyanov, Yoan Boudes, Jean Cruchet et Adeline Sanchez

Ouverture à de nouvelles considérations et de nouvelles approches autour des rapports entre latin et français, ces deux jours seront l’occasion d’échanger et débattre autour des notions de place et de conscience du latin au sein de la langue française, dans une diachronie longue. Il s’agira donc de rendre compte de leurs échanges dynamiques tout au long de l’histoire du français. Loin de réduire le rapport des deux langues à celui d’une filiation (Kuentz, 1985), ce seront les enjeux posés par leurs interactions que nous privilégierons. C’est donc en prenant en considération les dimensions institutionnelle, pragmatique, rhétorique, grammaticale et lexicale, que la place du latin se doit d’être interrogée pour mieux en saisir l’infinie variation. Langue, savoir et signe (Waquet, 1998), le latin peut en effet mettre en jeu un système de valeurs d’usages, plus ou moins assumées par le français et ses locuteurs. Ainsi, cette présence variée de la langue latine nécessite-t-elle de s’interroger sur le degré de conscience induit dans le discours. Par des approches théoriques ou des études de cas, on cherchera à appréhender cette thématique en proposant des éléments de réponse à diverses questions.

Bien sûr, l’enjeu des rapports entre français et latin se pose tout d’abord dans une perspective linguistique, en interrogeant autant les phénomènes de bilinguisme, de coexistence entre les deux langues que celui de glissement de sens ou d’alignement syntaxique, dans la prise en compte de la diachronie. Ainsi, comment appréhender les mutations, les transferts et les cristallisations des éléments structurels du latin en français ? Peut-on identifier des notions ou catégories grammaticales motrices dans l’évolution d’un système à l’autre ? Est-ce que la référence consciente de la tradition grammaticale à l’autorité latine influence inconsciemment, au travers des descriptions qu’elle en propose, la structure de la langue française ? Comment réévaluer les enjeux et les conséquences de la relatinisation, indépendamment des motivations de ses acteurs ?

La question du français et du latin ne s’exprime cependant pas uniquement dans la diachronie, mais aussi dès le Moyen Âge, dans une situation de diglossie, dont il faut préciser la partition des domaines concernés, depuis les premières traductions en langue vernaculaire au Moyen Age au jeu avec le latin de la poésie moderne. Quels sont les limites et/ou les manifestations du bilinguisme dans les textes et dans la langue ? Quelles sont les conséquences de cette cohabitation sur l’évolution du français ou l’emploi du latin, dans leurs influences mutuelles ? La question doit-elle se poser en termes de communauté, de spécialité ou encore de compétence ? Et que pouvons-nous apprendre sur la conscience linguistique du lectorat ? Quel rôle jouent les jugements de valeurs sur ces deux langues ?

Les traductions d’une langue à l’autre sont par exemple un des témoins privilégiés d’une cohabitation entre latin et français, dans une mise en scène utilitaire ou esthétique particulière au sein du discours. Si la qualité de ces traductions est souvent dépréciée, que peuvent nous apprendre ces calques et transferts des pratiques de traduction ou encore de la matière traitée ? Le xvie siècle voit la théorisation de l’acte de traduire évoluer vers de nouvelles considérations : qu'en est-il de ce rapport latin/français dans les textes postérieurs et est-il fondamentalement différent de celui d’un Moyen Âge bilingue ?

On se souvient aussi que le latin est demeuré la langue du savoir et des sciences bien après  le Moyen Âge. La question de la référence au latin, par son emploi ou son rejet, rejoint-elle donc systématiquement un enjeu générique, voire littéraire ou encore social ? En effet, le latin s’impose souvent comme modèle rhétorique et culturel que les auteurs exploitent pour mieux affirmer un système de valeurs. Comment ces enjeux mettent-ils en forme et définissent les textes, dont le statut et le public peuvent varier selon la langue choisie, ou qui peuvent même mêler les deux ? Le latin, outil de création lexicale et d’affirmation d’une tradition, est-il un medium, une caution pour asseoir la légitimité ou l’excellence d’un domaine concerné, qu’il soit littéraire, philosophique, scientifique ou encore technique ? On peut ainsi constater aujourd'hui l'emploi du latin dans la mise au point des terminologies, où il est parfois concurrencé par la langue grecque. Le statut de ces deux langues sources est-il le même ? Qu'en est-il donc de leur rapport au sein de la langue française ?

Le latin, en se faisant canon ou stratégie, peut ainsi cristalliser des enjeux esthétiques et politiques variés, comme les récentes questions autour de son apprentissage ne sont pas sans nous le rappeler (Siouffi et Rey, 2016). Objet social, objet linguistique, le latin se doit d’être pensé, depuis la naissance du français, également parce qu’il est un objet familier, quotidien, capable aussi de diviser ceux qui le maitrisent et ceux qui le côtoient, à l’école, à l’église ou ailleurs.

 

Chaque proposition fera l’objet d’une communication de 20 minutes, suivie de 10 minutes de discussion. Les propositions d’intervention, ouvertes à une approche pluri-disciplinaire, doivent faire mention de votre université d’affiliation et de vos coordonnées, et doivent s’accompagner d’un résumé de 1000 mots tout au plus, auquel peuvent s’ajouter une bibliographie et des annexes.

Langues de communication : français et anglais.

Elles sont à envoyer à l’adresse suivante avant le 10 novembre 2017 :

placeetconsciencedulatin@gmail.com

 

Bibliographie indicative :

Berrendonner A., « Et si on remettait la grammaire aux régimes ? », Approches interlinguistiques de la compréhension verbale : quels savoirs pour l’enseignant ? Quels savoirs pour l’élève ?, M.-J. Béguelin, J.-F. de Pietro, A. Näf (éd.), Neuchâtel, Institut de Linguistique de l’Université de Neuchâtel, 2002, pp. 31-45.

Bury E. (éd.), Tous vos gens à latin. Le latin, langue savante, langue mondaine (XIVe-XVIIe siècles), Genève, Droz, 2005.

Carlier A. et Combettes B., « Typologie et catégorisation morphosyntaxique : du latin au français moderne », Langue française, n°187, Paris, Armand Colin, 2015, pp.15-58.

De Carvalho P., Nom et Déclinaison. Recherches morpho-syntaxiques sur le mode de représentation du nom en latin, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 1985.

Gilliéron J., « Les conséquences d'une collision lexicale et la latinisation des mots français », Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes, n°230, Paris, Champion, 1921, pp. 55-74.

Gougenheim G., « La relatinisation du vocabulaire français», Etudes de grammaire et de vocabulaire français, Paris, Picard, 1959.

Kuentz P., « Le modèle latin », Littérature, n°42, 1981, pp. 109-122.

Laurent R., Past participles from Latin to Romance, Berkeley/Los Angeles/Londres, University of California Press, 1999.

Le Briz S. et Veysseyre G., Approches du bilinguisme latin-français au Moyen Âge. Linguistique, codicologie, esthétique, Turhnout, Brepols, 2000.

Lodge A., Le français. Histoire d’un dialecte devenu langue, Paris, Fayard, 1997.

Loubère S. et Reguig D. (dir.), Penser l'héritage à l'âge classique, Paris, Honoré Champion, 2011.

Marchello-Nizia C., Grammaticalisation et changement linguistique, Bruxelles, De Boeck Superieur, 2006.

Marcotte S. et Silvi C., Latinum cedens. Le français et le latin langues de spécialité au Moyen Âge, Paris, Champion, 2014.

Rey A. et Siouffi G., De la nécessité du grec et du latin. Logique et génie, Paris, Flammarion, 2016.

Rey A., Duval F. et Siouffi G., Mille ans de langue française : histoire d’une passion, Paris, Perrin, 2007.

Soutet O., Études d'ancien et de moyen français, Paris, P.U.F., 1992.

Tran-Gervat Y.-M. (éd.), Traduire en français à l'âge classique : génie national et génie des langues, Paris, Presses de l'Université Sorbonne Nouvelle, 2013.

Tremblay F. A., Les Grammaires au Moyen Âge, Edwin Mellen Press, 1989.

Waquet F., Le Latin ou l’empire d’un signe (XVIe-XXe siècle), Paris, Albin Michel, 1998.

CFP: Objects of Desire – International Conference at Lille Catholic University
Posted: Sunday, October 15, 2017 - 10:55

24-26 May 2018 ; Proposals 15 December 2017

Organisers: Lille Catholic University, Liverpool Hope University and the ENSFR (European Network for Short Fiction Research)

Call for Papers

Literature, religion and art began with objects of desire and have never abandoned the theme. From Helen of Troy and the forbidden fruit in the Garden of Eden via Novalis’s blue flower to the throne of Westeros, numerous examples spring immediately to mind, and if the ten commandments tell people not to covet anything that belongs to their neighbours, this surely implies that they are highly likely to do just that.

As the philosopher Elizabeth Anscombe defines it: “The primitive sign of wanting is trying to get,” (2000) which explains why desire provides the motive for action, in history and in literature. Every love story, but also every crime novel and every political empire starts with desire, and its object may be a person, a diamond or a continent. Although there is a certainly a difference between desiring the presence of God, desiring a million dollars and desiring a large ice cream, any and all of these may inspire the artist or the writer.

Opinions also differ on the desirability of desire. If Buddhists and Stoics tend to believe that we should seek to free ourselves from desire and Plato felt our desires should be put aside for the greater good, Freudian and Lacanian analysts encourage us to recognise our desires and many Christians, like Pascal and C.S. Lewis, have declared that “we are too easily pleased” (1941) and should desire far greater joy than we have yet known. Artists, writers and film directors still continue this debate, incarnating the good, bad and indifferent results of desire in their works.

Desire may be understood in relation to gender—do men and women long for the same things? Sexual attraction is a theme to be considered and so is the very idea of love. Carson McCullers has famously proposed a definition in “The Ballad of the Sad Café” (1943): “love is a joint experience between two persons — but the fact that it is a joint experience does not mean that it is a similar experience to the two people involved. There are the lover and the beloved, but these two come from different countries.” Exploring these countries could give way to discussions that could use, as a starting point, Judith Butler’s approach in her first published book Subjects of Desire in which she analyzes the interplay between desire and identity. Looking at desire through the prism of gender studies will also make it possible to reflect upon ideals of femininity and masculinity, but also of beauty, the way they are (re)presented in the media, in advertisements…

What does the act of desiring tell us about the object of desire? Is the one who desires truly seeking love, beauty, wealth, immortality or power in the object and if so, are they right to do so or is the object merely the attractive facade of a powerful illusion or delusion? Do objects of desire exist through necessity? How are they created? What role do advertising or video clips accompanying popular songs play in their creation? Has the way objects of desire are represented changed over the centuries? Did particular periods of history have specific ways of portraying them?

We welcome proposals in French or English that explore the relation between short fiction and desire across different periods and genres, including flash fiction, the novella and short story cycles. As a concentrated and intense form of prose writing, short fiction lends itself very well to representations of desire. As Sarah Hall says, “The form is very good at unzipping the mind’s fly” (‘Sex, Death and the Short Story’). Think of Katherine Mansfield’s “Bliss” (1918): “For the first time in her life Bertha Young desired her husband;” or of J. G. Ballard’s “The Subliminal Man” (1963), where hypnotic techniques of advertising turn the desire for consumer items into an irresistible compulsion. The short story form itself may be driven by desire as a structuring principle, the desire for instance of the reader to explore its gaps and mysteries. In Towards the End (1985), for instance, John Gerlach suggests that closure may be an object of desire. Several critics have analysed desire and its objects in the novel. Peter Brooks speaks of “a dynamics of desire animating narrative and the construal of its meanings;”(1993). René Girard’s concept of “mimetic desire” suggests that a human instinct for imitation is what drives people. Do these ideas also apply to the short story or do desire and the short story interact in a different way?

We also welcome papers from other areas of literary studies, cultural studies (including cinema and television), philosophy, psychology, theology, communication, history and history of art.

Although we expect most proposals to be individual, panel proposals of three closely related papers will also be considered.

Proposals (250-300 words) should be sent to gerald.preher@univ-catholille.fr and suzanne.bray@univ-catholille.fr by 15th December 2017.

New Publications

The Dream of Absolutism: Louis XIV and the Logic of Modernity (Hall Bjørnstad)
Posted: 3 Nov 2021 - 05:10

Hall Bjørnstad, The Dream of Absolutism: Louis XIV and the Logic of Modernity (University of Chicago Press, October 2021). 

What was absolutism, and how did it work? What was the function of the ostentatious display surrounding Louis XIV at Versailles? What is gained—and what is lost—by approaching such expressions of absolutism as propaganda, as present-day scholars tend to do? 

In this sweeping reconsideration of absolutist culture, Hall Bjørnstad argues that the exuberance of Louis XIV's reign was not top-down propaganda in any modern sense, but rather a dream dreamt collectively, by king, court, image-makers, and nation alike. Bjørnstad explores this dream through a sustained close analysis of a corpus of absolutist artifacts, ranging from Charles Le Brun's famous paintings in the Hall of Mirrors at Versailles via the king's secret Mémoires to two little-known particularly extravagant verbal and textual celebrations of the king. The dream of absolutism, Bjørnstad concludes, lives at the intersection of politics and aesthetics. It is the carrier of a force that emerges as a glorious image; a participatory emotional reality that requires reality to conform to it. It is a dream, finally, that still shapes our collective political imaginary today. 

For more details see: https://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/D/bo113684735.html  

248 pages | 7 color plates, 14 halftones | 6 x 9

Trois adolescents d'autrefois, Rodrigue, Agnès et Hippolyte (Patrick Dandrey)
Posted: 3 Nov 2021 - 05:06

Patrick Dandrey, Trois adolescents d'autrefois, Rodrigue, Agnès et Hippolyte, Paris, Honoré Chamption, "Champion essais", 2021.

Peut-être parce qu’on s’est accoutumé à les voir incarnés à la scène par des comédiens plus âgés que leurs rôles, Rodrigue, Agnès et Hippolyte, héros de trois chefs-d’œuvre parmi les plus vivants et les plus puissants du théâtre français, se caractérisent par un trait commun qu’on a trop oublié : ce sont des adolescents. Soumis à des figures adultes dont ils subissent les injonctions contradictoires et les passions mal maîtrisées, ils sortent de l’enfance assujettie et prétendent à une reconnaissance comme sujets de plein droit, comme sujets adultes : cette transition, c’est ce que nous nommons adolescence. Mais au XVIIe siècle l’adolescence ne constitue pas une tranche de vie identifiée et autonome : on y entre et on en sort par phases décousues, par « tuilage ». L’œuvre dramatique aurait-elle donc pour tâche de combler ce vide, de dire cette béance, de revendiquer cette reconnaissance ? En relisant dans cette optique inédite ces trois pièces, on les redécouvre : toujours neuves et étonnamment méconnues.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Collection CHAMPION ESSAIS

Format13 X 20 CM

No dans la collection0055

Nombre de volume1

Nombre de pages204

Type de reliureBROCHÉ

Date de publication27/09/2021

ISBN9782745357427

Libertines and the Law (Adam Horsley)
Posted: 1 Nov 2021 - 13:58

Adam Horsley, Libertines and the Law: Subversive Authors and Criminal Justice in Early Seventeenth-Century France (Oxford: Oxford University Press / British Academy Postdoctoral Fellowship Monographs, 2021), 432 pp.

Following the assassination of Henri IV in 1610, the political turbulence of Louis XIII's early reign led to renewed efforts to police the book trade during a golden age of so-called 'libertine' literature. Libertines and the Law examines the notorious trials of three subversive authors. The Italian naturalist philosopher Giulio Cesare Vanini was brutally executed for blasphemy by the Parlement de Toulouse in 1619. The Jewish convert Jean Fontanier was burned at the stake two years later in Paris for authoring a text refuting Christian teaching. Finally, the trial of the infamous poet Théophile de Viau for irreligion, obscenity, and poetic descriptions of homosexuality proved to be a landmark in French literary and social history, despite the poet eventually escaping the death penalty in 1625.

These trials are contextualised with a conceptual history of libertinism, as well as an exploration of literary censorship and the mechanics of the criminal justice system in early modern France. Drawing from legal manuals, rarely explored archival sources, newly discovered documents, and forgotten witness testimonies, Libertines and the Law provides new insights into the censorship of French literature and thought from the perspectives of both the defendants and the magistrates. Through a diverse corpus including poetry, philosophical texts, religious polemics, Jewish teachings, private memoirs, and seventeen images of the relevant trial records, it sheds new light on this crucial period in literary, legal, and intellectual history.

Table of contents.

Hardback
Published: 14 October 2021
432 Pages | 17 Illustrations
ISBN: 9780197267004

Notre Homère. stratégies d'appropriation des poèmes homériques (XVIe - XXIe siècle) (dir. C. Louette et A. Sahla)
Posted: 29 Oct 2021 - 17:11

Notre Homère. stratégies d'appropriation des poèmes homériques (XVIe - XXIe siècle), dir. Christiane Louette et Agathe Sahla, Grenoble : UGA Editions, coll. "Lire l'Antiquité", 2021.

EAN 9782377472819.

Prix : 35EUR.

Présentation :

À l’heure où traductions et adaptations d’Homère se multiplient, ce livre explore les moyens que les artistes et écrivains français ont mis en oeuvre pour faire d’Homère un auteur patrimonial. Transmission, traduction, transformation, transposition : les auteurs examinent toute forme d’appropriation créatrice qui se réalise parfois au risque d’un dévoiement ou d’un écart. Son sujet est la vulgarisation d’Homère à tous les sens du terme, du plus noble – le transfert dans la langue vulgaire – au plus péjoratif – la chute du piédestal – en passant par l’adaptation à un public pluriel : vulgariser, c’est rendre accessible au plus grand nombre. Les auteurs font le choix de considérer les diverses appropriations des textes homériques comme des enrichissements, voire des oeuvres à part entière : il ne s’agit pas seulement de traduire, mais de faire « nôtre ».

Transhistorique et pluridisciplinaire, il croise les approches d’antiquisants et de modernistes, de stylisticiens et de comparatistes, approches plurielles et multiples d’un nous collectif.

Url de référence :
https://www.uga-editions.com/menu-principal/actualites/a-paraitre/notre-homere-888920.kjsp...

Variations on the Ethics of Mourning in Modern Literature in French (dir. C. Bourne-Taylor, S.-L. Cooper)
Posted: 29 Oct 2021 - 17:09

Carole Bourne-Taylor, Sara-Louise Cooper (dir.), Variations on the Ethics of Mourning in Modern Literature in French, Oxford, Peter Lang, Coll. Modern French Identities, 2021.

How does modern writing in French grapple with the present absence and absent presence of lost loved ones? How might it challenge and critique the relegation of certain deaths to the realm of the unmournable? What might this reveal about the role of the literary in the French and francophone world and shifting conceptions of the nation-state? Essays on texts from the Revolution to the present day explore these questions from a variety of perspectives, bringing out the ways in which mourning contests the boundaries between the personal and the historical, the aesthetic and the ethical, the self and the other, and ultimately reasserting its truly critical resonance.

 

Table of contents

Dominique Rabaté - Préface ix

Dominique Rabaté: Translation by Stephen Romer

Preface xi

Acknowledgements xv

Carole Bourne- Taylor - Introduction 1
 

Part I Unmournable Revolutions

Benjamin Thurston - Impossible Mourning: Funeral Orations for Louis XVI (1814– 1815) 57
Rachel Benoît - Unmourned Histories in Gustave Flaubert’s
L’Éducation sentimentale 85


Part II Inconsolable (Af)filiations

Jennifer Rushworth - The Rhythm of Mourning in Proust (with Barthes and Derrida) 109Henriette Korthals Altes -

Mourning their Mothers: Roland Barthes, Jacques Derrida and the Gift of Tears 129

Khalid Lyamlahy - With Barthes and Derrida in ‘the Margins of a Funereal Song’:

The Poetics of Maternal Mourning in the Work of Abdelkébir Khatibi 153

Sara- Louise Cooper - ‘Mourning the Mother, Mourning the World:
Patrick Chamoiseau’s La Matière de l’absence’ 183


Part III Poéthique: Between New Elegy and Anti- Elegy

Ariane Mildenberg - ‘The Door Pushed Back the Light’: On a Phenomenology of Mourning in Maurice Merleau-Ponty and Jacques Roubaud 205

Daisy Sainsbury - The Ends and Beginnings of Language in Valérie Rouzeau’s
Pas revoir 227

Carole Bourne- Taylor - Poethic Justice: Re- incarnations in Emmanuel Merle’s Poetry 249

Sara- Louise Cooper - Conclusion: Mourning in Motion from Ireland to the Caribbean 271
Notes on Contributors 287
Index 291

Url de référence :
https://www.peterlang.com/view/title/70482