Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Les sens dans la construction du genre (XVIe – XVIIIe siècles)
Posted: Tuesday, June 27, 2017 - 19:53

 30-31 mars 2018 Université Sorbonne Nouvelle / Université Versailles-Saint-Quentin

Propositions: le 30 juin 2017

Organisatrices : Armel Dubois-Nayt, Line Cottegnies, Claire Boulard et Isabelle Bour.

Comité scientifique : Claire Gheeraert (Univ. Rouen) Nathalie Grande (Univ. Nantes) Marie-Elisabeth Henneau (Univ. Liège) Guyonnne Leduc (Univ. Lille 3) Anne-Marie Miller-Blaise (Univ. Sorbonne Nouvelle) Sandrine Parageau (Univ. Paris Ouest Nanterre) Paul Salzman (La Trobe Univ.) Eliane Viennot (Univ. Saint-Etienne) Susan Wiseman (Birkbeck College, Londres)

Colloque organisé avec le parrainage de la Société Internationale pour l’Etude des Femmes de l’Ancien Régime, de Société Française Shakespeare et de la Société d’Etudes anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles.

 Au cours des trois dernières décennies, les études autour des discours sur l’égalité/l’inégalité des sexes se sont multipliées dans le domaine anglo-saxon. Dans le contexte des Îles britanniques, elles se sont particulièrement concentrées sur les années 1540-1640, période très féconde en la matière sous l’effet, notamment, de l’humanisme, de la Réforme et de la succession de trois femmes sur les trônes d’Angleterre et d’Écosse. Ces débats ou controverses ont réactivé au moins quatre querelles héritées du Moyen Âge — la querelle dite « du mariage », celle « du savoir » et celle « du pouvoir » et celle du « vêtement » qui posaient les questions suivantes : était-il dans l’intérêt des deux sexes de se marier, les femmes devaient-elles avoir accès à l’éducation et à la culture pour leur bénéfice et celui de la société, les femmes avaient-elles la capacité de gouverner sans exercer un pouvoir tyrannique ? Enfin, question qui peut paraître secondaire, mais qui prend tout son sens à la suite des précédentes : hommes et femmes pouvaient-ils s’approprier le vestiaire du sexe opposé sans risquer de bouleverser l’ordre du monde ?

 

Les travaux qui ont traité de ces différents débats ont largement porté sur les différences intellectuelles et morales au cœur de l’argumentation des philogynes et des misogynes en occultant, sinon le corps, du moins les cinq sens. Or, il suffit de se tourner vers les historiens des sens, par exemple Constance Classen, Robert Jütte et David Howes pour voir que les cinq sens ont été largement mis à contribution dans les tentatives de hiérarchisation entre les sexes mises en place aux XVIe et XVIIe siècles. D’une part, ils ont servi à opposer les sexes entre eux, l’homme étant traditionnellement décrit comme un animal raisonnable par opposition à la femme, créature sensuelle. D’autre part, le masculin et le féminin ont à leur tour permis de hiérarchiser les sens les uns par rapport aux autres depuis Platon et Aristote et jusqu’à, par exemple, le De Sensu de Charles Bouvelles (1470-1553) et, au-delà, jusqu’à la controverse Molyneux et l’empirisme lockien. Ainsi, étaient considérés comme masculins les sens nobles (la vue, l’ouïe), associés à l’esprit, et comme féminins les sens de proximité, plus corporels, que sont le goût, l’odorat et le toucher. C’est d’ailleurs à la gourmandise d’Ève que l’exégèse biblique attribue la responsabilité de la Chute. 

 Les sens ont également eu pour fonction dans la pensée antique de l’identité sexuelle, encore influente au début de la première modernité, de différencier l’homme de la femme d’un point de vue sensoriel : le sensorium masculin se distingue du sensorium féminin. Ainsi, dans la théorie des humeurs exposée dans le Corpus hippocratique et sur lequel repose encore la médecine des XVI-XVIIe siècles, la femme est froide et humide tandis que l’homme est chaud et sec. Mais on pensait aussi pouvoir distinguer l’homme de la femme au toucher, à l’odeur, à la vue et l’oreille. Selon le poète Lucrèce (De Rerum Natura), alors que l’odeur des hommes est sucrée, celle des femmes est répugnante et putride ; et, dans la pensée socratique, emprunter son parfum au sexe opposé est aussi condamnable que le travestissement. Comme l’a montré Thomas Laqueur dans un ouvrage qui a fait date, Making Sex : Body and Gender from the Greeks to Freud (1990), les avancées de la médecine aux XVIIe et XVIIIe siècles, et singulièrement de la physiologie, ont amené une redéfinition des sexes sur une base physiologique et anatomique, ce qui a entraîné une définition plus précise, et à certains égards normative, de la sensibilité féminine.

Enfin, Aristote (dans la Génération des animaux) défend l’idée d’un code de couleurs permettant de dissocier visuellement les hommes et les femmes : pour les premiers des vêtements sombres, reflétant leur force et leur sérieux, pour les femmes et par simple symétrie, les couleurs claires. Ces vêtements aux couleurs sexuées ont cependant évolué au fil des siècles et il sera intéressant d’approfondir l’étude de ce qu’Elisabeth Fisher a appelé la « taxinomie chromatique » des habits à tous les âges de la vie pour la période allant du XVIe au XVIIIe siècle1. Enfin, les différents bruits/sons produits par les deux sexes par le biais de leurs vêtements, leurs bijoux, leurs instruments de musique ou tout autre objet, comme par la voix sont des éléments potentiels de différenciation et de hiérarchisation assez peu étudiés à ce jour, si l’on excepte les études sur les mégères et les commères, personnages récurrents des pamphlets populaires de la Querelle. Il sera donc intéressant d’analyser les différentes sources exploitables pour tenter de rendre à nouveau audible l’activité sonore des deux sexes.

L’objectif général de ce colloque sera donc, en premier lieu, d’établir comment les sens ont permis de penser l’appartenance sexuelle pour justifier les inégalités entre les sexes et de stigmatiser toute forme de rébellion contre la domination masculine, mais également comment d’autres discours autour des sens, dans les pamphlets, les traités, ou au théâtre, ont pu émerger pour défendre au contraire la thèse de la supériorité féminine ou de l’égalité entre les sexes. Les peintures ou les gravures mettant en scène un des cinq sens pourront également éclairer cette question et permettre de répondre à l’invitation de Margaret Zimmerman de chercher la « Querelle des sexes » dans d’autres lieux, moins habituels2. Enfin, dans la dynamique initiée par Linda Woodbridge3, nous chercherons également à mettre en perspective les discours théoriques et littéraires en les éclairant par l’histoire sociale des femmes dans les Îles britanniques, en tentant, par exemple, de dégager les mécanismes de socialisation des hommes et des femmes qui mettent à contribution les sens, parfois dès l’enfance, au prétexte qu’ils furent instaurés pour que chacun reste à la place qui lui est assignée. La littérature prescriptive (livres de conduite, sermons, traités d’éducation, etc..), mais aussi la presse pourront ainsi être revisitées pour faire émerger des règles de civilité qui visent à restreindre l’appétit, mais également à imposer une codification du regard ou du toucher, comme de la voix ou de la parole. Les objets permettant de matérialiser cette codification trouveront également leur place dans le chantier que nous ouvrons ici.

À travers l’ensemble de ces sources, on tentera collectivement de réfléchir au rôle des sens dans la construction de la différence des sexes entre le XVIe et le XVIIIe siècle ; on pourra aborder les questions suivantes :

1. Comment les misogynes ont-ils exploité les sens dans leur argumentation pour justifier la hiérarchie des sexes : à travers l’incapacité présumée des femmes à contrôler les sens ; par la théorie d’un complot sensoriel ourdi par les femmes et visant à aveugler les hommes et plus généralement à affaiblir leur pouvoir ; par le lien entre la déchéance morale et les sens ? Entre les sens et le mysticisme, la sorcellerie ou les phénomènes de possession ?

2. Comment les philogynes ont-ils défendu les femmes et/ou l’égalité des sexes : par une dévalorisation des hommes en tant que créatures sensuelles et une revalorisation des femmes en tant que créatures rationnelles ; par la revalorisation des sens « féminins » ou des capacités sensorielles des femmes ?

3. Quels aspects de la situation des femmes rencontrent un écho (favorable ou défavorable) dans ces discours en matière de : règles et préceptes ; possession et d’utilisation d’objets témoignant d’une appropriation genrée ; pratiques de mortification du corps ; pénalisation et de châtiments corporels (scold’s bridle, cucking stool) ?

Les propositions de communication (environ 150 mots) devront être envoyées, accompagnées d’une courte notice biobibliographique, pour le 30 juin 2017 aux organisatrices à l’adresse suivante : sens_2018@yahoo.com.

___________________

1 « Robes et Culottes courtes : l’habit fait-il le sexe ? », in A. Dafflon Novelle, Filles-Garçons : Sociabilisation différenciée ?, Grenoble, PUG, 2006, p. 241-266.

2 « The Querelle des Femmes as a Cultural Studies Paradigm », in A. Jacobson Schutte, T. Kuehn & S. Seidel Menchi (éd.), Time, Space, and Women’s Lives in Early Modern Europe, Kirksville (Missouri), Truman State UP, 2001, p.17-28.

3 Linda Woodbridge, Women and the English Renaissance : Literature and the Nature of Womankind, 1540-1620, Brighton : Harvester, 1984.

Source: SIEFAR

CFP: Penser l’égalité des sexes au XVIIe siècle / Constructing the equality of the sexes in C17 France
Posted: Tuesday, June 27, 2017 - 19:32

International Conference

26-27 October 2017

University College Dublin

 

Keynote speakers:

 

Siep Stuurman

Marie-Frédérique Pellegrin

 

The aim of this conference is to examine the ways in which an equality between the sexes is constructed, conceptualised, envisaged, imagined, dramatized, realized or dismissed in seventeenth-century France.

 

Papers examining the issue from a philosophical, theological, medical, literary and historical viewpoint are welcome and can be in French or in English.

 

Please send 300-word abstracts in English or French by email directly to derval.conroy@ucd.ie by 14 July 2017.

Publication of selected papers as a collective peer-reviewed volume is envisaged.

 

Appel à communications: CELEBRATION DU 350e ANNIVERSAIRE DE PUBLICATION DES FABLES DE LA FONTAINE
Posted: Tuesday, June 13, 2017 - 13:41

L’année 2018 offre l’occasion de célébrer le 350e anniversaire des Fables de La Fontaine, dont le premier recueil parut le 31 mars 1668 (à partir d’un privilège pris le 6 juin de l’année précédente). La Société des Amis du fabuliste a décidé de fêter cette période de préparation et d’éclosion d’un coup d’éclat poétique dont la pérennité ne s’est jamais démentie jusqu’aujourd’hui auprès du plus vaste public que puisse espérer un recueil de vers. Outre une journée des « Rencontres de Psyché » de Château-Thierry, prévue le 10 juin 2017 sur un thème en écho avec l’esprit des Fables (« La Fontaine et la jeunesse »), une autre journée dans le même cadre, en juin 2018, se penchera sur un sujet en étroit rapport lui aussi avec l’entreprise ésopique du poète français : « La Fontaine et la nature ». Enfin, en octobre 2018, la Société des Amis de La Fontaine, associée au programme de recherche « Jouvences de la fable » du Centre d’Étude de la Langue et de la Littérature Françaises (CELLF 16-21, Unité mixte de recherche Paris-Sorbonne/CNRS 8599) et au programme Fabula numerica de l’Observatoire de la Vie Littéraire (Labex OBVIL Sorbonne-Universités) organisera, avec l’Università degli studi di Napoli L'Orientale (Dipartimento di Studi Letterari, Linguistici e Comparati/ Letteratura francese, prof. Federico Corradi), un colloque international sur le thème :

 

« La Fontaine et la culture européenne. Au carrefour des Fables ».

 

Cette rencontre internationale se donne pour projet de synthétiser, de prolonger et de renouveler les recherches sur les Fables envisagées comme un carrefour entre le temps long et l’espace rayonnant de leur gestation et de leur propagation : depuis l’antiquité immémoriale du genre jusqu’à l’actualité de leur fortune inépuisable, la culture de l’apologue dont a hérité La Fontaine s’étend sur plus de deux millénaires ; et le traitement qu’il lui applique est imprégné d’influences et de connivences qui franchissent les frontières des langues et des sphères culturelles pour s’harmonier dans le creuset qu’offre le fabuliste français à des matériaux dispersés par l’histoire et la géographie.

 

Si la seconde brassée des Fables réunies en 1678-1679 se ressent de la découverte fécondante du filon oriental, celle de 1668 dont on commémore la publication limite au domaine européen la sphère de sa culture antique et moderne. C’est de ce constant qu’est sorti le projet de ce colloque. Analyser ce que La Fontaine fabuliste doit à la culture européenne antérieure à son époque et contemporaine de sa création ; et analyser réciproquement ce que la culture européenne postérieure à leur publication doit aux Fables de La Fontaine, et comment elles furent et sont reçues dans les sphères géographiques et linguistiques diverses qui composent l’Europe d’aujourd’hui, ce double mouvement convie aussi à les rétablir dans leur statut et leur rôle de carrefour et de creuset pour l’œuvre entier du fabuliste lui-même : cette œuvre d’un papillon du Parnasse réverbère sa diversité d’inspiration et d’écriture dans le microcosme esthétique des Fables, tout comme celles-ci n’auront cessé de profiter des expériences de leur auteur dans les genres variés auxquels il s’essaya tout au long de sa carrière.

 

Le colloque pourrait s’articuler en deux parties : l’une consacrée à « Culture et acculturation européennes de La Fontaine : traductions, transferts et translations » ; l’autre à un portrait de « La Fontaine (en) poète européen ». La première partie pourra à son tour se diviser en deux : une section consacrée à la traduction et aux transmissions de savoir et d’invention jusqu’à La Fontaine et à la manière dont il en « phagocyta » l’héritage divers, tout particulièrement latin et italien ; et une section consacrée à La Fontaine traduit et transmis, aux difficultés et aux malentendus de la traduction, de la transmission et de l’enseignement d’un poète et conteur du Grand Siècle. La deuxième partie pourra porter sur l’insertion de La Fontaine, de ses Fables et plus largement de son œuvre dans la culture européenne de son temps, les influences subies par lui et celle qu’il exerça tout particulièrement à travers ses Fables sur la littérature, l’art et le goût de la fin du XVIIe et de la première moitié du XVIIIe siècle européen.

Voici quelques thèmes et pistes, nullement exhaustifs, nullement limitatifs, nullement indispensables, qui pourraient être développés dans chacune de ces trois sections.

 

Première partie

« Culture et acculturation européennes de La Fontaine :

traductions, transferts et translations »

Section 1 : « La Fontaine héritier de l’Europe antique, médiévale et humaniste ».

Le vivier inépuisable de la fable : un réseau européen de translations. — La Fontaine traducteur — Le génie lafontainien de l’imitation. — Langues et langages de l’Europe antique, ancienne et contemporaine dans l’œuvre de La Fontaine. — L’adaptation et l’appropriation par La Fontaine des genres et des formes hérités. — Influences antiques, anciennes et modernes sur la théorie poétique de la Fontaine. — Les ramifications de l’influence : un travail de marqueterie.

 

Section 2 : « Diffusion, propagation et appropriation de l’œuvre de La Fontaine en Europe ».

La Fontaine traducteur. — Théorie, problématique et problèmes de la traduction des Fables (style, forme, ton). — Comment lisait-on/lit-on La Fontaine ? L’œuvre du fabuliste / du conteur dans l’histoire de la lecture. — La Fontaine devant la critique d’hier et d’aujourd’hui : en France et dans diverses sphères culturelles (réception, assimilation, rôle de modèle). — Histoire de la constitution de l’image de l’homme et de l’œuvre : sédimentations, redécouvertes, réévaluations.

 

Deuxième partie

« La Fontaine, poète européen ».

 

Section 3 : « Portrait à facettes d’un Européen du Grand Siècle français ».

La Fontaine et la culture néolatine de l’Europe de la Renaissance et du XVIIe siècle. — La Fontaine et l’Europe savante de son temps (voyageurs, philosophes, physiciens). — La tentation anglaise de La Fontaine. — La culture italienne de La Fontaine. — La Fontaine et la tradition européenne mythologique et mythographique. — La Fontaine et la tradition européenne du conte. — Les Fables de La Fontaine et l’art rocaille en Europe : un inépuisable réservoir de motifs. — La Fontaine et la naissance européenne de l’opéra.

 

Les propositions de communications, sous la forme d’un titre et de quelques mots d’explication du projet (qui peuvent être très succincts), seront envoyées à l’adresse électronique suivante : colloquefables2018@gmail.com entre la date de réception de cet appel et le 15 septembre 2017. Le colloque se déroulera en Sorbonne les 4, 5 et 6 octobre 2018. Les communications seront publiées dans la revue Le Fablier en 2019 et 2020. La langue du colloque est le français.

 

Comité d’organisation : Julien Bardot, Antoine Biscéré, Céline Bohnert, Federico Corradi, Patrick Dandrey, Damien Fortin, Maxime Jebar, Tiphaine Rolland.

CFP: XVe Colloque du CIR 17 – Centre International de Rencontres sur le XVIIe siècle
Posted: Friday, June 9, 2017 - 09:52

"Créer à plusieurs ? Collaborations littéraires, artistiques et scientifiques au Grand Siècle"

 

Princeton University (USA), 10-12 mai 2018

 

Propositions: le 1er septembre 2017

 

Ce colloque pluridisciplinaire se propose d’examiner la place des pratiques

collaboratives dans la culture française du XVIIe siècle. Alors que se renforce la

monarchie absolue, incarnée par un souverain unique, il règne dans le domaine des arts

et des lettres un esprit (ou impératif) de collaboration d’où résultent de nombreuses

oeuvres plus ou moins collectives. Il s’agira d’étudier ces productions sous tous leurs

aspects (genèse et réception, formes et idées, style et sens), d’interroger leur réussite ou

échec, et de les situer par rapport aux ouvrages plus « solitaires ». Pourquoi écrire à

quatre mains, voire plus ? Comment peut-on travailler en commun avec son frère ou son

maître, un compositeur ou un graveur ? La Bruyère avait-il raison d’écrire : « L’on n’a

guère vu jusques à présent un chef-d’oeuvre d’esprit qui soit l’ouvrage de plusieurs » ?

Les intervenants pourront analyser des oeuvres spécifiques ou bien tenter des synthèses

sur les normes et usages propres à certains milieux ou institutions : « salons », cercles

érudits, académies royales, communautés religieuses, etc. Les communications qui

constituent elles-mêmes des collaborations entre plusieurs chercheurs ou qui présentent

des travaux d’équipe seront particulièrement les bienvenues.

 

Quelques axes et cas possibles (à titre purement indicatif) :

• collaborations familiales et amicales : Les Murs de Troie ; Chapelain décoiffé ; La Guirlande

de Julie…

• collaborations (avérées ou prétendues) entre hommes et femmes : Les Femmes illustres ;

La Princesse de Clèves ; Brutus…

• collaborations entre les « grands » et leurs « plumes » : La Comédie des Tuileries ; libelles

et factums ; Mémoires pour l’instruction du Dauphin…

• collaborations académiques : Mémoires pour servir à l’histoire naturelle des animaux ;

Dictionnaire de l’Académie française ; Médailles sur les principaux événements du règne

de Louis le Grand…

• collaborations entre écrivains et artistes : ballets et opéras ; fêtes et cérémonies ;

châteaux et jardins…

 

Comité scientifique :

Gilles Declercq (Paris-III), Jean Leclerc (Western Ontario), Michèle Longino (Duke),

Volker Schröder (Princeton), Deborah Steinberger (Delaware), Ellen Welch (North

Carolina), Carolyn Yerkes (Princeton).

 

Prière d’envoyer vos propositions (250 mots environ, pour une communication de 25

minutes, en français), accompagnées d’un bref descriptif de vos travaux récents ou en

cours, à Volker Schröder (volkers@princeton.edu) avant le 1er septembre 2017.

Appel à textes, rappel: Regards sur l’âme en Nouvelle-France. Histoire des spiritualités individuelles et collectives en espace colonial
Posted: Tuesday, June 6, 2017 - 20:59

Date limite: le 30 juin 2017

Si les travaux incontournables d’Henri Brémond ou de Michel de Certeau ont fait la belle part aux émotions mystiques du XVIIe siècle français, force est de constater que le territoire de la Nouvelle-France fait office de parent pauvre pour le même genre d’enquête. Malgré les études pionnières de Guy-Marie Oury, depuis les dernières années, les historiens ont peu investi le champ de l’histoire de la spiritualité en contexte colonial. Sans toutefois passer sous silence les importants chantiers consacrés aux parcours spirituels d’individus exemplaires, il nous apparaît qu’il reste à écrire une histoire des mouvements singuliers et pluriels de l’âme, parfois encadrée par l’institution ecclésiale, parfois soumise à de nouvelles conditions d’expérience du monde et de l’altérité.

Le colloque international “Âme d’une communauté, communauté d’âmes”, organisé par le Collectif d’Anthropologie et d’Histoire du Spirituel sous l’Ancien Régime (CAHSA) à Montréal en octobre 2016 (http://cahsanet.org/fr/evenements/colloque-2016-programme/), a permis l’amorce d'une réflexion riche et prometteuse sur la notion de spirituel. Des travaux et des discussions a émergé une définition du spirituel comme une expérience sensible de la spiritualité, c’est-à-dire une expérience individuelle de la foi qui parfois complète et parfois s’oppose aux courants de spiritualité institutionnalisés. Souhaitant poursuivre et approfondir ce travail, le CAHSA sollicite des propositions de textes pour un ouvrage en français, résolument pluridisciplinaire, dédié à l’examen des expériences spirituelles individuelles et collectives en Nouvelle-France, de la fondation de Québec jusqu’à la Conquête.

Par sa dimension coloniale, la Nouvelle-France offre un laboratoire d’expérimentation adapté à l’étude de la notion de spirituel. Dans ce territoire où elle souhaite établir un catholicisme tridentin débarrassé des hésitations métropolitaines, l’Église doit toutefois composer avec les initiatives missionnaires, la rencontre de l’altérité amérindienne, mais aussi les courants mystiques qui donnent notamment naissance à l’expérience de Ville-Marie. Le spirituel apparaît alors comme un fil conducteur qui permet de relier entre eux ces aspects du monde religieux qui, entre permanence institutionnelle et innovation spirituelle, se nourrissent et/ou s’opposent.

Nous invitons ainsi les spécialistes de différentes disciplines (histoire, littérature, histoire de l’art, théologie, anthropologie, etc.)  à soumettre une proposition de texte, en inscrivant leur réflexion dans un ou plusieurs des trois thèmes suivants : 

 

1) La direction spirituelle et l’encadrement des discours sur l’âme

La confrontation physique à des lieux inconnus et parfois inhospitaliers est susceptible de faire émerger de nouvelles cartographies de l’âme ; ainsi est-il possible que face à une extériorité autre, l’intériorité se soit modelée de nouvelles manières. Or, ces territoires intérieurs inexplorés appellent aussi au resserrement de la direction spirituelle et à l’encadrement des discours sur l’âme. Comment s’établit la relation directeur/dirigé(e) dans ce contexte spécifique ? Comment la réalité coloniale teinte-t-elle la production de leurs échanges et détermine-t-elle les conditions de leur réception ? Car ces activités ont laissé des traces matérielles (patrimoine lettré et artistique) et immatérielles (tradition orale des communautés religieuses, iconographie mystique, etc.). Par exemple, qu’ont de novateur ou de conforme, en rapport à une tradition européenne des écrits et des traités de spiritualité, des productions du contexte missionnaire telles que le Manuscrit de 1652colligé par Paul Ragueneau ou le Affectus amantis Christum Iesum de Pierre Chastellain ?

 

2) La diffusion et la publicité de l’expérience spirituelle

La communication des choses du cœur est une des conditions essentielles au succès du projet colonial en ce qu’elle suscite tant des vocations que des donations. Cet axe de la publicité des mouvements de l’âme reprend la dialectique extérieur/intérieur ou révélé/secret. Ainsi, il autorise l’examen de divers cas où l’expérience individuelle serait mise, ou non, au service du collectif. On peut penser à la publication posthume de la vie de Catherine de Saint-Augustin comme outil d’édification pour les communautés religieuses de Québec. Cet axe ouvre également à la question de l’intimité de l’expérience spirituelle et de sa récupération par la collectivité, notamment à travers l’observation de la circulation des confidences parmi un groupe plus ou moins restreint. Inversement, la publicité de la vie intérieure concourt à la construction identitaire d’une communauté dans le partage et la réappropriation des expériences individuelles. 

 

3) La parenté comme lieu de transmission et de composition de l’expérience spirituelle

Ainsi, la circulation des savoirs sur les choses secrètes de l’âme peut être vecteur de liens entre les individus, voire entre les communautés. Il se dessine, dans ces assises cachées sur lesquelles s’érige le projet colonial, le thème de la parenté spirituelle. Il permet d’interroger, notamment, comment s’articulent les rapports du coeur (individuel) et du choeur (collectif) des croyants. Cet axe permet également de questionner les affiliations entre les individus ou de prendre en compte la nature de leurs relations aux différentes communautés (religieuses, d’Amérindiens convertis ou non, de colons, etc), des deux côtés de l’Atlantique. Plus largement, quelles sont les conditions d’appartenance à une famille, biologique et/ou spirituelle ? Comment se tissent ou se maintiennent les liens de parenté par lesquels se transmet l’expérience spirituelle ?

 

Les propositions de texte d’un maximum de 500 mots sont à envoyer, accompagnées d’une brève présentation biographique, à l’adresse groupecahsa@gmail.com avant le 30 juin 2017 pour évaluation par le comité scientifique du CAHSA.

 

Comité scientifique : 

Joy Palacios 

Emmanuelle Friant

Ariane Généreux 

Claire Garnier

Anne Régent-Susini

 

Site Internet : http://www.cahsanet.org

 

 

New Publications

Des Causes cachées des choses / De abditis rerum causis (trad. Jean Céard)
Posted: 14 Sep 2021 - 07:25

Jean Fernel, Des Causes cachées des choses / De abditis rerum causis, texte établi et traduit par Jean Céard, Paris, Les Belles Lettres, 2021.

Le De abditis rerum causis (1548) de Jean Fernel (1497-1568) est un monument de l’humanisme philosophico-médical de la Renaissance. Précédé d’une préface qui célèbre en termes somptueux la Renaissance et pourrait rivaliser avec la célèbre lettre de Gargantua à son fils, l’ouvrage se présente comme un dialogue à trois personnages : Brutus (qui semble bien devoir son nom au Brutus des Tusculanes), voyageur exigeant, féru de philosophie grecque, et d’abord platonicienne ; Philiatre, étudiant en médecine (mais déjà très bien informé) ; et le savant Eudoxe, qui organise dans sa maison de campagne des entretiens et y reçoit les deux compagnons.

Faute d’études suffisamment nombreuses sur Jean Fernel, on ne sait pas assez ce que l’humanisme doit à la médecine. Fernel, qui en est une figure de premier plan, considérait l’ouvrage ici édité et traduit comme le socle de son oeuvre médicale : il y pose les fondements philosophiques de la connaissance du corps, plus largement de la connaissance du vivant, et illustre vigoureusement cette vision panthéistique de l’univers qui est le propre ou la tentation de la Renaissance. Constamment édité et réédité pendant un siècle et demi (de 1548 à 1680, on compte au moins quarante éditions), ce passionnant dialogue a été abondamment lu, cité, utilisé et même plagié. Écrit en un très beau latin d’inspiration cicéronienne, il mobilise une connaissance intime des oeuvres de Galien, Platon et Aristote, sans oublier Virgile, des poètes modernes comme Augurelli et des écrivains contemporains comme Marsile Ficin et Agostino Steuco.

Pourtant il n’existait, de l’ouvrage, qu’une édition moderne publiée en 2005 avec une traduction en anglais. Une édition moderne bien annotée et accompagnée d’une traduction française faisait donc cruellement défaut.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Classiques de l'humanisme
N° dans la collection : 56
Parution : 05/03/2021
EAN13 : 9782251451701

L'Univers obscur du corps Représentation et gouvernement des corps à la Renaissance (Jean Céard)
Posted: 14 Sep 2021 - 07:21

Jean Céard, L'Univers obscur du corps Représentation et gouvernement des corps à la Renaissance, Paris, Belles Lettres, 2021.

À la différence des pensées antiques qui, invitant à se connaître soi-même, détachent l’âme du corps, la pensée chrétienne élabore une conception du corps étroitement solidaire de l’âme : celle-ci n’est tout à fait elle-même qu’unie au corps qu’elle anime. Or la médecine sait à quel point la vie intérieure du corps nous échappe. Si la Renaissance est ardemment attentive à l’anatomie, de grandes pensées expriment de fortes réserves sur la validité de ce savoir qui pourrait bien n’être qu’un trompe-l’œil. Plus généralement comment définir le rapport de l’âme et du corps ? Les métaphores qui tentent de le décrire sont aussi nombreuses qu’imparfaites, comme est vif l’intérêt pour ces individus qui vivent ce rapport dans l’incertitude, l’instabilité ou l’inquiétude : le lycanthrope, qui, comme on dit alors, « se met en loup », l’ensorcelé, le fou. À défaut de pouvoir scruter l’intimité des corps, d’être en état d’en franchir la clôture, il faut mettre en place des procédures indirectes d’observation, édifier un complexe savoir conjectural qui sache repérer et croiser les signes.
Nous n’avons pas complètement renoncé à ces représentations.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

128 pages
Les Belles Lettres / essais
N° dans la collection : 30
Parution : 05/03/2021
EAN13 : 9782251451688

Molière, Théâtre complet. Tome V (éd. Charles Mazouer)
Posted: 14 Sep 2021 - 07:16

Molière, Théâtre complet, Tome V, éd. Charles Mazouer, Paris, Classiques Garnier, 2021.

Cinquième et dernier volume du nouveau Théâtre complet de Molière, dont les textes sont établis sur les éditions originales, présentés et largement annotés. Pour les comédies-ballets, sont données les partitions. Ce volume contient Psyché, La Comtesse d’Escarbagnas, Les Fourberies de Scapin, Les Femmes savantes et Le Malade imaginaire.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Nombre de pages: 1078
Parution: 01/09/2021
Collection: Bibliothèque du théâtre français, n° 76
ISBN: 978-2-406-11124-5
ISSN: 2109-7577

La Scène cannibale Pratiques et théories de la transgression au théâtre (xvie-xxie siècle) (Zoé Schweitzer)
Posted: 14 Sep 2021 - 07:11

Zoé Schweitzer, La Scène cannibale Pratiques et théories de la transgression au théâtre (xvie-xxie siècle), préface d'Olivier Py, Paris, Classiques Garnier, 2021.

Le cannibalisme a, depuis l’Antiquité, traversé l’histoire de la tragédie, comme une scène primitive obsédante qui explore les limites de l’humanité. Il brouille les frontières entre barbarie et civilisation, offrant au théâtre un laboratoire où ressaisir sa nature, ses fonctions et ses effets.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Nombre de pages: 351
Parution: 08/09/2021
Collection: Perspectives comparatistes, n° 100
Série: Dramaturgie comparée, n° 2
ISBN: 978-2-406-11937-1
ISSN: 2103-480X

Histoire immédiate et raison d’État Le Mercure François sous Louis XIII (Virginie Cerdeira)
Posted: 14 Sep 2021 - 07:07

Virginie Cerdeira,  Histoire immédiate et raison d’État Le Mercure François sous Louis XIII, préface de Nicolas Schapira, Paris, Classiques Garnier, 2021.

À la lisière de l’écriture du passé et de l’actualité, le Mercure François est une production éditoriale hybride du premier xviie siècle. Les pratiques d’écriture déployées révèlent un lien structurel à la raison d’État et une relation non linéaire au pouvoir monarchique sous Louis XIII.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Nombre de pages: 627
Parution: 08/09/2021
Collection: Histoire des Temps modernes, n° 9
ISBN: 978-2-406-11876-3
ISSN: 2276-2582