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Calls for Papers and Contributions

CFP: Les redistributions du genre dans la littérature de langue française du Moyen-Age à l’extrême contemporain : les reconfigurations du masculin et du féminin
Posted: Thursday, May 25, 2017 - 02:26

Colloque  international Université Rennes 2

15-17 mars 2018

Propositions: 10 juillet 2018

                La fascinante histoire des idées dans le dernier demi-siècle en Occident[1] montre comment toute une génération d’intellectuelles américaines se sont inspirées dans les années 80 de la « pensée française » (French thought) : l’historienne Joan W. Scott influencée par Foucault définit le genre comme « façon primordiale de signifier des rapports de pouvoir »[2] ; avec la philosophe Judith Butler[3], l’analyse du genre se constitue comme théorie de la performance issue de l’analyse lacanienne du désir et de la séduction sexuelle[4]. Dans les années 2000, par une sorte de fécondation réciproque, la théorie du genre revient en France où les études en sciences humaines et sociales poursuivent le travail de dénaturalisation des comportements en analysant les rapports de sexe en tant qu’historiquement déterminés, ainsi que les effets de l’assignation des identités sexuées sur les individus et sur l’ensemble du système social[5].

La littérature est un champ où l’exploration de ce concept est particulièrement fructueuse puisque les textes littéraires, outrepassant les normes de binarité imposée dans la construction sociale des identités sexuées, produisent les mises en scène les plus variées et parfois les plus fantasques de leur dépassement. En revisitant les corpus traditionnels au prisme du genre, cette relecture fait émerger des sens nouveaux, jusqu’alors inexploités. Notre colloque a donc pour but de faire le point sur la recherche actuelle en littérature, domaine qui reste encore largement à prospecter en France[6].

L’objectif sera ici de s’intéresser à la problématique des identités sexuées – non à celle des orientations ni des pratiques  sexuelles –, en privilégiant la question des subversions, brouillages, défaussements (explicites ou clandestins), ainsi que des mises en cause de ces identités.

Il s’agira donc d’étudier l’appropriation réciproque, par chacun des deux sexes, des attributs assignés à l’autre, la redistribution des catégories, physiques, mentales, sociales (etc.) entre masculin et féminin, et les moyens spécifiquement littéraires mis en œuvre pour subvertir ces catégories. Depuis le début du XXème siècle, dit Laure Murat, une idée « gagne du terrain : la gradation entre masculin et féminin »[7]. Par-delà la mise en scène littéraire d’une certaine porosité des catégories, la réflexion peut aller du simple brouillage des identités sexuées à une inversion plus marquée. Elle peut concerner aussi les figures marginales et très fécondes, en littérature, de l’inter-sexe et de l’inter-genre ; de personnages – souvent idéaux – nantis des attributs des deux identités sexuées : biologiques (figures d’androgynie), et/ou sociales (éducation opposée au genre assigné et produisant un être complet cumulant les données du masculin et du féminin, qui transcende les limites de la norme).

Dans ce champ de réflexion infinie, il s’agira de repérer les récurrences et variations des stratégies littéraires dans le traitement des identités sexuées selon les époques et les contextes culturels ; et de souligner les moments et mouvements littéraires qui nourrissent particulièrement ce topos.

Ainsi la réflexion pourra porter sur la distanciation face aux injonctions sociales dans la construction des identités sexuées (en particulier dans l’acte de récuser la norme), mais aussi sur les variations et toutes les formes de fluctuation entre masculin et féminin, puisque la littérature est l’espace privilégié pour la mise en scène d’une ambiguïté condamnée à rester souvent en deçà du langage.

 

Préconisations méthodologiques 

Outre les approches littéraires, les analyses de diverses disciplines (linguistique, psychologie, psychanalyse, sociologie, histoire…) sur cette question controversée sont les bienvenues, à condition de poser une approche ciblée sur le fait littéraire.

Il conviendra également  de mesurer la place des œuvres abordées dans l’histoire de la littérature. En inscrivant la réflexion dans une perspective trans-séculaire, on tentera de dégager quelques jalons dans la variabilité de la représentation et de l’exploitation littéraire des identités sexuées au cours des siècles.

Il est souhaitable que soient abordés des corpus variés et représentatifs du point de vue diachronique et que soient élaborées non de simples monographies particulières, mais des mises en perspective transhistoriques et génériques de ces corpus, qui pourront concerner un large panel d’auteur/e/s de langue française.

 

Pistes possibles

En vue  d’explorer la déconstruction des stéréotypes et celle des identités genrées, les questions suivantes pourront, par exemple, être abordées :

-       quelles  appropriations du masculin par le féminin et du féminin par le masculin ?

-       quels jeux sur des figures paradigmatiques (historiques, mythologiques : ex, figures de Tirésias, des Amazones) sont les éléments moteurs de cette perturbation ?

-       à partir de quand peut-on repérer, dans les textes littéraires,  un début de brouillage des normes ? Il y a-t-il une catégorie qui subvertit d’abord l’autre ? Cette prérogative est-elle localisable surtout dans des textes d’auteurs hommes ou femmes ?

-       est-il possible de situer historiquement, dans les textes littéraires, les premiers fléchissements du masculin par rapport à la norme ? peut-on parler au XXème et XXIème siècles d’un recul, voire d’un effondrement des normes du masculin ? Jusqu’à quand le bastion du genre dans ce domaine semble-t-il rester vivace ?

-       quelles figures inter-sexuées ou inter-genrées apparaissent, quand et où ?

-       en quoi les motifs du travestissement et de la métamorphose sont-ils annexés au brouillage des identités de genre ?

-       comment le personnage et/ou l’instance énonciative perturbent-ils, contournent-ils l’injonction sociale sur l’identité sexuée, ou s’y soustraient-ils ?

-       comment les points de vue ou les divers dispositifs spécifiques selon les genres littéraires (narratifs, lyriques, dramatiques, autres)  participent-ils  à la perturbation des identités genrées ?

-       quelles formes textuelles sont privilégiées (textes fictionnels, dramatiques, lyriques,…), et à quels moments de l’Histoire ? Quels moyens, quels registres – distanciés ou non (ironie, parodie…) – sont mis en œuvre par la littérature pour revendiquer explicitement ou dire implicitement une crise de l’identité masculine ou féminine ?

-       comment l’intertextualité et la réécriture de modèles littéraires contribuent-elles à déconstruire les identités sexuées ?

-       mais aussi, de façon plus globale, la littérature semble-t-elle anticiper les interrogations sociales sur le genre, les refléter en simultané ou les retranscrire en différé ?...

 

Première esquisse d’une réflexion trans-séculaire 

(Cet apport ne présage en rien de l’agencement final des interventions qui seront organisées plutôt à partir de problématiques transversales.)

La littérature du Moyen-Age offre des figures genrées qui ont focalisé l’intérêt des critiques, comme celle de la dame et du chevalier ou encore la figure royale, qui continuent d’ailleurs à alimenter les manuels du secondaire, souvent ravalées au rang de stéréotypes par delà la diversité de leurs attestations textuelles. Mais le Moyen Age a aussi exploité le travestissement et la métamorphose d’un sexe à l’autre : ainsi des déguisements de femmes en hommes dans Le Roman de Silence ou le Roman de Floris et Lyriopé, ou de la métamorphose de Christine en homme (Christine  de Pizan, Le Livre de mutation de Fortune) ou des réécritures de la métamorphose de Tirésias en femme. Les figures de femmes viriles ne sont pas rares, souvent associées à des figures antiques (Camille, les Amazones par exemple) mais pas exclusivement si l’on songe à Jeanne d’Arc. La littérature médiévale offre aussi des cas d’investissement de voix féminines chez les troubadours ou poètes lyriques de la fin du Moyen Age comme Machaut ou inversement des cas plus rares d’investissements féminins de la voix masculine, chez Christine de Pizan (Cent ballades d’amant et de dame, Livre du duc des vrais amants) dont on peut se demander s’ils infléchissent ou non les identités genrées.  Cette auteure, la première à avoir revendiqué une autorité littéraire au féminin après Marie de France, non seulement subvertit les identités genrées par sa prétention à une reconnaissance sociale, mais déploie des figures et stratégies multiples pour subvertir l’assignation à une identité féminine subalterne, tout en proposant une réflexion philosophique et théologique pour défendre une conception non essentialiste du genre. La figure masculine peut aussi être féminisée, comme chez Narcisse ou dans la figure du clerc. On pourrait relire la querelle des femmes, développée à partir du Roman de la Rose avec ses champions et détracteurs, en se demandant si elle consolide ou inversement ébranle les identités genrées. Procédés et jeux sur le genre ne sont donc pas une création de la modernité…

Si l’époque classique a veillé à rendre plus normatives les injonctions sociales et à imposer une binarité plus différenciée des codes, le XVIIIème siècle a ouvert la voie à un discours émancipateur en vue d’explorer des alternatives à des représentations genrées figées. La montée en puissance de l’auteur (cf. P. Bénichou, Le Sacre de l’écrivain) et le développement important du lectorat féminin, en particulier, ont donné de nouvelles assises à la fiction romanesque. Les auteures se sont emparées de cet espace de liberté qui  s’offrait à elles pour proposer un renouvellement des thématiques romanesques, une orchestration différente des hiérarchies sexuées (avec par exemple un  personnage masculin tout en délicatesse et en sobriété dans les Lettres d’une Péruvienne de madame de Graffigny ; voir aussi les mutations en germe dans l’écriture utopique, comme chez Diderot, Le Supplément au voyage de Bougainville…).

Dans cette modernité le XIXème siècle a, quant à lui, élargi la réflexion sur le champ d’une reconfiguration possible des assignations, d’abord par le discrédit jeté sur les stéréotypes sociaux du féminin (Corinne, Madame de Staël) et par une déstabilisation des modèles du masculin (voir Stendhal, mais aussi une identité virile en net fléchissement chez un Felix de Vandenesse – Le Lys dans la vallée, Balzac – ou un Frédéric Moreau – L’Education sentimentale, Flaubert), avec en parallèle le développement de la figure de l’inter-sexué (telle qu’elle peut apparaître dans Séraphîta de Balzac) ou les jeux multiples sur les inversions de genre (Gabriel de George Sand et, à la fin du siècle, Monsieur Venus de Rachilde).

Le XXème siècle reprend cette réflexion en la dépouillant de son aspect fantastique (très présent chez Balzac, Sand ou Rachilde) et en l’ancrant dans le monde réel : c’est ainsi qu’apparaissent les figures de l’amant au pouvoir paradoxalement accru par la féminisation de ses attributs, physiques et psychiques (chez Colette, Duras…).

Le XXème poursuit une véritable redistribution des données socialement construites, par une érosion du concept du masculin et son appropriation par la sphère du féminin : voir la virilisation des héroïnes dans les textes littéraires, à travers des figures féminines non seulement de la révolte politique (l’Electre du début des Mouches, l’Antigone d’Anouilh, les « guérillères » de Monique Wittig…), mais aussi de la domination mentale, qu’elle soit sociale, professionnelle, artistique… (Ceci va de pair avec une dévalorisation des modèles féminins traditionnels et les mises en scène de femmes rompues[8] que Beauvoir et les écrivaines de la génération 70 ont multipliées, pour dénoncer l’invalidité des modèles sociaux du genre.)

Cette redéfinition des données se prolonge aussi par une crise plus marquée des représentations du masculin : à la génération des héros combatifs et courageux de la première moitié du siècle (Malraux, Saint-Exupéry…) succède celle de personnages masculins en déroute dans leur virilité même (dans l’extrême contemporain, les exemples d’impuissance existentielle abondent : personnages de Carrère, Toussaint, Houellebecq…).

Voici donc une feuille de route ambitieuse, qui entend ne rien négliger de la question du genre dans ses mises en scène plurielles à travers les siècles, les classes sociales, les styles, les stratégies littéraires et les auteur/e/s « des deux sexes et autres » (Balzac[9]).…

Sera ainsi captée dans son évolution, alors qu’elle reste en constant devenir, une interrogation cruciale à nos sociétés modernes qui, déjà à l’œuvre au Moyen-Age, s’est déployée jusqu’à constituer un renouveau majeur de la critique littéraire contemporaine…      

Marie-Françoise Berthu-Courtivron, Fabienne Pomel (CELLAM, Université Rennes 2)

Les communications dureront de 20 à 25 minutes (maximum). Les propositions (titre et résumé) sont à envoyer avant le 10 juillet 2017 aux deux organisatrices, accompagnées d’un bref CV : mf.berthu-courtivron@univ-rennes2.fr et fabienne.pomel@univ-rennes2.fr

Les réponses seront données pour le 18 juillet 2017.

L’hébergement sera assuré à Rennes pour les intervenants/es, mais non le coût des transports.

Conseil scientifique :

Anne-Emmanuelle Berger (Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis / Cornell University, USA)

Marie-Françoise Berthu-Courtivron (Université Rennes 2)

Isabelle Brouard-Arends (Université Rennes 2)

Roger Célestin (University of Connecticut, USA)

Anne Garréta (Université Rennes 2 / Duke University, USA)

Rotraud von Kulessa (Université d’Augsbourg, Allemagne)

Audrey Lasserre (UCL - Université de Louvain-la-Neuve,  Belgique)

Laure Murat (University of California, Los Angeles, USA)

Christine Planté (Université Lyon 2)

Fabienne Pomel (Université Rennes 2)

Martine Reid (Université de Lille Nord de France)

Richard Trachsler (Université de Zurich, Suisse)

Quelques éléments d’une bibliographie récente (depuis 2000, par ordre chronologique)

Sur le genre en général

-  Rauch, André, Le premier sexe: mutations et crise de l'identité masculine,  Hachette Littératures, 2000

- Maugue, Annalise, L’identité masculine en crise au tournant du siècle, Payot & Rivages, 2001

- Le genre face aux mutations: masculin et féminin, du Moyen Âge à nos jours, Luc Capdevila, Sophie Cassagnes, Martine Cocaud, Dominique Godineau, François Rouquet et Jacqueline Sainclivier (dir.),Presses universitaires de Rennes, 2003

- Dominique Fougeyrollas-Schwebel, Christine Planté, Michèle Riot-Sarcey et Claude Zaidman (dir.), Le Genre comme catégorie d’analyse Sociologie, Histoire, Littérature, L’Harmattan, « Bib. Du féminisme », 2003

- L'éternel masculin, Patricia Mercader et Laurence Tain (dir.), Presses universitaires de Lyon, 2003

- Badinter, Élisabeth, XY, de l'identité masculine, O. Jacob, 2004 

- Le genre des territoires: masculin, féminin, neutre, Christine Bard (dir.), Presses de l'Université d'Angers, 2004

- Butler, Judith, Trouble dans le genre, La Découverte, 2005

- Murat, Laure, La loi du genre, Fayard, 2006

- Histoire de la virilité, t. III, La virilité en crise ? XXe-XXIe siècle, Jean-Jacques Courtine (dir.), Le Seuil, 2011

- Mechthild Fend,  Les limites de la masculinité. L’androgyne dans l’art et la théorie de l’art en France (1750-1830), La Découverte, coll. « Textes à l'appui / Genre & sexualités », 2011

- Le Genre à l’œuvre, Melody Jan-Ré (dir.), L’Harmattan, « Logiques Sociales (Sociologie des Arts) », 3 vol., 2013

- Qu’est-ce que le genre ?, Laurie Laufer, Florence Rochefort (dir.,), Payot, 2014

- Berger, Anne-Emmanuelle :

a) Le Grand théâtre du genre, Belin, 2013 

b) « Genre », in Fragments d’un discours théorique (E. Bouju dir.), éd. Cécile Defaut, 2015

- Mon corps a-t-il un sexe ? Sur le genre, dialogues entre biologies et sciences sociales, Evelyne Peyre et Joëlle Wiels (dir.), La Découverte « Recherches », 2015

 

Sur le genre en littérature

- Masculin-Féminin dans la poésie et les poétiques du XIXe siècle, Christine Planté (dir.), Presses universitaires de Lyon, 2002

- Noble, Jean Bobby, Masculinities without men ? Female masculinity in twentieth-century fictions, Vancouver, University of British Columbia Press, 2004

- « Féminin/Masculin. Écritures et représen­tations », Christine Planté (dir.), dans Lieux littéraires – La Revue n° 7-8, Montpellier III, 2005, p. 7-180

- La Littérature en bas-bleus, colloques Université Lille 3, Andrea del Lungo et Brigitte Louichon (dir.), Ed. Classiques Garnier, coll. « Masculin/féminin dans l'Europe moderne », t. I : 2010 / t. II : 2013 / t. III à paraître, 2017

- Les Femmes dans la critique et l’histoire littéraire, colloque BnF 2009, Martine Reid (dir.), Champion,  2011

- Guidée, Raphaëlle, « Unsex me ! Littérature et violence politique des femmes », Penser la violence des femmes, Coline Cardie, Geneviève Pruvost (dir.), chap. 22, La Découverte, 2012

- Tradition des romans de femmes. XVIIIe-XIXe siècles, Catherine Mariette-Clot et Damien Zanone (dir.),Champion, 2012

- Maira, Daniele  et Roulin, Jean-Marie,Masculinités en révolution de Rousseau à Balzac, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2013

- Christine Planté, La Petite Sœur de Balzac - Essai sur la femme auteur, PUL, 2015 (2ème éd., avec une préface de Michelle Perrot et une postface inédite)

- Le Masculin dans les œuvres d'écrivaines françaises - « Il faut beaucoup aimer les hommes », Françoise Rétif (dir.), Garnier, 2016

- Figures féminines de l’histoire occidentale dans la littérature française, Mercè Boixareu, Esther Juan-Oliva, Angela Romera-Pintor (dir.), préface Michelle Perrot,Champion, 2016

- Fictions modernistes du masculin-féminin: 1900-1940, Andrea Oberhuber, Alexandra Arvisais et Marie-Claude Dugas (dir.), Presses universitaires de Rennes, 2016

- Dossier « Genre et littérature », Lieselotte Steinbrügge et Hendrik Schlieper (dir.),Lendemains (Freiburg), n°2/3, 2016

- Histoire culturelle des femmes en littérature, du moyen âge au XXIe siècle, Martine Reid (dir.), Gallimard, « Folio », à paraître 2017

- Planté, Christine, « Le genre en littérature : difficultés, usages et fondements d'un concept », dans Le(s) genre(s).Définitions, modèles, épistémologie, GenERe (dir.), Ens éditions, à paraître (2017 ?)

 

 

[1]Histoire retracée par Anne-Emmanuelle Berger dans Le Grand théâtre du genre, Belin, 2013. Voir aussi sa contribution à Fragments d’un discours théorique (Emmanuel Bouju dir.), éd. Cécile Defaut, 2015, p. 173-192.

[2]Son article célèbre « Gender as a Useful Category of Historical analysis », qui a lancé les études de genre en France, y a été traduit et publié en 1988 : « Genre : une catégorie utile d’analyse historique », Cahiers du GRIF, vol. 37-38 (Michèle Riot-Sarcey, Christine Planté, Eleni Varikas dir.), p. 125-153.  Les positions théoriques de Scott sont par ailleurs nourries de la lecture de Derrida, Bourdieu et Lacan, mais également de celle des féministes françaises comme Monique Wittig.

[3]Trouble dans le genre, La Découverte, 2005

[4]Voir aussi d’autres intellectuelles de la gender theory comme Donna Haraway ou Teresa de Lauretis ayant ouvert la réflexion vers  la queer theory,…

[5]Citons, parmi d’autres, les travaux de Michelle Perrot en histoire, Françoise Héritier en anthropologie, Lawrence Kohlberg en psychologie, Catherine Vidal en neurobiologie...

[6]Voir la mise au point de Christine Planté, « Le genre en littérature : usages et difficultés d'un concept », conférence décembre 2015, colloque du laboratoire Genere de l'ENS Lyon, Presses de l'ENS, à paraître.

[7]Murat, Laure, La loi du genre, Fayard, 2006, p. 173

[8]Formule empruntée au titre de Beauvoir.

[9]Le Père Goriot, Hatier (éd. 2004), p. 9.

Appel à communications: Société des Études Historiques Françaises
Posted: Wednesday, May 24, 2017 - 17:26

64e congrès annuel, Marriott City Center, Pittsburgh, PA (États-Unis)

8-11 Mars 2018

Date limite pour les propositions: le 15 septembre 2017

L’Université Duquesne et l’Université de Pittsburgh accueilleront le 64e congrès annuel de la Société des Études Historiques Françaises au Marriott City Center de Pittsburgh du jeudi 8 mars au dimanche 11 mars 2018. Les adresses plénières seront offerts par Catherine Desbarats (Université McGill), à propos de la Nouvelle France, et Julian Jackson (Queen Mary University of London) sur le ’68 de Charles de Gaulle.

 

Le comité scientifique sollicite des propositions portant sur tous les thèmes de l’histoire de France, des colonies françaises et des autres pays francophones, ainsi que de la France dans le monde. Ce colloque se tenant à la veille du cinquantième anniversaire des “évènements de mai 68,” les organisateurs encouragent notamment les sessions consacrées à la politique populaire, aux mouvements sociaux et aux idées radicales pendant toutes les périodes historiques.

 

Les propositions de sessions complètes (comportant le titre de la session, les titres et de brefs résumés des communications, et un court C.V. pour chacun des participants) seront privilégiées, même si les communications individuelles seront aussi considérées et regroupées de façon cohérente en fonction de l’espace disponible. Une session traditionnelle se compose de trois communications de 15 à 20 minutes, et associe à leurs auteurs un président et un commentateur. D’autres formats tels que tables-rondes, sessions-éclair, ateliers pédagogiques, discussions de travaux communiqués à l’avance, et sessions consacrées aux humanités numériques sont également possibles. Si vous souhaitez proposer un format alternatif, merci de bien vouloir expliquer comment le temps imparti (1h45mn) sera utilisé. Une description de certains de ces formats alternatifs sera mise en ligne sur le site du colloque.

 

Les séances auront lieu à l’hôtel Marriott City Center (112 Washington Pl., Pittsburgh, PA 15219) et sur le campus de l’Université Duquesne, proche du centre-ville de Pittsburgh. La SFHS a obtenu un tarif préférentiel de 145$ par nuitée pour les participants au colloque, ainsi qu’un nombre limité de chambres disponibles au tarif de 95$ pour les étudiants. Les participants pourront découvrir les nombreux sites culturels, les restaurants et le cadre naturel qui ont valu à Pittsburgh d’être régulièrement reconnue comme une destination touristique majeure.

 

Les propositions, rédigées en anglais ou en français, sont à envoyer par internet via le site du colloque: www.sfhsconference.org. Veillez à ne proposer que des communications qui n’ont pas déjà été présentées, publiées, ou acceptées ailleurs. Tous les intervenants devront être membres de la Society for French Historical Studies à jour de leurs cotisations à la date du colloque. Le site internet recevra les propositions jusqu’au 15 septembre 2017. Pour toute question, merci de vous adresser aux deux co-présidents de la SFHS pour 2017-18: Jotham Parsons, Professeur Associé d’Histoire, Duquesne University, et Pernille Røge, Professeur Assistant d’Histoire, University of Pittsburgh, à sfhsconference2018@gmail.com.

 
CFP: 2018 NEMLA conference
Posted: Wednesday, May 24, 2017 - 17:22

Northeast Modern Language Association

April 12-15, 2018 Pittsburgh, PA

(Im)possible Bodies: Spaces and the Body in Early Modern Europe

This panel explores the spatial limits of bodies in early modern Europe. The spatial limits of bodies, broadly conceived, refer to the determinant role that real or abstract boundaries play on the physical and/or imagined body. These limits can take many forms, including aesthetic conventions, battlefields, domestic confines, geographic boundaries, and religious sites. Notions of the body may be equally diverse, extending to animals, communities, environments, and genders. Panel discussion will provide a rich examination of intersections between spatial perspectives and studies of early modern bodies.

Possible questions for panelists to consider include: How does the suffering or fragmented body impact the space that the body inhabits? How does the experience of one’s own body affect a perception of space? Where did changing theories of anatomy and cartography overlap in the Renaissance? In what ways did early modern men and women navigate tensions between physical and spiritual bodies? To what extent did sexuality influence social mobility in early modern cultures? 

Papers from a broad range of disciplines are welcome, including literature, art history, European history, religious studies, and women and gender studies. 

Please submit abstracts through the following link by Sept. 29, 2017: Call for Papers

CFP: Séances en littérature française au prochain congrès de la RSA
Posted: Wednesday, May 17, 2017 - 15:28
Chers/Chères collègues,
 
En tant que « Discipline Representative » pour la littérature française auprès de la RSA, je peux parrainer 5 sessions au prochain congrès de la Renaissance Society of America, qui se tiendra du 22 au 24 mars 2018 à La Nouvelle Orléans. Voir http://www.rsa.org/general/custom.asp?page=2018NOLA
 
J’invite donc des propositions complètes pour des sessions ou des tables rondes. Malheureusement, je ne saurais accepter des propositions pour des communications individuelles – ceux d’entre vous qui ne font pas déjà partie d’une session sont invités à chercher dans les blogs de la RSA et/ou envoyer directement votre proposition à la RSA. 
 
Les propositions sont à adresser par email à H.G.A.Roberts@exeter.ac.uk, avant le 25 mai 2017, et doivent comporter, pour chaque intervenant(e), les éléments suivants :
 
nom et prénom,
adresse postale et électronique
rattachement universitaire
titre de la communication - 25 mots maximum
résumé de la communication - 150 mots maximum
liste de mots-clés
un curriculum vitae sommaire - 300 mots maximum
 
Il faut indiquer aussi le nom d’un(e) président(e) de séance, avec son rattachement universitaire et son adresse électronique.
 
À noter : les frais de voyage et d’hébergement et les frais d’inscription (env. $185 membre ordinaire ; $120 étudiant) seront à la charge des participants, qui devront aussi adhérer à la RSA pour l’année 2017 (cotisation variable selon le salaire du membre : https://rsa.site-ym.com/default.asp?page=membershiprenewal).
 
A titre personnel, je prends actuellement une année sabbatique, une « retraite » presque totale de la vie universitaire, et j’ai moins d’accès à Internet qu’auparavant. Je vous remercie à l’avance de votre patience et je vous serais d’autant plus reconnaissant de respecter les normes de la RSA dans vos propositions, ce qui faciliterait énormément notre tâche.
 
Je me réjouis de cette occasion de parrainer des sessions sur la littérature française, comme à Boston et à Chicago, et de vous revoir à la Nouvelle Orléans,  
 
Bien cordialement,
 
Hugh Roberts
CFP: Women and Translation in the Renaissance
Posted: Wednesday, May 17, 2017 - 12:36

RSA 2018 Meeting (New Orleans)   Proposals due 22 May 2017

You are welcome to submit paper proposals for the panel “Women and Translation in the Renaissance” at the 2018 RSA conference in New Orleans. 

This panel intends to explore the part played by women within the multilingual and multicultural contexts of Renaissance Europe by means of translation. In the last few decades an expanding corpus of scholarly works on women’s role in the history and cultures of translation has greatly contributed to expand our knowledge in the field, especially with reference to Early Modern England and, partly, France. Aiming to further extend our understanding of the cultural history of translation during the Renaissance, this panel welcomes papers that focus on women’s contribution, as agents of all kinds (e.g. translations for and by women, translations of women’s writings), to the production and circulation of translations. We particularly encourage proposals that examine linguistic and cultural traditions (e.g. Italian, German, Portuguese, Spanish, Polish), or specific aspects and issues that have so far received less attention.

Questions to be considered when submitting proposals include, but are not limited to: the multilingual and multicultural contexts in which translations took place and were received; linguistic tools and practices of language learning; the role of translation in women’s education and as means of learning a language to improve one’s cultural literacy; the role of different agents, not only translators, but also patrons, printers, and readers, in the circulation of translations; individual/collaborative translations; translations by means of other languages; translations from (or into) classical languages/from vernacular to vernacular; translation practices and attitudes; modes of production, distribution and reception of translations; ownership and material aspects of translated works; manuscript and print translations; the influence and uses of translations; translations of women’s writings.

Proposals with an interdisciplinary and transnational approach to the topic are particularly welcome. Given the cross-cultural nature of the panel, presentations in English are strongly encouraged. Please send a 150-word abstract, with a title and a list of key words, and a short CV (300-word maximum) in a single Word document to Dr Helena Sanson (hls37@cam.ac.uk), by Monday 22 May 2017. Please see the guidelines for abstracts and CVs on the RSA’s annual meeting page.

http://crrs.us3.list-manage.com/track/click?u=83c8b34d92c3473aa78cd54c3&id=4169e965a5&e=4528c5dcf4

New Publications

Le Fil de Marianne. Narrer au féminin, de Villedieu à Diderot (Florence Dujour-Pelletier)
Posted: 26 Aug 2021 - 07:33

Florence Dujour-Pelletier,  Le Fil de Marianne. Narrer au féminin, de Villedieu à Diderot, Paris, Classiques Garnier, 2021.

Du xviie au xviiie siècle, les romanciers ont très souvent adopté une voix féminine. Quels énoncés autorise cette plume pseudo-féminine ? L’enquête part des “genres féminins” au xviie siècle puis s’intéresse à la voix de Marianne chez Marivaux et examine sa postérité jusqu’à La Religieuse et La Nouvelle Héloïse.

Sommaire disponible sur le site de l'éditeur.

Nombre de pages: 589
Parution: 18/08/2021
Collection: L'Europe des Lumières, n° 76
ISBN: 978-2-406-11240-2
ISSN: 2104-6395

Peau d'âne et peaux de bêtes (dir. Frédéric Calas)
Posted: 28 Jul 2021 - 07:03

Peau d'âne et peaux de bêtes. Variations et reconfigurations d'un motif dans les mythes, les fables et les contes, dir. Frédéric Calas, Clermont Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, 2021.

Depuis l'Antiquité, le motif de la bête que l’on sacrifie et de la peau que l’on revêt est récurrent dans la littérature, notamment dans les mythes, les fables et les contes, que l’on pense au mythe de la Toison d’or, à Ésope, à Basile, à Perrault, à La Fontaine ou encore aux frères Grimm. Les pouvoirs que l’on prête à la peau ou à la fourrure animale sont, de même que ses fonctions narratives, multiples: tantôt parure et trophée, gage de puissance et de fécondité voire d’immortalité, tantôt agent d’une métamorphose protectrice, la peau de bête en général et la peau de l’âne en particulier, font souvent office d’adjuvant. Située à la frontière de l’hybridité, de la marginalité et de la monstruosité, la peau de bête est un motif qui continue d’inspirer des fables et des fictions contemporaines. Le présent ouvrage se propose d’interroger, de manière diachronique, non seulement la fonction narrative et symbolique de la peau ou de la fourrure que l’on revêt, à partir, notamment, du conte central de « Peau d’Âne », mais aussi ses représentations picturales, aussi bien fixes qu’animées, ainsi que les potentialités poétiques de ce bestiaire si particulier, tant la fourrure suscite, comme attribut de l’animalité, tout autant fascination (érotique ou taxidermique) que répulsion. Les chercheurs réfléchissent à partir d’horizons épistémologiques différents, à la question complexe, et commune pour les genres retenus, des réappropriations, reformulations, reconfigurations ou rédifications que le thème a pu connaître, et qui pourra être abordée sous l’angle de la transtextualisation et de la transmédialité.

 

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Support Livre broché
Nb de pages Index . Bibliographie.
ISBN-10 2845169795
ISBN-13 9782845169791

Support PDF
Nb de pages 378 p. Index . Bibliographie.
ISBN-10 2845169809
ISBN-13 9782845169807

Le Fablier, n° 32 : 1995-2020 Un quart de siècle d'études lafontainiennes
Posted: 28 Jul 2021 - 05:49

Le Fablier. Revue de la Société des Amis de Jean de La Fontaine, n° 32, 2021:  "1995-2020 Un quart de siècle d'études lafontainiennes".

Le quatrième centenaire de la naissance de La Fontaine réclamait un numéro spécial de la revue qui lui est consacrée depuis 1988. Le Fablier de 2021 se présente donc comme un bilan des quelque vingt-cinq ans de recherches, de travaux et de manifestations survenus depuis le tricentenaire de la mort du poète en 1995. Les progrès du savoir et de la lecture, l'investigation de domaines mal connus, la réévaluation des œuvres les plus connues, les itinéraires croisés des « lafontainiens » dans les divers domaines de leur compétence sur une œuvre elle-même très diverse font de ce numéro de synthèse un bilan riche et passionnant sur un quart de siècle d’analyses, d’interprétations et d’avancées critiques qu’aura suscités l’œuvre d’un des plus grands poètes français. C’est aussi un tableau représentatif des voies de la recherche actuelle en histoire et en esthétique littéraires, rétrospectif et prospectif à la fois, à la croisée des savoirs de toujours et de leur renouvellement par des pratiques et des méthodes nouvelles à l’heure du numérique, de la pédagogie expérimentale et de la mondialisation de la recherche.

Disponiable sur Le Comptoir des Presses d'Université.
Nb de pages 240 p. Bibliographie. Notes.
ISBN-10 2374961443
ISBN-13 9782374961446

Une fantaisie à la manière de Callot. Introduction au Roman comique de Paul Scarron (Tony Gheeraert)
Posted: 28 Jul 2021 - 05:43

Tony Gheeraert, Une fantaisie à la manière de Callot. Introduction au Roman comique de Paul Scarron, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2021.

Dans les dernières années de sa vie, Scarron a beau être cloué sur sa chaise de paralytique, sa plume alerte n'a rien perdu de son allégresse ni de sa vivacité: dans le Roman comique, les tribulations d’une troupe de théâtre au Mans sont l’occasion d’une fantaisie romanesque foisonnante, où les anecdotes de taverne et les scènes de farce alternent avec les nouvelles sentimentales et les histoires de pirates. Grands seigneurs méchants hommes, belles dames mystérieuses, hommes de loi véreux et comédiennes trop séduisantes constituent le personnel hétéroclite et haut en couleurs d’aventures trépidantes au rythme échevelé, bâties sur de permanentes ruptures de ton. Contrepoint des grands romans de l’époque, inspiré aussi par une veine espagnole picaresque, soutenu enfin par une verve ironique dévastatrice, le Roman comique nous donne une image inattendue de la France du XVIIe siècle: celle des duels et des relais de poste, celle des chemins de boue et des châteaux perdus, celle des eaux-fortes de Jacques Callot et d’Abraham Bosse. Malgré son inachèvement, le Roman comique constitue à coup sûr une savoureuse scène de la vie de province au temps de la Régence, dont bien plus tard Théophile Gautier saura se souvenir en composant son Capitaine Fracasse.

Disponible sur Le Comptoir des Presses d'Université.
Support Livre broché
Nb de pages 200 p.
ISBN-13 9791024015415

Du corpus à l'exégèse. Interpréter la peinture du XVIIe siècle en France (dir. Frédéric Cousinié)
Posted: 28 Jul 2021 - 05:26

Du corpus à l'exégèse. Interpréter la peinture du XVIIe siècle en France, dir. Frédéric Cousinié, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2020.

Qu'est-ce qu’«interpréter» un tableau? Faut-il privilégier les intentions déclarées ou implicites de l’artiste et des commanditaires? En rester aux interprétations contemporaines de l’œuvre, ou accueillir les réceptions postérieures? Que faut-il interpréter: la composition, ses figures, l’histoire, les motifs ou les thèmes? Et faut-il d’ailleurs toujours interpréter? Toutes ces questions... sans cesse posées, reposées par l’historien de l’art et tout amateur de peinture trouvent dans ce volume un début de réponse à propos d’œuvres françaises du XVIIe siècle, le siècle précisément qui invente le terme d’herméneutique, «l’art de l’interprétation».

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Support Livre broché
Nb de pages 400 p. Index.
ISBN-13 9791024013145