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Calls for Papers and Contributions

Franco-British Social Networks in the Seventeenth and Eighteenth centuries: A panel for ‘Social networks 1450-1850, an interdisciplinary conference at the University of Sheffield 16-17th July 2015
Posted: Monday, December 1, 2014 - 15:28

The Franco-British Network for Seventeenth and Eighteenth Century research is seeking panellists for ‘Social networks 1450-1850, an interdisciplinary conference at the University of Sheffield’. The panel title is Franco-British Social Networks in the Seventeenth and Eighteenth Centuries. During these two periods of heavy cross channel conflict, networks and communities of residents of both France and the British Isles maintained connections, in a variety of different forms. We are seeking papers which assess the Franco-British connection of the early modern period through the study of social networks. This might be a study of a particular community of French, British, or Irish immigrants living on the other side of the channel, and the ways in which their ‘social networks’ (their  ties of obligation, communication, sociability and patronage), interacted with, and excluded, local residents. Or it might be a study of how social networks were maintained across the channel between a particular group, questioning how social networks functioned when they took place across borders that were frequently at war with one another. It could also be a comparative study of social and community networks within both France and the British Isles, or a demonstration of how a particular kind of community or connection affected Franco-British relations. How did national identity affect the construction of the ‘social network’? Were there specific national differences in the way such networks were formed? Was it possible to maintain such networks across borders at times of war and crisis?

If you are interested in taking part in this panel, please contact francbritnetwork@gmail.com by 10th January.

Colloque de la SATOR, 8 et 9 Avril 2015, Universités de Nantes et Angers (source: Isabelle Trivisani-Moreau)
Posted: Friday, October 17, 2014 - 15:09

Appel Colloque SATOR, Nantes, 8-9 avril 2015

Universités de Nantes et d’Angers

Natura in fabula. Topiques romanesques de l’environnement

 

À l’heure du Nature writing et du développement de l’écocritique, il est tentant de relier la production des romans faisant référence aux rapports complexes de l’homme et de la nature aux profondes évolutions environnementales que connaît notre œkoumène depuis l’ère de l’industrialisation : l’accroissement du nombre des écofictions, qui ne sauraient être limitées au domaine anglophone, serait ainsi lié à la crise environnementale que nous traversons.

Pour autant cette situation de crise, favorable à la production d’un certain type de romans -dont les formes sont en fait relativement variées-, ne saurait rendre compte de toutes les productions romanesques qui, dans le cours des siècles, témoignent d’un rapport au monde clairement identifiable. D’ailleurs la crise environnementale que connaît le monde contemporain n’est pas unique dans l’Histoire : d’autres crises (catastrophes naturelles ou pas, événements climatiques, comme le petit âge glaciaire avec ses pics et ses conséquences sur la vie quotidienne) intervenant dans des domaines extralittéraires ont pu recevoir dans le passé des traductions dans le domaine littéraire de la fiction. La notion de « sentiment de la nature », souvent utilisée pour évoquer, particulièrement au XVIIIe siècle, un accroissement de la conscience de la nature à travers les œuvres littéraires qui s’épanouit à l’ère romantique, montre d’ailleurs qu’il n’est pas forcément besoin de crise pour justifier l’entrée dans les fictions littéraires de cette préoccupation environnementale : la fréquence du locus amoenus, récurrent dans la littérature médiévale et largement repris par la suite, induit des situations qui témoignent d’une approche souvent euphorique de la nature ; de façon plus neutre, ce sont parfois les phénomènes naturels dont la connaissance scientifique s’accroît au fil des siècles, qui, d’une manière ou d’une autre, font leur entrée dans la fiction.

C’est sur cette question de la nature que se penchera le XXIXe colloque de la SATOR.S’arrêter sur la question de la nature dans le roman devrait permettre, conformément à l’angle de l’analyse topique qui fait le propre des travaux conduits depuis plusieurs années par la SATOR, d’envisager quelles situations narratives enclenche la prise en compte de la nature dans l’élaboration romanesque. Il conviendra pour cela d’évaluer ce degré de prise en compte : la nature peut n’être parfois qu’un simple cadre, mais même à un degré aussi limité, n’est-elle pas à l’origine d’une scénographie qui lui serait propre ? À un degré plus élevé, quelle conscience de la nature se fait jour à travers les romans ? Dans la recherche des topoï narratifs que l’on peut construire autour du thème de la nature, on pourra orienter les recherches dans des directions variées : au delà de l’identification de ce qui se passe dans la nature, on cherchera à repérer des textes dans lesquels l’homme agit sur la nature ou lui accorde un rôle prépondérant sans oublier les cas où la nature devient elle-même actrice. L’animation de la nature est une des formes vers lesquelles peut déboucher le concept de natura naturans qu’on oppose ordinairement à celui de natura naturata. À travers les différentes périodes envisagées, on cherchera à cerner les récurrences, les variations et l’évolution d’une topique environnementale tant dans la littérature française que, dans une perspectivecomparatiste.

 

Sans exclusive, les communications pourront privilégier les entrées suivantes :

1. les lieux topiques de la nature, qu’il s’agisse de lieux de la nature proprement dite ou de lieux aménagés : forêt, montagne, campagne, jardin, parc, mais aussi des espaces plus urbains et organisés dans la mesure où, avec ou sans figement, ils indiquent des usages de la nature et une certaine façon d’habiter le monde.

 

2. les personnages qui portent une conscience spécifique de la nature : amoureux en quête de secret et de solitude, exilés regrettant une forme de rapport au monde et s’efforçant d’en reconstruire un autre plus ou moins ressemblant, ermites fuyant le tumulte des cours et des villes, voyageurs découvrant des espaces différents de leurs lieux d’origine. On s’arrêtera particulièrement sur les personnages déplacés, au sens d’abord spatial du terme, en s’intéressant au décentrement que peut induire leur regard ou leur comportement à l’égard de la conception du rapport homme/nature.

 

3. les formes de l’œuvre romanesque. Par exemple, l’usage du récit-cadre semble propice à une intégration, au moins au premier niveau des œuvres, de l’espace naturel : est-ce une simple commodité de cadre ou un véritable discours peut-il se lire à travers les œuvres et les époques utilisant cette forme ? Dans le même esprit, qu’en est-il du recours à l’espace dans l’allégorie ? Quels sont, sur le plan de l’usage et de l’approche de la nature, les apports du voisinage que le roman peut entretenir avec des formes narratives non fictionnelles comme le voyage ?

 

4. les discours sociaux, philosophiques ou politiques qui sous-tendent certains romans. On pense aux voyages imaginaires dont font partie les allégories ou les romans utopiques : ces derniers prônent souvent un retour à de valeurs plus proches de la nature et proposent, pour y parvenir, un réagencement de l’espace et des pratiques qui amène à combiner nature et raison. Mais il existe aussi, au sein des romans, bien des situations de conversation abordant, dans une optique de comparaison, les mérites de la ville et ceux de la campagne. L’alternative est en effet un moyen, à travers les œuvres, de poser la question environnementale : ville/campagne, sauvage/civilisé, locus amoenus/locus terribilis, retraite/vie dans le monde…

 

 

 

Les propositions de communication (1000 à 1500 signes) sont à envoyer avant le 15 octobre 2014 conjointement à :

Philippe Postel, Université de Nantes philippe.roger.pierre.postel@gmail.com

Isabelle Trivisani-Moreau, Université d’Angers Isabelle.Trivisani@univ-angers.fr

Colloque annuel, octobre 2015, Société des Amis de Port-Royal (Laurence Plazenet)
Posted: Friday, October 17, 2014 - 14:57

Société des Amis de Port-Royal

Colloque annuel
automne 2015
(Château de Versailles, Port-Royal des Champs)

LOUIS XIV ET PORT-ROYAL

Organisateurs :

Olivier CHALINE (Université de Paris-Sorbonne),
Sylvio de FRANCESCHI (EPHE) et
Laurence PLAZENET (Université de Paris-Sorbonne et Institut universitaire de France) 

Appel à communications

L’histoire de Port-Royal et celle du règne de Louis XIV s’entrecroisent inextricablement. À partir de la crise du Formulaire, la volonté du roi est impliquée de façon directe dans les persécutions que subissent moniales et Messieurs. C’est à sa sollicitation que Clément XI fulmine en 1708 la bulle Ad instantiam regis qui prononce la suppression de l’abbaye. En 1710, un arrêt du Conseil ordonne la démolition des bâtiments des Champs.

Célèbre, polémique, la relation du Roi Soleil et du monastère n’a encore fait l’objet d’aucune enquête spécifique. À l’occasion du troisième centenaire de la mort de Louis XIV, la Société des Amis de Port-Royal a décidé de pallier cette lacune en consacrant au sujet son colloque annuel de l’automne 2015.

Trois volets principaux retiendront l’attention :

* D’un point de vue strictement historique, la réflexion devra se fonder sur l’analyse rigoureuse de ce que Louis XIV savait et pensait de Port-Royal, à savoir la communauté religieuse elle-même, mais aussi les personnalités qui firent constellation autour d’elle et les enjeux théologiques de son rayonnement à partir de la réforme engagée par la mère Angélique. Dans cette perspective, une question se pose : quel rôle l’entourage royal a-t-il joué dans l'attitude de Louis XIV ? À l’inverse, à quel moment Port-Royal perd-il en importance dans les préoccupations du monarque ? Y a-t-il lieu de distinguer à ce propos entre l’abbaye et le jansénisme ? Comment le roi a-t-il pu faire enregistrer au parlement de Paris les textes pontificaux condamnant le jansénisme ? Quelles résistances a-t-il rencontrées ? On se demandera également comment Louis XIV a presque réussi à laisser mourir la nébuleuse janséniste après la paix clémentine. D’autre part, de quelle manière le roi fit-il face à la métamorphose d'un jansénisme sans Port-Royal, mais conservant ou ranimant cette référence au début du XVIIIe siècle ? Enfin, serait-il possible de reprendre le dossier de la destruction de Port-Royal en 1709 en travaillant à partir de nouveaux documents historiques, loin des légendes longtemps colportées, dont de récentes études ont délimité les contours ?

Un deuxième axe d’étude concernera les autres acteurs de cette geste. Comment se conciliaient service du roi et appartenance à la mouvance de Port-Royal, notamment chez les Arnauld (on peut songer au cas particulier de Pomponne) ? Quels sont les membres de la

 

mouvance de Port-Royal et de leurs parents qui furent alliés à la Cour ? Quelle fut leur capacité d'intervention ? Quelles distinctions convient-il d’observer entre la personne du roi, le pouvoir royal et la cour s’agissant de Port-Royal ?

* L’histoire des relations entre Louis XIV et Port-Royal implique de considérer de façon autonome la controverse doctrinale qui la scande. Quelle fut l’influence propre des vues et des décisions du roi ? On sait que le monarque, sans être théologien, a suivi de plus ou moins loin les vicissitudes parisiennes de la querelle contemporaine sur la grâce. Ainsi le voit-on s’intéresser en 1663 aux négociations entre jésuites et jansénistes qui aboutissent à la souscription par les augustiniens des cinq Articles qui les rapprochent apparemment des positions thomistes relatives au concours de la grâce avec le libre arbitre. Fulminées en partie sur son insistance, les bulles Vineam Domini et Vnigenitus sont chacune deux scansions essentielles dans le cours de la polémique antijanséniste. Dans l’entourage du roi, ses confesseurs, en particulier les PP. Annat et Le Tellier, interviennent directement dans la controverse avec l’aval du souverain et se signalent par une vive ardeur polémique. Elles appellent une prise en compte scrupuleuse. De manière ponctuelle, le roi a pu aussi se préoccuper des positions doctrinales affichées par des prélats français : il fit interdire par l’intermédiaire du P. Le Tellier, et sans doute sur son avis, la publication d’une instruction pastorale de Fénelon opposée à la Théologie de Châlons de Louis Habert. On s’interrogera donc sur l’engagement direct ou indirect du roi et des personnages qui conseillèrent Louis XIV dans la polémique doctrinale autour du jansénisme. Il pourra être utile de s’attacher à distinguer entre les réactions suscitées par le monastère, ses penseurs et le « jansénisme » en soi.

* Évoquer concomitamment Port-Royal et Louis XIV engage enfin la question des sensibilités et des loyautés de nombreux écrivains, voire de plusieurs artistes en général de la période. S’il manque des synthèses sur de nombreuses personnalités, la proximité de certaines figures telles que Racine, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette ou Pascal, avec Port-Royal a été amplement documentée depuis quelques décennies, sans que l’incidence de cette communauté de vues ait été vraiment étudiée du point de vue des représentations politiques ou esthétiques qu’elle a pu nourrir. Le rapport entre la vision de l’individu promue dans l’entourage de Port-Royal et le développement du « classicisme », par exemple, demeure un terrain presque vierge.

Ce n’est pas un moindre paradoxe, en effet, que ces écrivains aient été enrôlés par la tradition, dans le sillage de l’histoire officielle louis-quatorzienne et du Siècle de Louis XIV de Voltaire, comme des parangons de la grandeur du Roi Soleil, alors qu’ils entretinrent les relations les plus étroites avec un monastère que ce dernier persécuta obstinément. Comment ces fidélités ont- elles pu s’étoiler, se combiner, car ni Mme de Sévigné, ni Mme de Lafayette, acquises aux religieuses de Port-Royal et aux Messieurs, ne boudent néanmoins Versailles ? Quels enseignements en tirer sur les conditions de production et l’imaginaire de l’auteur classique ? Sur la politique implicite décelable dans de nombreuses œuvres ? N’est-ce pas tout un pan de la littérature française qui a été gauchi par une assimilation que les faits fondent peu ? Que nous dit-elle d’une réception qui fut d’emblée critique et politique? Quels renouvellements une considération scrupuleuse des motivations de celle-ci, de ses modalités, appelle-t-elle quant à nos façons de penser et d’énoncer le fait littéraire au XVIIe siècle ?

Les propositions de communication sont à adresser à Laurence.Plazenet@paris-sorbonne.fr avant le 1er novembre 2014.

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New Publications

L’écho des contes. Des Fées de Perrault à Dame Holle des Grimm. Versions littéraires, variantes populaires et reconfigurations pour la jeunesse, dir. D. Peyrache-Leborgne
Posted: 14 Jun 2019 - 16:05

Presses de l'Université de Rennes, 2019. ISBN 2-978-7535-7633-9. 324 p. 28€.

Fées est un conte moral en prose de Perrault fondé sur une structure simple et écrit dans un style lui-même épuré. Sur ce canevas, la tradition écrite et orale a inscrit, au fil du temps, d’innombrables variations de style et de motifs dont Dame Holle des frères Grimm. En prenant pour fil directeur la comparaison des variantes et reconfigurations qui entourent les textes de Perrault et des Grimm, ce livre cherche à rendre sensible la variété des enjeux éthiques et poétiques portés par les contes. Il donne un aperçu de l’immense réseau d’images et de symboles qui s’est créé, d’âge en âge, autour de cette petite histoire.

Avec le soutien de l’université de Nantes.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4828

Le singe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Figure de l’art, personnage littéraire et curiosité scientifique, dir. F. Boulerie et K. Kovács
Posted: 14 Jun 2019 - 16:01

Hermann, Les collections de la République des Lettres, 2019. ISBN 9791037000972. 516 p.

Avec son incroyable agilité, son étonnante dextérité et ses capacités mimétiques qui lui donnent parfois l’air d’un humain bouffon et moqueur, le singe n’en finit pas de fasciner. Dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, l’engouement pour les singes était tel qu’on les retrouvait à jouer la comédie sur les scènes de théâtre et que l’on peignait leurs effigies sur les toiles et les plafonds. Mais l’époque était aussi aux voyages d’exploration, à la découverte scientifique d’espèces nouvelles et aux interrogations sur la part d’humanité de ces animaux si ressemblants à l’homme. Écrits par des spécialistes de littérature, d’histoire de l’art, d’histoire des sciences et de philosophie, les articles rassemblés dans le présent volume offrent un éclairage transversal sur la représentation des singes et la réflexion inspirée par cet animal dans l’Europe classique, des Flandres au Portugal et de l’Angleterre à la Pologne. 

Katalin Bartha-Kovacs, maître de conférences habilitée en littérature et civilisation françaises à l’université de Szeged (Hongrie), et Florence Boulerie, maître de conférences en littérature française à l’université Bordeaux Montaigne (France), sont spécialistes de l’histoire des idées du long XVIIIe siècle (fin XVIIe-début XIXe siècles).

Contributeurs

Sándor  ALBERT, Katalin  BARTHA-KOVÁCS, Marie-Odile  BERNEZ, Florence  BOULERIE, Nicolas  CORREARD, Anne  DEFRANCE, David  DIOP, Pascal  DURIS, Magali  FOURGNAUD, Aurélia  GAILLARD, Yves  GERMAIN, Arlette  GIRAULT-FRUET, Vincent  JOLIVET, Flora  MELE, Luca  MOLNÁR, Dominique  MONCOND’HUY, Dora  OCSOVAI, Mary Ann  PARKER, Loreline  PELLETIER, Melissa  PERCIVAL, Madeleine  PINAULT SØRENSEN, Ignacio  RAMOS GAY, Nathalie  RIZZONI, Bert  SCHEPERS, Małgorzata  SOKOŁOWICZ, Céline  VENTURA TEIXEIRA

http://www.editions-hermann.fr/5493-le-singe-aux-xviie-et-xviiie-siecles.html

 

Christophe Schuwey, Interfaces. L’apport des humanités numériques à la littérature
Posted: 14 Jun 2019 - 15:54

Éditions Alphil, Collection Focus, Série Rayons littéraires, 2019. ISBN:978-2-88950-027-7. 140 p. 14,00 €

PRÉSENTATION

L’informatique a profondément transformé les études littéraires, qu’il s’agisse des méthodes d’investigation, des questions posées ou des corpus abordés. Pour nombre de chercheurs toutefois, les « humanités numériques » demeurent un domaine étrange et étranger, source de fantasmes et de frustrations.

Cet ouvrage aborde le sujet sous un angle résolument concret, celui des interfaces. En douze chapitres concis destinés aussi bien aux curieux qu’aux porteurs de projets, il présente les bénéfices et les enjeux du numérique pour les études littéraires, des usages d’un catalogue de bibliothèque aux analyses de big data, en passant par les nouveaux modes de lectures qu’inspirent les éditions en ligne et le brassage des corpus opéré par les bases de données. Exemples à l’appui, la réflexion démontre le rôle fondamental des interfaces : parce qu’elles transforment notre rapport aux textes, aux livres et à leurs auteurs, elles constituent l’apport décisif des humanités numériques à la littérature.

Christophe Schuwey enseigne la littérature française du XVIIe siècle à l’Université Yale. Dans le domaine des humanités numériques, il a réalisé plusieurs éditions en ligne et bases de données de référence. Il s’intéresse particulièrement aux effets des dispositifs numériques sur la recherche en littérature.

https://www.alphil.com/index.php/editions-livreo-alphil/focus/rayons-litteraires/interfaces.html

J.-F. Marmontel and C.-A. Demoustier, Le Misanthrope corrigé: Two Eighteenth-Century Sequels to Molière’s ‘Le Misanthrope’, ed. Joseph Harris
Posted: 14 Jun 2019 - 11:35

Modern Humanities Research Association, Critical Texts 65, Cambridge, UK: MHRA, 2019. ISBN: 978-1-781887-53-0 (paperback). ISBN: 978-1-781887-54-7 (JSTOR ebook). 146 p. £12.99, $17.99, €14.99.

At the end of Molière’s masterpiece Le Misanthrope (1666), the irascible anti-hero Alceste storms off the stage, resolved to spend the rest of his life in a remote wilderness rather than to spend another moment mixing with corrupt Parisian society. Molière’s comedy is thus, in an important sense, unfinished, and various writers over the centuries, from Fabre d’Églantine in the eighteenth century to David Ives in the twenty-first, have written sequels – works that aim simultaneously to exploit the popularity of the original play, to resolve its narrative, and to lay to rest some of its more troubling implications about society.

This volume brings together two of the first sequels. As their titles imply, both Jean-François Marmontel’s ‘moral tale’ Le Misanthrope corrigé (1765) and its dramatic adaptation, Charles-Albert Demoustier’s three-act verse comedy Alceste à la campagne, ou le Misanthrope corrigé (c.1790), follow the gradual rehabilitation of Molière’s bad-tempered misanthrope. By tracing the two plays’ complex relationships to each other and to Molière’s original comedy, this critical edition situates them both in the context of Molière reception in the Enlightenment, and particularly in relation to Marmontel’s debates with Jean-Jacques Rousseau about the ethics and aesthetics of Molière’s original play.

Joseph Harris is reader in Early Modern Studies at Royal Holloway University of London.

http://www.mhra.org.uk/publications/ct-65?fbclid=IwAR1WLgpZGMK8mVd1mSWBCplV6BXngtgTVM0eBY2fy2FW4RHzonprjQxJ7Ug

Nathalie Freidel, La Conquête de l'intime : Public et privé dans la "Correspondance" de Madame de Sévigné.
Posted: 14 Jun 2019 - 11:30

Honoré Champion, 2009; réimpression en broché, 2019. ISBN 9782745352064. 734 p. 70€.

Ce qui constitue aujourd’hui pour nous l’oeuvre de Mme de Sévigné est le résultat de la rencontre improbable entre une correspondance privée et un vaste public. Beaucoup se sont penchés sur le mystère de cette mutation d’un texte, en interrogeant principalement l’histoire des publications successives et de la réception. La Conquête de l’intime offre une perspective nouvelle sur la Correspondance, à travers une analyse génétique prenant d’abord en compte l’espace double, à la fois public et privé, dans lequel naît le discours épistolaire.

Contrairement à notre conception moderne, la distinction de ces sphères, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, reste encore inachevée et laisse subsister de nombreux espaces indifférenciés. L’art de l’épistolière consiste à explorer ces nouvelles lignes de partage lors d’incessants aller-retour : public et privé, c’est-à-dire aussi contraintes et libertés, extérieur et intérieur, rhétorique et création. Là se situe le principe dynamique d’une oeuvre en mouvement, réfractaire aux interprétations univoques. Sans jamais renoncer au bruissement des nouvelles, aux conventions du monde ni au modèle conversationnel, Mme de Sévigné parvient à faire de la lettre un refuge de l’intime, l’instrument privilégié d’une construction de soi.

Ce pari ambitieux suscite de multiples interrogations : commentune forme d’écriture relevant d’un usage étroitement codifié parvientelle à donner corps à l’intime ? Quels codes nédits ont rendu possible ce détournement d’un genre ? Quelles nouvelles formes d’expression ont pu pallier les lacunes de la langue pour aborder la vie affective ? Le subtil enchevêtrement du public et du privé, de la norme et des libertés, nous conduira  ainsi jusque dans les arcanes du laboratoire de l’oeuvre.

Nathalie Freidel, agrégée de lettres classiques, est professeur de littérature française à l’Université Wilfrid Laurier, au Canada.

https://www.honorechampion.com/fr/11145-book-08535206-9782745352064.html