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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications : Fortes de corps, d’âme et d’esprit : récits de vie et construction de modèles féminins du XIVe au XVIIIe siècle
Posted: Wednesday, August 14, 2019 - 23:52

Mont-saint-Aignan (4-5 juin 2020), avant le 31 octobre 2019

Colloque international organisé par l’Université de Rouen-Normandie et le CÉRÉdI avec le soutien du LISAA de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée et de l’I-SITE FUTURE

Du jeudi 4 juin au vendredi 5 juin 2020 Campus Mont-Saint-Aignan Maison de l’Université Salles des conférences

Comité d’organisation Ariane Ferry, Stéphane Pouyaud, Sandra Provini, Caroline Trotot

Comité scientifique du projet « La force des femmes » Éric Avocat (Université d’Osaka, Japon), Anna Bellavitis (Université de Rouen-Normandie), Anne Debrosse (SIEFAR), Diane Desrosiers (Université McGill, Canada), Myriam Dufour-Maître (Université de Rouen-Normandie), Marie Franco (Université de la Sorbonne Nouvelle), Véronique Gély (Université de la Sorbonne), Nathalie Grande (Université de Nantes, SIEFAR), Claudine Poulouin (Université de Rouen-Normandie), Jean-Marie Roulin (Université Jean Monnet, Saint-Étienne).

Comité scientifique du colloque Jean-Christophe Abramovici (Sorbonne Université), Jean-Claude Arnould (Université de Rouen-Normandie), Cynthia J. Brown (University of California), Jeanne Chiron (Université de Rouen-Normandie), Michèle Clément (Université Lumière Lyon 2), Isabelle Garnier (Université Jean Moulin – Lyon 3), Claire Lechevalier (Université de Caen-Normandie), Véronique Léonard-Roques (Université de Bretagne Occidentale), Catriona Seth (Université d’Oxford – Université de Lorraine), Clothilde Thouret (Université de Lorraine), Éliane Viennot (Université Jean Monnet – IUF).

Appel à communication Ce colloque, programmé pour juin 2020 par l’Université de Rouen-Normandie et le CÉRÉdI, avec le soutien du LISAA de l’Université Paris Est Marne-la-Vallée, ouvrira le deuxième volet d’un projet intitulé La Force des femmes, hier et aujourd’hui, qui est piloté par le CÉRÉdI et marrainé par la SIEFAR (Société Internationale pour l’Étude des Femmes de l’Ancien Régime). Ce projet consiste en une enquête collective sur les représentations littéraires, théâtrales et cinématographiques de la force féminine – envisagée à travers ses actualisations violentes et inquiétantes (le meurtre, le combat, la torture, l’action terroriste, etc.) et ses actualisations admirables (le courage, la résistance, la ténacité) – et les présupposés idéologiques qui les ont accompagnées à travers les siècles. Le texte cadre du projet est consultable ici. Deux colloques ont déjà eu lieu, ainsi qu’une série de journées d’étude, et bientôt un colloque, dans le cycle « Reines en scènes ».

Les deux premiers colloques, Figures et personnages de criminelles, des histoires tragiques au roman policier (2017) et Le spectacle du crime féminin sur la scène et dans le cinéma européens (2018), ont exploré la face sombre de la force féminine et ses représentations contrastées dans les genres narratifs et sur la scène (théâtre, opéra) et à l’écran. La violence et la criminalité des femmes, tout en étant généralement condamnées, voire rapportées à une forme de monstruosité, peuvent dans certaines représentations être montrées sous l’angle de la réparation d’un tort ou d’une injustice subis ou sous l’angle d’une émancipation par rapport à un cadre contraignant. Quant aux travaux portant sur la criminalisation des femmes, ils ont fait apparaître à quel point les écarts par rapport aux attentes sociales et sexuelles entrent dans la condamnation de celles qui ne se soumettent pas aux assignations de genre et se montrent rebelles à l’ordre patriarcal, leur force, leur volonté d’affirmer un libre choix se retournant contre elles et les poussant parfois sur la voie du crime.

***

Nous entrons désormais dans la deuxième phase du projet, qui se concentrera sur les aspects positifs de la force féminine – force du corps, mais aussi force d’âme et d’esprit – et donnera lieu à deux colloques, Fortes de corps, d’âme et d’esprit : récits de vie et construction de modèles féminins du XIVe au XVIIIe siècle (2020) et Figures de femmes fortes (XIXe–XXIe siècles) : nouvelles représentations du courage féminin, nouveaux enjeux (littérature, théâtre, cinéma, documentaire) (2021).

L’enquête, circonscrite aux domaines français et britannique, portera d’abord sur la fin du Moyen Âge et la première modernité, durant laquelle la force peine à trouver sa place parmi les qualités reconnues aux femmes. Cette vertu – qui dans la pensée chrétienne fait partie des quatre vertus cardinales reprises à la typologie platonicienne – est considérée comme l’apanage du masculin : en grec, la vertu d’ἀνδρεία, dont la racine est ἀνήρ, « l’homme fort, dans la force de l’âge », est la vertu virile par excellence, étrangère aux femmes, faibles et passives par nature selon la tradition aristotélicienne relayée par la pensée chrétienne médiévale. L’expression « femme forte », à la fin du Moyen Âge, apparaîtrait presque comme un oxymore.

Pourtant, les textes philogynes composés dans le cadre de la « querelle des femmes[1] » font l’éloge de certains personnages féminins pour leur énergie et leur puissance, y compris l’exercice physique de la force[2], autant d’aspects généralement associés à un usage « viril » de cette vertu. Celle-ci fait aussi l’objet d’un traité de théologie, Le Livre de la femme forte, en 1501 : son auteur, François Le Roy, présente Marie, victorieuse sur « l’ennemy d’enfer », comme modèle de « femme forte » avant de définir la force féminine comme chasteté, c’est-à-dire capacité de résister à la tentation du péché. Outre la force du corps et la force d’âme, celle de l’entendement féminin se trouve aussi mise en avant à la fin du Moyen Âge, par exemple par Christine de Pizan dans la Cité des Dames, comme à la Renaissance par Anne de France dans ses Enseignements (1503-1505), Antoine Dufour dans Les Vies des femmes célèbres (1504) et Symphorien Champier dans La Nef des dames vertueuses (1503) ou encore par Marguerite de Navarre et Marie de Gournay[3].

Durant cette période, la force peut-elle donc entrer dans une liste de vertus féminines au même titre que la prudence ou la chasteté et, si oui, dans quelles acceptions du terme ? Apparaît-elle comme une qualité physique ou/et une vertu morale, une capacité de résistance à l’adversité ou/et une puissance d’action autonome ? Quelles sont les conditions de possibilité de l’exercice de la force féminine : les femmes fortes sont-elles des exceptions à une nature féminine définie par la faiblesse, voire des femmes « dénaturées » ? ou bien la faiblesse physique et intellectuelle des femmes n’est-elle qu’une construction socio-historique et un résultat de leur éducation[4] ? C’est la thèse de Christine de Pizan, selon laquelle si “coustume estoit de mettre les petites filles a l’escole et que suivamment on les feist apprendre les sciences, comme on fait aux filz, qu’elles apprendroient aussi parfaictement et entendroient les soubtilletéz de tous les ars et sciences, comme ilz font”[5].

Autre problème : celui de la visibilité de ces femmes fortes et de leur inscription dans la mémoire collective, conditions nécessaires à la production de modèles féminins positifs. Au début du XIXe siècle, Gabrielle de Plancy publie deux almanachs (1820 et 1823) avec l’objectif de réparer l’injustice faite à la mémoire des femmes de talent : “On a publié les Vies des saints, les Éphémérides des Braves, l’Annuaire des grands hommes… ; on n’a rien fait de semblable pour les dames. C’est ce vide que je cherche à remplir. J’ai voulu présenter aux Françaises une femme célèbre par jour, comme un encouragement ou comme un modèle. […]. Les personnes qui voudront bien parcourir ce livre, verront qu’il y a plus de femmes célèbres qu’on ne pense, et qu’elles se sont distinguées dans toutes les carrières […]”[6].

Pourtant les siècles que nous nous proposons de considérer (XIVe-XVIIIe) ont œuvré à faire entrer des femmes fortes et vertueuses « dans l’histoire », à les proposer comme exemples et modèles, comme ils ont créé des personnages féminins fictionnels « forts » en phase avec l’imaginaire collectif et/ou le renouvelant. Comment ce travail de mémoire et de modélisation s’est-il fait et qui l’a entrepris ? Dans quel cadre idéologique ? Comment ont été articulés vies réelles, mythes héroïques et vies fictionnelles ?

Pour répondre à ces questions, on se propose de parcourir une « galerie de femmes fortes[7] » de la première modernité – gouvernantes et religieuses, guerrières[8] et martyres, femmes savantes[9], travailleuses des villes[10] et des campagnes – en s’intéressant tout à la fois à la vie des femmes historiques – transmises notamment par les Mémoires, biographies, dictionnaires et autres Vies – et aux modèles construits par les textes fictionnels et non fictionnels[11].

Le corpus que nous proposons d’explorer dans ce premier colloque inclura à la fois les genres narratifs (roman, épopée, mais aussi Mémoires et récits de vie) et argumentatifs (éloges collectifs[12], traités polémiques, dictionnaires historiques) composés en France et en Grande-Bretagne durant la période où la querelle des femmes bat son plein, du XIVe siècle au XVIIIe siècle[13], un second colloque portant sur les XIXe-XXIe siècles. Si des études monographiques, consacrées à une femme ou un personnage féminin, pourront être reçues par le comité scientifique, on privilégiera des communications associant fiction et non-fiction et l’on cherchera particulièrement à articuler les parcours des femmes réelles avec les constructions idéologiques qui leur sont contemporaines, dans un double mouvement : les textes théoriques et catalogues de femmes illustres proposent des modèles de comportement qui orientent le comportement féminin tandis que les vies de femmes réelles leur fournissent de nouveaux exemples, voire de nouveaux modèles.

Plusieurs axes pourront être abordés à travers les communications proposées :

Typologies et constructions idéologiques

Les acceptions et les usages du mot « force » dans les textes polémiques de la Querelle des femmes, les dictionnaires historiques et les catalogues de femmes illustres. Comment la force des femmes est-elle définie ? quelles figures – mythiques, bibliques, historiques – l’illustrent-elles ? On prêtera une attention particulière à la définition de la force féminine dans les traités d’éducation des filles et aux figures exemplaires proposées. La rhétorique de l’éloge des femmes fortes : identification de topoï spécifiques ? points communs et différences par rapport à l’éloge des hommes ? (exemple du traitement des Neuf Preuses par Sébastien Mamerot, de celui des Dames illustres par Brantôme, en regard de leurs homologues masculins, etc.).

Mises en récit

Les vies de femmes fortes, du personnage historique à la figure exemplaire. On pense notamment au traitement de l’histoire de Jeanne d’Arc, mais aussi aux Vies de saintes, aux biographies spirituelles, au Recueil des Dames de Brantôme, etc. Les « récits de formation » et la place accordée à l’éducation de femmes dans les textes, qu’ils soient fictionnels ou non (accès aux livres et aux savoirs, formation à l’écriture, entraînement physique…). La représentation/(re)construction de soi par des femmes de pouvoir (Mémoires, etc.).

Représentations fictionnelles et non fictionnelles

Les figures de femmes fortes offertes par les textes non fictionnels et les échos qu’elles trouvent dans le roman ou l’épopée : comment ces deux genres se nourrissent-ils mutuellement ? Les figures de femmes fortes propres à un écrivain particulier et leur articulation avec les constructions idéologiques et débats de son époque.

Voix de femmes et auctorialité

Quelles voix féminines s’imposent dans le champ intellectuel ? quels espaces d’expression s’ouvrent-elles dans le champ social (création des premiers salons, lieux d’impression, bibliothèques, etc.) ? Des communications pourront porter sur des autrices, des femmes de savoir et des philosophes françaises et britanniques, comme Christine de Pizan, Marguerite de Navarre, les Dames des Roches, Georgette de Montenay, Marie de Gournay, Madame de La Fayette, Mary Wollstonecraft, Jane Barker, Eliza Haywood, Helen Maria Williams, Charlotte Lennox, Olympe de Gouges, jusqu’à Madame de Staël, et sur leur contribution à la mise en œuvre et à la définition de la force des femmes.

Culture matérielle et matrimoine

Que reste-t-il des actions transformantes des femmes au-delà des récits de vie considérés ? On s’interrogera notamment sur les traces matérielles qui en subsistent et la connaissance que nous en avons aujourd’hui, point de départ de nouveaux récits (quel est l’état de l’inventaire des fonds d’archive et de bibliothèques ? quelle est la visibilité du matrimoine des villes en France et en Grande-Bretagne [14]?).

Envoi des propositions de communication Les titres et propositions de communication (autour de 2000 signes), accompagnées d’une courte biobibliographie (situation institutionnelle, laboratoire, champs de recherche et principales publications), devront être envoyées avant le 31 octobre 2019 aux quatre organisatrices du colloque :

Ariane Ferry : ariane.ferry@univ-rouen.fr

Stéphane Pouyaud : s.pouyaud@gmail.com

Sandra Provini : sandra.provini@univ-rouen.fr

Caroline Trotot : caroline.trotot@u-pem.fr

[1] Voir les ouvrages Revisiter la « Querelle des femmes » : discours sur l’égalité-inégalité des sexes, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 4 vol., 2012-2015. Pour une bibliographie complémentaire sur la Querelle des femmes, nous renvoyons au site de la SIEFAR : http://siefar.org/revisiter-la-querelle-des-femmes/

[2]On pense par exemple au Traictié des Neuf Preuesde Sébastien Mamerot (c. 1461-1472), qui a fait l’objet d’une édition critique récente par Anne Salamon (Genève, Droz, 2016).

[3]Voir Renée-Claude Breitenstein : « Le savoir comme « vertu » : la redéfinition des valeurs dans les éloges collectifs de femmes, du xveau xviesiècle », Revisiter la « querelle des femmes ». Discours sur l’égalité/inégalité des sexes, de 1400 à 1600, A. Dubois-Nayt, N. Dufournaud et A. Pauper (dir.), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2013, p. 155-167 ; Gisèle Mathieu-Castellani, La quenouille et la lyre, Paris, Librairie José Corti, 1998.

[4]Voir notamment l’ouvrage de Linda Timmermans sur L’Accès des femmes à la culture (1598-1715), Paris, Classiques Garnier, 2007.

[5]Christine de Pizan, La città delle dame, trad. Patrizia Caraffi, éd. Earl Jeffrey Richards, Milan, Luni, 1998, p. 150-152.

[6]Cité dans Isabelle Ernot, « L’histoire des femmes et ses premières historiennes (xixe-début xxesiècle) », Revue d’Histoire des Sciences Humaines, 2007/1 (n° 16), p. 165-194. DOI : 10.3917/rhsh.016.0165. URL : https://www.cairn.info/revue-histoire-des-sciences-humaines-2007-1-page-...

[7]Pour reprendre le titre de l’ouvrage bien connu de Pierre Le Moyne, La Gallerie des femmes fortes(Paris, 1647).

[8]Sur les guerrières, nous renvoyons au récent colloque « Femmes de guerre » organisé par la SIEFAR en partenariat avec le Centre de Recherche des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (CREC) les 29-30 mars 2019.

[9]Sur les femmes de savoir, nous renvoyons en particulier au programme de recherche « Visibilité et invisibilité des savoirs des femmes » (voir le Carnet d’hypothèses : Carnet).

[10]Quelques exemples de travaux sur le travail des femmes sous l’Ancien Régime :Christine Dousset, « Commerce et travail des femmes à l’époque moderne en France », Les Cahiers de Framespa [En ligne], 2 | 2006, mis en ligne le 01 octobre 2006. URL : http://journals.openedition.org/framespa/57 ; Roméo Arbour, Les femmes et les métiers du livre en France, de 1600 à 1650, Chicago-Paris, Garamond Press et Didier Erudition, 1997 ; Madeleine Ferrieres, Genevière Dermenjian, Jacques Guilhaumou, Martine Lapied (dir.), Femmes entre ombre et lumière : recherches sur la visibilité sociale, XVIe XXe siècle, Aix, Publisud, 2000 ; Cynthia Truant, « La maîtrise d’une identité ? Corporations féminines à Paris aux XVIIeet XVIIIesiècles », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne], 3 | 1996, mis en ligne le 01 janvier 2005. URL : http://journals.openedition.org/clio/462 ; Nicole Dufournaud et Bernard Michon, « Les femmes et le commerce maritime à Nantes (1660-1740) : un rôle largement méconnu », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés [En ligne], 23 | 2006, mis en ligne le 01 juin 2008. URL : http://journals.openedition.org/clio/1926.

[11]La question des modalités de qualification de l’héroïsme féminin et de la représentation des héroïnes féminines dans le champ non fictionnel a été envisagée récemment dans un colloque organisé en janvier 2016 à l’Université de Strasbourg, « Héroïsme féminin, héroïnes et femmes illustres : une représentation sans fiction (xvie-xviie siècles) ».

[12]Sur ce genre, voir le dossier préparé par Renée-Claude Breitenstein, « Publics et publications dans les éloges collectifs de femmes à la fin du Moyen Âge et sous l’Ancien Régime », Études françaises, vol. 47, n° 3, 2011.

[13]Voir par exemple l’article de Joan Kelly, « Early feminist theory and the “Querelle des Femmes”, 1400-1789 », Signs, n° 8-1, 1982. Une périodisation plus large, courant jusqu’au début du xxe siècle, pourrait être adoptée comme l’a montré Eliane Viennot qui situe la Querelle des femmes entre la fin du xiiie siècle et le début du xxe siècle (http://www.elianeviennot.fr/Articles/Viennot-Querelle1-intro.pdf).

[14]Le projet « Cité des dames » de l’Université Paris Est Marne la Vallée (2019-2022) cherche en particulier comment rendre visibles aujourd’hui les traces de l’action des femmes inventrices et créatrices en valorisant le matrimoine de nos villes pour faire revivre les cités des dames.

Appel à contributions : Les minorités noires dans la France de l’époque moderne – Revue Lumières 34
Posted: Wednesday, August 14, 2019 - 23:45

Revue (juin 2020), avant le 15 décembre 2019

La revue Lumières est une production de l’Université Bordeaux-Montaigne, publiée par les Presses Universitaires de Bordeaux et dirigée par les laboratoires CLARE et SPH (Sciences Philosophie Humanités). Son numéro 34, donc la publication est prévue en juin 2020, aura pour thématique Les minorités noires en France à l’époque moderne. Si les Black Studies sont loin d’être une nouveauté en France avec plusieurs travaux approfondis sur le sujet depuis une dizaine d’années, ces derniers s’attachent souvent à la même temporalité (fin du XVIIIe siècle) et aux mêmes espaces (Paris, villes de la côte Atlantique). Afin d’offrir des points de vue complémentaires et d’ouvrir de nouvelles pistes de recherche, ce numéro, dans une perspective d’histoire sociale, se propose donc de mettre en valeur des études originales, afin de montrer toute la diversité de formes qu’a pu prendre la présence des minorités noires en France.

Argumentaire

L’objectif de ce numéro est ainsi de mettre en avant des études s’intéressant à des angles morts de la recherche sur la présence des Afro-descendants en France. Les lacunes sur cette question sont en effet de plusieurs ordres, qui sont autant de propositions de recherche – non exhaustives – pour ce numéro.

L’étude de la présence des minorités noires dans un contexte rural est un premier impensé de la recherche : l’histoire des populations noires en France reste ainsi largement une histoire urbaine, concentrée sur des villes-clefs dans le développement du royaume de France (Paris, Nantes, Bordeaux). La présence des minorités noires en métropole ne s’est pourtant pas limitée à ces villes qui ont souvent été le point de départ pour l’installation dans l’arrière-pays. Il s’agit dès lors de montrer les spécificités et les ressorts de cette confrontation des Afro-descendants avec les campagnes françaises.

L’histoire des Afro-descendants en métropole est par ailleurs effectuée à partir des mêmes biais de sources puisque ce sont souvent les archives des maîtres qui permettent de construire, en miroir, une histoire de leurs esclaves et de leurs domestiques de couleur. La mobilisation de nouvelles sources d’archives paraît donc essentielle afin d’approfondir la connaissance de certains groupes sociaux jusque-là peu étudiés. La question des moyens d’émancipation des libres de couleur, qu’ils soient des affranchis exerçant une activité indépendante ou des riches femmes créoles résidant en métropole, mériterait ainsi de plus amples investigations.

Enfin, les contributeurs sont invités à considérer la question de la présence noire en France dans une temporalité large : s’il ne s’agit pas d’oublier le XVIIIe siècle, qui reste bien évidemment central au vu de son importance et de l’axe de recherche de la revue Lumière, des incursions dans le XVIIe siècle sont ainsi tout à fait acceptées, afin de mieux comprendre l’ancienneté de ce phénomène. De la même façon, la Révolution et l’Empire rentrent dans le champ de ce numéro de revue, alors que ces décennies ont été décisives dans l’évolution des modalités d’arrivées des Afro-descendants en métropole et dans leur processus d’émancipation politique.

Modalités d’envoi des propositions

Les propositions d’articles, d’une longueur maximale de 500 mots, sont à soumettre avant le 15 juillet 2019 à l’adresse suivante : julie.duprat@enc-sorbonne.fr

Les articles retenus seront à rendre avant le 15 décembre 2019. Ils pourront être rédigés en français ou en anglais et ne devront pas dépasser 35.000 signes (espaces compris). Ils devront être accompagnés d’un court résumé en français et en anglais et de cinq mots clefs dans les deux langues.

Comité scientifique

Julie Duprat : julie.duprat@enc-sorbonne.fr

Tristan Coignard : tristan.coignard@u-bordeaux-montaigne.fr

Aurelia Gaillard : aurelia.gaillard@u-bordeaux-montaigne.fr

Jean Mondot : jean.mondot@u-bordeaux-montaigne.fr

Call for Contributions: An online forum on Early Modern Women’s Dis/Abilities
Posted: Wednesday, August 14, 2019 - 23:41

Early Modern Women, an Interdisciplinary Journal (Arizona State University)

In this forum, which will appear in Fall 2020, we hope to explore the gendered construction of ability and disability, broadly defined, including historically embodied experiences, literary productions, material culture, and artistic representations. We are particularly interested in contributions that explore the gendered experience and representation of women’s non-normative bodies and minds.

We are not interested in institutional or systemic disability, including economic, social, legal or educational disabilities, except as they pertain to the above discussions.

We are requesting completed essays of 3500 words including footnotes by October 1 2019. Decisions about publication, including requests to revise, will be made soon after this deadline. We would appreciate a brief notice of intention to contribute to the editors emwj@umw.edu prior to your submission.

Learn more: https://emwj.scholasticahq.com/?utm_campaign=ASU_EMWJ%20Forum%20CFP&utm_medium=email&utm_source=Test%20Sending%20-%20Leah&utm_term=ASU&utm_content=https:%2F%2Femwj.scholasticahq.com%2F

Society for Emblem Studies, 12th Conference
Posted: Wednesday, August 14, 2019 - 23:37

Coimbra 22-27 June 2020

Deadline : 25th August 2019

« From Emblem Book to Mythography and back » (Le français suit)

Argument of the panel

When Paul Frellon decided to illustrate Montlyard's  translation of Conti's Mythologiae Libri (1612), he chose engravings that had been used for Cartari's Imagini degli Dei degli Antichi, themselves influenced by sources where ancient fables appear as mysteries to be deciphered. And when Jean Baudoin, in 1627, entrusted Daniel Rabel with a new series of images for Conti's mythography, the artist borrowed from the Frellon collection and from the medals of du Choul: in the absence of an emblematic typographical arrangement, the spirit of the emblems inhabits this textual and iconographic space which is constituted by bricolage. Finally, the same Baudoin, after having published Conti's Mythology and translated Ripa's Iconography, published his own Recueil d’emblèmes divers (1638-1639).

These examples illustrate the back and forth movement of mythological material (texts and images) between mythographies and books of emblems. These two genres, which are based on the idea of the symbolic power of figures, nevertheless obey different logics, regarding material edition, organization of discourse and relationship between text and images. Françoise Graziani showed that the mythographic texts were initially incompatible with the very principle of illustration[1]. It is true, however, that the authors of emblems willingly play with mythological material or even with mythographic knowledge, mixed with other subjects[2].

This panel aims to explore the reciprocal influence of mythographical and emblematical traditions (XVIth-XVIIth centuries) by focusing on the transformations and reconfigurations that take place from one to the other.

Proposals should include the presenter's name, academic affiliation, email, the paper title, the abstract of the paper (no longer than 250 words), a brief academic C.V. (no longer than 100 words).

Please submit your proposal to Céline Bohnert: celine.bohnert@univ-reims.fr by 25 August 2019.

*

« Livres d’emblèmes et mythographies : allers et retours »

Date limite : 25 août 2019

Argument du panel

Lorsque Paul Frellon décide d’illustrer la traduction des Mythologiae de Conti par Montlyard (1612), il choisit des gravures qui ont servi pour les Imagini degli dei degli Antichi  de Cartari, elles-mêmes marquées, sans doute, par des sources où les fables antiques apparaissent comme des mystères à déchiffrer. Et lorsque Jean Baudoin, en 1627, confie à Daniel Rabel une nouvelle série d’images pour la mythographie de Conti, l’artiste s’inspire du fonds Frellon et des médailles de du Choul : à défaut d’un dispositif emblématique, l’esprit des emblèmes habite cet espace textuel et iconographique qui se constitue par bricolages.  Enfin le même Baudoin, après avoir édité la Mythologie de Conti et traduit L’Iconographie de Ripa, publie son propre Recueil d'emblèmes divers (1638-1639).

Ces exemples illustrent les allers-retours du matériel mythologique (textes et images) entre les sommes mythographiques et les livres d’emblèmes. Ces deux genres, qui reposent sur l’idée du pouvoir symbolique des figures, obéissent pourtant à des logiques différentes, qu’il s’agisse de la mise en livre, de l’organisation du discours et du rapport entre texte et images. Françoise Graziani a ainsi montré que les textes mythographiques étaient au départ incompatibles avec le principe même de l’illustration[3]. Il est vrai cependant que les auteurs d’emblèmes jouent volontiers avec le matériau mythologique voire avec les savoirs mythographiques, mêlés à d’autres sujets[4].

Ce panel voudrait explorer l’influence réciproque de la mythographie et de l’emblématique (XVIe-XVIIe siècles) en mettant l’accent sur les transformations et les reconfigurations qui s’opèrent de l’une à l’autre.

Merci d’envoyer vos propositions à Céline Bohnert: celine.bohnert@univ-reims.fr pour le 25 août 2019.

Elles incluront

-votre nom et votre institution de rattachement

-votre e-mail un bref CV (100 mots maximum)

-le titre de la conférence

-le résumé de la conférence (250 mots maximum).

 

[1] Françoise Graziani, « ‘La vérité en images’ : la méthode sophistique », La Licorne, « Le défi de l’art. Philostrate, Callistrate et l’image sophistique », n°75, 2006, p. 137-151.

[2] Anne-Elisabeth Spica, « Lire et relire la mythologie à travers les recueils emblématiques, du xvie au xviie siècle », XVIIe Siècle, 2016/3 (n°273), p. 395-410. 

[3] Françoise Graziani, « ‘La vérité en images’ : la méthode sophistique », La Licorne, « Le défi de l’art. Philostrate, Callistrate et l’image sophistique », n°75, 2006, p. 137-151.

[4] Anne-Elisabeth Spica, « Lire et relire la mythologie à travers les recueils emblématiques, du xvie au xviie siècle », XVIIe Siècle, 2016/3 (n°273), p. 395-410. 

CfP: Masculinities in the Premodern World: Continuities, Change, and Contradictions
Posted: Wednesday, August 14, 2019 - 22:59

13–15 November 2020 University of Toronto Toronto, Canada

The past twenty-five years have witnessed a bourgeoning of studies on sexuality and gender in the pre-modern world. In particular, men and masculinities have received considerable attention. Building on the theoretical perspectives provided by feminism, Foucault, and cultural studies, the study of men and masculinities is increasingly theoretically inflected and sophisticated. Studies have encompassed questions pertaining to men of various social statuses, secular and ecclesiastical, as portrayed in historical, literary, philosophical, theological, and art historical sources among others.

This conference aims to locate the study of premodern men and masculinities in its current richness and complexity. Our plenary speakers will be two of the most important scholars in the area of medieval/early modern masculinities: Patricia Simons (University of Michigan) and Patricia Cullum (University of Huddersfield, UK). Papers are invited on all areas of study across the premodern world (500 to 1650 CE), crossing Europe’s religious and linguistic diversity, and encompassing its geographical breadth and beyond.

Topics might include: concepts of virility, patriarchy, marriage, fatherhood and procreative masculinities, social and political perspectives, medical and biological perceptions, celibacy, chastity, continence, monastic and clerical masculinity, sexual function and dysfunction, queer and non-binary masculinities, typologies of premodern men, depictions of masculinity in literature and the arts, etc.

Proposals are invited for individual papers, panels, roundtables, and alternatives to traditional academic presentation models. To submit a proposal, please include: speaker’s name and academic affiliation (or “independent scholar” as applicable); the title of the presentation; a 150-word abstract; full contact information (mailing address, telephone, email); and a one-page CV. In the case of proposals for complete sessions, this information must be provided for each presenter and the chair (if proposed).

Proposals should be emailed in Word format to both conference organizers: Prof. Jacqueline Murray at jacqueline.murray@uoguelph.ca and Prof. Konrad Eisenbichler at konrad.eisenbichler@utoronto.ca

Deadline for submission: 15 November 2019. Thank you!

Source: RSA

New Publications

Denis Diderot, Œuvres romanesques (éd. Henri Benac)
Posted: 24 Sep 2022 - 05:49

Denis Diderot, Œuvres romanesques, éd. Henri Benac, Paris, Classiques Garnier, (1978) 2022.

Cette sélection d’œuvres romanesques permet d’apprécier la diversité du talent de Diderot. Jouant avec la tradition, il parodie le conte libertin, le récit picaresques ou la littérature utopique tout en développant les thèmes centraux de sa philosophie. L’auteur y élève au rang d’art la conversation et le dialogue.

Nombre de pages: XXXIV-907
Parution: 14/09/2022
Réimpression de l’édition de: 1979
Collection: Classiques Jaunes, n° 558
Série: Littératures francophones
ISBN: 978-2-8124-2798-5

Plus d'informations ici.

 

La Politique expérimentale de Diderot (Gilles Gourbin)
Posted: 24 Sep 2022 - 05:47

Gilles Gourbin, La Politique expérimentale de Diderot, Paris, Classiques Garnier, 2022.

La tradition critique concède à Diderot des vues sur la politique, mais nullement une pensée politique. Au rebours de ce lieu commun, cette étude met en évidence la cohérence de sa théorie politique, fondée sur le principe de la philosophie expérimentale exposée dans les Pensées sur l’interprétation de la nature.

Nombre de pages: 678
Parution: 14/09/2022
Collection: Classiques Jaunes, n° 744
Série: Essais, n° 29
ISBN: 978-2-406-12471-9

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Bertrand de La Borderie, L’Amie de court (1542) - éd. Danielle Trudeau
Posted: 24 Sep 2022 - 05:43

Bertrand de La Borderie,  L’Amie de court (1542) , éd. Danielle Trudeau, Paris, Classiques Garnier, (1997), 2022.

Véritable « invention » comique, ce poème donne la parole à une jeune fille qui entreprend d'instruire ses compagnes sur les vérités les plus profondes, mais aussi les plus perverses, de l'existence. Replaçant l’œuvre dans son contexte, le paratexte révèle des strates du discours restées jusqu'ici inexplorées.

Nombre de pages: 161
Parution: 31/08/2022
Réimpression de l’édition de: 1997
Collection: Textes de la Renaissance, n° 16
ISBN: 978-2-406-14120-4

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La Douleur de l’autre. 16e-17e siècles — A. Bayle et R. Andrault (dir.)
Posted: 16 Sep 2022 - 11:21

Special issue of Histoire, médecine et santé.

L’empathie, notion centrale dans les humanités médicales aujourd’hui, n’a pas d’équivalent exact aux XVIeet XVIIe siècles. Des notions voisines, comme celles de pitié et de compassion, sont convoquées pour désigner les sentiments suscités par la douleur de l’autre. Dans une perspective interdisciplinaire, les articles de ce dossier s’intéressent aux réactions à la douleur physique dans des corpus variés : médecine pratique, élaborations théoriques ou écritures du for privé. Leur point commun est d’adopter une méthode d’investigation fondée sur l’analyse du lexique et des choix énonciatifs. L’« autre » est dans ce dossier un malade soigné par un médecin, un étranger observé par un voyageur, le représentant d’une altérité sociale ou d’une altérité naturelle comme les enfants ou les animaux. L’enquête met en évidence la manière dont les sujets s’émancipent des normes comportementales supposées être caractéristiques de la période. Elle contribue, au-delà, à déplacer les repères chronologiques dans l’histoire des sensibilités qui, pour la douleur, débute ordinairement au XVIIe siècle.

Empathy, a central notion in the medical humanities today, has no exact equivalent in the 16th and 17th centuries. Related notions, such as pity and compassion, are used to designate the feelings aroused by the pain of others. From an interdisciplinary perspective, the articles in this dossier focus on reactions to physical pain in various bodies of work: practical medicine, theoretical elaborations or writings from the private sphere. What they have in common is that they adopt a method of investigation based on the analysis of lexicon and enunciative choices. The 'other' in this dossier is a patient treated by a doctor, a foreigner observed by a traveller, the representative of a social otherness or a natural otherness such as children or animals. The survey highlights the way in which the subjects emancipate themselves from the behavioural norms supposedly characteristic of the period. It also contributes to shifting the chronological reference points in the history of sensibilities which, for pain, usually begins in the 18th century.

Webdoc - Le médecin face à la douleur, 16e-18e siècles  
Posted: 16 Sep 2022 - 11:19

Le médecin face à la douleur, 16e-18e siècles  
Ce webdoc sur les conceptions anciennes de la douleur est le fruit d'une recherche pluridisciplinaire, croisant histoire de la médecine, philosophie et littérature. 12 chapitres thématiques, des œuvres à lire et à écouter, ainsi que des entretiens avec des neurologues, confrontent le passé et le présent et permettent d'interroger notre compréhension actuelle de la douleur.

Pain and the Physician, 16th-18th centuries

This web documentary on early conceptions of pain is the result of multidisciplinary research combining the history of medicine, philosophy and literature. Through 12 thematic chapters, excerpts from works to read and to listen to, and interviews with neurologists, it brings the past face to face with the present and allows us to question our current understanding of pain.