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Calls for Papers and Contributions

CfP: Afterlives: Reinvention, Reception, and Reproduction
Posted: Wednesday, May 15, 2019 - 09:54

November 9, 2019 Forest Lawn Museum, 1712 S. Glendale Ave Glendale, CA 91205

The Center for Medieval and Renaissance Studies at California State University, Long Beach, in collaboration with Forest Lawn Museum, invite submissions for the biennial conference, Afterlives: Reinvention, Reproduction, and Reception. We invite scholars from any discipline to approach the ways in which texts, objects, and images of the ancient, medieval, and Renaissance past have been reimagined, repurposed, reconstructed, and reproduced in later periods. Much recent scholarship, particularly studies exploring medievalisms, has fruitfully traced the ways in which we construct narratives of the past according to contemporary desires. There remains, however, ample room for further investigation.

Forest Lawn Museum makes an ideal site for exploring the afterlives of the past as constructed in the present. Founded in 1906, Forest Lawn is home to dozens of reproductions of ancient, medieval, and Renaissance works of art and architecture. It was created with the goal of bringing the Grand Tour to Southern California when travel to Europe was not accessible to the vast majority of American society. From full-scale marble replicas of Michelangelo’s sculpture to buildings that freely combine classical, Romanesque, and Gothic elements in completely novel and imaginative ways, this version of the Grand Tour was both influenced by and influential upon the culture of twentieth-century California. Rather than simply replicating existing works of art and architecture, entirely new monuments were created, which simultaneously call upon the past while proliferating new experiences, meanings, and identities.

This conference invites investigation of such uses of the past with the broadest possible scope. We ask scholars to consider engagements with the past in terms of ongoing processes of reinvention, reproduction, and reception. Papers that address popular culture, such as contemporary fantasy literature and television, twentieth-century Hollywood epics, gaming, popular and folk music, theme parks and other immersive amusement sites, historical reenactments, costume design, and cultural or folkloric festivals, are welcome. Studies on medievalism and more traditional scholarship on reproductions of Antiquity, the Middle Ages, and the Renaissance are also encouraged, including investigations of architectural reconstructions, the role of medievalism in museums, and non-Western perspectives on reinventions of the past.

We welcome proposals for twenty-minute papers as well as planned panels of three papers pertinent to these themes and their manifestations anywhere in the world.

Individual paper submissions should include:

  • abstract of approximately 150 words
  • contact information and one-page CV

Panel Submissions are welcome and should include:

  • contact information and one-page CV for organizer / chair
  • names and abstracts (c. 150 words) for all presenters
  • one-page CVs of all presenters
  • short (c. 150 word) description of the panel itself

Please send all application materials to: heather.graham@csulb.edu, Ilan.MitchellSmith@csulb.edu, and jfishburne@forestlawn.com. The deadline for all abstracts and panel submissions is July 15, 2019.

Topics of exploration for individual papers or panels may include, but are not limited to:

  • Hybrid Reconstructions of the Past (Hearst Castle, Forest Lawn, Disneyland, The Getty Villa, and The Citadel Shopping Center)
  • Medievalism and Nationalism
  • Posthumous Cults of the Artist
  • American Chivalries
  • Medievalism and Martial Arts
  • Non-Western Reconstructions of the Past
  • Time Travel and Anachronism
  • The Detritus of Hollywood’s Constructions of the Past
  • Medievalism and the West: the American Frontier and the Distant Past
  • Politics of Historical Accuracy
  • Medieval/Renaissance Fantasy in Online Gaming
  • The Renaissance Pleasure Faire and Medievalist Counter-Culture in America
  • Industrialism and Desires for the Past
  • Dungeons & Dragons and Participatory Constructions of the Past
  • Racialized Imagery from the Medieval to the Modern
  • Post-Modernity and the Past 
  • CfP: Southeastern Renaissance Conference 2019
    Posted: Wednesday, May 15, 2019 - 09:48

    The Southeastern Renaissance Conference invites submissions for our 76th annual conference, which will be hosted by North Carolina State University on October 18–19, 2019 in Raleigh, NC.

    Papers can be on any aspect of Renaissance literature, history, philosophy, music, art, or culture. Please submit your full essay (20-minute reading time maximum, or no more than 2,500 words) here: SRC Paper Submission Module.

    For consideration for the 2019 Conference, papers must be submitted by: June 7, 2019.

    Those submitting papers for the 2019 Conference will receive a response from the SRC by: July 1, 2019.

    Submission of your work to the SRC is also an automatic submission to Renaissance Papers, the journal of the Conference. Articles not accepted for delivery at the meeting may still be considered for publication in the journal.

    Appel à communications : Le personnage romanesque au miroir du lecteur. Procédés et formes de l’identification
    Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 11:41

    Journée d’études organisée par Émilie Pézard et Antonia Zagamé

    13 décembre 2019 – Université de Poitiers

    Propositions: le 15 juin 2019

    Depuis les années 1990, l’essor des théories de la fiction a permis la réhabilitation d’une conception mimétique du personnage, selon laquelle l’« existence » du personnage aux yeux du lecteur doit moins être pensée comme la « superstition littéraire » que dénonçait Paul Valéry, que comme une illusion structurante de la lecture. « L’être romanesque, pour peu qu’on oublie sa réalité textuelle, se donne à lire comme un autre vivant susceptible de maints investissements[1] », écrit Vincent Jouve dans L’Effet-personnage. Cette projection du lecteur dans le personnage, qui assure son immersion dans l’univers fictionnel, peut être perçue, non comme une modalité de lecture naïve à opposer à la lecture savante, mais comme la manifestation de cette « suspension volontaire de l’incrédulité » où se combinent illusion et lucidité, ainsi que l’analysait déjà R. L. Stevenson : « Les personnages ne sont que des pantins. Le poing osseux du marionnettiste les anime très visiblement, leurs ressorts n’ont rien de secret, leurs figures sont de bois, leurs ventres bourrés de son, et malgré cela nous partageons le cœur battant leurs aventures[2]. »

    Pour penser les formes que prend ce « partage » entre lecteur et personnage, la théorie littéraire s’appuie sur deux concepts : l’empathie, c’est-à-dire le fait d’éprouver les sentiments du personnage, et l’identification. On peut supposer que si, comme l’écrit Françoise Lavocat, « le concept d’empathie a largement supplanté celui d’identification[3] », c’est notamment parce que celui-ci, dans le spectre large d’attitudes qu’il embrasse, peut davantage prêter le flanc à l’accusation de naïveté : la notion d’identification peut en effet impliquer que le lecteur partage, non seulement les émotions, mais aussi les valeurs, le caractère et le comportement du personnage ; elle suggère que ce partage déborde le temps de la lecture pour infuser l’existence du lecteur. En ce sens, l’identification semble glisser vers l’horizon psychopathologique du bovarysme, défini par Jules de Gaultier comme « la faculté de se concevoir autrement qu’on n’est ». Longtemps accusée d’être le signe d’une abolition de toute distance entre le lecteur et le texte, l’identification peut pourtant également se situer du côté du jeu et de l’émancipation. La circulation entre la littérature et la vie suggérée par l’identification croise la notion d’exemplarité pour mettre en valeur la puissance pragmatique de la littérature.

    En s’appuyant sur les acquis des théories de la fiction et de la lecture, cette journée d’études, organisée par l’équipe B2 du FoReLLIS (Université de Poitiers) vise à apporter un éclairage historique à la question de l’identification, nourri par l’analyse des lectures réelles qui ont été faites des fictions romanesques. Il s’agira d’aborder dans une perspective littéraire cette notion déjà examinée par les sociologues, les experts des sciences de l’éducation, les psychologues et psychanalystes, les spécialistes d’arts du spectacle (projet IdEm).

    La réflexion pourra s’organiser autour de plusieurs axes.

    1) Comment définir l’identification romanesque ?

    Les propositions de communication pourront d’abord s’attacher à circonscrire la notion d’identification. Quel contenu précis donner à cette expression que Michel Picard jugeait une « facilité de langue[4] », et que l’on trouve si souvent convoquée par les lecteurs ? Les processus d’identification sont en effet, comme l’écrit justement Dominique Rabaté, « assez rarement analysés dans la complexité de leur dynamique » : à qui s’identifie le lecteur ? Et pourquoi ? Est-il guidé par une ressemblance existant entre lui et le personnage : s’identifier, est-ce se reconnaître ? Mais la similarité entre le lecteur et le héros dans lequel il se projette peut n’être que très partielle, voire inexistante : l’identification n’est-elle pas alors avant tout un effet créé par le texte ? Le mot désigne-t-il la même notion d’une époque à l’autre, d’un lecteur à l’autre ?

    2) Comment le texte romanesque suscite-t-il l’identification ?

    Un autre axe d’étude réside dans l’examen des procédés textuels visant à produire cet effet. Au-delà des irréductibles différences individuelles, y a-t-il des effets de lecture partagés par des lecteurs, et quels sont-ils ? Comment les romanciers invitent-ils leurs lecteurs à s’identifier aux personnages ? Quinze ans après L’Effet-personnage dans le roman (1992), où Vincent Jouve répertorie différents procédés narratifs et la manière dont ils suscitent identification, proximité ou au contraire distanciation, Suzanne Keen remet en cause l’effet qu’on peut attribuer aux différentes techniques narratives. Faut-il en conclure que la narratologie thématique, qui étudie l’histoire et les actions des personnages, pourrait être une piste plus féconde que la narratologie modale ? L’hypothèse de Françoise Lavocat selon laquelle « une analyse qui ferait appel à la rhétorique, plutôt qu’à la narratologie, aurait plus de chances d’aboutir[5] » demande aussi à être vérifiée. Pourrait-on procéder à une stylistique de l’identification ?

    3) Peut-on élaborer une poétique historique de l’identification ?

    Cette journée d’études sera enfin l’occasion de s’interroger sur les formes et les procédés littéraires de l’identification, dans une approche transséculaire, du XVIIesiècle à nos jours, afin de constituer une poétique historique de l’identification. L’historicité de la notion est encore peu mise en valeur dans les études critiques. Françoise Lavocat[6], ainsi que le chercheur américain Nicholas Paige[7] ont posé des jalons en ce sens pour la fiction d’Ancien Régime. Leurs travaux incitent à poursuivre l’interrogation sur les formes de l’identification dans une perspective diachronique, en examinant notamment les variations liées aux genres (roman vsnouvelle, sous-genres du roman, registre réaliste vs romanesque…).

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    Les propositions de communication (environ 2000 signes), accompagnées d’une brève notice bio-bibliographique, sont à envoyer avant le 15 juin 2019 aux adresses suivantes : emilie.pezard@univ-poitiers.fr et antonia.zagame@gmail.com. La réponse sera envoyée à la fin du mois de juin.

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    Carnet de recherche du FoReLLIS B2 :  https://anranticip.hypotheses.org

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    Bibliographie indicative

    Collovald Annie et Erik NEVEU, Lire le noir : enquête sur les lecteurs de récits policiers, Rennes, PUR, 2013.

    ECO Umberto, « Quelques commentaires sur les personnages de fiction » (trad. de l’anglais par Francis Farrugia), SociologieS [En ligne], Dossiers, Émotions et sentiments, réalité et fiction, 2010.

    GEFEN Alexandre et Bernard VOUILLOUX (dir.), Empathie et esthétique, Paris, Hermann, 2013.

    Jauss Hans Robert, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, coll. Tel, 1978.

    JOUVE Vincent (dir.), L’expérience de lecture, Paris, Éd. l’Improviste, 2005.

    JOUVE Vincent, L’Effet-personnage dans le roman, Paris, PUF, coll. Écriture, 1992.

    KEEN Suzanne, « A Theory of Narrative Empathy », Narrative, vol. 14, no 3, p. 207-236.

    KEEN Suzanne, Empathy and the novel, New York, Oxford University Press, 2007.

    LARRIVÉ Véronique, Du bon usage du bovarysme dans la classe de français : développer l’empathie fictionnelle des élèves pour les aider à lire les récits littéraires : l’exemple du journal de personnage, Université Michel de Montaigne - Bordeaux III, 2014.

    LAVOCAT Françoise, Claude MURCIA et Régis SALADO (dir.), La Fabrique du personnage, Paris, Champion, coll. Colloques, congrès et conférences sur la Littérature comparée, 2007.

    LAVOCAT Françoise, Fait et fiction. Pour une frontière, Paris, Seuil, coll. Poétique, 2016.

    LENAIN Thierry et Aline WIAME (dir.), Personne/Personnage, Paris, Vrin, coll. Annales de l’Institut de philosophie de l’Université de Bruxelles, 2011.

    LÉVY Clara, Le roman d’une vie : les livres de chevet et leurs lecteurs, Paris, Hermann, 2015.

    LYON-CAEN Judith, La Lecture et la vie. Les usages du roman au temps de Balzac, Paris, Tallandier, 2006.

    MACÉ Marielle (dir.), Après le bovarysme, Fabula, LhT no 9, mars 2012. URL : http://www.fabula.org/lht/9/

    MACÉ Marielle, Façons de lire, manières d’être, Paris, Gallimard, 2011.

    Mariette-Clot Catherine (dir.), L’Expérience romanesque au XIXe siècleRomanesques n° 5, 2013.

    Merlin-Kajman Hélène, Lire dans la gueule du loup, Gallimard, coll. NRF Essais, 2016.

    PAIGE Nicholas, Before Fiction: The Ancien Régime of the Novel, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2011.

    PARMENTIER Marie, « Lectures réelles et théorie littéraire », Poétique, 2017/1, no 181, p. 125-141.

    PAVEL Thomas, Univers de la fiction [Fictional Worlds, 1986, traduit et remanié par l’auteur], Paris, Seuil, coll. Poétique, 1986.

    PÉZARD Émilie (dir.), Le personnage, un modèle à vivre, Fabula, Colloques en ligne, 2018. URL : https://www.fabula.org/colloques/index.php?id=5074

    RABATÉ Dominique, « Identification du lecteur », Modernités, no 26 : Le Lecteur engagé, dir. I. Poulin et J. Roger, Bordeaux, PUB, 2008.

    ROUXEL Annie et Gérard Langlade (dir.), Le Sujet lecteur : lecture subjective et enseignement de la littérature, Rennes, PUR, 2004.

    SCHAEFFER Jean-Marie, Pourquoi la fiction ?, Paris, Seuil, coll. Poétique, 1999.

     

    [1] Vincent Jouve, L’Effet-personnage dans le roman, Paris, PUF, coll. Écriture, 1992, p. 108.

    [2] Robert Louis Stevenson, « À bâtons rompus sur le roman » [1882], Essais sur l’art de la fiction, Paris, Payot, 2007, p. 222.

    [3] Françoise Lavocat, Fait et fiction. Pour une frontière, Paris, Seuil, coll. Poétique, 2016, p. 348.

    [4] Michel Picard, La Lecture comme jeu, Paris, Minuit, 1986, p. 91.

    [5] Françoise Lavocat, op. cit., p. 364.

    [6] Françoise Lavocat, op. cit.

    [7] Nicholas Paige, Before Fiction: The Ancien Régime of the Novel, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2011.

    https://forellisb2.hypotheses.org/222

    Source: Fabula

    Appel à communications : Présences de la voix — XVIe-XVIIIe siècles
    Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 11:26

    26-28 mars 2020

    Université Toulouse Jean-Jaurès

    Propositions: 15 juillet 2019

     

    Le colloque « Présences de la voix » a pour objectif d’interroger, dans une perspective interdisciplinaire, les différentes représentations de la voix dans les textes des XVIe-XVIIIe siècles, en articulant les approches littéraires et oratoires, scientifiques et médicales, mais aussi pratiques et théoriques.

    Le problème de la voix se pose en effet de manière particulière à cette époque dite « pré- classique » et « classique », où prédomine encore une conception largement orale voire oratoire de la littérature. Ainsi, au XVIe siècle, la volonté d’« imiter la nature » dans toute sa richesse, visuelle mais aussi sonore, se traduit par des tentatives mimétiques qui prennent la forme, dans certains poèmes de Ronsard et surtout de Peletier du Mans ou de Bertrand Berger, de véritables « tableaux » sonores reposant notamment sur des jeux d’harmonie imitative et sur les ressources de l’onomatopée. La lecture à haute voix et l’art de bien prononcer restent profondément ancrés dans les pratiques culturelles et littéraires. Ronsard, qui dans Les Amours de 1552 fait l’éloge d’une Cassandre à la voix enchanteresse, préconise encore, dans son Abrégé de l’art poétique de 1565, de bien « prononcer les vers » pour faire résonner le texte poétique et lui donner un surcroît de sens. Quant aux auteurs dramatiques, comme Jodelle, ils fondent le renouvellement du genre tragique sur une pratique essentiellement déclamatoire du texte théâtral.

    Le XVIIe siècle développe un véritable « culte de la voix » (Ph. J. Salazar). Dans les manuels de civilité, le travail sur la voix et ses intonations, associé à la noblesse du maintien et à l’aisance du geste, occupe une place privilégiée dans l’art de la conversation polie. Sa maîtrise est essentielle à l’urbanité classique, condition indispensable des bonnes manières, tout en manifestant les dispositions du cœur, en lien avec les passions de l’âme. En termes d’actio oratoire, la voix est employée à la production du discours efficace. Par son énergie, elle donne aux orateurs, qu’il s’agisse de la chaire ou du barreau, le moyen de convaincre et de persuader par l’oreille. Témoignant d’une confiance dans les vertus communicationnelles de la parole humaine, elle s’inscrit dans une rhétorique de l’éloquence, envisagée comme un instrument du toucher. À cela s’ajoute, pour les prédicateurs, une forme d’oralité spécifique : il s’agit de faire agir, aussi bien qu’entendre, la voix tonnante de Dieu (Bossuet). Cette dynamique culturelle et sociale de la voix, qui participe d’une utilisation codée de la voix et de ses artifices, dans sa dimension publique ou privée, est indissociable d’une esthétique et d’une réflexion sur la théâtralité. Comme des comédiens, l’orateur et le courtisan prêtent leur voix aux personnages qu’ils interprètent. Cette réflexion s’inscrit dans une pratique aux enjeux éminemment moraux – le loup devenu berger est attentif à « contrefaire sa voix » (La Fontaine) – et savants – le travail vocal participant de « l’art de prononcer parfaitement » (Hendret). Du point de vue de l’expression dramatique, une évolution du jeu scénique, et donc de la voix, se produit au cours du XVIIe siècle, tendant à l’émergence d’une diction prétendument « naturelle », au nom de la vraisemblance (Molière). Quant à la pratique de la lecture des textes à voix haute, elle fournit le critère de la réussite d’un texte, mesurée au plaisir qu’il procure. Boileau vante ainsi les qualités sonores du style et se moque de « ces auteurs nés pour nous ennuyer, / Qui toujours sur un ton semblent psalmodier » (Art poétique).

    Au XVIIIe siècle, Diderot explore dans ses théories sur le théâtre (Paradoxe sur le comédien), mais aussi dans Le Fils naturel et Le Père de famille, les accents, le silence voire les sons inarticulés, véritablement aptes à transmettre les passions. La voix emplit ses textes narratifs, dès Les Bijoux indiscrets, sans oublier les performances vocales du Neveu de Rameau et les cris de Suzanne dans La Religieuse. Voltaire, lui, montre aussi un attrait particulier pour la voix au point d’élargir la potentialité vocale au domaine végétal (Dictionnaire philosophique, art. ÂME) et à ridiculiser la voix humaine lorsqu’il lui fait imiter des cris d’animaux (ibid., art. DELITS LOCAUX). Le corps sonore privilégié du siècle des Lumières est en effet la voix, chantée en premier lieu, en ce qu’elle est instrument de la nature et parle directement à l’âme (on pense bien sûr à l’Origine des langues de Rousseau). Si les auteurs du XVIIIe siècle héritent des morales de l’honnêteté, qui faisaient de la conversation modérée le lieu par excellence du bon goût, recommandant d’apprendre à user de sa voix d’une manière accordée aux attentes du « grand monde », ils ne résistent pourtant pas aux conséquences sensualistes d’une nouvelle esthétique qui n’est plus celle du goût mais celle du plaisir et de l’émotion. La primauté est donc désormais donnée à une voix naturelle, articulée ou inarticulée, ce qui n’empêche pas les orateurs de la Révolution d’user à nouveau de la grande éloquence.

    Ces recherches sonores et plus particulièrement vocales s’enrichissent enfin d’un discours scientifique et médical sur la production des sons, la « physiologie » et les pathologies de la voix. Dès le XVIe siècle, les traités de médecine s’intéressent à l’anatomie de l’oreille et aux mécanismes de production des sons. Le De Arte Gymnastica de Girolamo Mercuriale (1569) étudie quant à lui la manière dont les exercices vocaux peuvent entrer dans les processus de soins thérapeutiques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles paraissent de nombreux traités sur l’ouïe, le bruit et la musique, dans lesquels la voix se trouve interrogée. Des articles de L’Encyclopédie à l’Emile de Rousseau, on s’intéresse au rapport privilégié entre la voix et l’ouïe. Si les textes savants développent de multiples axes scientifiques autour de la voix (Cordemoy, Discours physique de la parole, 1668 ; Dodart, Mémoire sur les causes de la voix de l’homme, 1703 ; Les merveilles de la trachée-artère, 1712, etc.), les traités sur le beau et le goût privilégient quant à eux des entrées morales, n’hésitant pas à faire le lien avec la physique de la voix (Crousaz, 1715 ; Père André, 1741).

    Il s’agira donc d’étudier, dans une perspective interdisciplinaire, les discours sur la voix, ainsi que les différentes représentations de la voix humaine (et éventuellement animale) dans les textes des XVIe-XVIIIe siècles. Les interventions pourront s’articuler autour de quatre axes de réflexion :

    1. Savoirs de la voix

    Ce premier axe privilégiera une approche scientifique, physiologique ou anatomique de la voix, fondée sur l’étude des textes théoriques et des planches illustratives des XVIe -XVIIIe siècles. Il s’agira d’explorer les théories de la voix et leur évolution au cours de la période étudiée, et de mettre en évidence les répercussions du discours scientifique et médical dans les textes littéraires, voire dans les pratiques artistiques. Parmi les pistes possibles, on pourra s’intéresser à la réflexion médicale sur le « complexe voix-ouïe », qui préoccupe tant les savants et les médecins que certains auteurs « littéraires » de l’époque. Autrement dit, que se passe-t-il entre le moment où le son de la voix atteint l’organe et celui où il parvient à l’intellect ? Plus encore, l’oreille est-elle apte à donner un sens raffiné à la beauté de la voix ? On pourra également prendre en compte les textes qui fondent les théories et les représentations de la voix sur des pratiques d’anatomie comparée, consistant par exemple à mettre en rapport la voix humaine et les sons émis par les animaux.

    2. Dire la voix

    On s’intéressera dans cet axe aux descriptions linguistiques, littéraires et artistiques de la voix. Dans les différentes façons de représenter verbalement la voix aux XVIe -XVIIIe siècles, quels mots, quels qualificatifs permettent de désigner ou de décrire la voix ? Quelle signification leur accorder ? Jusqu’à quel point une voix est-elle dite par exemple criarde, enrouée, faible, etc. ? Note- t-on une évolution de ces caractérisations au fil des textes ? Les descriptions poétiques et plus largement littéraires de la voix constituent également un terrain d’étude privilégié : qu’on pense au chant du rossignol chez Ronsard ou à ces vers du poème « Sur la mort de Marie » : « Hélas ! Où est ce doux parler, / Ce voir, cest ouyr, cest aller, / Ce ris qui me faisait apprendre/ Que c’est qu’aimer ? », ainsi qu’au « doux charme des voix humaines » évoqué par Théophile de Viau. La voix peut également faire l’objet de descriptions détaillées dans les blasons anatomiques du corps féminin (Victor Brodeau, « Blason de la bouche » ; Maurice Scève, « Blason du Soupir » ; Eustorg de Beaulieu, « Blason de la voix », etc.) Enfin, l’étude des illustrations plastiques de la voix pourra compléter ces réflexions. Peut-on représenter visuellement la voix ? Comment l’image, muette, peut-elle rendre compte des inflexions de la voix ? N’est-ce pas, après l’idée du clavecin oculaire du Père Castel, par la couleur que Diderot faisait « entendre » les voix (des « voix brunes, blondes ») à Mélanie de Salignac, sourde ?

    3. Restituer la voix

    Un troisième axe d’étude s’intéressera plus spécifiquement aux restitutions littéraires de la voix. On accordera une attention particulière aux effets de mimesis sonore qui visent à reproduire dans les textes littéraires les voix de la nature et tendent ainsi à reconstituer le « paysage sonore » d’une époque (selon l’expression de J.-M. Fritz). Cette réflexion pourra s’appuyer sur la distinction entre l’articulé (la parole humaine) et l’inarticulé (cris, soupirs, bruits, invocations). On s’intéressera ainsi au rôle des onomatopées, qui visent à reproduire les bruits de la nature dans leur diversité, et des interjections, qui traduisent dans certains poèmes lyriques de la Renaissance la nostalgie d’une oralité primitive : ainsi, dans les Dithyrambes à la pompe du Bouc de Ronsard, les « Hoh ! » « Evoé, ïach, ïach », habités du furor poétique, renvoient directement à la poésie orale de la Grèce antique. Voltaire ne se moque-t-il pas de l’humain jusqu’à en réduire la voix à sa valeur sonore : « Le prophète s'écria : « Pouah ! Pouah ! Pouah ! » (Dict. philosophique, Art. EZECHIEL) ? À l’inverse, la parole humaine peut être un moyen de donner la voix à toutes les créatures du monde : les Fables de La Fontaine entendent ainsi traduire « Tout ce que disent sous les cieux / Tant d’êtres empruntant la voix de la nature ». On étudiera plus largement les effets d’euphonie et de cacophonie dans les textes littéraires et dans les œuvres musicales. Une attention particulière pourra être portée au genre littéraire et musical des « cris » (Cris de Paris...).

    4. Donner de la voix

    On abordera enfin la mise en voix des textes, du XVIe siècle à l’époque contemporaine, du point de vue de la performance vocale. On étudiera, d’une part, les ressources rhétoriques et énonciatives des textes littéraires voués à une pratique orale ou à la mise en scène (textes de théâtre, sermons, oraisons funèbres, éloges, psaumes, cantiques, poèmes lus devant des académies, poèmes lus dans les salons mondains, etc.). Qu’il s’agisse des indications laissées par les auteurs eux-mêmes ou des éléments présents dans le texte écrit (exclamations, interjections, apostrophes, périodes oratoires), on mettra en évidence ce qui rend le texte propre à la déclamation. On pourra également s’appuyer sur les témoignages d’époque pour appréhender les performances vocales des poètes, acteurs et prédicateurs des XVIe-XVIIIe siècles. D’autre part, on s’intéressera aux dictions reconstituées, historiquement informées, des textes de l’âge classique en s’appuyant sur le travail de certains metteurs en scènes (Eugène Green, Benjamin Lazar) ou de spécialistes de la prononciation (Olivier Bettens). On mettra ainsi en évidence le rôle essentiel de la mise en voix dans l’interprétation et la transmission des textes littéraires.

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    Modalités de soumission

    Les propositions de communications (titre provisoire, résumé de 150 mots, brève notice biobibliographique) sont à renvoyer pour le 15 juillet 2019 à l’adresse suivante : presencesdelavoix@yahoo.fr

    Organisateurs

    Pascale Chiron, Philippe Chométy, Hélène Cussac, Agnès Rees

    Université Toulouse Jean-Jaurès ELH-PLH

    Appel à communications : Les mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées
    Posted: Wednesday, May 1, 2019 - 11:22

    Université d’Abomey-Calavi (UAC) – Le Mans Université

    « Les mémoires de l’esclavage dans la littérature, les arts et les musées »

    5 - 6 - 7 février 2020,

    Université d’Abomey-Calavi & Ouidah (Bénin)

     

    Le colloque sur les mémoires de l’esclavage, co-organisé par l’Université d’Abomey-Calavi et Le Mans Université est une rencontre scientifique qui vise à promouvoir une approche comparatiste des mémoires relatives à l’esclavage, à partir du lieu historique de Ouidah sur la côte Est du Bénin, l’une des routes les plus tragiques de l’esclavage. Il s’agira d’interroger les processus mémoriels de l’esclavage au Bénin et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme le Ghana ou le Sénégal, et d’analyser les représentations de ce passé douloureux et tragique dans les arts contemporains, en l’occurrence la littérature, la photographie, les arts plastiques, les films, ainsi que les discours historiographiques qu’ils véhiculent. Les représentations du ‘passage du milieu’, des ‘esclavagisés’ et des esclavagistes seront discutées à travers l’analyse de projets artistiques et d’œuvres littéraires (romans, récits de vie, autobiographie, biographie). Les débats éthiques qui sous-tendent la construction de ce type d’images seront également étudiés, ainsi que l’impact de ces images traumatiques sur des générations entières des deux côtés de l’Atlantique, à travers la comparaison de documents datant de la période de l’esclavage au début du 21èmesiècle.

    Le colloque intègrera des études sur la musique populaire et l’oralité à travers les contes ou les proverbes considérés comme des espaces de subversion, permettant aux populations dispersées de maintenir un lien avec le passé et de transmettre les traditions locales de leur lieu d’origine. Une approche comparative avec les cultures hispano-américaines par exemple permettra d’envisager les différentes politiques de mémorialisation (notamment la notion de « réparation ») et de croiser les regards sur l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Europe. 

    Du National Museum of African American History and Culture (Washington) au Musée du Quai Branly (Paris), du Mémorial de l’abolition de l’esclavage (Nantes) à la Maison des esclaves (Ile de Gorée), du Musée du Noir (Rio de Janeiro) au MuséeOgier Fombrun (République d’Haïti), du Fort Zanzibar au Fort de Cape Coast (Ghana), à la porte de non-retour de Ouidah (Bénin) où le colloque se tiendra, les activités de médiation et de mise en scène muséales méritent d’être étudiées dans le contexte de la restitution des biens culturels volés à l’Afrique, décidée par la France. Le Bénin fut le premier pays à en faire la demande et il est le premier à certainement récupérer environ dix-neuf premières œuvres d’art rendues par la France. Les démarches sont très avancées à cet effet. 

    Ce colloque international vise à construire une réflexion sur les imaginaires de l’esclavage façonnés par les textes et les images de l’époque coloniale à l’époque postcoloniale. Il s’agira aussi d’identifier les oublis de l’histoire de l’esclavage en interrogeant les processus mémoriels officiels et/ou populaires, à partir des lieux historiques, comme celui de la route des esclaves de Ouidah, au Bénin. 

    Objectifs

    Le colloque poursuit plusieurs objectifs :

    • Renforcer les connaissances sur les siècles de l’esclavage, les espaces, les personnages et les faits qui ont ébranlé le monde depuis cette tragédie.
    • Vulgariser les informations anciennes et nouvelles sur l’esclavage.
    •  Faire une synthèse objective des mémoires de l’esclavage vue par les chercheurs de tous les domaines possibles. 
    • Faire connaître les sites de l’esclavage du Bénin dont Ouidahet Porto-Novo.

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    Les propositions de communications (français ou anglais) sont à envoyer au plus tard le 15 septembre 2019 aux deux adresses suivantes : 

    colloque_lemans_fllac@uac.bj

    et

    benaouda.lebdai@gmail.com

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    Conditions de participation :

    Le colloque est ouvert à toutes les personnes venant des sphères scientifique, culturelle, politique, artistique, touristique, spirituelle ainsi que de tous ceux qui aspirent à une meilleure connaissance de la traite des esclaves et des acquis ou inconvénients hérités par les pays impliqués. Les activités du colloque sont prises en charge par le comité d’organisation. Toutefois, après la lettre d’acceptation délivrée par le comité scientifique, les participants doivent verser une contribution minimum au plus tard le15 novembre 2019. Le montant forfaitaire de participation se présente comme suit :

    • 10.000 F CFA (15 euros) pour les doctorants et étudiants,  
    • 20.000 F CFA (30 euros) pour les internationaux, 
    • 30.000 F CFA pour les autres participants nationaux

    Les frais de participation doivent être envoyés sur le Compte N°003833780001 (BOA) de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC). Après versement des frais, chaque participant devra envoyer la copie scannée du récépissé par courriel à colloque_lemans_fllac@uac.bj

    Le montant couvre le kit du participant, les pauses-café, les déjeuners. Au dernier jour du colloque, un dîner de gala sera offert. Le billet d’avion et les frais d’hébergement sont à la charge des participants. Pour tous renseignements complémentaires, contactez :Tél. : +229 976 095 68 ou+229 958 303 10.

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    Principales activités 

    Durant les trois jours du colloque, il est prévu une diversité de manifestations qui permettent aux participants non seulement d’apprendre, d’échanger mais aussi de s’offrir des moments de détentes. Ainsi, la tenue du colloque englobe entre autres :

    • Communications / débats.
    • Prestations artistiques.
    • Visites des sites de Ouidah et Porto-Novo.
    • Musique, les danses & chorégraphies.
    • Exposition d’œuvres d’arts et d’ouvrages à Ouidah. 
    • Foire de produits made in Benin à Ouidah.

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    La cérémonie officielle d’ouverture du colloque est prévue le 05 février 2020 à 9h à l’Amphithéâtre Idriss Deby de l’Université d’Abomey-Calavi tandis que les communications et autres manifestations se dérouleront à ‘l’hôtel des diasporas’ dans la ville historique de Ouidah.

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    Comité d’organisation

    • Président : Pr Okri Pascal TOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
      • Vice-président : Pr Benaouda LEBDAI, Le Mans Université
    • Responsables à l’organisation
      • Pr Flavien GBETO, Université d’Abomey-Calavi
      • Pr Delphine LETORT, Directrice du Laboratoire 3L.AM, Le Man Université
      • Dr (M.A) Célestin GBAGUIDI, Université d’Abomey-Calavi
      • Dr Alfred DJOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
      • Dr (M.A) Charles Dossou LIGAN, Université d’Abomey-Calavi

    Comité scientifique international 

    • Pr Maxime da CRUZ, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Flavien GBETO, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Benaouda LEBDAI, Le Mans Université
    • Pr Delphine LETORT, Directrice du Laboratoire 3L.AM, Le Mans Université
    • Pr Eliane ELMALEH, Le Mans Université 
    • Pr Augustin AÏNAMON, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Léonard KOUSSOUHON, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Pierre MEDEHOUEGNON, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Médard Dominique BADA, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Laure Clémence CAPO-CHICHI ZANOU, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Okri Pascal TOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
    • Pr Serpos TIDJANI, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C) Vincent ATABAVIKPO, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C) Julien GBAGUIDI, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C) Rogatien TOSSOU, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C) Romuald TCHIBOZO, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C)Didier M. HOUENOUDE, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C)Didier N’DAH, Université d’Abomey-Calavi 
    • Dr (M.C) Innocent S. KOUTCHADE, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C) Célestin AMOUSSOU, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (M.C) Simplice AGOSSAVI, Université d’Abomey-Calavi 
    • Dr Bellarmin CODO, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (MA) Charles Dossou LIGAN, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (MA) Célestin GBAGUIDI, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (MA) Ferdinand KPOHOUE, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (MA) Anicette QUENUM, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr (MA) Vinakpon Marcel HOUNDEFO, Université d’Abomey-Calavi 
    • Dr (MA) Marius SOHOUDE, Université d’Abomey-Calavi
    • Dr Dieudonné GNANMMAKOU, Université d’Abomey-Calavi 

    New Publications

    Les Dossiers du Grihl, 2022 : "Écriture du groupe. Écriture en groupe" (Laurence Giavarini & Camille Noûs, dir.)
    Posted: 14 Jul 2022 - 17:57

    Les Dossiers du Grihl ont le plaisir de vous annoncer la mise en ligne du numéro "Ecriture du groupe. Ecriture en groupe", sous la direction de Laurence Giavarini et Camille Noûs, 
    Vous pouvez le consulter à l'URL suivante : https://journals.openedition.org/dossiersgrihl/9649 
     

    Ce numéro des Dossiers du Grihl est le deuxième volet d’une enquête qui aborde le fait littéraire à partir du problème spécifique des collectifs. Tels qu’ils nous arrivent du passé après nombre d’opérations éditoriales et critiques, tels qu’ils sont largement configurés par l’histoire littéraire, les écrits nous apparaissent pour une bonne part dans une perspective « groupale » qui contribue à opacifier notre appréhension dans le passé de ce que Lanson a appelé le « fait social de la littérature ». Une partie des contributions de ce volume travaille ainsi à interroger les fictions de groupes qu’ont produites non seulement l’histoire littéraire mais les opérations éditoriales du XVIIe siècle qui réunissaient des pièces poétiques, collectaient des fragments, rassemblaient des lettres. « Trio d’acteurs », groupement de conteuses, académies instituées, « ordinaires » ou fantasmées, pratiques poétiques ou épistolaires, République des Lettres : qu’en fut-il de la réalité de ces « groupes » transmis par l’histoire ? Comment comprendre le surgissement du « groupe », parfois du « corps », dans la désignation des pratiques sociales des acteurs du passé qui furent des professionnels de l’écriture, mobilisèrent la « littérature » ou furent enrôlés dans l’institution du littéraire ? et dans quelle mesure ces « groupes » travaillaient-ils avec les autres appartenances et les intérêts de ces acteurs ? L’enquête collective proposée dans ce numéro du Grihl auquel contribuent plusieurs jeunes chercheurs en histoire et en littérature, ainsi que des chercheurs confirmés peut ainsi se lire comme une enquête sur la production et les fictions du social par l’écriture et la littérature. Elle est une invitation à prendre en charge, dans la réflexion sur cette question si constituée des « écritures collectives », les modalités d’ordonnancement voire d’archivage des écrits, ainsi que les opérations de littérarisation et de production de la valeur indissociables de leur transmission.

    SOMMAIRE

    Introduction
    Laurence Giavarini : Écrire le groupe, écrire en groupe : pour une histoire du fait social de la littérature sous l’Ancien Régime

    1. Le travail du fait littéraire
    Groupements et collectifs

    Flavie Kerautret : Le « trio » de farceurs de l’Hôtel de Bourgogne. Penser la construction du collectif théâtral
    Elise Roussel : Le « groupe des conteuses » de la fin du XVIIe siècle : une construction ? Le cas de Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon

    Le trompe-l’oeil

    Nicolas Schapira : Tallemant des Réaux et ses amis dans le Manuscrit 19142. Le groupe par la mise en recueil
    Stephanie Bung : Le Recueil Lauvergne (1680) de Claude Barbin. Écriture en groupe ou coup d’éditeur ?
    Juliette Deloye : Écriture du groupe et institution. Retour sur l’Académie politique de Torcy

    2. Faire corps par l’écriture

    Sophie Houdard : Jean-Joseph Surin et le Royaume intérieur. La construction d’un groupement volontaire spirituel
    Léa Renucci : Épistolairement vôtre. Faire académie à l’Arcadia au XVIIIe siècle
    Maxime Martignon : Usages et désignation du groupe chez les nouvellistes du temps de Louis XIV
    Olivier Bonfait : Conférences sans conférer ? Les conférences de l’Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1699 

    3. Retour sur la « République des Lettres »

    Laurent-Henri Vignaud : Biens précieux et actions épistolaires. L’économie du savoir dans la République des Lettres au XVIIe siècle

    L'INVENTION DU JARDIN PITTORESQUE EN FRANCE (1761-1808) (Sophie lefay)
    Posted: 14 Jul 2022 - 17:48

    LEFAY SOPHIE, L'INVENTION DU JARDIN PITTORESQUE EN FRANCE (1761-1808), Paris, H. Champion, 2022.

    Avant-propos de Michel Baridon

    Le jardin pittoresque trouve ses racines dans le XVIIIe siècle. C’est avec Rousseau, imité et prolongé par de multiples romanciers, essayistes et poètes, que se constitue ce jardin nouveau aux dénominations encore variées : on le dit souvent pittoresque ou à l’anglaise, quelquefois irrégulier ou naturel avant que ne s’impose l’épithète romantique qui décrit un style mais exprime aussi un type de sensibilité et un rapport radicalement nouveau à la culture.

    Il s’agit ici de raconter la naissance du jardin pittoresque, d’en comprendre la philosophie, d’en décrire l’esthétique, à travers le foisonnement de textes que les écrivains français lui ont consacré, entre Lumières et Romantisme.

    Sophie Lefay enseigna à l’université d’Orléans la littérature française du XVIIIe siècle. Outre plusieurs éditions de textes (dont les Éléments de littérature de Marmontel), elle a publié un livre sur les inscriptions dans la littérature, L’Éloquence des pierres.

    Plus d'informations ici.

    Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite Éditer et commenter les Annales à la Renaissance ( Lucie CLAIRE)
    Posted: 14 Jul 2022 - 17:45

    Lucie CLAIRE, Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite Éditer et commenter les Annales à la Renaissance, Genève, Droz, 2022.

    Figure éminente et aujourd’hui reconnue de l’historiographie latine, Tacite occupe au seuil de la modernité une place encore fragile. Le xvie siècle voit émerger pour ses œuvres un goût neuf, qui se traduit dans la publication d’éditions et de commentaires, dont les plus fameux sont ceux de Juste Lipse. Acteur majeur, et cependant sous-estimé, de ce courant européen, Marc-Antoine Muret a contribué avec passion à la renaissance de Tacite, auquel il a consacré de multiples travaux : une leçon d’introduction et un cours à l’université de Rome, l’édition des premier et deuxième livres des Annales, quelques chapitres de ses miscellanées philologiques et un commentaire posthume. Après une étude de la fortune érudite de Tacite, Lucie Claire analyse, à la lumière de nombreux documents personnels de l’humaniste, la lecture faite par Muret des Annales, lecture intime – dans sa bibliothèque – et publique – à l’université –, et la met en résonance avec la réception de l’historien dans l’Europe des Lettres.

    Plus d'informations ici.

    La bibliothèque de Thou et ses catalogues Ordonner les savoirs au XVIIe siècle Valérie Neveu
    Posted: 14 Jul 2022 - 17:42

    Valérie Neveu, La bibliothèque de Thou et ses catalogues. Ordonner les savoirs au XVIIe siècle, Paris, École nationale des chartes, à paraître en décembre 2022.

    On connaît désormais l'intérêt d’étudier les anciens catalogues de bibliothèques, non seulement pour les ouvrages qu’ils décrivent, mais aussi en eux-mêmes, en tant que sources pour l’histoire de la bibliothéconomie. En ce sens, la série des catalogues dressés pour la bibliothèque fondée par Jacques-Auguste Ier de Thou, à la fin du XVIe siècle, qui resta entretenue et ouverte aux savants jusqu’à sa vente en 1680, constitue un terrain d’étude remarquable auquel est consacré le présent ouvrage.

    La bibliothèque a fait l’objet de quatre catalogues entre 1617 et 1679. On doit les trois premiers, manuscrits, à de Thou lui-même (1617), aux frères Pierre et Jacques Dupuy (1645-1648) et à Ismaël Boulliau (1653). L’œuvre de ce dernier a fourni la matière du dernier catalogue, imprimé pour la vente. Leur agencement témoigne d’une réflexion novatrice, soucieuse de garantir la qualité des notices et un meilleur accès aux données bibliographiques.

    Des sources complémentaires (correspondance, notes manuscrites) éclairent le travail et les choix techniques des bibliothécaires successifs, ainsi que le rôle décisif de Jacques-Auguste II, fils du fondateur, dans le perfectionnement du catalogue de bibliothèque en tant que nouveau genre d’écrit savant. Le dernier catalogue, intitulé Catalogus bibliothecae Thuanae, donné en exemple pour la perfection de sa classification à cinq divisions, a ainsi servi de source d’inspiration pour les gens du livre en France et en Europe.

    Plus d'informations ici.

     

    Le clan Bochetel. Au service de la couronne de France (XVe-XVIIe siècle) (Damien Fontvieille)
    Posted: 14 Jul 2022 - 17:40

    Damien Fontvieille, Le clan Bochetel. Au service de la couronne de France (XVe-XVIIe siècle),  Paris, Ecole Nationale des Chartes, à paraître en décembre 2022.

    Autour des premiers secrétaires d'État, apparus en 1547, se forme un clan de pouvoir composé de familles alliées, dont les membres exercent les plus hautes charges sous les Valois. Ces familles ont émergé au xve siècle, d'abord au service des princes dans le Val de Loire, avant de s’agréger, à la Renaissance, par les alliances matrimoniales des enfants de Guillaume Bochetel. Ainsi liées entre-elles, ces familles de robins en ascension, les L’Aubespine, les Bourdin, les Morvillier notamment, à leur tour ont apporté leurs propres alliés, comme les Neufville ou les Brulart. Le clan se délite progressivement à l’orée du XVIIe siècle, laissant pour héritier politique Villeroy, secrétaire d’État de Charles IX à Louis XIII.

    Le clan Bochetel, marqué par une forte solidarité et l’importance des liens du sang, illustre le fonctionnement de la monarchie française de la première modernité, qui compte sur les réseaux de serviteurs à la fois pour l’exercice des charges et pour assurer l’exécution de ses ordres dans les provinces où ces familles ont conservé des alliés. Hommes et femmes du clan partagent une identité sociale particulière, entre haute robe cultivée et noblesse. Ils sont un miroir des transformations de la monarchie française à l’époque moderne qui évolue entre État domestique et naissance d’une administration expérimentée.

    Plus d'informations ici.