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Calls for Papers and Contributions

Appel à communication : « L’utérus : de l’organe aux discours »
Posted: Friday, February 15, 2019 - 11:08

Université Bretagne Sud, Lorient

les 10-11 octobre 2019

 

Organe mythique s’il en est, l’utérus est la somme et le condensé de l’appareil génital féminin. Longtemps creuset de la définition de la famille et de la filiation, il est un objet social qui interroge les mutations contemporaines de la société et les catégories identitaires. L’utérus demeure aussi un organe biologique, objet de toutes les attentions, celles des femmes, des hommes, des médecins, des philosophes, des artistes, etc. Organe féminin de la reproduction, il fait l’objet de silences, de discours mais aussi de fantasmes.

Aborder le corps, le statut de la femme ou celui de la famille par le biais d’un organe permet de renouveler les questionnements et d’ouvrir des pistes de lecture pluridisciplinaire. Les vieux débats que l’on croyait finis depuis les années 1970 sur la dénaturalisation des corps et la place des femmes dans la société ressurgissent avec force. Ces dernières années, en particulier autour de la loi sur le mariage pour tous, de nombreuses interrogations apparaissent, obligeant les chercheurs à renouveler leurs objets et à remettre sur le métier de nouveaux travaux. La publication en septembre 2018 de deux ouvrages médiatisés, l’un en histoire, Une histoire des sexualités dirigée par Sylvie Steinberg et l’autre en sociologie, La vie sexuelle en France de Janine Mossuz Lavau, a montré l’intérêt du public pour ces questions. Les discussions récentes autour du projet de loi sur la Procréation Médicalement Assistée, ou autour des lois légalisant ou restreignant l’avortement dans de nombreux pays (Pologne, Irlande, Argentine…), ont remis sur la place publique l’utérus et son potentiel de procréation. Au-delà des réflexions mises en avant sur la naturalité des familles ou sur leur caractère socialement construit, c’est bien d’un organe spécifique qu’on parle. De l’utérus que l’on brandit fièrement sous forme d’échographie à l’annonce d’une grossesse, à celui que l’on cache dans la littérature de jeunesse ou dans les encyclopédies pour enfants, de celui que l’on maltraite médicalement ou socialement à celui que l’on représente en vers, en prose ou en images, la relation métonymique semble s’imposer entre la femme et son organe reproducteur. L’utérus est toujours un centre d’intérêt et d’attention.

La lecture du corps féminin proposée ici est avant tout organique. Il s’agira de voir comment cet organe est perçu par les sociétés à des époques différentes, dans des œuvres référentielles ou fictionnelles, par les artistes ou les scientifiques, mais aussi de voir comment les textes de lois aujourd’hui régissent ces questions. Si les travaux sur le corps féminin sont nombreux – les analyses de genre n’y sont sans doute pas étrangères dans de nombreuses disciplines – le prisme spécifique de l’organe a été rarement choisi. Comment, selon les périodes, les cultures et surtout selon les disciplines, aborde-t-on cette profondeur des corps ? À l’heure où les techniques d’imagerie médicale permettent de scruter l’utérus et d’en connaître les pathologies et le fonctionnement, comment les sciences humaines et sociales, les sciences juridiques, les lettres et les arts conçoivent-ils cette intériorité, entre transparence et opacité, entre fonctionnalité et symbolique, entre vécu et imaginaire ? Que dit chaque spécialiste de cette partie cachée qui projette pourtant tellement au dehors de l’espace corporel ? Comment la littérature, les arts, les législations, la médecine etc. se sont-ils saisis de cet organe pour proposer souvent une lecture de la société ou d’un idéal ?

Le projet s’inscrit résolument dans une démarche pluridisciplinaire et est ouvert aux différentes sciences humaines et sociales, mais aussi aux sciences dites « dures ».

Axes de communication

Partant des différentes manières de faire référence à l’organe, il s’agit d’étudier les finalités des discours qui lui sont consacrés, en se demandant jusqu’à quel point l’approche organique ne conduit pas irrémédiablement à une lecture naturaliste et fonctionnelle. L’objectif de ce colloque est donc triple. 

Faire référence à l’utérus : un organe innommable ?

S’intéresser aux façons de faire référence à l’organe est un moyen essentiel de construire l’objet commun de recherche. Connaître les mots et les images des uns et des autres, parler une langue commune ou faire le constat de la différence projette déjà une manière de penser l’organique. Nommer, représenter, éluder, user de métaphores, d’analogies ou de métonymies… ces formes de référence pourront être abordées dans des corpus différents, pour des sociétés proches ou lointaines, dans le temps ou l’espace.

Discourir sur l’utérus : normer, pathologiser, sacraliser ?

Si les catégories de discours sont nombreuses (médical, artistique, biologique, littéraire, philosophique, juridique…), les finalités sont souvent proches : il s’agit d’encadrer l’organe, de le protéger, de le posséder, de le pathologiser pour mieux le contrôler ou de le sacraliser pour réduire le corps à sa fonctionnalité reproductive. Toutes ces formes et visées discursives pourront être abordées pour des périodes différentes, des cultures proches ou lointaines, sous forme d’études de cas ou au contraire avec des portées plus globales.

Penser l’organe en féministe : l’utérus, un cul-de-sac épistémologique ?

L’approche organique des corps réduit-elle l’individu à une forme de fonctionnalité, ici à la reproduction ? Au moins depuis le xixe s., la pensée féministe a tantôt pris en compte le corps féminin, tantôt s’en est libérée pour proposer une émancipation où la place du sujet est première. Peut-on penser un corps sans sexuation, sans sexualité, sans reproduction ? Les processus de subjectivation peuvent-ils se passer d’une certaine lecture organique des corps ? L’utérus est-il une pierre d’achoppement pour les pensées féministes ?

Ces axes privilégiés ne sont pas exclusifs, d’autres questionnements ou problématiques pourront être proposés.

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Organisation du colloque

Le colloque se tiendra sur deux journées à l’Université Bretagne Sud à Lorient les 10 et 11 octobre 2019. Il sera organisé par sessions de communication de 20 à 30 minutes chacune. Un grand temps de discussion sera laissé libre après chaque session.

Une publication rapide des actes du colloque est prévue, les textes devront donc être rendus pour publication durant le 1er trimestre 2020.

Modalités de proposition des communications : 

Les propositions présenteront en une page maximum l’objet de la communication, en précisant l’axe dans lequel s’inscrira l’intervention. Elles feront apparaître les nom, prénom, appartenance institutionnelle et adresse mail du ou des communicant·e·s, ainsi que quelques éléments bibliographiques.

Elles sont à envoyer à Isabelle Durand (isabelle.durand@univ-ubs.fr), à Morgan Guyvarc’h (morgan.guyvarch@univ-ubs.fr), à Véronique Mehl (veronique.mehl@univ-ubs.fr) avant le 10 mars 2019.

Les autrices et les auteurs dont les communications seront acceptées seront averti·e·s par courriel début avril.

Appel à communications : L’envers du décor ? Représentations de la pauvreté en Europe à l’époque moderne
Posted: Friday, February 15, 2019 - 11:04

les 12 et 13 septembre 2019 à l’Université de Lausanne.

 

Depuis les années 1970, l’histoire de la pauvreté à l’époque moderne a suscité un certain nombre de travaux, ceux notamment des historiens Jean-Pierre Gutton, Arlette Farge, Olwen H. Hufton, Jacques Carré et Andrew Cunningham. Plusieurs études ont été publiées qui analysent le phénomène de la mendicité dans les villes, le vagabondage dans les campagnes, les petits métiers, la criminalité, les politiques caritatives sinon répressives menés par l’église et l’état. Ces recherches pluridisciplinaires ont amplement contribué à faire du thème de la pauvreté un objet historique en soi, signalant le lien entre instauration de politiques de lutte contre la misère et nouvelle façon de voir les pauvres dans les sociétés européennes. Si le sujet de la pauvreté est également au cœur de nombreux essais sur l’histoire des religions et de la littérature, l’image des plus démunis a en revanche moins retenu l’attention des historiens de l’art. Des travaux existent néanmoins. Plusieurs études sur l’art anglais et hollandais des XVIIe et XVIIIe siècles font ainsi la part belle au peuple d’en bas et à ses représentations (voir notamment John Barrell, Patricia Fumerton, Tom Nichols, Anne M. Scott…). Les écrits consacrés aux peintres « caravagesques » et aux Bamboccianti ont également attiré l’attention sur le thème de marginalité (voir par exemple F. Cappelletti, A. Lemoine (ed.), Les Bas-fonds du baroque : La Rome du vice et de la misère, 2014). Mais l’image et la place du pauvre dans les arts visuels demeure trop souvent encore dans l’angle mort de la réflexion sur l’histoire des représentations à l’époque moderne.

Co-organisé par les départements d’histoire de l’art de l’Université de Lausanne (UNIL) et Université de Genève (UNIGE), ce colloque international propose de conjuguer les regards des sciences humaines et sociales (histoire de l’art, littérature, histoire, sociologie, anthropologie etc.) afin d’approfondir cette problématique de recherche fondée sur l’image. En tirant parti des avancées récentes dans le domaine des études sur la peinture de genre, la peinture d’histoire, le paysage et les arts décoratifs, cette rencontre scientifique a pour objectif d’évaluer l’impact de cette production, d’analyser son iconographie et d’en cerner le sens, d’en préciser les débouchés, les discours et leurs enjeux (comiques, sentimentaux, économiques, religieux, politiques etc.) à la lumière d’éléments contextuels précis. Il s’agira aussi de mettre en lumière la variété des démarches artistiques, des supports employés et la complexité des circulations des œuvres.

Pour atteindre ces objectifs, nous proposons d’explorer plusieurs axes listés ci-dessous :

  • Image de la pauvreté urbaine et rurale (vagabonds, mendiants …)
  • Pauvreté et migration
  • Représentations de la charité chrétienne, étatique ou royale
  • Mise en scène de la pauvreté et de ses « vertus »
  • Pauvreté, crime et délit
  • Les images de la pauvreté comme genre artistique (bambochades, scènes de tavernes, etc.)
  • Portrait du pauvre
  • Pauvreté et petits métiers (métiers ambulants, paysans, …)
  • Pauvreté et maladie
  • Pauvreté et rire
  • Pauvreté et politique (révoltes et révolutions)
  • Pauvreté entre art et littérature ou art et théâtre

Conditions de soumission

Le comité d’organisation sollicite des contributions provenant de disciplines variées (histoire de l’art, littérature, histoire, sociologie, anthropologie etc.).

Les propositions de communication comporteront un titre et un résumé (max. 300 mots) ainsi qu’une courte biographie. Elles devront nous parvenir par courrier électronique, au plus tard le 29 mars 2019 aux adresses suivantes : cyril.lecosse@unil.ch et angela.benza@unige.ch.

Les communications, d’environ 25 minutes, pourront être données en français ou en anglais.

https://www.unil.ch/hart/fr/home.html

Source: Fabula

CfP: Journée des doctorants de l'ADEFFI 2019/ADEFFI Postgraduate Symposium 2019
Posted: Friday, February 15, 2019 - 10:54

samedi 13 avril 2019 / Saturday 13 April 2019  Maynooth University

 

APPEL A COMMUNICATIONS

CALL FOR PAPERS

 

L'Association des études françaises et francophones d'Irlande (ADEFFI) invite les jeunes chercheurs en études françaises et francophones à venir participer à la Journée des doctorants qui se tiendra à Maynooth University (Irlande), le 13 avril 2019. La Journée se veut l’occasion pour les doctorants à la fois de présenter leurs recherches et d’en faire l’état des lieux dans un contexte universitaire. Elle sera également l’occasion pour eux de rencontrer leurs pairs ainsi que des chercheurs en poste dans le domaine des études françaises et francophones venus de l’Irlande, du Royaume-Uni et de plus loin. Afin que cet échange soit aussi ouvert et varié que possible, aucun thème n’a été retenu. Les propositions de communication d’une longueur de 200 mots (correspondant à une présentation de vingt minutes environ) peuvent être rédigées soit en français, soit en anglais, et doivent être envoyées à adeffipostgrad@gmail.com avant le 8 mars 2019 au plus tard. Merci de bien vouloir joindre cinq mots clés ainsi que votre rattachement universitaire à votre proposition.

The Association for French and Francophone Studies in Ireland (ADEFFI) invites contributions from postgraduate students in all areas of French and Francophone studies for a postgraduate symposium to be held at Maynooth University, on Saturday 13 April 2019. This event will provide a supportive scholarly forum for postgraduates to present both work in progress and new research and will allow participants to meet established researchers and fellow postgraduates in French and Francophone Studies from Ireland, the UK and beyond. In order to ensure that this forum for exchange is as open and diverse as possible, no central theme is specified. Abstracts of 200 words for 20-minute presentations in French or English should be sent to adeffipostgrad@gmail.com by 8 March 2019. Students are asked to provide five keywords in addition to their abstract and to give details of their institutional affiliation.

Source: H-France

CfP: Women in French at Midwest MLA, "Duality, Doubles and Doppelgängers"
Posted: Friday, February 15, 2019 - 10:45

November 14-17, 2019

Chicago, Illinois

The Midwest Modern Language Association welcomes, especially but not exclusively, proposals dealing with every aspect of this year’s theme “Duality, Doubles and Doppelgängers.”  We invite individual papers, as well as proposals for full panels.    

From the invention of writing to the society of simulation, doubles have been present in literatures and cultures throughout the ages. Whether in the form of alter egos, twins, doppelgängers, reflections, or look-alikes, doubles fascinate – in everyday life and culture as well as in literature.  As Pirandello confirmed in One, No One and One Hundred Thousand, there are as many versions of one single person as there are others’ eyes looking on, perceiving, reflecting and judging. Individual and social worlds are comprised of a myriad of doubles.

Topics could include, but are by no means limited to:

  • Doubles, doppelgängers, twins, mirror images, reflections in world literature(s);
  • Identity, transcultural identity, transgender identity, psychology studies, cultural studies, literary criticism, gender studies;
  • Duality in pedagogy, doubles in the classroom (the professor’s persona, teaching Gothic and other generic doubles and duplicities, the student-teacher relationship/dichotomy, teaching with various methods, digital teaching, hybrid and on-line teaching vs face-to-face);
  • Double-meanings (linguistics, semantics, multiple interpretations);
  • Duality of texts and parataxis
  • Double entendre: humor, jokes, dark humor, all aspects of laughter (laughter as a social construct, laughter as a cultural construct);
  • Chicago, the Second City;
  • Literal/metaphorical; Transnational/ global/local
  • Translations and translators (translating double meaning, cross-cultural interpretation, choosing the right word, translating the word vs translating the idea);
  • Reproductions, mass productions, copies, reproducing the written word (printing press, mimeograph, electric pen, consumerism, capitalism).
Appel à contributions : "Jardiner/Gardening" (Intermédialités, n° 36)
Posted: Sunday, February 10, 2019 - 15:20

Revue Intermédialités. Histoire et théorie des arts, des lettres et des techniques

« Jardiner / Gardening », n o 36 (automne 2020)

(Online Version – PDF en ligne)

Sous la direction de : Denis Ribouillault (Université de Montréal)

Si des perspectives intermédiales se sont développées ces vingt dernières années pour aborder la littérature, le théâtre, le cinéma, la danse ou même la tapisserie, le jardin n’a pas encore fait l’objet d’approches qui se revendiqueraient explicitement de ce nouveau courant interdisciplinaire. Pourtant, une large part de l’historiographie et de la théorie des jardins repose sur la relation entre les arts. Le jardin constitue, en ce sens, un formidable laboratoire pour penser et repenser l’intermédialité.

Au sein de la théorie de l’art occidentale, la dimension évidemment intermédiatique du jardin n’a cependant pas contribué à sa valorisation et son statut esthétique a été largement marginalisé. Bien que reléguée à ses marges, l’histoire des jardins s’est néanmoins inscrite dans le sillage de l’histoire et de la théorie de l’art en adoptant pendant longtemps une approche largement cantonnée à la forme et au style et en distinguant certaines phases de son développement en fonction de leur rapport propre à un médium particulier. Selon cette vision, l’architecture qui organise le jardin de la Renaissance cède le pas aux agencements de la statuaire et des fontaines dans les jardins maniéristes et baroques pour aboutir à la conception proprement picturale des jardins paysagers. Les mérites respectifs de l’un ou de l’autre modèle vont continuer d’animer les débats sur le jardin jusqu’au 19e siècle au moins. Ce paragone entre les arts, largement basé sur leur capacité d’imitation (mimèsis) que le jardin lui-même se verrait refuser, se vit du reste rapidement récupéré par les idéologies nationalistes et déboucha sur une classification par « écoles » — le jardin architectonique « italien », le jardin formel « à la française », le jardin paysager « à l’anglaise » — qui, bien qu’encore largement diffusée aujourd’hui, n’offre qu’une vision assez biaisée et fort partielle du développement de l’art des jardins en Europe. 

Depuis la Renaissance, la reconnaissance sociale du concepteur de jardin repose elle aussi fortement sur la capacité de ce dernier à faire siens les préceptes d’arts reconnus comme l’architecture, la peinture, la poésie ou encore les mathématiques et la perspective. De nos jours, on reconnaît volontiers à l’histoire des jardins un manque de réflexivité, une incapacité à développer une théorie propre aux jardins (Elkins, 1993). Cette attitude, qu’il faudrait interroger, reflète sans doute un manque de mobilisation générale sur les jardins dans les sciences humaines et une marginalisation institutionnelle, qu’il conviendrait avec une certaine urgence de corriger. Si l’histoire et la théorie des jardins apparaissent apparemment mal définies, n’est-ce pas en partie à cause de sa longue subordination à des savoirs disciplinaires envisagés trop étroitement et trop souvent mis en compétition par les institutions ? N’est-ce pas peut-être parce que l’on a trop longtemps annexé l’art du jardin aux autres arts et oublié sa spécificité propre, notamment qu’il est constitué de « vies », de vivant, par une « société de plantes » « gouvernée » par le jardinier, comme l’a récemment laissé entendre le philosophe G. R. F. Ferrari (2010) ? À cet égard, l’intermédialité pourrait s’avérer fort utile, dès lors qu’elle serait « le produit d’un réflexe de survie des institutions universitaires qui ne peuvent plus bâtir leur légitimité scientifique sur un partage disciplinaire strict du savoir », comme le rappelle Jürgen E. Müller (2006).

Dans les dernières décennies, l’histoire culturelle des jardins s’est enrichie d’approches sociales et politiques, voire anthropologiques, qui prennent en compte son rapport au territoire, à l’environnement, aux lieux (le jardin comme hétérotopie, selon l’idée de Foucault), au cosmos même. Elles mettent désormais de l’avant l’analyse du jardin comme espace plurimédiatique marqué par des pratiques et des performances, celle de la danse, du théâtre, de la poésie, de la musique ou encore des jeux ou de l’observation scientifique. À partir du double héritage de la philosophie marxiste et de la phénoménologie, les questions concernant la place du spectateur, la question du mouvement, de la perception et de la réception du jardin mobilisent les chercheurs, qui ne conçoivent plus l’espace du jardin comme un espace figé mais, au contraire, comme un espace vécu et dynamique.

Philosophes, anthropologues, géographes et créateurs de paysages et de jardins ont développé depuis quelques décennies des approches que l’on peut clairement qualifier d’intermédiales. Le philosophe Massimo Venturi Ferriolo (2006), insiste sur la nécessité non plus d’étudier le paysage comme objet, mais plutôt la « relation paysagère ». Celle-ci désigne, d’une part, la relation entre les objets et les médias qui composent le paysage et le jardin : « un paysage est une image univoque aux multiples éléments; une image avec sa spécificité, avec son caractère particulier. Une image déterminée par la “relation paysagère” formée par la place que chaque objet y tient en rapport avec les autres éléments »; ou encore : « Chaque jardin est au centre d’un ensemble de relations : il n’imite ni ne copie la réalité, mais expose un monde et sa vision. » D’autre part, la « relation paysagère » s’intéresse à la relation tissée entre les hommes et leur environnement, laquelle est au fondement de l’ontologie double et paradoxale du paysage, entre sujet et objet, à la fois représentation constituée des données transmises par les sens, la mémoire et la culture et somme de ses réalités matérielles.

L’ontologie relationnelle qui marque aujourd’hui les études sur le paysage trouve une résonance forte dans les textes de penseurs influents travaillant sur et dans les jardins. Ainsi, les historiens des jardins Monique Mosser et Hervé Brunon (2007) ont développé l’idée du jardin comme « mésocosme » (lieu intermédiaire entre le macrocosme et le microcosme), laquelle trouve sa contrepartie dans la notion de « jardin planétaire » proposée par le paysagiste Gilles Clément (1999). Dans les deux cas, le jardin est compris comme ce morceau de sol où s’inscrit « la relation des hommes à la totalité de l’univers », où « se matérialise le contact de l’intelligible et du sensible », où s’opère « une fusion du sujet et de l’objet ». Dans les deux cas, c’est la renégociation du rapport de l’homme occidental à la nature, la remise en cause des concepts séparés de nature et de culture qui sont en jeu, à l’ère de l’anthropocène. Cette séparation, qu’a bien étudiée Philippe Descola dans Par-delà nature et culture (2005), se serait exprimée dans la culture occidentale par la mise à distance entre l’homme et le paysage (grâce notamment à l’invention de la perspective) ou encore le triomphe de l’homme sur la nature au sein du jardin.

L’intermédialité appliquée au jardin pourrait tenter de prendre en charge l’histoire de telles constructions et notamment de la distanciation / objectivation qui se sont progressivement et diversement instaurées entre l’homme et son milieu. Cette histoire, d’ailleurs, n’a pas toujours été conflictuelle. Hervé Brunon (2015) l’a récemment rappelé en proposant une « archéologie de la relation jardinière » qui aurait pour objectif de repérer et d’étudier les épisodes d’« amitiés respectueuses » tissées entre l’homme et les plantes, les rochers, le ciel et la terre. Les lettres de Pétrarque sur sa retraite du Vaucluse ou les récits d’Henry David Thoreau sur l’expérience d’autarcie qu’il avait tentée dans les bois de la Nouvelle-Angleterre nous rappellent qu’elles ont été et sont toujours possibles. Le jardin signalerait ainsi ce lieu de bienveillance réciproque entre l’homme et la nature commun aux grands mythes jardiniers (Éden, Arcadie, Hespérides, etc.) mais qu’Aristote déjà avait voulu écarter : « il ne peut y avoir d’amitié envers les objets inanimés, ni de rapport de justice, et il n’y en a pas non plus envers un cheval ou un bœuf, ni envers un esclave en tant qu’esclave » (L’Éthique à Nicomaque, Livre VIII).

Les civilisations non occidentales offrent des modèles relationnels profondément différents à l’égard des non-humains. Il est d’ailleurs symptomatique que ce soit au contact des cultures non-occidentales que se nourrissent les chercheurs occidentaux attentifs aux « modes d’identification » de l’homme à la nature ou aux représentations / constructions qui en sont les fruits. Dans son article, Hervé Brunon consacre ainsi un long paragraphe à la Chine ancienne, où l’humain et son lieu (notamment le jardin) apparaissent indissociables. Philippe Descola a bâti son œuvre à partir de sa rencontre avec les Indiens Achuar d’Amazonie et, à leur contact, a été à même de repenser le paysage à partir de l’idée de « transfiguration » in visu ou in situ. De même, les concepts de médiance ou la réactivation de la « mésologie » par Augustin Berque (1990; 2016) trouvent leur origine dans sa formation d’orientaliste. Par exemple, à l’époque Heian au Japon (794-1185), « dresser les pierres » signifiait « faire un jardin ». Il ne s’agit pas seulement pour celui qui aménage le jardin de disposer harmonieusement des pierres choisies. La pierre elle-même est douée d’intentionnalité. La pierre « veut » devenir œuvre. Le lieu de l’œuvre (le jardin) est ainsi un lieu « à l’œuvre », un lieu « en perpétuelle genèse de ce qu’il n’est pas encore et demain ne sera plus » et où l’homme est capable d’écouter et de sentir le langage des pierres et de la nature. Là où l’esthétique relationnelle telle qu’elle est définie par un Nicolas Bourriaud (1998) pour l’art contemporain ou bien l’intermédialité proposent de penser la relation entre les humains (entre l’artiste, ses œuvres et son public) ou entre les médias, c’est également la relation (jardinière) entre humains et non-humains (d’un côté commanditaires, visiteurs, jardiniers, de l’autre plantes, animaux ou encore rochers) qu’il s’agirait de repenser, à l’aune de travaux qui présentent le jardin comme le laboratoire d’une ontologie relationnelle, comme un « jardin planétaire », où le jardinier est cocréateur avec la nature, où l’on « pense et sent[…] avec la terre », comme l’indique Arturo Escobar dans son ouvrage récent sur « l’écologie au-delà de l’Occident » (2018). 

Ce numéro d’Intermédialités réunira des textes qui proposent des réflexions critiques sur les relations intermédiatiques au sein du jardin, et la manière dont celles-ci éclairent, voire définissent, les relations entre l’homme (ou la femme) et le jardin.

Les questions abordées s’appuieront sur l’analyse précise de jardins, réels ou non, de tous lieux et de toutes époques et à partir de méthodologies variées. Un intérêt particulier sera porté aux cultures non occidentales et aux modes de relations qu’elles construisent au sein des jardins. À titre indicatif, les textes pourraient être centrés sur l’un ou plusieurs des questions et thèmes suivants, ou les aborder partiellement :

  • Les rapports entre les arts au sein du jardin;
  • La formation multidisciplinaire du jardinier-paysagiste et ses conséquences;
  • Le rôle joué par les arts (peinture, sculpture, architecture, etc.) dans l’historiographie des jardins en Occident et dans le reste du monde;
  • L’apport des approches postcoloniales à l’étude des relations intermédiatiques dans les jardins — mais aussi des études sur les femmes et les jardins et les études de genre plus généralement (on peut citer ainsi l’ouvrage de Lisa L. Moore, Sister Arts: The Erotics of Lesbian Landscapes);
  • La révision de certaines idées concernant les rapports nature / culture dans l’historiographie d’un jardin (comme, par exemple, dans l’ouvrage de Gregory Quenet sur Versailles);
  • La place de l’histoire et de la théorie des jardins au sein des sciences humaines;
  • Comment l’intermédialité peut contribuer à la théorisation du jardin (et vice-versa);
  • En quoi les relations intermédiales et interhumaines au sein du jardin reflètent les structures d’organisation (sociales, politiques) d’une société donnée;
  • Les « amitiés respectueuses » (selon H. Brunon) au sein du jardin;
  • L’intentionnalité des existants non humains au sein du jardin.

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Date de soumission des propositions : 1er mai 2019

Annonce des résultats de la sélection des propositions : 15 mai 2019

Soumission des textes complets aux fins d’évaluation : 15 novembre 2019

Publication des textes retenus par le comité de rédaction : automne 2020

 

Intermédialités est une revue scientifique biannuelle qui publie en français et en anglais des articles évalués de façon anonyme par les pairs.

Les propositions de contribution (700 mots max.) pourront être écrites en anglais ou en français.

Elles devront être envoyées à l’adresse suivante :

Denis Ribouillault : denis.ribouillault@umontreal.ca

Les articles définitifs devront avoisiner les 6 000 mots (40 000 caractères espaces compris) et pourront comporter des illustrations (sonores, visuelles, fixes ou animées) dont l’auteur·e de l’article aura pris soin de demander les droits de publication.

Il est demandé aux auteur·e·s d’adopter les normes du protocole de rédaction de la revue disponible à l’adresse suivante :

[FR] http://cri.histart.umontreal.ca/cri/fr/intermedialites/protocole-de-redaction.pdf

[EN] http://cri.histart.umontreal.ca/cri/fr/intermedialites/submission-guidelines.pdf

Pour de plus amples informations sur la revue, consultez les numéros accessibles en ligne sur la plateforme Érudit: http://www.erudit.org/fr/revues/im/

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Bibliographie

Berque, Augustin « Dresser les pierres, ou le lieu de l’œuvre », Communications, n° 64, 1997, p. 211‒219, www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1997_num_64_1_1980 (consulté le 17 janvier 2019).

Berque, Augustin, Médiance, de milieux en paysages, [1990], Paris, Belin/Reclus, 2000.

Berque, Augustin, « La relation perceptive en mésologie : du cercle fonctionnel d’Uexküll à la trajection paysagère », Revue du MAUSS, vol. 47, n° 1, Paris, La Découverte, 2016, p. 87‒104, Doi : 10.3917/rdm.047.0087, www.cairn.info/revue-du-mauss-2016-1-page-87.htm?try_download=1 (consulté le 17 janvier 2019).

Besse, Jean-Marc, Le goût du monde. Exercices de paysage, Arles, Acte Sud, 2009. 

Bourriaud, Nicolas, Esthétique relationnelle, Les presses du réel, Paris, 1998.

Brunon, Hervé et Mosser, Monique, « L’enclos comme parcelle et totalité du monde : pour une approche holistique de l’art des jardins », Ligeia. Dossiers sur l’Art, n° 73‒76, janvier‒juin 2007, dossier Art et espace, p. 59‒75, www.cairn.info/revue-ligeia-2007-1-page-59.htm?contenu=resume (consulté le 17 janvier 2019).

Brunon, Hervé, « Amitiés respectueuses. Pour une archéologie de la relation jardinière », Jardins, n° 6, « Le soin », 2015, p. 19‒38.

Brunon, Hervé et Ribouillault, Denis, « Ut pictura hortus », De la peinture au jardin, Hervé Brunon et Denis Ribouillault (dir.), Florence, Leo S. Olschki, 2016, p. 1‒26.

Clément, Gilles, « De l’animisme archaïque à l’animisme écologique. La place du jardinier », dans Hervé Brunon (dir.), Le Jardin, notre double. Sagesse et déraison, Paris, Autrement, 1999, p. 219‒230.

Clément, Gilles, Le Jardin planétaire. Réconcilier l’homme et la nature, Paris, Albin Michel, 1999. 

Descola, Philippe, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005.

Elkins, James, « On the Conceptual Analysis of Gardens », The Journal of Garden History, vol. 13, n° 4, 1993, p. 189‒198, www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/01445170.1993.10412487 (consulté le 17 janvier 2019).  

Escobar, Arturo, Sentir-penser avec la Terre. L’écologie au-delà de l’Occident, Paris, Seuil, 2018.

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Harrison, Robert, Jardins. Réflexions sur la condition humaine, trad. Florence Naugrette, Paris, Le Pommier, 2007.

Hunt, John Dixon, Greater Perfections: The Practice of Garden Theory, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2000.

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Mariniello, Silvestra, « L’intermédialité : un concept polymorphe », in Célia Vieira et Isabel Rio Novo (dir.), Intermedia. Études en intermédialité, Paris, L’Harmattan, 2010, p. 11‒29.

Méchoulan, Éric, « Intermédialités : le temps des illusions perdues », Intermédialités,n° 1, 2003, p. 9-27, www.erudit.org/fr/revues/im/2003-n1-im1814473/1005442ar/ (consulté le 17 janvier 2019).

Moore, Lisa L., Sister Arts: The Erotics of Lesbian Landscapes, Minneapolis: University of Minnesota Press, 2011.

Mosser, Monique, « La réunion des arts est dans le jardin », in Le Progrès des Arts réunis 1763‒1815. Mythe culturel, des origines de la Révolution à la fin de l’Empire ?, Daniel Rabreau et Bruno Tollon (dir.), Bordeaux, William Blake &Co., 1992, p. 171‒185.

Müller, Jürgen E., « Vers l’intermédialité. Histoires, positions et options d’un axe de pertinence », MédiaMorphoses, n° 16, 2006, p. 99‒110, http://documents.irevues.inist.fr/handle/2042/23499 (consulté le 17 janvier 2019).

Nys, Philippe, Le jardin exploré. Une herméneutique du lieu, Besançon, Les éditions de l’imprimeur, 1999.

Nys, Philippe, « Modelages », Canadian Aesthetics Journal, vol. 6, 2001 www.uqtr.ca/AE/Vol_6/Manon/nys.html (consulté le 17 janvier 2019).

Quenet, Grégory, Versailles, une histoire naturelle, Paris, La Découverte, 2015.

Ribouillault, Denis, « De la peinture au jardin (en passant par la poésie) : la vallée Giulia à Rome, de Michel-Ange à Poussin », in De la peinture au jardin, Hervé Brunon et Denis Ribouillault (dir.), Florence, Leo S. Olschki, 2016, p. 43‒92.

Venturi Ferriolo, Massimo, « Jardins, nouveaux paysages : la puissance du regard », Neo-Landscape, Évora, Université d’Évora; Tipografia Peres, 2006, p. 81‒86; transcription consultable en ligne, www.chaia.uevora.pt/pdf/neo_landscape.pdf(consulté le 17 janvier 2019).

Source: Fabula

New Publications

H-France Forum (In the Wake of Medea: Neoclassical Theater and the Arts of Destruction by J. Cherbuliez )
Posted: 3 Jun 2022 - 15:38

A new issue of H-France Forum has just been published. Edited by David Harrison, the issue is dedicated to Juliette Cherbuliez's interdisciplinary study of the figure of Medea, In the Wake of Medea: Neoclassical Theater and the Arts of Destruction, with review essays by Joe Harris, Isabelle Ligier-Degauque and Zoe Schweitzer, and with a response essay by Juliette Cherbuliez.

https://h-france.net/h-france-forum-volume-17-2022/

Revue «Etudes de lettres» : 317 (2022/1-2) Théâtre et société : réseaux de sociabilité et représentations de la société
Posted: 20 May 2022 - 12:07

Revue «Etudes de lettres» : 317 (2022/1-2) "Théâtre et société : réseaux de sociabilité et représentations de la société",

Édité par Valentina Ponzetto et Jennifer Ruimi

Le théâtre de société correspond à une pratique théâtrale particulière, caractérisée entre autres par l’amateurisme de ses participants. Sociabilité, partage et connivence y sont à l’honneur entre membres de groupes réunis par la passion du théâtre. Entre les scènes montées chez des particuliers et les scènes institutionnelles, entre les «petites sociétés» et la société civile, se tisse une trame complexe de réseaux sociaux, de jeux de pouvoir et de regards critiques. Que disent du monde ces théâtres de société? À quels besoins répondent-ils?

Avec pour cadre celui de l’Europe francophone du «long XVIIIe siècle», ce volume se propose de répondre à ces questions en éclairant le phénomène sous des jours variés allant de la microsociologie à l’esthétique des spectacles, avec une attention portée aux carrières féminines, aux valeurs identitaires et politiques assumées par les pièces, aux représentations de types sociaux ou encore aux mises en abyme métathéâtrales de pratiques spectaculaires.

Son but est de mettre en lumière l’importance du théâtre de société dans la formation des réseaux de sociabilité et des représentations culturelles.

Plus d'informations ici.

Métamorphoses et mutations dans la littérature, les arts et l’histoire des idées. Espagne, France, Italie (XVIe-XVIIIe siècle). Pierre Civil, Roberto Mondola, Nathalie Peyrebonne et Encarnación Sánchez García (dir.)
Posted: 17 May 2022 - 11:02

Métamorphoses et mutations dans la littérature, les arts et l’histoire des idées. Espagne, France, Italie (XVIe-XVIIIe siècle), Pierre Civil, Roberto Mondola, Nathalie Peyrebonne et Encarnación Sánchez García (dir.), Paris, H. Champion, 2022.

EAN: 9782745357182
360 pages
Prix : 48 €

La production littéraire et artistique des XVIe-XVIIe siècles a souligné une commune « fascination pour le transitoire et le protéiforme », à contre-courant de l’idéal d’harmonie et de permanence des formes, effets d’un monde en bouleversement, marqué par l’éphémère et l’indéterminé.

Dans l’espace culturel extrêmement relié que configuraient alors l’Espagne, l’Italie et la France, le concept de métamorphose, élargi à celui de mutation, s’est imposé en de multiples formulations.
Au-delà de la référence au texte fondateur des Métamorphoses d’Ovide et de son puissant imaginaire mythologique, sont abordées dans cet ouvrage les représentations littéraires et plastiques, érudites et « populaires », de la transformation de l’être humain en animal ou en élément naturel, et inversement.
Les œuvres phares de Dante, du Tasse, de Cervantès, de Rabelais… ainsi qu’une multiplicité de textes moins connus, dans les domaines de la prose de fiction, de la poésie et du théâtre, s’offrent à des études de cas de métamorphoses, prétextes à des réflexions implicites sur l’instabilité du monde, sur l’inachèvement et l’inaccompli, sur le temps et la mort.
D’un pays à l’autre, d’une forme à l’autre, d’une structure à l’autre, l’époque varie ainsi les perspectives à l’infini, en un jeu de miroirs parfois déformant, porteur à la fois d’illusions et de révélations.

Les auteurs :

Nathalie Peyrebonne et Pierre Civil sont spécialistes du Siècle d’Or espagnol et enseignent à l’Université Sorbonne Nouvelle.

Encarnación Sánchez García et Roberto Mondola sont professeurs de langue et culture de l’Espagne classique et contemporaine à l’Università degli Studi di Napoli L’Orientale. 

Plus d'informations ici.

L'argent du libertinage - Éric Turcat (dir.)
Posted: 17 May 2022 - 10:58

L'argent du libertinage, Éric Turcat (dir.), Paris, L'Harmattan, coll. "L'Orizzonte", 2021

EAN: 9782343246772
188 pages
Prix : 25 EUR

Actes de la journée d'étude virtuelle du 31 juillet 2021

Le libertinage doré : la culture matérielle de l'inclination au XVIIe siècle
KATHRYN A. HOFFMANN
 
L’Avare de Molière : richesse et ascension sociale face au libertinage
ALICE BROWN
 
L’argent du libertinage dans les Mémoires de Brienne le Jeune
CLAIRE QUAGLIA
 
Finance, fraude, libertinage : mythe et histoire dans Le paysan parvenu et Manon Lescaut
JULIA LUISA ABRAMSON
 
Manon des ressources ? Le roman de Prévost comme livre de raison
ERIC TURCAT

Margot la ravaudeuse ou la réussite d’une fille du monde
DENIS D. GRÉLÉ
 
Zola ou le libertinage des Rougon sous le Second Empire
ENCARNACIÓN MEDINA ARJONA
 
Le thème de l’argent chez Léon Bloy. Un sujet socialiste ?
GIOVANNI DOTOLI

Plus d'informations ici.

T. Ichimaru, P. Rebollar, S. Haffemayer et al., L'exploration des mazarinades / マザリナード探求 [Mazarinādo tankyū]
Posted: 17 May 2022 - 10:56

T. Ichimaru, P. Rebollar, S. Haffemayer et al., L'exploration des mazarinades / マザリナード探求 [Mazarinādo tankyū], Tokyo, Projet Mazarinades, 2022

EAN: 9784909411174
193 pages
Prix : 9,99 €

L'exploration des mazarinades / マザリナード探求  [Mazarinādo tankyū] est l'édition bilingue (japonais-français) des actes du colloque éponyme de Tokyo (nov. 2016), procurée par Tadako Ichimaru, traduction en japonais de Yuko Nakatsumi, et supervision des textes en français effectuée par Patrick Rebollar. La première moitié du livre rassemble les textes traduits en japonais, la seconde les originaux en français.

Maintenant disponible en deux éditions numériques (Kindle Epub) : l'une dite "fixe" (フィックス版) reproduit le livre physique pour une expérience de lecture classique, l’autre dite « reflow » (リフロー版) propose une expérience de lecture adaptée au type d’appareil et aux choix de l’utilisateur, permettant également d’utiliser les liens hypertextes contenus dans le livre.  L'ensemble est suivi d'illustrations de l'exposition de la collection des mazarinades de l'Université de Tokyo au Musée Komaba (automne 2016).

L’édition originale de décembre 2021 est constituée de 100 exemplaires couleur sur papier glacé, format 21 × 29,7 cm, avec illustrations, non disponible en librairie. Dans leur version originale française, ces textes étaient déjà disponibles en ligne sur ce site depuis 2017 (voir la page "édition" du Projet Mazarinades).

Sommaire des articles en français :

« Le mot du bibliothécaire », par Yann SORDET (dir. Bibliothèque Mazarine)
« Au lecteur », par Patrick REBOLLAR (Université Nanzan, Nagoya)
« Les mazarinades et leur étude aujourd’hui : la place du Japon », par Tadako ICHIMARU (Université Gakushuin, Tokyo)
« Sérendipité des millions dans le corpus du Projet Mazarinades », par Patrick REBOLLAR (Université Nanzan, Nagoya)
« Sur quelques dérivés du nom Mazarin », par Takeshi MATSUMURA (Université de Tokyo)
« Mazarinades et presse périodique à l’époque de la Fronde : pour une réévaluation », par Jean-Dominique MELLOT (Conservateur général à la Bibliothèque nationale de France, service de l’Inventaire rétrospectif)
« Le langage de l’information dans les libelles du Projet Mazarinades », par Stéphane HAFFEMAYER (Université de Caen)
« Gondi, le cardinal de Retz, le coadjuteur ou le Mazarin corinthien : de quelques représentations d’un acteur de la Fronde », par Myriam TSIMBIDY (Université de Bordeaux Montaigne)
« Exploration des emplois du mot « société » dans les mazarinades. Affleurement d’un nouveau nom du tout politique ? », par Morvan PERRONCEL (Université Chūkyō, Nagoya)
« Un topos à revisiter dans les mazarinades : la question des régimes politiques », par Éric AVOCAT (Université d’Osaka)
« Passages de la violence dans le corpus du Projet Mazarinades », Melaine FOLLIARD (Aix-Marseille Université)

Plus d'inforations ici.