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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: La représentation du luxe en littérature et la question du genre
Posted: Friday, August 31, 2018 - 15:57

23, 24, 25 mai 2019

Collège militaire royal du Canada – Kingston (Ontario)

 

L’invention du luxe a certes été favorable à Louis XIV pour étendre son pouvoir[1]. La fin des lois somptuaires, qui réglaient la consommation dans la France d’Ancien Régime et qui défendaient l’idéologie nobiliaire, entraîne un nivellement social et une confusion des signes que certains célèbrent et que d’autres condamnent. Preuve de la dignité, de l’intelligence et de la supériorité humaines, le luxe peut conduire à la « félicité publique[2] » selon qu’il est durable et utile, faute de quoi il « rétrécit l’esprit, avilit l’âme, et offre sans cesse l’exemple des folies les plus méprisables et les plus monstrueuses[3] », explique Mme de Genlis. Bien qu’ils reconnaissent la valeur économique du luxe, les Encyclopédistes décrient la frivolité comprise comme un remède inutile à l’ennui et susceptible de conduire à l’ineptie et à la dépravation. Lorsque la parure tient lieu de passion, il en résulte un grand désœuvrement explique Mme de Genlis, consciente des peines qu’elle inflige aux femmes[4].

 

Au lendemain de la Révolution, le luxe commencera par être souvenir ou tare du passé d’une aristocratie à jamais perdue. Il envahit la sphère privée et redéfinit la norme du moi ostentatoire. Le progrès technique et les nouvelles pratiques de consommation transforment la culture matérielle. Germaine de Staël se défend de faire une quelconque dépense « en luxe », alors qu’elle voit « des milliers d'hommes jadis riches […] réduits à la plus affreuse mendicité[5] ». George Sand, de son côté, quoique ne détestant pas le luxe le considère « sans usage agréable pour elle[6] », car « une belle robe est gênante[7] » et « les bijoux égratignent[8] ». Après cette ère du soupçon, le luxe se convertit tout au long du XIXe siècle en accumulation bourgeoise de l’inutile ; c’est l’âge d’or du bibelot et la naissance du grand magasin à rayons, c’est l’affolement des clientes du foisonnant Au bonheur des dames (1883) de Zola. S’affirme alors avec plus d’évidence la distinction entre la sobriété du « vrai » luxe et l’ostentation du « faux », mais aussi entre la mode au féminin et celle au masculin. « Genré[9] », le commerce culturel règle désormais l’idée qu’on se fait de la féminité. 

 

C’est donc terni que le mot luxe passe au XXe siècle, est confronté, et confié, aux nouvelles industries. Les milieux, désormais multiples, de la mode s’en emparent et ne le débarrassent guère des défiances du passé, bien au contraire. Colette s'interrogera sur le mot, l’imprègnera de son regard, le distinguera, elle aussi, de l’accumulation et de l’affectation, en fera la combinaison parfaite de la poésie et de la sensation[10].

 

Qu’est devenu le luxe à notre époque ? Pour Annie Ernaux, enfant, il s’agit de « manteaux de fourrure, [de] robes longues et [de] villas au bord de la mer[11]. » L’auteure explique bien dans Passion simple (1991) que son regard s’est transformé au fil du temps et que désormais, le luxe est passé du côté des sentiments.

 

Parmi les auteurs dits francophones, le Libanais Amin Maalouf n’en finit pas d’évoquer les vestiges du luxe d’un empire ottoman déchu, d’une culture persane désormais négligée et d’un monde arabe qui, à part l’arrogance ostentatoire de certains, ne connaît désormais du luxe que le souvenir ou l’arrogance de quelques « happy few ». En 1980, après un silence littéraire d’une dizaine d’années, Assia Djebar revient à l’écriture avec un recueil de nouvelles au titre bien évocateur, Femmes d’Alger dans leur appartement. Ces récits, coiffés du titre du tableau de Delacroix, contestent le regard orientaliste du peintre français faisant de la femme algérienne un objet de luxe parmi d’autres représentés dans l’enfermement d’un intérieur exotique. 

 

Certes, du regard philosophique que pose Martin Heidegger sur « la chose[12] » à la « thing theory[13]» de Bill Brown, en passant par l’analyse sociologique des objets de Jean Baudrillard[14], l’approche sémiologique de Roland Barthes[15]et les recherches historiques de Daniel Roche sur la « culture des apparences[16] », les ouvrages et travaux qui traitent de la culture matérielle sont nombreux et variés. En revanche, on compte peu d’études sur la représentation du luxe en littérature et plus précisément sur ses rapports avec la question du genre. Quels traitements réservent les romanciers et les romancières français et francophones à ses dimensions morale, sociale et économique ? De quelles façons le luxe est-il réhabilité, célébré, dénigré, réfuté ou dénoncé dans la fiction de langue française ? Dans quelles mesures les personnages féminins y sont-ils condamnés, en sont-ils victimes ou le transforment-ils en un instrument de pouvoir ? Que révèle la représentation littéraire du luxe sur l’imaginaire culturel ? La mise en scène du luxe féminin est-elle culturellement déterminée ? Connaît-elle des frontières ? Voilà un certain nombre de questions auxquelles le présent colloque tentera de répondre.

 

Thématiques proposées :

-          Vrai et faux luxe

-          Luxe des uns et misère des autres

-          Éducation des femmes et luxe; féminité et luxe; féminisme et luxe

-          Devoir de distinction ou obligation sociale par le luxe

-          Luxe et représentation de soi

-          Poétique du luxe

-          Philosophie du luxe

-          Culture du luxe; dynamique du luxe (ostentation et envie)

-          Économie du luxe : échange, transmission et circulation des biens

-          Luxe, sociabilité et civilité

-          Objets du luxe; occasions du luxe 

-          Sémiotique du luxe

-          Luxe et imaginaire de l’Orient

-          Luxe et auteurs francophones

-          Luxe, source de conflits entre les sexes

-          Personnages féminins, victimes du luxe et du paraître

-          Pièges et dangers du luxe

-          Mascarade et usurpation du luxe

-          Luxe, miroir aux alouettes et source d’illusions

-          Étiquette, conformisme et bienséance ou l’empire du luxe

-          Du reflet du miroir au regard de l’autre ou comment s’affirmer par le luxe

-          Grisette et marchandes de mode ou le marché du luxe

-          Démocratisation du luxe et féminisation de la mode

 

Envoi des propositions

Merci d’envoyer votre proposition de communication (400 mots) accompagnée d’une brève notice bio-bibliographique à Soundouss El Kettani (Soundouss.El.Kettani@rmc.ca) et à Isabelle Tremblay (Isabelle.Tremblay@rmc.ca) avant le 15 septembre 2018.

 

 

[1] À ce sujet, voir Joan Dejean, The Essence of Style. How the French Invented High Fashion, Fine Food, Chic,

Cafés, Style, Sophistication, and Glamour, New York/London/Toronto/Sydney, Free Press, 2005.

[2] Mme de Genlis, « luxe », Dictionnaire critique et raisonné des étiquettes de la Cour ou l’esprit des étiquettes et

des usages anciens, Paris, P. Mongie Aîné, 1818, p. 339.

[3] Mme de Genlis, Discours sur le luxe et l’hospitalité, Paris, Onfroy, 1791, p. 4.

[4] Mme de Genlis, « parure », Dictionnaireop. cit., p. 40-41.

[5] Germaine de Staël, lettre du 2 juin 1793 à M. de Staël, dans Lettres diverses, Correspondance générale, Paris,

Pauvert et Ed. B. W. Jasinski, 1965, tome II, p. 452.

[6] George Sand, Histoire de ma vie, Paris, Michel Lévy Frères, 1856, tome V, p. 38.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Jennifer Jones explique que « the gendered commercial culture of fashion that had emerged by the late eighteenth

century established the foundations for nineteenth-century commercial culture and domestic ideology ». (Sexing La Mode. Gender, Fashion and Commercial Culture in Old Regime France, Oxford/New York, Berg, 2004, p. 5.)

[10] Voir Michel Mercier, « Le renouvellement d’un mot ou le luxe selon Colette », Études littéraires. Colette : le luxe 

et l’écriture, 1993, vol. 26, n° 1, p. 11-19.

[11] Annie Ernaux, Passion simple, Paris, Gallimard, 1991, p. 77.

[12] Martin Heidegger, Qu'est-ce qu'une chose ? (traduit de l'allemand par Jean Reboul et Jacques Taminiaux), Paris,

Gallimard, (1935-1936) 1988.

[13] Bill Brown, “Thing Theory”, Critical Inquiry, 2001, vol. 28, n° 1, p. 1-22.

[14] Jean Baudrillard, Le Système des objets, Paris, Denoel/Gonthier, (1968) 1978.

[15] Roland Barthes, Le Système de la mode, Paris, Seuil, 1973.

[16] Daniel Roche, La Culture des apparences. Une histoire du vêtement, XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 1989.

Second call: Society for French Historical Studies
Posted: Friday, August 31, 2018 - 15:54

"History and its Publics: Doing Things Differently"

 

65th Annual meeting for the Society for French Historical Studies (SFHS)

April 4-6, 2019

Indiana University-Purdue University, Indianapolis (IUPUI)

Indianapolis, Indiana, USA

 

There is a long tradition among historians of France and the Francophone world of doing history "differently" so that we can engage a wider public through our craft.  Among other things, we have published editorials in newspapers, worked with filmmakers to tell stories from the past, granted interviews on television, published trade books, staged plays, written novels, maintained blogs and hosted festivals.  This conference will explore and celebrate the many ways that we innovate, play, or otherwise experiment with history to engage a broader public.  

 

Our keynote speaker will be Pierre Singaravélou (University Panthéon-Sorbonne). There will also be a plenary session with Catherine Blondeau (Director, Grand T Theater, Nantes) and Krystel Gualdé (Chief Curator, Museum of Nantes) to discuss their creation of the biannual festival "Nous Autres" in Nantes, France.

 

The program committee welcomes proposals in English or French for complete panels or individual papers on all aspects of French and Francophone studies, medieval to contemporary.  We particularly seek panels, roundtables, and workshops that explore this year’s theme of “History and Its Publics: Doing Things Differently."  What are the ways that historians carve a role for themselves as public intellectuals?  How have they engaged the public with history? What types of collaborations facilitate these public engagements? 

 

The conference will be held on the IUPUI campus in Indianapolis.  The campus borders along downtown Indianapolis and the White River State Park.  The White River State Park houses the Indianapolis Zoo, NCAA Headquarters, Indiana State Museum, and the Eiteljorg Museum of American Indians and Western Art.  All of these sites are convenient to the campus and conference hotel (Sheraton Indianapolis City Center).

 

Please do not submit proposals for talks that have already been presented or published, or that have been submitted for presentation in another forum.  Paper proposals (in English or French) that are one page in length and accompanied by a brief CV must be submitted in digital format by September 15, 2018 to: sfhsconference2019@gmail.com.  Panel proposals typically contain three paper proposals plus a cover letter indicating who will serve as the chair and commentator for the panel.  Daniella Kostroun will serve as president of the society in 2019 and will organize the conference.  Questions can be directed to her at the above email address or at dkostrou@iupui.edu.

 

In addition to paying the conference fees, all participants must be members of the Society for French Historical Studies in good standing at the time of the conference.  Membership dues should be paid directly to Duke University Press: https://www.dukeupress.edu/Societies/french-historical-studies

 

 

CfP: “Marriage Rites and Wrongs: Feminist Thinking on Marriage during The Long Eighteenth Century”
Posted: Friday, August 31, 2018 - 15:44

Session of ASECS

Denver, March 21-23, 2019

Proposals by September 15, 2018

From François Poulain de la Barre and Gabrielle Suchon to Olympe de Gouges and Mary Wollstonecraft, feminist authors identified the institution of marriage as a crucial obstacle to equality and rights. Marriage was not just a time worn analogy through which theorists of absolutism such as Jean Bodin or Robert Filmer had described the relation of sovereign to subject. It was the primary mechanism for consolidating assets and juridical power in the hands of men. This panel welcomes papers that showcase the diversity of feminist approaches to marriage over the course of the long eighteenth century. Emphasis on the political character of feminist critique of marriage encouraged.

Send your proposals to Angela Hunter anhunter@ualr.edu

Appel à communications : Le sens des formes dans l’Europe d’Ancien Régime : expressions et instruments du politique
Posted: Wednesday, August 15, 2018 - 19:01

Jeudi 27 et vendredi 28 juin 2019

Propositions : le 15 septembre 2018

Université Paris-Est Créteil  / Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

 

PRESENTATION

Les arts d’Ancien Régime étaient souvent des arts de circonstance, au discours contraint, sans que ce constat doive entraîner un quelconque jugement de valeur esthétique, en ce que ces arts prennent leur sens plein dans un contexte social dont le jeu politique n’est jamais complètement absent. À la cour en particulier, toute activité avait nécessairement un volet politique, jusqu’aux plus intimes – comme la nuit de noces célébrée devant témoins lors de certains mariages royaux. Il ne pouvait en aller autrement pour les pratiques artistiques auxquelles s’adonnaient autant les courtisans que les souverains, notamment la poésie, la musique et la danse : on pense aux ballets dansés par Louis XIV en France et aux masques donnés à grands frais à la cour d’Angleterre, mais aussi à l’importance accordée à ces trois pratiques dans Il Cortegiano de Castiglione, pour qui elles sont indispensables au gentilhomme. Le poète, le musicien, le danseur courtisans sont donc bien éloignés de l’image que le Romantisme nous a laissée de l’artiste bohème, maudit ou méconnu, rebelle aux conventions de la société bourgeoise et, contrairement à elle, sincère.

Ce critère de sincérité, établi par un Jean-Jacques Rousseau qui opposait la langue du cœur à l’hypocrisie de la société, est devenu, et pour longtemps, le principe fondateur de l’expression artistique – reléguant par là-même toute œuvre composée pour répondre à des circonstances extérieures au rang de la médiocrité. C’est lui qui nous fait associer étroitement l’art à la sphère privée voire intime, et c’est souvent à son prisme que nous considérons les œuvres du passé, et en particulier celles de la Renaissance, au risque du contre-sens.

Pourtant, de nombreux indices invitent à reconsidérer la littérature de la première modernité dans le cadre social et idéologique qui était le sien et à aborder les choix esthétiques non plus seulement comme l’expression de préférences personnelles mais également comme celle d’un projet lié au groupe auquel le poète se rattache, et donc à les analyser dans un contexte qui prend en compte, par exemple, les rapports de force entre différentes factions courtisanes.

En dehors de la cour, d’autres pratiques artistiques sont tout aussi étroitement liées à l’action politique : on pense bien entendu aux campagnes de libelles et autres mazarinades, mais aussi à l’emblématique ou à la poésie spirituelle, en particulier lorsqu’un procès en canonisation est l’occasion d’affirmer la puissance d’un État, d’un lignage ou d’une ville – ainsi, des joutes poétiques en l’honneur de Thérèse d’Avila.

Nous nous proposons donc d’examiner le lien entre le politique et les arts en prêtant une attention redoublée au contexte d’énonciation ou de performance des œuvres, afin de faire apparaître la dimension politique des choix esthétiques même en l’absence de contenus explicitement politiques.

Plus précisément, nous nous intéresserons à la façon dont les formes elles-mêmes, qu’elles soient linguistiques, génériques, métriques, matérielles, visuelles ou sonores, expriment le politique, dans toute sa complexité – puisque même les formes destinées à la flatterie peuvent instiller le conseil, la critique, ou la négociation subtile de rapports de pouvoir. Ce colloque pourrait être enfin l’occasion d’interroger la notion même de forme dans les différents champs disciplinaires et selon les usages ou les contextes où elles sont observées.

 

AXES DE RECHERCHE

On pourra étudier, entre autres :

  • les divertissements officiels, tels les ballets de cour, les “entrées” de personnages publics, les masques et cérémonies civiques

  • les genres littéraires, qu’ils soient évidemment liés au politique, comme le pamphlet, ou en semblent faussement détachés, comme la pastorale – et les milieux dans lesquels ces formes sont partagées ou débattues

  • les formes métriques, qui font parfois référence à des cultures concurrentes (renvoi à un idéal classique ou à la culture vernaculaire d’un pays voisin) et impliquent un jeu d’influence, de rivalité ou d’émulation dans la construction des identités nationales ou de l’identité d’un groupe par rapport à un autre

  • les paratextes, qui tâchent de négocier la réception d’une œuvre à travers une série de dédicaces à des personnages importants, épîtres au lecteur, et poèmes à la louange de l’auteur rédigés par ses collègues et amis – et parfois articulent avec difficulté ces pièces d’occasion qui peuvent s’avérer politiquement contradictoires

  • les supports matériels choisis pour la diffusion de tel ou tel texte, comme le format de publication, la mise en page ou la fonte, l’histoire du livre et la material culture étant deux disciplines qui s’attachent depuis longtemps aux “sens des formes” dans ce que celles-ci ont de plus concret

Ce colloque réunira des spécialistes de l’Europe et de ses possessions extra-européennes du 15e au 18e siècle, dans une perspective comparatiste et résolument interdisciplinaire.

Conférence plénière

Nigel SMITH (Princeton University)

Comité scientifique

Mercedes BLANCO (Sorbonne Université), Fernando BOUZA (Universidad Complutense Madrid), Paloma BRAVO (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3), Camilla CAVICCHI (Centre d'Études Supérieures de la Renaissance), Charlotte COFFIN (Université Paris-Est Créteil), Line COTTEGNIES (Sorbonne Université), Séverine DELAHAYE-GRÉLOIS (Université Paris-Est Créteil), Jean-Louis FOURNEL (Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis / Institut Universitaire de France), Sagrario LÓPEZ POZA (Universidad de La Coruña), Karen NEWMAN (Brown University), Bruno PETEY-GIRARD (Université Paris-Est Créteil), Matteo RESIDORI (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3), Elisabeth ROTHMUND (Université Paris-Est Créteil), Jessica WOLFE (University of North Carolina at Chapel Hill).   

Comité d’organisation

Paloma BRAVO (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, CRES-LECEMO), Charlotte COFFIN (Université Paris-Est Créteil, TIES-IMAGER), Séverine DELAHAYE-GRÉLOIS (Université Paris-Est Créteil, CREER-IMAGER).

Ce colloque est une collaboration des équipes IMAGER (Institut des Mondes Anglophone, Germanique et Roman) et CRES-LECEMO (Centre de Recherche sur l’Espagne des XVIe et XVIIe Siècles - Les Cultures de l’Europe Méditerranéenne Occidentale).

 

CONTRIBUTIONS

Les propositions (titre, résumé de 300 mots et notice biographique de 150 mots) sont à envoyer avant le 15 septembre 2018 à : lesensdesformes@gmail.com

Source: Fabula

 
Appel à communications : Les espaces de sociabilité au cours du long dix-huitième siècle (1650-1850) en Europe et dans les empires coloniaux : approches historiques et perspectives actuelles (Brest)
Posted: Wednesday, August 15, 2018 - 18:47

Colloque du GIS Sociability/Sociabilités 23-24 MAI 2019 Université de Bretagne Occidentale, UBO, BREST

Les espaces de sociabilité au cours du long dix-huitième siècle (1650-1850) en Europe et dans les empires coloniaux : approches historiques et perspectives actuelles

Le GIS (Groupement d’Intérêt Scientifique) Sociabilités du long dix-huitième siècle (1650-1850) a pour objectif l’exploration des différents modèles de sociabilité qui ont émergé et circulé en Europe et dans ses colonies. Outre une meilleure compréhension de la sociabilité européenne, le GIS cherche à comprendre les mécanismes de circulation de modes de sociabilité qui ont été imités, adaptés, transformés et exportés dans les empires coloniaux par un processus d’hybridation.

Ce colloque international sera sponsorisé par l’Union Européenne dans le cadre du projet DIGITENS H2020 (H2020-MSCA-RISE 2018) et s’interrogera sur l’évolution des espaces de sociabilité du long dix-huitième siècle et sur leur persistance à travers les époques. L’analyse de l’interaction entre la sociabilité et l’espace ainsi que des modes de construction des espaces de sociabilité de l’époque moderne à l’époque contemporaine/actuelle permettra une relecture de l’histoire des sociétés européennes et impériales.

En Europe, le dix-huitième siècle a vu l’émergence de nouvelles formes de sociabilité et la création de nouveaux lieux dévolus à ses pratiques. En transformant en profondeur les espaces urbains et en structurant les relations sociales, ces pratiques de sociabilité ont été de plus en plus fréquemment associées à leurs caractéristiques spatiales. Elles ont été par ailleurs imitées dans les colonies et adaptées à leurs divers contextes locaux.

Le rapport entre espace et société a été théorisé par l’Ecole interactionniste de Chicago dans les années 1920 (Park & Burgess, The City, 1925) et, plus récemment, un certain nombre de chercheurs se sont attachés à montrer comment les théories de l’espace s’appliquent à la production d’un espace social urbain (H. Lefebvre, La production de l’espace, 1974; E. Soja & Allen J. Scott. Postmodern Geographies: The Reassertion of Space in Critical Social Theory, 1989; Michel de Certeau. L’invention du quotidien, 1980) et comment l’espace peut contribuer à la formation d’une identité sociale (P. Grandjean, Construction identitaire et espace, 2009), favoriser l’inclusion ou, inversement, l’exclusion. Le long dix-huitième siècle, en particulier, a joué un rôle déterminant dans la formulation de théories liant l’espace et la société, particulièrement dans les travaux d’Habermas (L’Espace public: archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, 1978), de Richard Sennett (The Fall of Public Man, 2003), et de Neil Postman (Building a Bridge to the Eighteenth Century, 2000). Quelle est la pertinence de la sociabilité du dix-huitième siècle pour comprendre les rapports entre espace et société au 21e siècle ? Par exemple, quels points communs ont les cafés, clubs et réseaux sociaux d’aujourd’hui avec ceux du siècle des Lumières ?

L’objectif de ce colloque est de mesurer le rôle des espaces de sociabilité du long dix-huitième siècle dans la formation des sociétés européennes et postcoloniales. Cette approche fournira un prisme original et diachronique, permettant une meilleure compréhension de leur héritage, dans la mesure où la sociabilité a contribué à donner un cadre aux interactions sociales des temps modernes et à redéfinir l’organisation spatiale des siècles à venir. Ces espaces de sociabilité ont-ils survécu au 21e siècle ? Jusqu’à quel point ont-ils été reconfigurés dans leurs dimensions sociales, culturelles et politiques ? Dans quelle mesure ces espaces, dévolus à l’interaction humaine, ont-ils été transformés ou redessinés par les architectes d’aujourd’hui ou par les urbanistes par exemple ?

La distinction établie par Jürgen Habermas entre l’état, un public intermédiaire et la sphère privée sera ré-interrogée, comme nous y invite la critique récente qui a conduit à une réévaluation post-Habermassienne. Les communications doivent examiner la relation entre les espaces de sociabilité et les notions de classe sociale, de genre, de sexualité, de race, etc., l’espace social étant compris comme un « système de différences » (P. Bourdieu, La distinction), un facteur structurant et discriminant en termes d’organisation sociale.

Les espaces de sociabilité sont d’abord des espaces géographiques (l’espace bâti comme le monde naturel), mais ils peuvent être dématérialisés, des entités abstraites, comme dans le cas des correspondances qui sont à la fois virtuelles et interpersonnelles, ou même le « salon » qui a fini par faire référence à un ensemble de pratiques sociales, de valeurs et de normes plus qu’à un véritable espace physique. Que l’espace soit compris comme territoire géographique ou paysage imaginaire, la notion elle-même implique une relation entre individu et société, qu’elle soit harmonieuse ou conflictuelle. Si la sociabilité est liée à l’idée d’interaction librement consentie entre les individus (G. Simmel, Sociologie et épistémologie, 1981) la construction d’espaces de sociabilité peut sembler relever de l’utopie. De plus, l’espace peut être littéraire (M. Blanchot, L’espace littéraire, 1955; P. Casanova, La république mondiale des lettres, 1999) et traverser les frontières temporelles par la création d’un concept spatio-temporel. Ce colloque cherche également à examiner l’écart entre la conception ou la représentation des espaces de sociabilité et la réalité de leur construction en Europe et dans le monde colonial pendant plus de trois siècles.

Nous acceptons des propositions en anglais ou en français de chercheurs issus de différents champs disciplinaires (histoire, histoire de l’art, géographie, sociologie, anthropologie, ethnologie, littérature, architecture, études culturelles, études urbaines, études postcoloniales) et travaillant sur différentes périodes historiques afin de comparer les résultats de leur recherche et contribuer à l’écriture d’une histoire comparée de la sociabilité en Europe et dans le monde post-colonial du dix-huitième siècle à nos jours.

Les communications d’une durée de 25 minutes ou les sessions de trois intervenants couvriront un large spectre chronologique et géographique. Les espaces de sociabilité devront être appréhendés à la fois dans leur dimension historique et à travers une réévaluation contemporaine de leur influence passée. Nous encourageons également le recours à des méthodologies et des approches innovantes ainsi qu’à des technologies et techniques numériques pour la collecte, la conservation, l’analyse et la présentation de données.

À titre d’exemple, les communications pourront s’orienter selon les axes suivants :

-L’interaction conceptuelle de la sociabilité et de l’espace *l’apport de la sociologie *la dimension philosophique *les approches historiographiques -La dialectique sphère publique/sphère privée *Habermas et l’après-Habermas *l’émergence d’une « sphère sociale » ou « troisième espace » -Les espaces institutionnels de sociabilité du 18e siècle à nos jours *Traits distinctifs et variations (géographie, échelle, temps) *Etudes de cas dans une perspective comparatiste, passé/présent (cafés, clubs, spas…) -Sociabilité et différentiation spatiale *Espaces de sociabilité urbains/ruraux *Centre/périphérie ; dimension métropolitaine/coloniale -Matérialité/immatérialité des espaces de sociabilité *Cartographie du territoire de la sociabilité : méthodologie et nouveaux défis technologiques *Espace matériel (architecture, décoration intérieure, mobilier et objets) *Espace abstrait ou communication virtuelle (presse périodique, littérature, correspondances…) -Espaces de sociabilité et identités *Espaces genrés *Espaces de sociabilité et classe sociale *Espaces de sociabilité et caractère national -Espaces de sociabilité : tisseurs de liens *Espaces de sociabilité et le rôle de l’amitié *Espaces de sociabilité et relations de pouvoir *Réseaux sociaux : une invention du dix-huitième siècle ? -La dimension culturelle des espaces de sociabilité *Les valeurs culturelles qui sous-tendent les espaces de sociabilité (communauté, progrès, politesse…) *Les espaces de sociabilité et la révolution des loisirs *Les espaces de sociabilité et l’expérience du voyage -Espaces de sociabilité et représentation *Espaces de sociabilité et représentation de soi *Les représentations artistiques des espaces de sociabilité -Espaces de sociabilité et transgression

Date limite de soumission : 1er octobre 2018 Pour des propositions de communication individuelle, merci de soumettre un titre et un résumé de 200 mots. Pour des propositions de sessions merci d’inclure également un titre, un résumé de 200 mots ainsi qu’une brève bio pour chaque intervenant.

Les propositions devront être envoyées à :

annick.cossic@univ-brest.fr, brian.cowan2@mcgill.ca,

valerie.capdeville@univ-paris13.fr, Kimberley.Page-Jones@univ-brest.fr

GIS Sociabilitéshttp://www.univ-brest.fr/gis-sociabilites

Une sélection de communications fera l’objet d’une publication.

Bibliographie Blanchot, Maurice. L’espace littéraire. Gallimard. 1955. Capdeville, Valérie & Eric Francalanza, « Les espaces de sociabilité » (Tome 3), La Sociabilité en France et en Grande-Bretagne au siècle des Lumières: L’émergence d’un nouveau modèle de société. Paris : Le Manuscrit, coll. « Transversales ». 2014. Casanova, Pascale, La république mondiale des lettres. Editions du Seuil.1999. Castells, Manuel. La société en réseaux. Fayard. 1996. 2001. Certeau, Michel (de). L’invention du quotidien. Volume 1. Arts de faire, Paris. 1980. Gallimard. 1998. Cohen, Michele. Fashioning Masculinity: National Identity and Language in the Eighteenth Century. Routledge. 1996. Deleuze, Gilles & Félix Guattari. Mille Plateaux. Les éditions de minuit. 1980. Di Meo, Guy & Pascal Buleon. L’espace social. Lecture géographique des sociétés. Armand Colin. 2005. Elias, Norbert. The Civilizing Process. 1939. Blackwell. 1969. Florida, Richard. The Rise of the Creative Class: and How It’s Transforming Work, Leisure, Community and Everyday Life. Basic Books. 2002. Fraser, Nancy. “Rethinking the Public Sphere: A Contribution to the Critique of Actually Existing Democracy” Social Text No. 25/26. Duke University Press (1990). pp. 56-80. Grandjean, Philippe. Construction identitaire et espace. L’Harmattan. 2009. Habermas, Jürgen. L’archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise. Payot. 1978. Ingold, Tim. Making: Anthropology, Archaeology, Art and Architecture. Routledge. 2013. /Faire. Anthropologie, Archéologie, Art et Architecture. Edition Dehors. 2017. Ingold, Tim & Monica Janowski (eds). Imagining Landscapes: Past, Present and Future. Routledge. 2016. Joseph, Isaac & Yves Grafmeyer. L’école de Chicago: naissance de l’écologie urbaine. 2009. Lefebvre, Henri. La production de l’espace. 1974. (4e ed. 2000). Lussault, M. De la lutte des classes à la lutte des places. Grasset. 2009. Park, Robert E. & Ernest W. Burgess. The City: Suggestions for Investigation of Human Behavior in the Urban Environment. University of Chicago Press. 1925. 1967. Pinçon-Charlot, Michel & Monique. Sociologie de la bourgeoisie. La découverte. 2016. Postman, Neil. Building a Bridge to the Eighteenth Century: How the Past Can Improve Our Future. Vintage. 2000. Sennett, Richard. The Fall of Public Man. Penguin. 2003. Simmel, Georg. Sociologie et épistémologie. PUF. 1981. Soja, Edward & Allen J. Scott. Postmodern Geographies: The Reassertion of Space in Critical Social Theory. Verso Press. 1989. Squires, Catherine. “Rethinking the Black Public Sphere: An Alternative Vocabulary for Multiple Public Spheres.” Communication Theory. Vol. 12, n° 4 (2002). pp. 446-468. Vickery, Amanda. The Gentleman’s Daughter. Women’s Lives in Georgian England. Yale UP. 2003.

New Publications

Le Siècle de Marie Du Bois. Écrire l'expérience au XVIIe siècle (Christian Jouhaud)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:37

Christian Jouhaud, Le Siècle de Marie Du Bois. Écrire l'expérience au XVIIe siècle, Paris, Seuil, coll. "L'Univers historique", 2022.

EAN: 9782021492026
384 pages
Prix : 25 EUR
Date de publication : 10 Février 2022

Comment penser et écrire une histoire de l’expérience de vivre ? Telle est la question posée par Christian Jouhaud à partir de « l’espèce de journal » tenu pendant trente ans par Marie Du Bois, gentilhomme du Vendômois, valet de chambre des rois Louis XIII et Louis XIV. Cet écrit singulier surprend d’abord par la difficulté de lui trouver un statut : ce n’est ni un livre de raison, ni une autobiographie, ni un journal spirituel, ni une histoire, et pourtant il peut être abordé sous tous ces aspects.

Il ne s’agit pas non plus d’une histoire de vie, mais d’une histoire des expériences d’un homme « ordinaire » en ses territoires de vie. Le je de Du Bois, qui s’exprime continûment, ne sert en effet aucun épanchement autobiographique, mais, de page en page, il permet de comprendre l’itinéraire de l’intériorisation des normes et des contraintes par quelqu’un qui a confié à l’activité d’écrire régulièrement la représentation de sa vie comme action.

L’exercice pourrait sembler futile, ou mineur, si l’événement politique ne venait pas brutalement fracasser la mécanique diariste, finissant par politiser l’écriture, par exemple dans l’expérience intime de signes de désordre, comme pendant la Fronde, qui menacent la lisibilité d’un monde dont l’ordre est la valeur cardinale.

Depuis la chambre du roi et la campagne du Vendômois sont ainsi revisités les rapports entre local et national au XVIIe siècle, l’histoire politique de l’État, l’histoire anthropologique de l’acte d’écrire et de transmettre par l’écriture, inscrivant, dans le siècle de Louis XIV, un siècle de Marie Du Bois.

*

Directeur d’études à l’EHESS, directeur de recherche émérite au CNRS, Christian Jouhaud est spécialiste de l’histoire sociale, politique et culturelle du xviie siècle. Son travail porte également sur l’histoire de l’historiographie et du fait littéraire. Il a notamment publié : Les pouvoirs de la littérature. Histoire d’un paradoxe (Gallimard, 2000), Sauver le Grand-Siècle ? Présence et transmission du passé (Seuil, 2007), Richelieu et l’écriture du pouvoir. Autour de la journée des dupes (Gallimard, 2015), Une femme a passé. Méditation sur la Gradiva (Gallimard, 2019).

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L’Antiquité politique de Jean-Jacques Rousseau. Entre exemples et modèles (Flora Champy)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:34

Flora Champy, L’Antiquité politique de Jean-Jacques Rousseau. Entre exemples et modèles, Paris, Classiques Garnier, coll. "L'Europe des Lumières", 2022.

EAN: 9782406125303
DOI: 10.48611/isbn.978-2-406-12532-7
632 pages
Prix : 32€
Date de publication : 26 Janvier 2022

Une étude littéraire de la représentation de l’Antiquité dans les œuvres politiques de Jean-Jacques Rousseau montre comment il transforme l’idée classique d'exemplarité en modèles politiques modernes. Chez lui, la République romaine modélise le rapport entre formation morale et activité civique.

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Le libraire de Molière (Alain Riffaud)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:30

Alain Riffaud, Le libraire de Molière, Paris, PortaParole, 2022.

EAN: 9782378640507
484 pages
Prix : 48 EUR
Date de publication : 15 Janvier 2022

Jean Ribou, 1630-1702. Il est des vies qui ressemblent à des romans. C’est le cas pour le libraire Jean Ribou, né sous Richelieu et mort à l’aube du XVIIIe siècle. Détaillant sur le quai des Augustins, il possède un caractère bien trempé et le sens de l’initiative. Il entre dans l’Histoire en dérobant Les Précieuses ridicules de Molière, contraignant l’écrivain à publier son premier livre. Le forban du quai récidive en sortant Le Cocu imaginaire, au nez et à la barbe du comédien. Perquisitions et procès s’ensuivent. Ce ne sont que les prémisses d’une aventure jalonnée de nombreux rebondissements. Un des plus surprenants est le retour en grâce de Ribou auprès de Molière, qui en fait son éditeur exclusif à partir de 1666, avec Le Misanthrope, L’Avare et Le Tartuffe.

L’intrigue, qui réserve bien d’autres surprises, nous fait découvrir la relation du grand acteur avec ses livres, l’actualité des nouveautés littéraires, les lieux de vente à Paris, les stratégies publicitaires, les complicités commerciales, les réseaux de distribution, la police et les geôles de la Bastille. Les heurs et malheurs de Jean Ribou sont autant d’occasions de mieux connaître le négoce du livre au temps de Louis XIV. Pourtant, jusqu’ici, pas la moindre étude n’avait été consacrée au libraire de Molière. D’où l’intérêt de cet ouvrage qui relate sa carrière, établit son catalogue, et fournit toutes les archives retrouvées.

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Molière (Boris Donné)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:26

Boris Donné, Molière, Paris, Éditions du Cerf, coll. "Qui es-tu ?", 2022

EAN: 9782204148962
Prix : 15 EUR
Date de publication : 07 Janvier 2022

Dom Juan, Tartuffe, l’Avare, le Misanthrope ou le Malade imaginaire : les personnages de Molière sont si célèbres qu’ils sont devenus des archétypes. Mais Molière lui-même, qui était-il vraiment ? Au-delà des légendes, des fantasmes, des rumeurs sur sa vie et sur sa mort, que sait-on de l’homme — né Jean-Baptiste Poquelin il y a quatre siècles — qui s’est caché derrière ce pseudonyme ?

Comédien, auteur controversé, courtisan du Roi-Soleil, figure majeure du Grand Siècle, Molière a su garder ses secrets. Quels bonheurs et quelles blessures ont forgé sa sensibilité ? D’où vient son regard acerbe sur la comédie de la vie ? Il faut scruter à la fois les documents et son théâtre pour deviner ses ambitions, ses passions, ses convictions religieuses et philosophiques.

Molière entre lumière et ombres : ce livre révèle la dimension humaine d’une oeuvre qui ne cesse de nous fasciner.

Normalien, agrégé, docteur ès lettres, Boris Donné enseigne la littérature française du XVIIe siècle à l’Université d’Avignon. Il a consacré de nombreux travaux à Molière.

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Molière. La fabrique d'une gloire nationale (1622-2022) (Martial Poirson)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:23

Martial Poirson, Molière. La fabrique d'une gloire nationale (1622-2022), Paris, Seuil, 2022.

EAN: 9782021443356
264 page
Prix : 35 EUR
Date de publication : 21 Janvier 2022

Préface de Denis Podalydès

Conçu comme l'album du quadri-centenaire de Molière, cet ouvrage propose d'abord le portrait de celui que l'on considère comme l'homme de théâtre par excellence : auteur, comédien, directeur de troupe, "metteur en scène" , organisateur des divertissements de Cour. Le livre montre que ce mythe national a immédiatement inspiré après sa mort jusqu'à aujourd'hui. Symbole de l'esprit français et de la politique de rayonnement d'un Roi-Soleil, Molière est aussi l'inspirateur d'une tradition artistique qui s'en réclame dès la fin du XVIIe siècle jusqu'au XXe siècle, l'incarnation d'un théâtre populaire, au prix de récupérations et détournements tant dans les arts vivants que dans les arts visuels, industries culturelles et médias de masse.

L'ouvrage offre enfin une traversée dans les espaces culturels d'un Molière vu d'ailleurs, par-delà les frontières culturelles et linguistiques, afin de percevoir la façon dont il est perçu en-dehors de l'hexagone, où il a conservé toute sa portée satirique, comme un auteur s'opposant à l'autorité, résistant à l'oppression, antidote à l'esprit de sérieux.

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