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Calls for Papers and Contributions

Appel à contributions: Acta Iassyensia Comparationis, n°23 (1/2019) : "Frères ennemis"
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:33

Le Comité de Rédaction de la revue académique Acta Iassyensia Comparationis – revue semestrielle, interdisciplinaire, publiée par La Chaire de Littérature Comparée de l’Université „Alexandru Ioan Cuza” de Iasi, Roumanie – vous invite à collaborer au numéro 23 (1/2019), consacré au thème FRAŢI INAMICI / INIMICAL BROTHERS / FRÈRES ENNEMIS dans la littérature universelle.

La date limite pour l’envoi des articles scientifiques et des comptes rendus est le 26 novembre 2018.

La parution du nouveau numéro est programmée pour le 22 avril 2019.

Langues acceptées : français, roumain, anglais, allemand, espagnol, italien.

Plus d’informations sur: http://literaturacomparata.ro/aic/?page_id=164&lang=fr

Appel à communications: Animal et animalité. Stratégies et modes de représentation dans les littératures d’expression française
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:30

Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens (APFUCC)

Vancouver

Juin 2019

 

PRÉSENTATION

Des manuscrits du Moyen Âge aux récits contemporains, l’animal prend une place prépondérante dans notre imaginaire et nos créations littéraires. Central dans Le Roman de Renart autant que dans les Fables de La Fontaine, un bestiaire s’est déployé dans les productions littéraires d’expression française, bestiaire particulièrement chargé symboliquement. Les figures animales y sont pourtant souvent marginalisées, reléguées au second plan par la prégnance de la dichotomie humain/non-humain, sans réelle agentivité propre si ce n’est sur le plan allégorique, confirmant de façon indirecte la théorie cartésienne de l’animal-machine.

Il a fallu attendre le XXe siècle, la remise en cause de l’autotélisme littéraire et des jeux de langage formalistes des années soixante et soixante-dix pour que la littérature non seulement retourne vers le monde concret, mais, témoignant d’une conscience éthique et écologique, relaie les questionnements sur la souffrance et l’expérimentation animales, l’extinction des espèces, l’élevage industriel…

De nombreux auteurs contemporains, comme Yves Bichet dans La Part animale (1994), Éric Chevillard dans Sans l’orang-outan (2007), Patrice Nganang dans Temps de chien (2001), Alain Mabanckou dans Mémoires de porc-épic (2006), ou même des auteurs antérieurs, comme Joseph Kessel avec Le Lion (1958), s’efforcent ainsi de donner une voix à ces « exclu[s] du logos » (Poirier) et développent des stratégies discursives, énonciatives, narratives, syntaxiques, stylistiques, ou encore rythmiques faisant surgir une conscience animale au sein du texte.

Ce n’est que récemment que la représentation de la perspective animale a éveillé l’intérêt de la critique et fait une percée par le biais du développement, dans le monde anglophone, des animal studies et de leur mise en pratique dans le domaine littéraire. Dans le monde francophone, la zoopoétique cherche depuis peu à mettre en évidence une éthique et une esthétique animales dans les productions littéraires, en éclairant des stratégies et des modes de représentation spécifiques à la perspective animale.

Dès lors, la zoopoétique permet d’examiner dans quelle mesure le langage créatif parvient à faire entendre une conscience animale. Démontrant « la capacité de la littérature à se conjuguer aux savoirs existants (histoire naturelle, éthologie, éthique, biologie, politiques de la nature…) voire à produire, par des histoires incarnées, un savoir proprement littéraire sur ces bêtes » (Simon), la zoopoétique opère ainsi un rééquilibrage qui mène potentiellement à des changements conceptuels quant à l’inclusion de la perspective animale dans nos systèmes de pensée et d’appréhension de l’environnement.

Cet atelier se donne pour objectif de mettre en évidence différents modes et stratégies de représentation de la question animale dans les littératures d’expression française. Il mettra en évidence certaines spécificités régionales ainsi que de potentielles convergences dans les multiples littératures de la francophonie. Il permettra également de constater l’inscription de l’animal et de l’animalité dans la tradition littéraire mais aussi d’évaluer les réappropriations et les renouvellements esthétiques qu’elle a occasionnés : les propositions abordant des productions littéraires de toutes époques et de toutes les origines géographiques de la francophonie sont les bienvenues.

 

AXES DE RECHERCHE

Voici une liste non exhaustive de pistes de réflexion qui pourront être abordées :

  • L’anthropomorphisme comme obstacle ou accès à l’intériorité animale, le zoomorphisme, l’animalité humaine
  • Les interactions humains/animaux
  • Les discours scientifique(s) sur la question animale (naturalisme scientifique, zoologie…)
  • La représentation de pratiques/relations entre l’humain et l’animal : la chasse, l’élevage industriel, le cirque...
  • Les animaux et les conflits humains
  • Le spécisme et l’antispécisme
  • Les études comportementalistes et l’éthologie
  • Les animaux et le langage : cognitivisme, instinct, discours
  • Les animaux entre nature et culture : ville, paysage rural et nature sauvage
  • La souffrance animale
  • Les problématiques environnementales (déforestation, destructions des habitats, disparition d’espèces animales, etc.)
  • Les stratégies stylistiques (images, métaphores, associations) et narratologiques (focalisation interne, polyphonie énonciative, style indirect libre, monologue intérieur, « on » d’empathie…) qui permettent de faire surgir les subjectivités et les voix non-humaines
  • Les réflexions sur le rôle de la littérature : empathie, identification
  • L’héritage/la tradition littéraire : réappropriation et renouvellement esthétique
  • Les approches théoriques/génériques/comparatistes/diachroniques ou synchroniques
  • Les animaux et les pratiques spirituelles, la pensée magique
  • Les stéréotypes animaliers (renard rusé, chien fidèle, chat ratoureux, le loup dans les contes, etc.)

 

RESPONSABLES

Sara Buekens, Université de Gand sara.buekens@ugent.be

Julien Defraeye, University of Waterloo julien.defraeye@gmail.com

Date limite pour l’envoi des propositions (250-300 mots) : le 15 décembre 2018

Les personnes ayant soumis une proposition de communication recevront un message des organisateurs de l’atelier avant le 15 janvier 2019 les informant de leur décision. L’adhésion à l’APFUCC est requise pour participer à cet atelier conjoint. Il est également d’usage de régler les frais de participation au Congrès des Sciences humaines ainsi que les frais de conférence de l’APFUCC. Ils doivent être réglés avant le 31 mars 2019 pour bénéficier des tarifs préférentiels. La date limite pour régler les frais de conférence et l’adhésion est le 15 avril 2019. Passé cette date, le titre de votre communication sera retiré du programme de l’APFUCC.

Vous ne pouvez soumettre qu’une seule proposition de communication pour le colloque de 2019. Toutes les communications doivent être présentées en français pour l’APFUCC, en personne, même dans le cas d’une collaboration.

 

BIBLIOGRAPHIE

Armstrong, PhilipWhat Animals Mean in the Fiction of Modernity, Londres: Routledge, 2008.

Benhaïm, André et Anne Simon (dir.), 2017, Revue des Sciences Humaines 328 : « Zoopoétique. Des animaux en littérature moderne de langue française » (2017).

Bailly, Jean-ChristopheLe versant animal, Paris : Bayard, 2007.

Burgat, FlorenceUne autre existence : La condition animale, Paris : Albin Michel, 2012.

Desblache, LucileBestiaire du roman contemporain d’expression française, Clermont-Ferrand : Presses de l’Université Blaise Pascal, 2002.

Dubied, AnnikDavid Gerber et Juliet J. Fall (dir.), Aux frontières de l’animal. Mises en scène et réflexivité, Paris : Librairie Droz, coll. « Travaux de sciences sociales », 2012.

Engélibert, Jean-Paul, Lucie Campos, Catherine Coquio et Georges Chapoutier (dir.), La question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes : Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 2011.

Lezama, Nigel, Joëlle Papillon et Rocky Penate (dir.), « Des animaux dans la littérature : du proche et du lointain », Voix Plurielles 12.2 (2015) : 53-180.

Mackenzie, Louisa et Stéphanie Posthumus (dir.), French Thinking about animals, East Lansing: Michigan State University Press, 2015.

Moe, Aaron M.Zoopoetics: Animals and the Making of Poetry, Lanham : Lexington Books, 2014.

Poirier, Jacques (dir.), L’Animal littéraire. Des animaux et des mots, Dijon : Éditions universitaires de Dijon, 2010.

Rabatel, Alain, « Du ‘point de vue’ animal », Le discours et la langue 9.2 (2017) : 145-157.

Romestaing, Alain (dir.)Mondes ruraux, mondes animaux. Le lien des hommes avec les bêtes dans les romans rustiques et animaliers de langue française (XXe-XXIe siècles), Dijon : Éditions universitaires de Dijon, coll. « Écritures », 2014.

Romestaing, Alain et Alain Schaffner (dir.), Approches de l’animal, Paris : Classique Garnier, 2016.

Simon, Anne, « Du peuplement animal au naufrage de l’Arche : La littérature entre zoopoétique et zoopoéthique » L’Esprit Créateur 57.1 (2017) : 83-98.

Von Uexküll, JacobMilieu animal et milieu humain, Martin-Freville, Charles (trad), Paris : Rivages, 2010.

CfP: Renaissance Conference of Southern California 63rd Annual Conference
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:20

Saturday, 9 March 2019

The Huntington Library and Gardens, Pasadena, CA

CALL FOR PAPERS

The RCSC, a regional affiliate of the Renaissance Society of America, welcomes proposals for individual papers as well as complete panels on the full range of Renaissance disciplines (Art, Architecture, History, Literature, Music, Philosophy, Religion, Science). The RCSC promotes the study of the period c. 1300–1800, broadly interpreting the Renaissance within a global framework.

Please submit a 250-word abstract (for a 20-minute paper) and a one-page c.v. on our website (http://rcsconline.org/), where you can also find more information about the conference.

Deadline for submissions: November 1, 2018

If you have any questions, please contact the RCSC president, Lauren Kilroy-Ewbank (lauren.kilroy@pepperdine.edu).

CfP: Australian and New Zealand Association for Medieval and Early Modern Studies Biennial Conference
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:18

We invite participants from around the world to join us for the twelfth biennial Australian and New Zealand Association for Medieval and Early Modern Studies (ANZAMEMS) Conference to be held in Sydney, Australia, 5-8 February 2019 at the Camperdown Campus of the University of Sydney.

Proposals by September 15, 2018.

The theme for ANZAMEMS 2019 is Categories, Boundaries, Horizons. Categories and boundaries help us to define our fields of knowledge and subjects of inquiry, but can also contain and limit our perspectives. The concept of category emerges etymologically from the experience of speaking in an assembly, a dialogic forum in which new ways of explaining can emerge. Boundaries and horizons are intertwined in their meanings, pointing to the limits of subjectivity, and inviting investigation beyond current understanding into new ways of connecting experience and knowledge.

Papers, panels, and streams are invited to explore all aspects of this theme, including, but not limited to:

  • the limitations of inherited categorization and definition
  • race, gender, class, and dis/ability boundaries and categories
  • encounters across boundaries, through material, cultural, and social exchange
  • the categorization of the human and animal
  • national and religious boundaries and categorization
  • the role of interdisciplinary and multidisciplinary research
  • temporal boundaries and categories, including questions of periodization

Proposals for papers on all aspects of the medieval and early modern are also welcome. For details and submission process please visit https://anzamemsconference2019.wordpress.com

 
Appel à communications: LA NOSTALGIE AU THÉÂTRE
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:05

Colloque international

Organisé par

Laurette Burgholzer (Université de Berne) et Vincenzo Mazza (Université Paul Valéry – Montpellier 3)

Collège d’Espagne (CIUP) & Département des Arts du spectacle (BnF), Paris

10, 11 et 12 avril 2019

 

Le théâtre est nostalgie du présent.

Olivier Py (2013)

 

       Apparentée au désir violent du marin expatrié de retourner dans sa patrie au temps de la Grèce antique, la nostalgie est aujourd’hui notion-Protée. Elle n’est pas seulement privation ou regret quasi-pathologique qui naît de l’impossibilité d’atteindre un lieu, temps ou état familier. Elle est également un sentiment d’impuissance de ceux qui aspirent à un idéal, qui recherchent avec force et passion une valeur ou une qualité.

Mal du pays, fantasme d’un âge d’or, goût du vintage, « maladie suisse » ou encore passéisme ... Loin d’être un contenu donné, la nostalgie constitue une pratique culturelle dont les formes et significations en évolution sont liées à un espace-temps triple : celui des acteur.trice.s des pratiques nostalgiques, celui de l’objet désiré, et celui des chercheur.se.s qui se penchent sur ces phénomènes.

Si la « passion des retours » (Nicola Savarese) semble suggérer un état précis, l’objet de la nostalgie peut apparaître sous maintes formes diverses : histoire personnelle ou collective, propre ou appropriée, idéalisée ou imaginée, ou encore authenticité, état originel et intact. Il s’agit bien d’une pratique à deux faces, caractérisée par l’« enracinement » et l’« errance » (Barbara Cassin). Quel que soit son objet de convoitise, la nostalgie présuppose un présent vécu comme expérience de manque, de migration ou d’exil. Étranger dans son cadre et lieu de vie, « [l]e nostalgique est en même temps ici et là-bas, ni ici ni là-bas, présent et absent, deux fois présent et deux fois absent » (Vladimir Jankélévitch).

La nostalgie représente une posture face au présent insatisfaisant et face à ce qui est absent. En même temps, elle suscite le jugement. Notamment face à un optimisme progressiste, la nostalgie peut être considérée bourgeoise, voire même réactionnaire. Pour appréhender les pratiques théâtrales et discursives de la nostalgie, il est nécessaire de distinguer ses deux figures : d’une part, la « disposition nostalgique », partant d’une implication sentimentale de perte et de manque, et d’autre part, le « dispositif discursif nostalgique » qui se manifeste sous forme de narrations stratégiques dont les objectifs peuvent inclure l’instrumentalisation politique, économique etc. (Olivia Angé).

Les arts peuvent être à la fois les produits transposés de ces deux figures de la nostalgie et de potentiels producteurs de sensations nostalgiques. Qui peut donner « tant de chair et de relief à ces fantômes du regret » (Albert Camus) ?

Le théâtre, cet art des sens, ce lieu de partage d’odeurs, de matières, de goûts, de lumières et d’ombres, de sons et de silences ne se borne pas à représenter. Il a parfois la capacité de rendre présent ce qui est éloigné et inaccessible, tout comme la célèbre madeleine de Proust. Dans les visions d’Antonin Artaud, le désir de ce qui est hors de portée dépasse les limites de la mémoire : « nous ressentons le besoin physique, violent, et comme la nostalgie organique d’un art et d’une parole magique, et comme le théâtre est le seul art à pouvoir constituer une synthèse unique de tous les moyens d’expression et de tous les langages, nous attendons du théâtre qu’il nous redonne le sens d’une nouvelle magie vitale, qui nous réconcilierait avec lui et peut-être avec la vie. » 

Auparavant, des praticien.ne.s et connaisseur.se.s de théâtre du 19e siècle avaient cherché – en s’orientant vers Shakespeare, la Commedia dell’arte, la pantomime des Funambules, les marionnettes, le cirque – à trouver la formule des formes spectaculaires qui capteraient les sources vitales de l’inspiration et le génie de la communauté. C’est bien « l’une des grandes nostalgies primitivistes du romantisme » (Jean Sarobinski). En revanche, à partir de la deuxième moitié du 19e siècle et pendant plus d’un siècle, ce que l’on nomme communément Commedia dell’arte a été l’objet de nombreuses projections nostalgiques, libres de la contrainte que la « Commedia dell’arte en tant que fait historique n’existe pas. Depuis toujours c’est une abstraction, un peu de nostalgie, un peu d’utopie » (Roberto Cuppone).

Les âges d’or concernent la communauté entre acteurs et public, l’acteur-créateur et la dramaturgie. Pour ne citer qu’un exemple : les formes et sujets du Siglo de oro espagnol sont revisités par Victor Hugo, dans Hernani ou Ruy Blas. Quels sont les connaissances, les rapports et les intentions face à cette période spécifique de l’histoire du théâtre, qui eut également un écho considérable dans les recherches d’un art dramatique renouvelé à l’aube du 20e siècle ? Les objets de la pratique nostalgique sont de qualité hybride, entre le fait et le fantasme. Si les pratiques théâtrales disposent de différentes manières de remémorer, de présenter, d’analyser, de citer le passé et l’état absent, la disposition et le dispositif nostalgiques en représentent une manière spécifique.

La recherche sur la nostalgie est en plein essor. Pour ne citer que les quatre dernières années, plusieurs événements scientifiques ont porté sur la nostalgie dans le domaine des arts et sciences sociales. À Metz en juillet 2015 a eu lieu le colloque Nostalgie : entre le mal-être et le désir, organisé par l’Association européenne François Mauriac, présidée par Nina Nazarova ; en automne 2016, Histoire, Mémoire et Nostalgie : Représentations littéraires et culturelles, symposium organisé par leDépartement de philologie anglaise et l’Association lituanienne pour l’étude de l’anglais de l’université de Vilnius ; l’année suivante à Nancy, Estelle Zunino et Patrizia Gasperini ont organisé le colloque La nostalgie dans tous ses états ; en mai 2018, l’Université du Québec à Chicoutimi a mis en place le colloque Nostalgies, mémoires et cultures médiatiques : entre esthétique, marchandisation et politisation. Malgré la richesse et la variété des argumentaires et des requêtes des organisateurs, les quatre colloques mentionnés n’ont accordé au théâtre qu’une place marginale.

Le colloque international qui se tiendra du 10 au 12 avril 2019 à Paris visera à établir un nouveau champ de recherche en études théâtrales en définissant comme objet d’étude les manifestations et discours de la nostalgie au théâtre. Les chercheur.se.s sont invité.e.s à identifier et questionner des cas de pratiques nostalgiques dans l’histoire du théâtre et les arts du spectacle contemporains, à étudier dans quelle mesure la pratique théâtrale peut générer une contre-histoire ou des récits historiques alternatifs. Il est également prometteur d’analyser l’impact de l’exotisme et de l’historicisme sur ces phénomènes, et d’examiner des propositions théâtrales de souvenirs de demain, pour une époque post-humaniste. « [L]e paradis est verrouillé et le Chérubin est derrière nous ; il nous faut faire le voyage autour du monde et voir si le paradis n’est pas ouvert, peut-être, par derrière » (Heinrich von Kleist). Si le théâtre se caractérise par la présence ici et maintenant, quels sont ses rapports avec la nostalgie, cette « petite sœur de l’apocalypse » qui efface le présent ?

 

Tout en favorisant des travaux de recherche fondamentale basée sur des documents écrits, iconographiques etc. concernant le théâtre, le cirque, les arts de la marionnette, la danse, l’opéra, la performance, les propositions peuvent se focaliser sur un ou plusieurs des aspects suivants :

  • Mise en scène (décors, scénographie, lumière, costume, masque, musique, son, gestuelle, mimique, danse, voix etc.)
  • Pédagogie (théorie et pratique de la formation d’acteurs dans les différents domaines)
  • Structures et modalités de travail (compagnie, troupe ambulante, laboratoire, communauté etc.)
  • Dramaturgie (sujets, personnages, style, texte-matériau, structure dramatique etc.)
  • Discours pro- et anti-nostalgie au théâtre

 

Axes de recherche

  1. Un théâtre mythographe : production de récits historiques alternatifs ; la nostalgie au théâtre comme vecteur d’une idéalisation déformatrice du passé (David Lowenthal).
  2. Un théâtre des identités collectives : (re)présentations de la « communauté de perte » (exil, diaspora, états anéantis, « Ostalgie » etc.) et le rôle crucial de la nostalgie pour « construire, entretenir et reconstruire nos identités » (Fred Davis) ainsi que leur mise en question. La nostalgie peut être « provoquée non par la passion empirique mais par l’irruption d’une parole et d’une promesse » (Jacques Derrida).
  3. Un théâtre d’objets mnémoniques : objets fétiches, reliques laïques qui ont été en contact avec le passé. À l’instar de la madeleine de Proust déjà évoquée, les objets peuvent intervenir comme des médiateurs dans les rapports que des individus – sur le plateau et dans le public – établissent avec leur passé.
  4. Un théâtre de l’âge d’or des acteurs : « rethéâtralisation » et recherches d’une maîtrise corporelle et d’un lâcher-prise, allant d’imitations de formes et citations jusqu’aux utopies de société et de création (communauté artistique, « nature », théâtre populaire etc.), de la quête de personnages archaïques ou archaïsés aux constitutions d’un cadre rituel et/ou spirituel pour la pratique théâtrale.
  5. Anti-nostalgie et critique du théâtre nostalgique : accusations de la posture passive (mémoire-refuge) qui serait en opposition avec un théâtre didactique, de dénonciation, de lutte (Olivier Neveux), ou qui serait lié à un opportunisme économique. « Je n’arrive pas à comprendre le retrait suivant derrière le quatrième mur, dans le théâtre des acariens […]. Si le théâtre pousse vers le 19e siècle (ou s’il y est poussé par une nostalgie rentable), alors la malédiction de ma naissance tardive me presse vers la cantine » (Heiner Müller).
  6. Institutionnalisation de la nostalgie : théâtres et compagnies professionnels et amateurs dédiés à des formes spectaculaires du passé ; un théâtre qui sert d’asyle pour préserver des formes théâtrales en voie de disparition.
  7. Industrialisation de la nostalgie : Création et diffusion de spectacles sur la base d’un marché régional, national et mondial de la nostalgie collective.

 

Comité scientifique

Christian Biet (Université Paris Nanterre) ; Laurette Burgholzer (Université de Berne) ; Beate Hochholdinger-Reiterer (Université de Berne) ; Stefan Hulfeld (Université de Vienne) ; Joël Huthwohl (BnF) ; Vincenzo Mazza (Université Paul Valéry – Montpellier 3) ; Pierre-Louis Rey (Université Sorbonne Nouvelle).

 

Responsables du colloque

Laurette Burgholzer (Université de Berne) ; Vincenzo Mazza (Université Paul Valéry – Montpellier 3)

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication devront être adressées à nostalgie.theatre@gmail.com.

Format de la proposition : Argumentaire d’environ 250 mots en explicitant l’approche théorique et méthodologique, titre de la contribution, bibliographie et 5 mots-clés. Les propositions seront accompagnées d’une brève biobibliographie et des coordonnées électroniques de l’auteur-e. Les propositions peuvent être rédigées en français ou en anglais.

Date limite d’envoi : 15 septembre 2018

Les réponses d’acceptation du comité d’organisation seront envoyées le 30 septembre 2018.

Langues du colloque : français et anglais.

La durée des communications ne devra pas dépasser les 30 minutes.

Frais d’inscription : Enseignant.e.s, chercheur.se.s, artistes : 50 euros ; étudiant.e.s, doctorant.e.s : 30 euros. Les versements seront à effectuer sur place. 

Les frais de déplacement et d’hébergement ne seront pas pris en charge.

Publication : La publication des actes est prévue.

 

Le colloque La nostalgie au théâtre est soutenu par :

Bibliothèque nationale de France

Collège d’Espagne

E.S.T – Études sur le théâtre

New Publications

François-Jean de Chastellux (1734-1788) (Iris de Rode)
Posted: 8 Apr 2022 - 06:01

Iris de Rode, François-Jean de Chastellux (1734-1788). Un soldat-philosophe dans le monde atlantique à l'époque des Lumières, Paris, H. Champion, 2022.

Ce livre présente une biographie intellectuelle du soldatphilosophe, François-Jean de Chastellux (1734-1788) située au croisement de l’histoire culturelle, militaire, sociale et atlantique. Méconnu de nos jours, François-Jean de Chastellux joue pourtant un rôle central au sein de l’alliance franco-américaine au moment de l’indépendance des États-Unis. Ce rôle se manifeste dans ses échanges militaires, mais aussi intellectuels, scientifiques, commerciaux et politiques. Cette étude jette une lumière nouvelle sur la naissance des relations franco-américaines dans toutes ses facettes. Basé sur le dépouillement des archives privées de la famille Chastellux pour la plus grande partie inexplorées, ce livre couvre la vie de Chastellux en cherchant dans ses origines familiales et sociales le moteur de son rôle en tant que soldat-philosophe dans le monde atlantique à l’époque des Lumières.

Iris de Rode, docteure en civilisation américaine de l’Université de Paris 8, travaille sur la Révolution américaine, les Lumières militaires et le monde atlantique. Elle enseigne l’histoire des États-Unis à SciencesPo.

Plus d'informations ici.

Recueils factices
Posted: 4 Apr 2022 - 10:33

Le dernier numéro de la revue Pratiques et formes littéraires 16-18, consacré aux "Recueils factices. La la pratique de collection à la catégorie bibliographique" (dir. Mathilde Bombart), est accessible en open access sur https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/


Prolongeant les travaux du séminaire sur les recueils menés au sein de l’IHRIM et du groupe de travail GADGES entre 2017 et 2020 (voir les deux numéros précédents de Pratiques & formes littéraires : sur le Recueil Barbin (1692) et sur Recueillir, lire, inscrire), ce numéro s’intéresse à une notion qui, bien que très couramment utilisée dans les catalogues de bibliothèque et les écrits bibliographiques pour désigner des volumes de toutes époques et de tous domaines, n’a encore donné lieu à aucune étude spécifique d’ensemble. L’expression de « recueil factice » désigne un volume relié dans lequel ont été agrégés des écrits (imprimés, mais aussi manuscrits, ou mixtes) qui n’ont pas été produits ensemble, qui ont souvent connu une circulation autonome, et n’ont pas (a priori) été pensés pour être réunis. La constitution d’un recueil factice résulte d’opérations après coup, soit de gestes d’assemblage et de reliure, réalisés par des acteurs divers et souvent mal identifiés : collectionneurs et lecteurs, bibliothécaires, libraires, éditeurs ou imprimeurs… Ces études visent à éclairer la fabrication et l’usage de ce type de volume qui représente un vecteur essentiel, même si souvent méconnu, de l’accès aux écrits du passé, en mettant en évidence ses fonctions et ses destinations, ainsi que les logiques intellectuelles et bibliographiques qui y sont à l’œuvre.

Marionnettes du XVIIIe siècle : anthologie de textes rares (F. Rubellin)
Posted: 15 Mar 2022 - 07:04

Françoise Rubellin, Marionnettes du XVIIIe siècle : anthologie de textes rares, Espace 34, 2022.

Sont rassemblées plus de 20 pièces pour marionnettes de la première moitié du XVIIIe siècle, presque toutes jouées à Paris dans les Foires Saint-Germain et Saint-Laurent. Quand en 1722 les acteurs de chair furent interdits dans les théâtres de la Foire, c'est par des comédiens de bois qu'on réussit à maintenir des spectacles, avec orchestre et chanteurs : l'opéra-comique pour marionnettes était né. Les marionnettes ont aussi joué un rôle essentiel dans la concurrence farouche qui opposait la Comédie-Française, détentrice d'un monopole, aux autres théâtres qui tentaient d'exister.
La verve des marionnettes permet une satire tout azimuts, qui prend pour cible aussi bien le petit peuple que les auteurs et les directeurs de théâtre, les francs-maçons ou même l'Académie française. Si Polichinelle, la vedette des marionnettes, est omniprésent dans ces pièces, on y trouve aussi tout le sel de la parodie, avec Orphée et Euridyce, Proserpine et Pluton, mais également des piques vers toutes les productions dramatiques de l'époque.

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Le changement climatique dans la littérature du XVIIe siècle à nos jours (Frédérique Rémy)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:47

Frédérique Rémy, Le changement climatique dans la littérature du XVIIe siècle à nos jours, Paris, Editions Hermann, coll. "Météos", 2022.

EAN: 9791037016959
188 pages
Prix : 26EUR.
Date de publication : 16 Mars 2022

Quel impact un phénomène climatique peut-il avoir sur l’imaginaire  littéraire ? Comment sont perçus au cours du temps les différents scénarios de changement climatique  et leurs conséquences ? Comment nous confronter à une situation inédite, lutter ou inverser le cours de l’histoire annoncée ? Nous répondons à ces questions à travers les récits littéraires du XVIIe siècle à nos jours avec, en parallèle, l’avancée des recherches sur le climat.

Passage d’une comète, traversée d’un nuage cosmique, tremblement de terre, le soleil qui pâlit, la Terre qui bascule ou un savant fou qui sévit, autant de scénarios utilisés par les écrivains pour provoquer des changements climatiques. Les auteurs montrent une imagination tout aussi débordante pour nous proposer des moyens de lutter contre eux.

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La riposte de Molière (rééd.) (Paul Audi)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:43

Paul Audi, La riposte de Molière (rééd.), Lagrasse, Verdier, coll. "Verdier poche", 2022.

EAN: 9782378561307
128 pages
Prix : 7,50 EUR
Date de publication : 18 Janvier 2022

« Quoi que puisse dire Aristote et toute la Philosophie, il n’est rien d’égal au tabac : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre… »

Ainsi débute Dom Juan, avec la tirade énigmatique de Sganarelle ventant au public les vertus du tabac, dont il ne sera plus question dans le reste de la pièce.
Mais pourquoi cet éloge ? Pourquoi le tabac ? De quoi serait-il la métaphore ? Quel sens y a-t-il à convoquer ici « Aristote et toute la Philosophie » ? En quoi le tabac permet-il d’«instruire les âmes à la vertu » ?

L’étude de Paul Audi tient de l’enquête policière. Au regard des commentaires les plus fameux, il propose une interprétation qui rend compte de chaque mot, de chaque indication de la tirade, mettant en relief le mobile politique qui sous-tend le texte de Molière.
Cette étude révèle le combat qu’un grand comédien et dramaturge a été conduit à mener, au moment le plus critique de sa vie, pour défendre son art.

Plus d'informations ici.