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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Animal et animalité. Stratégies et modes de représentation dans les littératures d’expression française
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:30

Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens (APFUCC)

Vancouver

Juin 2019

 

PRÉSENTATION

Des manuscrits du Moyen Âge aux récits contemporains, l’animal prend une place prépondérante dans notre imaginaire et nos créations littéraires. Central dans Le Roman de Renart autant que dans les Fables de La Fontaine, un bestiaire s’est déployé dans les productions littéraires d’expression française, bestiaire particulièrement chargé symboliquement. Les figures animales y sont pourtant souvent marginalisées, reléguées au second plan par la prégnance de la dichotomie humain/non-humain, sans réelle agentivité propre si ce n’est sur le plan allégorique, confirmant de façon indirecte la théorie cartésienne de l’animal-machine.

Il a fallu attendre le XXe siècle, la remise en cause de l’autotélisme littéraire et des jeux de langage formalistes des années soixante et soixante-dix pour que la littérature non seulement retourne vers le monde concret, mais, témoignant d’une conscience éthique et écologique, relaie les questionnements sur la souffrance et l’expérimentation animales, l’extinction des espèces, l’élevage industriel…

De nombreux auteurs contemporains, comme Yves Bichet dans La Part animale (1994), Éric Chevillard dans Sans l’orang-outan (2007), Patrice Nganang dans Temps de chien (2001), Alain Mabanckou dans Mémoires de porc-épic (2006), ou même des auteurs antérieurs, comme Joseph Kessel avec Le Lion (1958), s’efforcent ainsi de donner une voix à ces « exclu[s] du logos » (Poirier) et développent des stratégies discursives, énonciatives, narratives, syntaxiques, stylistiques, ou encore rythmiques faisant surgir une conscience animale au sein du texte.

Ce n’est que récemment que la représentation de la perspective animale a éveillé l’intérêt de la critique et fait une percée par le biais du développement, dans le monde anglophone, des animal studies et de leur mise en pratique dans le domaine littéraire. Dans le monde francophone, la zoopoétique cherche depuis peu à mettre en évidence une éthique et une esthétique animales dans les productions littéraires, en éclairant des stratégies et des modes de représentation spécifiques à la perspective animale.

Dès lors, la zoopoétique permet d’examiner dans quelle mesure le langage créatif parvient à faire entendre une conscience animale. Démontrant « la capacité de la littérature à se conjuguer aux savoirs existants (histoire naturelle, éthologie, éthique, biologie, politiques de la nature…) voire à produire, par des histoires incarnées, un savoir proprement littéraire sur ces bêtes » (Simon), la zoopoétique opère ainsi un rééquilibrage qui mène potentiellement à des changements conceptuels quant à l’inclusion de la perspective animale dans nos systèmes de pensée et d’appréhension de l’environnement.

Cet atelier se donne pour objectif de mettre en évidence différents modes et stratégies de représentation de la question animale dans les littératures d’expression française. Il mettra en évidence certaines spécificités régionales ainsi que de potentielles convergences dans les multiples littératures de la francophonie. Il permettra également de constater l’inscription de l’animal et de l’animalité dans la tradition littéraire mais aussi d’évaluer les réappropriations et les renouvellements esthétiques qu’elle a occasionnés : les propositions abordant des productions littéraires de toutes époques et de toutes les origines géographiques de la francophonie sont les bienvenues.

 

AXES DE RECHERCHE

Voici une liste non exhaustive de pistes de réflexion qui pourront être abordées :

  • L’anthropomorphisme comme obstacle ou accès à l’intériorité animale, le zoomorphisme, l’animalité humaine
  • Les interactions humains/animaux
  • Les discours scientifique(s) sur la question animale (naturalisme scientifique, zoologie…)
  • La représentation de pratiques/relations entre l’humain et l’animal : la chasse, l’élevage industriel, le cirque...
  • Les animaux et les conflits humains
  • Le spécisme et l’antispécisme
  • Les études comportementalistes et l’éthologie
  • Les animaux et le langage : cognitivisme, instinct, discours
  • Les animaux entre nature et culture : ville, paysage rural et nature sauvage
  • La souffrance animale
  • Les problématiques environnementales (déforestation, destructions des habitats, disparition d’espèces animales, etc.)
  • Les stratégies stylistiques (images, métaphores, associations) et narratologiques (focalisation interne, polyphonie énonciative, style indirect libre, monologue intérieur, « on » d’empathie…) qui permettent de faire surgir les subjectivités et les voix non-humaines
  • Les réflexions sur le rôle de la littérature : empathie, identification
  • L’héritage/la tradition littéraire : réappropriation et renouvellement esthétique
  • Les approches théoriques/génériques/comparatistes/diachroniques ou synchroniques
  • Les animaux et les pratiques spirituelles, la pensée magique
  • Les stéréotypes animaliers (renard rusé, chien fidèle, chat ratoureux, le loup dans les contes, etc.)

 

RESPONSABLES

Sara Buekens, Université de Gand sara.buekens@ugent.be

Julien Defraeye, University of Waterloo julien.defraeye@gmail.com

Date limite pour l’envoi des propositions (250-300 mots) : le 15 décembre 2018

Les personnes ayant soumis une proposition de communication recevront un message des organisateurs de l’atelier avant le 15 janvier 2019 les informant de leur décision. L’adhésion à l’APFUCC est requise pour participer à cet atelier conjoint. Il est également d’usage de régler les frais de participation au Congrès des Sciences humaines ainsi que les frais de conférence de l’APFUCC. Ils doivent être réglés avant le 31 mars 2019 pour bénéficier des tarifs préférentiels. La date limite pour régler les frais de conférence et l’adhésion est le 15 avril 2019. Passé cette date, le titre de votre communication sera retiré du programme de l’APFUCC.

Vous ne pouvez soumettre qu’une seule proposition de communication pour le colloque de 2019. Toutes les communications doivent être présentées en français pour l’APFUCC, en personne, même dans le cas d’une collaboration.

 

BIBLIOGRAPHIE

Armstrong, PhilipWhat Animals Mean in the Fiction of Modernity, Londres: Routledge, 2008.

Benhaïm, André et Anne Simon (dir.), 2017, Revue des Sciences Humaines 328 : « Zoopoétique. Des animaux en littérature moderne de langue française » (2017).

Bailly, Jean-ChristopheLe versant animal, Paris : Bayard, 2007.

Burgat, FlorenceUne autre existence : La condition animale, Paris : Albin Michel, 2012.

Desblache, LucileBestiaire du roman contemporain d’expression française, Clermont-Ferrand : Presses de l’Université Blaise Pascal, 2002.

Dubied, AnnikDavid Gerber et Juliet J. Fall (dir.), Aux frontières de l’animal. Mises en scène et réflexivité, Paris : Librairie Droz, coll. « Travaux de sciences sociales », 2012.

Engélibert, Jean-Paul, Lucie Campos, Catherine Coquio et Georges Chapoutier (dir.), La question animale. Entre science, littérature et philosophie, Rennes : Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », 2011.

Lezama, Nigel, Joëlle Papillon et Rocky Penate (dir.), « Des animaux dans la littérature : du proche et du lointain », Voix Plurielles 12.2 (2015) : 53-180.

Mackenzie, Louisa et Stéphanie Posthumus (dir.), French Thinking about animals, East Lansing: Michigan State University Press, 2015.

Moe, Aaron M.Zoopoetics: Animals and the Making of Poetry, Lanham : Lexington Books, 2014.

Poirier, Jacques (dir.), L’Animal littéraire. Des animaux et des mots, Dijon : Éditions universitaires de Dijon, 2010.

Rabatel, Alain, « Du ‘point de vue’ animal », Le discours et la langue 9.2 (2017) : 145-157.

Romestaing, Alain (dir.)Mondes ruraux, mondes animaux. Le lien des hommes avec les bêtes dans les romans rustiques et animaliers de langue française (XXe-XXIe siècles), Dijon : Éditions universitaires de Dijon, coll. « Écritures », 2014.

Romestaing, Alain et Alain Schaffner (dir.), Approches de l’animal, Paris : Classique Garnier, 2016.

Simon, Anne, « Du peuplement animal au naufrage de l’Arche : La littérature entre zoopoétique et zoopoéthique » L’Esprit Créateur 57.1 (2017) : 83-98.

Von Uexküll, JacobMilieu animal et milieu humain, Martin-Freville, Charles (trad), Paris : Rivages, 2010.

CfP: Renaissance Conference of Southern California 63rd Annual Conference
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:20

Saturday, 9 March 2019

The Huntington Library and Gardens, Pasadena, CA

CALL FOR PAPERS

The RCSC, a regional affiliate of the Renaissance Society of America, welcomes proposals for individual papers as well as complete panels on the full range of Renaissance disciplines (Art, Architecture, History, Literature, Music, Philosophy, Religion, Science). The RCSC promotes the study of the period c. 1300–1800, broadly interpreting the Renaissance within a global framework.

Please submit a 250-word abstract (for a 20-minute paper) and a one-page c.v. on our website (http://rcsconline.org/), where you can also find more information about the conference.

Deadline for submissions: November 1, 2018

If you have any questions, please contact the RCSC president, Lauren Kilroy-Ewbank (lauren.kilroy@pepperdine.edu).

CfP: Australian and New Zealand Association for Medieval and Early Modern Studies Biennial Conference
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:18

We invite participants from around the world to join us for the twelfth biennial Australian and New Zealand Association for Medieval and Early Modern Studies (ANZAMEMS) Conference to be held in Sydney, Australia, 5-8 February 2019 at the Camperdown Campus of the University of Sydney.

Proposals by September 15, 2018.

The theme for ANZAMEMS 2019 is Categories, Boundaries, Horizons. Categories and boundaries help us to define our fields of knowledge and subjects of inquiry, but can also contain and limit our perspectives. The concept of category emerges etymologically from the experience of speaking in an assembly, a dialogic forum in which new ways of explaining can emerge. Boundaries and horizons are intertwined in their meanings, pointing to the limits of subjectivity, and inviting investigation beyond current understanding into new ways of connecting experience and knowledge.

Papers, panels, and streams are invited to explore all aspects of this theme, including, but not limited to:

  • the limitations of inherited categorization and definition
  • race, gender, class, and dis/ability boundaries and categories
  • encounters across boundaries, through material, cultural, and social exchange
  • the categorization of the human and animal
  • national and religious boundaries and categorization
  • the role of interdisciplinary and multidisciplinary research
  • temporal boundaries and categories, including questions of periodization

Proposals for papers on all aspects of the medieval and early modern are also welcome. For details and submission process please visit https://anzamemsconference2019.wordpress.com

 
Appel à communications: LA NOSTALGIE AU THÉÂTRE
Posted: Friday, August 31, 2018 - 16:05

Colloque international

Organisé par

Laurette Burgholzer (Université de Berne) et Vincenzo Mazza (Université Paul Valéry – Montpellier 3)

Collège d’Espagne (CIUP) & Département des Arts du spectacle (BnF), Paris

10, 11 et 12 avril 2019

 

Le théâtre est nostalgie du présent.

Olivier Py (2013)

 

       Apparentée au désir violent du marin expatrié de retourner dans sa patrie au temps de la Grèce antique, la nostalgie est aujourd’hui notion-Protée. Elle n’est pas seulement privation ou regret quasi-pathologique qui naît de l’impossibilité d’atteindre un lieu, temps ou état familier. Elle est également un sentiment d’impuissance de ceux qui aspirent à un idéal, qui recherchent avec force et passion une valeur ou une qualité.

Mal du pays, fantasme d’un âge d’or, goût du vintage, « maladie suisse » ou encore passéisme ... Loin d’être un contenu donné, la nostalgie constitue une pratique culturelle dont les formes et significations en évolution sont liées à un espace-temps triple : celui des acteur.trice.s des pratiques nostalgiques, celui de l’objet désiré, et celui des chercheur.se.s qui se penchent sur ces phénomènes.

Si la « passion des retours » (Nicola Savarese) semble suggérer un état précis, l’objet de la nostalgie peut apparaître sous maintes formes diverses : histoire personnelle ou collective, propre ou appropriée, idéalisée ou imaginée, ou encore authenticité, état originel et intact. Il s’agit bien d’une pratique à deux faces, caractérisée par l’« enracinement » et l’« errance » (Barbara Cassin). Quel que soit son objet de convoitise, la nostalgie présuppose un présent vécu comme expérience de manque, de migration ou d’exil. Étranger dans son cadre et lieu de vie, « [l]e nostalgique est en même temps ici et là-bas, ni ici ni là-bas, présent et absent, deux fois présent et deux fois absent » (Vladimir Jankélévitch).

La nostalgie représente une posture face au présent insatisfaisant et face à ce qui est absent. En même temps, elle suscite le jugement. Notamment face à un optimisme progressiste, la nostalgie peut être considérée bourgeoise, voire même réactionnaire. Pour appréhender les pratiques théâtrales et discursives de la nostalgie, il est nécessaire de distinguer ses deux figures : d’une part, la « disposition nostalgique », partant d’une implication sentimentale de perte et de manque, et d’autre part, le « dispositif discursif nostalgique » qui se manifeste sous forme de narrations stratégiques dont les objectifs peuvent inclure l’instrumentalisation politique, économique etc. (Olivia Angé).

Les arts peuvent être à la fois les produits transposés de ces deux figures de la nostalgie et de potentiels producteurs de sensations nostalgiques. Qui peut donner « tant de chair et de relief à ces fantômes du regret » (Albert Camus) ?

Le théâtre, cet art des sens, ce lieu de partage d’odeurs, de matières, de goûts, de lumières et d’ombres, de sons et de silences ne se borne pas à représenter. Il a parfois la capacité de rendre présent ce qui est éloigné et inaccessible, tout comme la célèbre madeleine de Proust. Dans les visions d’Antonin Artaud, le désir de ce qui est hors de portée dépasse les limites de la mémoire : « nous ressentons le besoin physique, violent, et comme la nostalgie organique d’un art et d’une parole magique, et comme le théâtre est le seul art à pouvoir constituer une synthèse unique de tous les moyens d’expression et de tous les langages, nous attendons du théâtre qu’il nous redonne le sens d’une nouvelle magie vitale, qui nous réconcilierait avec lui et peut-être avec la vie. » 

Auparavant, des praticien.ne.s et connaisseur.se.s de théâtre du 19e siècle avaient cherché – en s’orientant vers Shakespeare, la Commedia dell’arte, la pantomime des Funambules, les marionnettes, le cirque – à trouver la formule des formes spectaculaires qui capteraient les sources vitales de l’inspiration et le génie de la communauté. C’est bien « l’une des grandes nostalgies primitivistes du romantisme » (Jean Sarobinski). En revanche, à partir de la deuxième moitié du 19e siècle et pendant plus d’un siècle, ce que l’on nomme communément Commedia dell’arte a été l’objet de nombreuses projections nostalgiques, libres de la contrainte que la « Commedia dell’arte en tant que fait historique n’existe pas. Depuis toujours c’est une abstraction, un peu de nostalgie, un peu d’utopie » (Roberto Cuppone).

Les âges d’or concernent la communauté entre acteurs et public, l’acteur-créateur et la dramaturgie. Pour ne citer qu’un exemple : les formes et sujets du Siglo de oro espagnol sont revisités par Victor Hugo, dans Hernani ou Ruy Blas. Quels sont les connaissances, les rapports et les intentions face à cette période spécifique de l’histoire du théâtre, qui eut également un écho considérable dans les recherches d’un art dramatique renouvelé à l’aube du 20e siècle ? Les objets de la pratique nostalgique sont de qualité hybride, entre le fait et le fantasme. Si les pratiques théâtrales disposent de différentes manières de remémorer, de présenter, d’analyser, de citer le passé et l’état absent, la disposition et le dispositif nostalgiques en représentent une manière spécifique.

La recherche sur la nostalgie est en plein essor. Pour ne citer que les quatre dernières années, plusieurs événements scientifiques ont porté sur la nostalgie dans le domaine des arts et sciences sociales. À Metz en juillet 2015 a eu lieu le colloque Nostalgie : entre le mal-être et le désir, organisé par l’Association européenne François Mauriac, présidée par Nina Nazarova ; en automne 2016, Histoire, Mémoire et Nostalgie : Représentations littéraires et culturelles, symposium organisé par leDépartement de philologie anglaise et l’Association lituanienne pour l’étude de l’anglais de l’université de Vilnius ; l’année suivante à Nancy, Estelle Zunino et Patrizia Gasperini ont organisé le colloque La nostalgie dans tous ses états ; en mai 2018, l’Université du Québec à Chicoutimi a mis en place le colloque Nostalgies, mémoires et cultures médiatiques : entre esthétique, marchandisation et politisation. Malgré la richesse et la variété des argumentaires et des requêtes des organisateurs, les quatre colloques mentionnés n’ont accordé au théâtre qu’une place marginale.

Le colloque international qui se tiendra du 10 au 12 avril 2019 à Paris visera à établir un nouveau champ de recherche en études théâtrales en définissant comme objet d’étude les manifestations et discours de la nostalgie au théâtre. Les chercheur.se.s sont invité.e.s à identifier et questionner des cas de pratiques nostalgiques dans l’histoire du théâtre et les arts du spectacle contemporains, à étudier dans quelle mesure la pratique théâtrale peut générer une contre-histoire ou des récits historiques alternatifs. Il est également prometteur d’analyser l’impact de l’exotisme et de l’historicisme sur ces phénomènes, et d’examiner des propositions théâtrales de souvenirs de demain, pour une époque post-humaniste. « [L]e paradis est verrouillé et le Chérubin est derrière nous ; il nous faut faire le voyage autour du monde et voir si le paradis n’est pas ouvert, peut-être, par derrière » (Heinrich von Kleist). Si le théâtre se caractérise par la présence ici et maintenant, quels sont ses rapports avec la nostalgie, cette « petite sœur de l’apocalypse » qui efface le présent ?

 

Tout en favorisant des travaux de recherche fondamentale basée sur des documents écrits, iconographiques etc. concernant le théâtre, le cirque, les arts de la marionnette, la danse, l’opéra, la performance, les propositions peuvent se focaliser sur un ou plusieurs des aspects suivants :

  • Mise en scène (décors, scénographie, lumière, costume, masque, musique, son, gestuelle, mimique, danse, voix etc.)
  • Pédagogie (théorie et pratique de la formation d’acteurs dans les différents domaines)
  • Structures et modalités de travail (compagnie, troupe ambulante, laboratoire, communauté etc.)
  • Dramaturgie (sujets, personnages, style, texte-matériau, structure dramatique etc.)
  • Discours pro- et anti-nostalgie au théâtre

 

Axes de recherche

  1. Un théâtre mythographe : production de récits historiques alternatifs ; la nostalgie au théâtre comme vecteur d’une idéalisation déformatrice du passé (David Lowenthal).
  2. Un théâtre des identités collectives : (re)présentations de la « communauté de perte » (exil, diaspora, états anéantis, « Ostalgie » etc.) et le rôle crucial de la nostalgie pour « construire, entretenir et reconstruire nos identités » (Fred Davis) ainsi que leur mise en question. La nostalgie peut être « provoquée non par la passion empirique mais par l’irruption d’une parole et d’une promesse » (Jacques Derrida).
  3. Un théâtre d’objets mnémoniques : objets fétiches, reliques laïques qui ont été en contact avec le passé. À l’instar de la madeleine de Proust déjà évoquée, les objets peuvent intervenir comme des médiateurs dans les rapports que des individus – sur le plateau et dans le public – établissent avec leur passé.
  4. Un théâtre de l’âge d’or des acteurs : « rethéâtralisation » et recherches d’une maîtrise corporelle et d’un lâcher-prise, allant d’imitations de formes et citations jusqu’aux utopies de société et de création (communauté artistique, « nature », théâtre populaire etc.), de la quête de personnages archaïques ou archaïsés aux constitutions d’un cadre rituel et/ou spirituel pour la pratique théâtrale.
  5. Anti-nostalgie et critique du théâtre nostalgique : accusations de la posture passive (mémoire-refuge) qui serait en opposition avec un théâtre didactique, de dénonciation, de lutte (Olivier Neveux), ou qui serait lié à un opportunisme économique. « Je n’arrive pas à comprendre le retrait suivant derrière le quatrième mur, dans le théâtre des acariens […]. Si le théâtre pousse vers le 19e siècle (ou s’il y est poussé par une nostalgie rentable), alors la malédiction de ma naissance tardive me presse vers la cantine » (Heiner Müller).
  6. Institutionnalisation de la nostalgie : théâtres et compagnies professionnels et amateurs dédiés à des formes spectaculaires du passé ; un théâtre qui sert d’asyle pour préserver des formes théâtrales en voie de disparition.
  7. Industrialisation de la nostalgie : Création et diffusion de spectacles sur la base d’un marché régional, national et mondial de la nostalgie collective.

 

Comité scientifique

Christian Biet (Université Paris Nanterre) ; Laurette Burgholzer (Université de Berne) ; Beate Hochholdinger-Reiterer (Université de Berne) ; Stefan Hulfeld (Université de Vienne) ; Joël Huthwohl (BnF) ; Vincenzo Mazza (Université Paul Valéry – Montpellier 3) ; Pierre-Louis Rey (Université Sorbonne Nouvelle).

 

Responsables du colloque

Laurette Burgholzer (Université de Berne) ; Vincenzo Mazza (Université Paul Valéry – Montpellier 3)

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication devront être adressées à nostalgie.theatre@gmail.com.

Format de la proposition : Argumentaire d’environ 250 mots en explicitant l’approche théorique et méthodologique, titre de la contribution, bibliographie et 5 mots-clés. Les propositions seront accompagnées d’une brève biobibliographie et des coordonnées électroniques de l’auteur-e. Les propositions peuvent être rédigées en français ou en anglais.

Date limite d’envoi : 15 septembre 2018

Les réponses d’acceptation du comité d’organisation seront envoyées le 30 septembre 2018.

Langues du colloque : français et anglais.

La durée des communications ne devra pas dépasser les 30 minutes.

Frais d’inscription : Enseignant.e.s, chercheur.se.s, artistes : 50 euros ; étudiant.e.s, doctorant.e.s : 30 euros. Les versements seront à effectuer sur place. 

Les frais de déplacement et d’hébergement ne seront pas pris en charge.

Publication : La publication des actes est prévue.

 

Le colloque La nostalgie au théâtre est soutenu par :

Bibliothèque nationale de France

Collège d’Espagne

E.S.T – Études sur le théâtre

Appel à communications: La représentation du luxe en littérature et la question du genre
Posted: Friday, August 31, 2018 - 15:57

23, 24, 25 mai 2019

Collège militaire royal du Canada – Kingston (Ontario)

 

L’invention du luxe a certes été favorable à Louis XIV pour étendre son pouvoir[1]. La fin des lois somptuaires, qui réglaient la consommation dans la France d’Ancien Régime et qui défendaient l’idéologie nobiliaire, entraîne un nivellement social et une confusion des signes que certains célèbrent et que d’autres condamnent. Preuve de la dignité, de l’intelligence et de la supériorité humaines, le luxe peut conduire à la « félicité publique[2] » selon qu’il est durable et utile, faute de quoi il « rétrécit l’esprit, avilit l’âme, et offre sans cesse l’exemple des folies les plus méprisables et les plus monstrueuses[3] », explique Mme de Genlis. Bien qu’ils reconnaissent la valeur économique du luxe, les Encyclopédistes décrient la frivolité comprise comme un remède inutile à l’ennui et susceptible de conduire à l’ineptie et à la dépravation. Lorsque la parure tient lieu de passion, il en résulte un grand désœuvrement explique Mme de Genlis, consciente des peines qu’elle inflige aux femmes[4].

 

Au lendemain de la Révolution, le luxe commencera par être souvenir ou tare du passé d’une aristocratie à jamais perdue. Il envahit la sphère privée et redéfinit la norme du moi ostentatoire. Le progrès technique et les nouvelles pratiques de consommation transforment la culture matérielle. Germaine de Staël se défend de faire une quelconque dépense « en luxe », alors qu’elle voit « des milliers d'hommes jadis riches […] réduits à la plus affreuse mendicité[5] ». George Sand, de son côté, quoique ne détestant pas le luxe le considère « sans usage agréable pour elle[6] », car « une belle robe est gênante[7] » et « les bijoux égratignent[8] ». Après cette ère du soupçon, le luxe se convertit tout au long du XIXe siècle en accumulation bourgeoise de l’inutile ; c’est l’âge d’or du bibelot et la naissance du grand magasin à rayons, c’est l’affolement des clientes du foisonnant Au bonheur des dames (1883) de Zola. S’affirme alors avec plus d’évidence la distinction entre la sobriété du « vrai » luxe et l’ostentation du « faux », mais aussi entre la mode au féminin et celle au masculin. « Genré[9] », le commerce culturel règle désormais l’idée qu’on se fait de la féminité. 

 

C’est donc terni que le mot luxe passe au XXe siècle, est confronté, et confié, aux nouvelles industries. Les milieux, désormais multiples, de la mode s’en emparent et ne le débarrassent guère des défiances du passé, bien au contraire. Colette s'interrogera sur le mot, l’imprègnera de son regard, le distinguera, elle aussi, de l’accumulation et de l’affectation, en fera la combinaison parfaite de la poésie et de la sensation[10].

 

Qu’est devenu le luxe à notre époque ? Pour Annie Ernaux, enfant, il s’agit de « manteaux de fourrure, [de] robes longues et [de] villas au bord de la mer[11]. » L’auteure explique bien dans Passion simple (1991) que son regard s’est transformé au fil du temps et que désormais, le luxe est passé du côté des sentiments.

 

Parmi les auteurs dits francophones, le Libanais Amin Maalouf n’en finit pas d’évoquer les vestiges du luxe d’un empire ottoman déchu, d’une culture persane désormais négligée et d’un monde arabe qui, à part l’arrogance ostentatoire de certains, ne connaît désormais du luxe que le souvenir ou l’arrogance de quelques « happy few ». En 1980, après un silence littéraire d’une dizaine d’années, Assia Djebar revient à l’écriture avec un recueil de nouvelles au titre bien évocateur, Femmes d’Alger dans leur appartement. Ces récits, coiffés du titre du tableau de Delacroix, contestent le regard orientaliste du peintre français faisant de la femme algérienne un objet de luxe parmi d’autres représentés dans l’enfermement d’un intérieur exotique. 

 

Certes, du regard philosophique que pose Martin Heidegger sur « la chose[12] » à la « thing theory[13]» de Bill Brown, en passant par l’analyse sociologique des objets de Jean Baudrillard[14], l’approche sémiologique de Roland Barthes[15]et les recherches historiques de Daniel Roche sur la « culture des apparences[16] », les ouvrages et travaux qui traitent de la culture matérielle sont nombreux et variés. En revanche, on compte peu d’études sur la représentation du luxe en littérature et plus précisément sur ses rapports avec la question du genre. Quels traitements réservent les romanciers et les romancières français et francophones à ses dimensions morale, sociale et économique ? De quelles façons le luxe est-il réhabilité, célébré, dénigré, réfuté ou dénoncé dans la fiction de langue française ? Dans quelles mesures les personnages féminins y sont-ils condamnés, en sont-ils victimes ou le transforment-ils en un instrument de pouvoir ? Que révèle la représentation littéraire du luxe sur l’imaginaire culturel ? La mise en scène du luxe féminin est-elle culturellement déterminée ? Connaît-elle des frontières ? Voilà un certain nombre de questions auxquelles le présent colloque tentera de répondre.

 

Thématiques proposées :

-          Vrai et faux luxe

-          Luxe des uns et misère des autres

-          Éducation des femmes et luxe; féminité et luxe; féminisme et luxe

-          Devoir de distinction ou obligation sociale par le luxe

-          Luxe et représentation de soi

-          Poétique du luxe

-          Philosophie du luxe

-          Culture du luxe; dynamique du luxe (ostentation et envie)

-          Économie du luxe : échange, transmission et circulation des biens

-          Luxe, sociabilité et civilité

-          Objets du luxe; occasions du luxe 

-          Sémiotique du luxe

-          Luxe et imaginaire de l’Orient

-          Luxe et auteurs francophones

-          Luxe, source de conflits entre les sexes

-          Personnages féminins, victimes du luxe et du paraître

-          Pièges et dangers du luxe

-          Mascarade et usurpation du luxe

-          Luxe, miroir aux alouettes et source d’illusions

-          Étiquette, conformisme et bienséance ou l’empire du luxe

-          Du reflet du miroir au regard de l’autre ou comment s’affirmer par le luxe

-          Grisette et marchandes de mode ou le marché du luxe

-          Démocratisation du luxe et féminisation de la mode

 

Envoi des propositions

Merci d’envoyer votre proposition de communication (400 mots) accompagnée d’une brève notice bio-bibliographique à Soundouss El Kettani (Soundouss.El.Kettani@rmc.ca) et à Isabelle Tremblay (Isabelle.Tremblay@rmc.ca) avant le 15 septembre 2018.

 

 

[1] À ce sujet, voir Joan Dejean, The Essence of Style. How the French Invented High Fashion, Fine Food, Chic,

Cafés, Style, Sophistication, and Glamour, New York/London/Toronto/Sydney, Free Press, 2005.

[2] Mme de Genlis, « luxe », Dictionnaire critique et raisonné des étiquettes de la Cour ou l’esprit des étiquettes et

des usages anciens, Paris, P. Mongie Aîné, 1818, p. 339.

[3] Mme de Genlis, Discours sur le luxe et l’hospitalité, Paris, Onfroy, 1791, p. 4.

[4] Mme de Genlis, « parure », Dictionnaireop. cit., p. 40-41.

[5] Germaine de Staël, lettre du 2 juin 1793 à M. de Staël, dans Lettres diverses, Correspondance générale, Paris,

Pauvert et Ed. B. W. Jasinski, 1965, tome II, p. 452.

[6] George Sand, Histoire de ma vie, Paris, Michel Lévy Frères, 1856, tome V, p. 38.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Jennifer Jones explique que « the gendered commercial culture of fashion that had emerged by the late eighteenth

century established the foundations for nineteenth-century commercial culture and domestic ideology ». (Sexing La Mode. Gender, Fashion and Commercial Culture in Old Regime France, Oxford/New York, Berg, 2004, p. 5.)

[10] Voir Michel Mercier, « Le renouvellement d’un mot ou le luxe selon Colette », Études littéraires. Colette : le luxe 

et l’écriture, 1993, vol. 26, n° 1, p. 11-19.

[11] Annie Ernaux, Passion simple, Paris, Gallimard, 1991, p. 77.

[12] Martin Heidegger, Qu'est-ce qu'une chose ? (traduit de l'allemand par Jean Reboul et Jacques Taminiaux), Paris,

Gallimard, (1935-1936) 1988.

[13] Bill Brown, “Thing Theory”, Critical Inquiry, 2001, vol. 28, n° 1, p. 1-22.

[14] Jean Baudrillard, Le Système des objets, Paris, Denoel/Gonthier, (1968) 1978.

[15] Roland Barthes, Le Système de la mode, Paris, Seuil, 1973.

[16] Daniel Roche, La Culture des apparences. Une histoire du vêtement, XVIIe-XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 1989.

New Publications

Theories of Ballet in the Age of the Encyclopédie (Olivia Sabee)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:17

Olivia Sabee, Theories of Ballet in the Age of the Encyclopédie, Liverpool, Liverpool University Press, coll. "Oxford University Studies in the Enlightenment", 2022

EAN: 9781800859906
192 pages
Prix : £65.00
Date de publication : 03 Mars 2022

Emphasizing eighteenth-century ballet’s construction through print culture, Theories of Ballet in the Age of the Encyclopédie examines the shifting definition of ballet over the second half of the eighteenth century, highlighting the role of textual borrowing and compilation in disseminating knowledge during the Enlightenment.

- The first book on dance in Enlightenment encyclopedias
- Brings together multiple Enlightenment encyclopedias in a comparative study
- The first book to examine Noverre’s centrality through the study of textual borrowings
 
***

“Whether read as a whole or independently, the Encyclopédie méthodique is an ideal case study for demonstrating how knowledge was reordered through textual borrowing and editorial decisions. In the case of ballet, Panckoucke’s editors dissolved many of Cahusac’s original cross-references, nullifying the structure that linked his articles together. At the same time, they created new ways of understanding ballet’s past and future, especially through its inclusion under the rubric of dance, rather than the other way around.”
(Read the author’s accompanying blog post)

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Narrative, catastrophe and historicity in eighteenth-century French literature (Jessica Stacey)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:14

Jessica Stacey, Narrative, catastrophe and historicity in eighteenth-century French literature,

Liverpool, Liverpool University Press, coll. "Oxford University Studies in the Enlightenment", 2022.

EAN: 9781800856004
384 pages
Prix : £65.00
Date de publication : 03 Mars 2022

How do communities tell and re-tell stories of catastrophe to explain their own origins, imagine their future, and work for their survival? This book explores this question, so vital for our present moment, through narratives produced in eighteenth-century France: a tumultuous period when a “modern” national history was being elaborated.

- Brings contemporary work on the catastrophic imaginary into dialogue with philosophies of historical time and the study of eighteenth-century medievalism, offering a fresh perspective on how and why communities retell past catastrophes, and imagine future ones.
- Drawing on a wide variety of literary, historical and philosophical sources from the late seventeenth to the early nineteenth centuries, the book illuminates the pre- and remediation of catastrophes by showing how the same stories and motifs were reworked by writers over the course of the eighteenth-century.
- This book shows how French eighteenth-century writers viewed their own history as a haunting past, instantiated in the dangerous but also attractive figures which menace to crowd out the present, and return it to a catastrophic Dark Age: barbarians, usurpers, lost heirs, prophets, ghosts and martyrs. 
 
***

“We, too, have seen our connections and analogies come loose; a sense of the pandemic as a repetition of something from the past has ceded as the many threads of distinct future problems become clearer, just as the early ‘we’re all in this together’ narratives have unravelled. The book is a work of critique, seeking in part to expose embarrassments, narratives that go nowhere, attempts to recast contemporaries as anachronisms.”
(Read the author’s accompanying blog post)

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Les diables de Loudun, 18 août 1834 (Aldous Huxley)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:11

Aldous Huxley, Les diables de Loudain, 18 août 1834, Paris, tallandier, 2022.

Date de parution : 14 octobre 2021
10.5 €
416 pages
Format : 12 x 18 cm
EAN papier : 9791021050983
Droits non disponibles à l'étranger

Résumé

Au début des années 1630, un retentissant procès bouleverse la ville de Loudun et passionne la France de Richelieu. Les religieuses du couvent des Ursulines et leur mère supérieure affirment avoir été ensorcelées par le jeune curé Urbain Grandier. Le cardinal lui-même, qui souhaite depuis des années voir rasée cette forteresse protestante, se lance alors dans une véritable chasse aux sorcières. Condamné par un tribunal ecclésiastique, le prêtre périt sur le bûcher le 18 août 1634 tout en clamant son innocence. à travers le récit du procès d'Urbain Grandier puis de son supplice, Aldous Huxley analyse les tensions qui parcourent ce XVIIe siècle, alors partagé entre le rationalisme cartésien et une vie spirituelle largement emprunte de magie et de superstitions.

Recensions (Bernard Beugnot, Bernard Teyssandier)
Posted: 14 Mar 2022 - 11:07

Bernard Beugnot, Bernard Teyssandier, Recensions, Paris, Hermann, 2022.

La recension – ou compte rendu critique – a une longue histoire que rappelle l’avant-propos de ce livre  : «  Regards rétrospectifs  ». Depuis ses origines au XVIIe siècle jusqu’à son expansion avec la naissance de l’histoire littéraire, elle a pris, adossée à l’esprit de modernité, une multiplicité de formes liées au développement de la communication  – sites internet et autres ressources médiatiques.

Mais, dans le champ de la recherche historique ou littéraire, il semble qu’elle ait aujourd’hui tendance à s’étioler et à se dégrader sous la pression de plusieurs facteurs  : inflation de publications, emprise de l’informatique, bouleversement de la hiérarchie universitaire. Sans être un mausolée ou un cénotaphe, ce recueil singulier et ponctuel se veut un plaidoyer, un rappel et un appel à une résurrection. Si ordinateurs et tablettes rendent plus aisé au chercheur l’établissement d’une bibliographie, la recension critique, minutieuse et élaborée, ne reste-t-elle pas une indispensable et précieuse boussole dans le maquis des publications qui prolifèrent ?

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Joannes Ravisius Textor (1492/3-1522) Un régent humaniste à Paris à l'aube de la Renaissance (Nathaël Istasse)
Posted: 14 Mar 2022 - 10:50

Nathaël Istasse, Joannes Ravisius Textor (1492/3-1522) Un régent humaniste à Paris à l'aube de la Renaissance, Genève, Droz, 2022.

Surtout connu des seiziémistes pour ses volumineux Epitheta et Officina, le Nivernais Joannes Ravisius Textor, Tixier de Ravisy sous son nom français le plus courant, naît en 1492 ou 1493 et meurt le 3 décembre 1522. Pour retracer l’odyssée pédagogique de ce professeur de rhétorique au prestigieux collège parisien de Navarre, Nathaël Istasse a non seulement étudié ces deux sommes, mais aussi l’ensemble de l’œuvre de ce régent humaniste, tout en exploitant les sources archivistiques et manuscrites disponibles. Ce faisant, il a mis au jour de multiples figures poétiques, académiques, politiques et religieuses qui ont compté peu ou prou dans l’existence du jeune pédagogue et, plus particulièrement, un véritable microcosme de professeurs, de poètes et de professeurs-poètes, oublié ou peu documenté jusqu’alors. L’histoire de l’Université de Paris, de l’enseignement du latin et des études grammaticales en ce début de Renaissance française reçoit également des éclairages inédits.

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