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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Savoir-vivre et transgression
Posted: Tuesday, February 6, 2018 - 12:11

Journée d’études Savoir-vivre et transgression 25 Mai 2018, Université de Tours

Lors de cette journée d'étude, nous allons aborder la relation existant entre « savoir-vivre» et « transgression », en proposant une réflexion assez large d’un point de vue chronologique (allant du XVIe au XXe) et disciplinaire (englobant littérature, philosophie, histoire de l’art, esthétique). Seront également abordées les relations entre ces deux notions et celle de « liberté ». La relation entre savoir-vivre (beauté, esthétisme), transgression (révolte, érotisme) et liberté est rendue par la « passion » (ou émotion), exprimée par et dans la littérature, l’art et la philosophie - que ce soit avec l’étonnement, la souffrance, le plaisir, la rage etc.-, ou bien maîtrisée dans la littérature des manières ou de savoir-vivre par exemple.

Rimbaud écrit : « Je suis celui qui souffre et qui s’est révolté!». La révolte, à savoir le soulèvement contre une autorité dans le but de la contester ou de la renverser, est l’expression évidente de la liberté. En revanche, est-ce que « le décorum », la « maîtrise de soi » ou le « bon ton » exprimés par la littérature des manières (ou traités de savoir-vivre) se limitent à provoquer un sentiment de condescendance et de plaisir ? Ou alors sont-ils à même de proposer eux aussi une vision critique du monde? Quels sont les liens entre ces deux perspectives ?

Les propositions de contribution doivent être envoyées aux adresses suivantes : maria.ricci@univ-tours.fr; adolfo.vera@uv.cl , au plus tard le 30 mars 2018.

Appel à contribution: La Faute, numéro 22 d’Alkemie, revue semestrielle de littérature et philosophie
Posted: Tuesday, February 6, 2018 - 12:05

Comme souvent pour les mots dont le paradigme étymologique peut être largement déployé, le profil linguistique de « faute » nous enseigne l’essentiel de ce que la littérature et la philosophie exposeront avec force subtilité. Le radical indo-européen duquel le latin fallo (je faillis) dérive est déjà associé à l’idée de « détournement », de « ruse », et c’est d’ailleurs aussi ce à quoi le grec ancien φηλόω fait référence. Le français a construit « faute » à partir du bas-latin fallita, tandis que l’italien a préféré par supplétion colpa à l’archaïque falta, lesquels pourtant signifient la même chose. Notre « coulpe » en revanche, qui n’apparaît plus guère que dans le registre soutenu, est imprégné de religiosité : au sens propre, quiconque « bat sa coulpe » exprime son repentir devant Dieu, conformément à l’étymon performatif culpo (je réprouve, je condamne).

Chargée du sens que fallo avait hérité de son équivalent grec, « la faute » nous renvoie aussi bien à l’acte subjectif de « faillir » (c’est-à-dire « échouer par soi ») qu’à son résultat moral face au jugement d’autrui. La religion, dont la grammaire de l’interdit fait précéder le péché par la culpabilité, se fonde toute entière sur la faillibilité des hommes, car est déjà coupable celui qui est tenté. Sans la faute, qu’elle soit commise ou simplement prévenue, les religions perdraient leur pouvoir prescriptif : une humanité exemplaire et vertueuse est sans intérêt aux yeux du prédicateur. Rappelons que le péché est ce qui distance les chrétiens de leur salut ; plus le chemin de la rédemption est accidenté, meilleure est la pénétration du prêche. Le droit, quant à lui, exhausse la faute en délit lorsque celle-ci engage la responsabilité de qui la commet. Sauf rares cas de « prophylaxie » pénale (principe de précaution), la justice ne s’intéresse qu’aux faits, et non aux intentions. En désignant des coupables, elle leur reconnaît des victimes ; pour tout délit qualifié, un jugement prononcé. Et quand à son tour la justice se rend coupable d’injustice, on parlera d’ « erreur » – euphémisme de la faute. Car nul sinon Dieu n’est à l’abri d’une erreur, de même que chacun, s’il est désigné coupable, peut être rédimé par l’onction du châtiment. Peu de chose, en fin de compte, distingue droit pénal et droit divin vis-à-vis du traitement de la faute : l’arbitrage suprême se range inconditionnellement sous l’égide de la morale.

Pour autant, la faute relève-t-elle toujours de l’éthique ? L’acception initiale de « manquement » tend à éclipser le délit d’intention : il ne suffit pas qu’il y ait faute pour qu’il y ait coupable(s) et victime(s). Un manquement peut être commis hors du pénal ou du divin, sans relever ni de la transgression, ni de la désobéissance, ni même de la volonté de nuire, et ce indépendamment du critère de gravité. La fortuité d’une faute, en tant qu’elle déqualifie l’infraction, peut remettre en cause la responsabilité de son auteur ; or c’est le responsable qui fait le coupable, de même que la sanction fait de la faute un délit. Si je renie mon serment, je suis un fautif pendable ; si je donne seulement à croire que je m’en déprends, je suis un fautif par omission.

Ainsi se décline, du véniel au mortel, de la peccadille au crime de sang, la gamme très ample du péché. La mythologie grecque déjà, avec son cortège de coupables et de victimes, exploitait le ressort didactique de la faute, et ses héros, d’Œdipe à Phèdre, d’Ajax à Clytemnestre, ont inspiré une littérature féconde où l’humain n’est fascinant que parce qu’il est faillible.

Marc Bonnant (Université Pasquale Paoli de Corse)

Les contributions, inédites et en langue française, sont à envoyer jusqu’au 1er juillet 2018. Les textes doivent être transmis au comité de rédaction, aux adresses info@revue-alkemie.com et mihaela_g_enache@yahoo.com (en format Word, 30 000 signes maximum, espaces compris). Nous vous prions d’accompagner votre article d’une courte présentation bio-bibliographique (400 signes, en français), d’un résumé (300 signes, en français et en anglais), et de cinq mots-clefs en français et en anglais. Date limite : 1er juillet 2018.

Site de la revue Alkemie : http://www.revue-alkemie.com Directrice : Mihaela-Genţiana STĂNIŞOR (mihaela_g_enache@yahoo.com)

Source: Fabula

Appel à communications: Le mépris
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:52

Colloque international organisé dans le cadre des échanges entre l’Université de Łódźet l’Université Lumière Lyon 2, Łódź, du 18 au 20 octobre 2018

« Celui qui méprise son prochain commet un péché » (Pr 14 :21).

1649. Descartes publie son traité novateur de philosophie morale. Dans Les Passions de l’âme, il considère que le mépris et l’estime, mouvements de l’âme particuliers et opposés, sont des espèces de l’admiration, tenue elle-même pour être une passion primitive, c’est-à-dire fondamentale. « La Passion du Mépris, écrit-il, est une inclination qu’a l’âme, à considérer la bassesse et la petitesse de ce qu’elle méprise » (art. 149). Ce concept va être, quelques années plus tard, illustré de dessins correspondant à diverses passions. Charles Le Brun, auteur de ces dessins, dresse entre autres cette esquisse de tête que l’on voit sur la gauche et qui est accompagnée d’un commentaire fort instructif : « Le mépris. Les mouvements du mépris sont vifs et marqués ; le front se ride ; le sourcil se fronce, s’abaisse du côté du nez, et s’élève beaucoup de l’autre côté ; l’œil fort ouvert, et la prunelle au milieu ; les narines élevées se retirent du côté des yeux et font des plis aux joues ; la bouche se ferme, ses extré-mités s’abaissent, et la lèvre de dessous excède celle de dessus »[1]. Cette description presque clinique du mépris visible sur la figure d’un homme offre un bel exemple d’écriture ekphrastique et permet de nous plonger dans le climat de notre colloque, que nous organisons 55 ans après la sortie du fameux film de Jean-Luc Godard.

Depuis un bon moment la critique universitaire s’intéresse beaucoup au problème des émotions et des sentiments. Parmi eux certains sont privilégiés, comme l’amour passionnel, la colère, la nostalgie ou la mélancolie. Le mépris, par contre, ne semble pas avoir tout particulièrement retenu l’attention des chercheurs. En nous inscrivant dans ce vaste courant de critique pathophile, nous nous proposons de réfléchir, pendant notre colloque, à ce sentiment spécifique et protéiforme. Pour cerner davantage le thème de notre recherche, nous voudrions préciser d’abord que nous distinguons entre dédain et mépris. Le premier suppose le désintérêt conjugué au sentiment de supériorité que l’on manifeste vis à vis d’une chose ou d’un individu qui possèdent en soi une valeur positive mais auxquels on refuse de la reconnaître en situation donnée. Le mépris, en revanche, constitue un acte de dévalorisation – de soi, d’une chose, d’un individu ou d’une communauté – : quand on témoigne du mépris, on donne à voir ou à savoir qu’on porte sur l’objet en question un jugement dépréciatif indépendamment de la valeur réelle de cet objet. Dans un premier temps, c’est autour du mépris que nous aimerions concentrer notre débat : sur le mépris de soi vécu en situation de crise spirituelle ou recommandé au chrétien pour qu’il trouve l’amour de Dieu dans sa plénitude, et sur le mépris dans les relations interpersonnelles ou interhumaines quand un individu en rabaisse un autre en exerçant sur lui une espèce de violence discriminatoire.

Dans un deuxième temps, nous voudrions aussi vous inviter à la réflexion sur le mépris perçu comme synonyme du dédain. Cette acception du terme se laisse découvrir quand on parle du mépris de la mort, du mépris des grandeurs, des richesses ou des louanges, mais aussi du mépris du monde qui implique le sentiment de la vanité de toute chose. Elle a l’avantage de mettre en évidence le parti pris subjectif de l’individu contestant pour des raisons variables l’axiologie en vigueur à l’époque où il vit, et le geste de discrédit qu’on observe chez lui la rapproche de l’acception précédente. Puisque cette perspective fait intervenir des présupposés idéologiques ou religieux, il sera opportun aussi d’examiner comment la sémantique et la sémiologie du mépris évoluent au cours des siècles en absorbant les nouveaux acquis de la civilisation, voire, à l’époque moderne, en empruntant la voie de la laïcisation.

En nous adressant à ceux qui travaillent sur la littérature, le théatre, le film et la peinture, et éventuellement aux spécialistes d’autres disciplines scientifiques (philosophes, historiens, historiens de la médecine...), nous proposons donc d’étudier les représentations du mépris, ses causes et effets, ainsi que les sens qu’il acquiert dans l’économie de l’œuvre ; et en particulier, nous suggérons quelques axes de réflexion, la liste étant loin d’être exhaustive :

– étude du mépris : en médecine ancienne, en morale, en philosophie ;

– psychologie du mépris : art de l’analyser, en littérature ;

– formes du mépris : abaissement, déshonneur, disgrâce, etc.

– manifestations psychophysiques : mimique, gestes, mouvements du corps ;

– manifestations sociales, surtout en littérature post coloniale

– manifestations verbales : sarcasme, affront, etc.

– représentations iconographiques, allégoriques, emblématiques, filmiques ;

– moyens d’expression : procédés descriptifs et narratifs, figures de style ;

– rhétorique du mépris : genre épidictique;

– émotions contiguës au mépris : haine, orgueil, présomption, etc.

Nous attendons les projets de vos communications (titre et résumé d’environ 1000 signes espaces comprises, accompagnés d’une brève notice bio-bibliographique) jusqu’au 31 mars 2018 ; ils sont à envoyer à Magdalena Koźluk (magdakozluk@yahoo.fr) et Witold Konstanty Pietrzak (wkpietrzak@wp.pl). Vos projets seront examinés par le comité scientifique dont les décisions vous seront communiquées fin avril 2018.

Frais d’inscription : 450 PLN (approximativement 110 euros). Langue des communications : français.

Secrétaire du colloque : Organisateur du colloque : Magdalena Koźluk Witold Konstanty Pietrzak

Comité scientifique : Martine Boyer Weinmann Michèle Clément Delphine Gleizes Marylène Possamaï Denis Reynaud Anita Staroń

[1] Ch. Le Brun, Les Expressions des passions de l’âme, représentées en plusieurs testes gravées d’après les dessins de feu M. Le Brun, Paris, Jean Audran, 1727, Planche XV.

RESPONSABLE : Witold Konstanty Pietrzak

URL DE RÉFÉRENCEhttp://www.romanistyka.uni.lodz.pl/

Appel à communications: Le toucher. Prospections médicales, littéraires et artistiques
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:46

Porto (Portugal), 8-9 octobre 2018

Faisant suite à « Maux écrits, mots vécus. Traitements littéraires de la maladie » et à « Santé et bien-être à l’épreuve de la littérature », nous proposons d’interroger le thème du toucher au croisement de la littérature et des arts et de la médecine, l’appréhender d’un point de vue historique, symbolique et social, dans ses dimensions physique (le kinesthésique) et communicable à autrui (le kinésique). Si la question du toucher a de tous temps interpellé les formes et les pratiques, elle se trouve aujourd'hui avivée dans le cadre d’une société digitale qui reconfigure les notions de rapport, de contact, de sensation, et d’expérience. Prégnant dans les arts vivants conférant au corps une place primordiale, le toucher est également associé à la maîtrise d’une technique biomédicale, clinique et relationnelle, sur laquelle pourrons aussi nous pencher.

Certes, quand on évoque le toucher on pense notamment aux usages de la main dont Focillon a fait l’éloge dans son essai L’Art et les formes. Cependant, le corps en mouvement, soit qu’il s’avance d'un pas affirmé, soit qu’il menace de tomber (cf. les sculptures de Giacometti) se meut dans le monde interagissant avec lui et avec les autres. Vivre c’est bouger, se mouvoir, s’émouvoir. Le corps entier produit des gestes culturellement codés (Jousse, Anthropologie du geste), mais chacun y pose son éthique propre, sa manière singulière d’être au monde (Dessons, 2004).

Les travaux d’André Leroi-Gourhan (Le Geste et la parole, 1965), de Guillemette Bolens (Le Style des gestes, 2008), nous aident à penser la propriété analytique du toucher, qui se retrouve également dans le langage parlé, traduisant l’expérience quotidienne du monde, celui de l’appréhension. On dira en effet « saisir une idée » au sens de la prendre avec soi comme on s’empare d’un objet dans l’espace pour l’examiner sous tous ses angles. Le geste est donc fondamental dans la communication verbale qu’il libère, complète (et parfois contredit) ; il s’avère également fondamental dans les communications non verbales, tout comme dans toute communication interpersonnelle, nous invitant ainsi à distinguer toucher et tact. Certains gestes, certaines expressions faciales, certains silences en disent souvent plus long que les paroles. En ce sens ils font langage comme le dit Meschonnic, et invitent à cette perception « œcuménique » qu’évoque Barthes dans son article sur le théâtre de Baudelaire (Barthes, 1955).

C’est dans ce cadre pluridisciplinaire ouvert et englobant que nous entendons aborder les sens du toucher affectif ou sensible comme exploration du corps et du monde en confrontant des perspectives médicales, littéraires et artistiques.

Les propositions accueillies devront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants :

Représentations du toucher au croisement des arts et de la médecine (littérature, peinture, sculpture, cinéma et arts vivants) ; Le toucher en médecine : de la délicatesse à l’invasion violente ; le contact clinique versus les nouvelles imageries et l’idéal du corps transparent ; La part du toucher dans les processus d’objectivation et d’individuation ; Le rôle du toucher dans la communication et dans l’échange.

Organisation : Maria de Jesus Cabral (FLUL /Programa em Humanidades Médicas) Gérard Danou (médecin et essayiste) José Domingues de Almeida (FLUP/ILCML) João da Costa Domingues (FLUC/CLP)

Langue des communications : Français et portugais

Envoi des propositions : Merci d’envoyer le titre de votre proposition, un résumé de 250 mots et une notice bibliographique (100 mots maximum) à l’adresse : rdvcritique10@gmail.com

Calendrier : 15 mai 2018 : date limite pour l’envoi des propositions 15 juin 2018 : notification des participants et consignes d’inscription

Inscription : 100,00 € Elle comprend les pause-café et les deux déjeuners.

Les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge des participants.

Les textes sélectionnés à l’issue du colloque feront l’objet d’une publication, sous condition d’avis favorable du comité de lecture (évaluation en double aveugle).

RESPONSABLE : Rendez-vous de la critique

URL DE Référence http://www.letras.up.pt

Source: Fabula

Appel à contributions La lettre érudite (XVIe-XVIIIe siècles)
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:34

Arborescences : revue d’études françaises, n° 9/2019

https://www.erudit.org/fr/revues/arbo/

Les lecteurs de correspondances d’Ancien Régime, souvent à la recherche d’informations circonstancielles sur un événement particulier, se retrouvent parfois confrontés à des missives remplies de citations marginales et infrapaginales, ou parsemées d’inscriptions s’attachant à rendre le plus clairement possible le revers d’une médaille récemment découverte. Ces authentiques dissertations qui se greffent au contenu de la lettre, qu’elle soit familière ou non, sont le fait de savants professionnels ou d’amateurs éclairés en relation épistolaire avec d’autres membres de la République des Lettres. Qu’il s’agisse de théologie, de philologie, de numismatique, de voyages, de sciences ou plus simplement de « belles lettres », ces réseaux érudits facilitent et accélèrent la circulation des savoirs et leur diffusion à l’échelle européenne.

Cette dynamique est intimement liée à l’histoire du livre en général, et plus particulièrement au passage de la correspondance érudite d’une circulation exclusivement manuscrite à la publication. En vertu de leur caractère savant et souvent encyclopédique, ces échanges épistolaires sont parfois repris dans des ouvrages imprimés, comme ce fut le cas par exemple, au début des années 1670, de la riche correspondance du disciple de Gassendi, François Bernier, laquelle constitue une partie essentielle de ses Voyages. Avec l’apparition du journalisme savant, la lettre érudite devient un texte destiné à être largement diffusé. Le caractère mitoyen de ces correspondances d’Ancien Régime, situées à la jonction de l’essai imprimé et de la missive manuscrite, mena Françoise Waquet à analyser le passage de la lettre érudite au périodique comme autant de « faux semblants d’une mutation intellectuelle » (Waquet : 1983). Le rôle central que joue la correspondance savante dans les activités de la République des Lettres se trouve dès lors amplifié par l’imprimé. Ces échanges épistolaires deviennent ainsi un puissant agent de cohésion, mais aussi de subversion au sein des différents réseaux. Les polémiques entraînent quant à elles des mutations discursives : malgré les codes de politesse en place érigés en règles d’or par les manuels d’ars dictaminis, le discours épistolaire s’approche de plus en plus de la satire et sert parfois à monter de véritables campagnes pamphlétaires.

Étudier la lettre savante permet en outre de redécouvrir les correspondances d’auteurs prestigieux (Luther-Érasme, Bossuet-Leibniz, etc.), mais aussi d’érudits plus obscurs dont les activités épistolaires ont souvent lieu dans le cadre de mandats précis, soit au sein d’académies de province, soit à titre de journaliste ou d’attaché à une bibliothèque princière. Ces lettres contiennent souvent des illustrations, des formules, des transcriptions d’inscriptions antiques, des textes en grec, en hébreu, en chinois ou en arabe, et mettent ainsi en évidence l’importance du travail éditorial auquel se livrent les auteurs. En même temps, leurs échanges épistolaires acheminent des réflexions souvent en cours d’élaboration et que le lecteur voit évoluer lettre après lettre.

C’est à ces aspects de la correspondance érudite du XVIe au XVIIIe siècle que voudrait se consacrer le neuvième numéro de la revue Arborescences. Qu’il s’agisse d’un corpus littéraire, journalistique, viatique, scientifique ou théologique, nous sollicitons des propositions d’articles originaux qui ouvrent de nouvelles pistes de réflexion sur la dynamique de la circulation des savoirs au sein des échanges épistolaires, sur l’évolution des réseaux érudits de l’Ancien Régime, sur les savoirs véhiculés et les types de discours mobilisés, ainsi que sur les stratégies éditoriales qu’implique le passage à la publication. Nous sommes particulièrement intéressés par des contributions provenant d’éditeurs de correspondances.

Bibliographie choisie

BEAUREPAIRE, Pierre-Yves (éd.), La communication en Europe de l’âge classique au siècle des Lumières, Paris, Belin, 2014.

- (éd.) avec Héloïse HERMANT, Entrer en communication : de l’âge classique aux Lumières, Paris, Classiques Garnier, 2012.

- (éd.) avec Jens HÄSELER et Anthony MCKENNA, Réseaux de correspondance à l’âge classique (XVIe-XVIIIe siècle), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006.

- (éd.) La plume et la toile : pouvoirs et réseaux de correspondance dans l’Europe des Lumières, Arras, Presses de l’Université d’Artois, 2002.

BERKVENS-STEVELINCK, Christiane, Hans BOTS et Jens HÄSELER (éd.), Les grands intermédiaires culturels de la République des Lettres. Étude de réseaux de correspondances du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, Champion, 2005.

- (éd.) avec Jeroom VERCRUYSSE, Le métier de journaliste au dix-huitième siècle : correspondance entre Prosper Marchand, Jean Rousset de Missy et Lambert Ignace, Oxford, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, 1993.

BOTS, Hans et Françoise WAQUET (éd.), Commercium litterarium. La communication dans la République des Lettres. Forms of Communication in the Republic of Letters, 1600-1750. Conférences des colloques tenus à Paris, 1992 et à Nimègue, 1993, Amsterdam-Maarssen, APA-Holland University Press, 1994.

BRIZAY, François (éd.), Les formes de l’échange : communiquer, diffuser, informer de l’Antiquité au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.

DUNAN-PAGE, Anne et Clotilde PRUNIER (éd.), Debating the faith : religion and letter writing in Great Britain, 1550-1800, Dordrecht ; New York, Springer, 2013.

HOOCK-DEMARLE, Marie-Claire, L’Europe des lettres. Réseaux épistolaires et construction de l’espace européen, Paris, Albin Michel, 2008.

L’Épistolaire au XVIe siècle, Paris, Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’ENS, Cahiers V. L. Saulnier, nº 18, 2001.

NELLEN, Henk, « La correspondance savante au XVIIe siècle », XVIIe siècle, n° 178 (1993), pp. 87-98.

NEVEU, Bruno, « Correspondances diplomatiques et informations », XVIIe siècle, n°178 (1993), pp. 45-61.

PASSERON, Irène et al., « La république des sciences. Réseaux des correspondances, des académies et des livres scientifiques. Introduction », Dix-huitième siècle, 2008/1 (n° 40), pp. 5-27.

PEIFFER, Jeanne et Jean-Pierre VITTU, « Les journaux savants, formes de la communication et agents de la construction des savoirs (XVIIe-XVIIIe siècle) », Dix-huitième siècle, 2008/1 (n° 40), pp. 281-300.

SCHAPIRA, Nicolas, Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale, Seyssel, Champ Vallon, 2003.

WAQUET, Françoise, « De la lettre érudite au périodique savant : les faux semblants d’une mutation intellectuelle », XVIIe siècle, 35 (1983), pp. 347-359.

Envoi des propositions Merci d’adresser vos propositions d’articles (250 mots) avant le 15 mars 2018 conjointement à : Sébastien Drouin : sdrouin@utsc.utoronto.ca Camelia Sararu : camelia.sararu@mail.utoronto.ca

Veuillez joindre à votre proposition une courte notice bio-bibliographique. Les auteurs dont les propositions auront été acceptées seront invités à soumettre leurs textes complets (entre 35 000 et 80 000 signes) au comité de rédaction avant le 1er septembre 2018.

Responsables Sébastien Drouin (Université de Toronto) Camelia Sararu (Université de Toronto)

URL DE RÉFÉRENCEhttps://www.erudit.org/fr/revues/arbo/

New Publications

Pierre Beauchamps, Ballet des Fâcheux Musique pour la comédie de Molière (1661) (éd. Matthieu Franchin)
Posted: 26 Dec 2021 - 13:37

Pierre Beauchamps, Ballet des Fâcheux Musique pour la comédie de Molière (1661), éd. Matthieu Franchin, Versailles, Éditions du Centre de Musique Baroque de Versailles, 2021, 39 p., 30€.

La comédie de Molière Les Fâcheux est la toute première collaboration entre la comédie, la musique et la danse. Son succès, retentissant, a contribué à la naissance d’un genre, la comédie-ballet. Avec cette nouvelle publication musicale du Centre de musique baroque de Versailles, l’œuvre peut enfin retrouver toutes ses dimensions artistiques.

La comédie Les Fâcheux est créée lors de la fameuses fête à Vaux-le-Vicomte organisée par Fouquet en l’honneur de Louis XIV. Le peu de danseurs disponibles rendant impossible la représentation d’un ballet, on décide de placer une entrée de ballet à chaque entracte de la comédie afin de laisser le temps aux artistes de se changer. Molière et Beauchamps eurent alors l’idée de n’en faire qu’un spectacle. Le premier d’une longue série à succès, parmi lesquels Le Malade imaginaire ou Le Bourgeois gentilhomme.

Molière a structuré ses trois actes autour d’un défilé de fâcheux dont les interventions sont, comme pour les personnages dansants, toujours uniques. Ce souci d’offrir au spectateur la diversité la plus ingénieuse possible de caractères est lui-même redoublé par l’exploration des différents registres de danses, tant pastoral que comique voire grotesque, déclinés par Beauchamps.

Cette édition complète de la musique permet d’envisager d’intégrer à la comédie de Molière la musique originale. Elle propose plusieurs hypothèses d’effectifs :
- Au théâtre, un orchestre à cordes à 4 parties – dessus, haute-contre, taille et basse de violon (violons, 2 altos et violoncelle) – auxquels ont peu adjoindre des hautbois ad libitum.
- À la cour, un orchestre à cordes à 5 parties (ce sont les Vingt-Quatre Violons du Roi qui ont créé la partition), avec dessus, haute-contre, taille, quinte et basse de violon (violons, 3 parties d’altos et violoncelles) avec les hautbois, toujours ad libitum.

Disponible en ligne.

La Transcendance dans le théâtre français. Tome I. De l'origine aux Lumières (Charles Mazouer)
Posted: 23 Dec 2021 - 13:10

Charles Mazouer, La Transcendance dans le théâtre français. Tome I. De l'origine aux Lumières, Paris, H. Champion, 2021.

Dès son origine en Occident, le théâtre interrogea le mystère de la vie humaine ; la tragédie grecque posa l’énigme de la condition des hommes. Philosophique en ce sens, le théâtre ne pouvait faire l’économie de la question de l’au-delà, de la transcendance. Toute anthropologie assigne une place particulière à l’être humain dans une économie religieuse du monde, éclairant ses rapports avec le divin. Ainsi de l’anthropologie théâtrale.

D’où l’enquête ici entreprise, concernant la transcendance dans le théâtre français des origines à la modernité. Premier volet d’un dytique prévu, le présent volume conduira le lecteur jusqu’au théâtre de la Révolution. Après l’évocation de la source grecque, avec les dieux et la Nécessité de la tragédie, que va bousculer le Dieu unique du christianisme, un parcours chronologique commencera par le théâtre médiéval, qui met Dieu sur la scène. Nourri d’Antiquité, le théâtre de la Renaissance hésite parfois entre les figures de la transcendance antique et la théologie chrétienne. La transcendance païenne et la transcendance chrétienne sont massivement présentes dans la méditation des dramaturges classiques ; mais ces transcendances peuvent s’effacer, être contestées ou niées. Au théâtre, le rationalisme des Lumières, qui ne fait pas disparaître la transcendance, distend le lien, si fort jusque là, entre les hommes et le sacré.

Charles Mazouer est professeur émérite de littérature française à l’université de Bordeaux Montaigne. Il est spécialiste de l’ancien théâtre français, du Moyen Âge à l’aube des Lumières. Il a édité un certain nombre de dramaturges des XVIe (Robert Garnier ; Odet de Turnèbe) et XVIIe (Molière) siècles. Il dirige actuellement une histoire du théâtre français en douze volumes, chez Honoré Champion.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Date de publication : 22/09/2021

ISBN : 9782745355485

Paris 1553 : audaces et innovations poétiques (dir. Olivier Halévy et Jean Vignes)
Posted: 23 Dec 2021 - 13:07

Paris 1553 : audaces et innovations poétiques, dir. Olivier Halévy et Jean Vignes, Paris, H. Champion, 2021.

L’année 1553 voit se multiplier les manifestations d’audace dans le milieu humaniste : Ronsard et ses amis fêtent le succès de la première tragédie à l’antique en sacrifiant un bouc à Bacchus pour « ressusciter le joyeux mystère de ses gayes Orgies… » ! Un formidable élan donne naissance à des expériences artistiques insolites : vers libres, vers mesurés à l’antique, alexandrins détrônent le vieux décasyllabe ; les Amours de Cassandre s’ornent d’un étrange « supplément musical ». La liberté d’esprit et de mœurs s’affiche dans une nouvelle Athènes où renaissent liturgies païennes et amour grec… Le scandale sera à la mesure des audaces. Muret, ami et commentateur de Ronsard, est accusé de sodomie et condamné à mort ; les Folastries de Ronsard sont brûlées… 1553 restera l’apogée créateur du règne d’Henri II, un sommet de liberté esthétique et morale.

Olivier Halévy est maître de conférences en langue et littérature françaises de la Renaissance à l’Université Sorbonne nouvelle, spécialiste de la poésie et du théâtre du XVIe siècle.

Jean Vignes est professeur de littérature française de la Renaissance à l’Université de Paris. Il a également codirigé avec Hugues Daussy et Isabelle His le volume 1570 Le mariage des arts au cœur des guerres de religion (Champion).

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Date de publication : 22/09/2021

ISBN : 9782745355768

Buffon, Oeuvres complètes XVI. HIstoire naturelle des oiseaux, t. I (1770) (éd. Stéphane Schmitt)
Posted: 23 Dec 2021 - 13:04

Georges-Louis Leclerc de Buffon, Oeuvres complètes XVI. HIstoire naturelle des oiseaux, t. I (1770), texte établi, introduit et annoté par Stéphane Schmitt avec la collaboration de Cédric Crémière, Paris, H. Champion, 2021.

Après les quadrupèdes, Buffon entame en 1770 l’Histoire naturelle des oiseaux, qui paraît dans deux éditions : l’une, en format in-quarto, ornée de planches en noir et blanc, prolongeant les quinze volumes déjà publiés ; l’autre, en in-folio, accompagnée de planches en couleur formant un corpus iconographique exceptionnel quantitativement et qualitativement.

Buffon fait appel, pour la rédaction de certains chapitres, à de nouveaux collaborateurs, dont Guéneau de Montbeillard. Pour autant, il ne cesse de veiller scrupuleusement à la valeur scientifique et littéraire du texte, qui non seulement traite de manière exhaustive et détaillée des oiseaux connus à l’époque, mais propose aussi des réflexions générales sur les sciences de la nature.

Ce premier volume comprend les oiseaux de proie ainsi que les espèces qui ne volent pas, en particulier l’autruche et le fameux dodo.

Stéphane Schmitt est directeur de recherche au CNRS (Archives Poincaré, Nancy). Ses travaux portent sur l’histoire des sciences de la vie, notamment l’anatomie, l’embryologie et les sciences de l’évolution, du XVIIIe au XXe siècle.

Cédric Crémière, conservateur en chef du patrimoine, s’intéresse en particulier à l’histoire de l’anatomie et des collections.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Date de publication24/09/2021

Lieu d'éditionPARIS

ISBN9782745354532

Marguerite de Navarre, Oeuvre complètes. T. XIII. Les Tombeaux (éd. Richard Cooper)
Posted: 23 Dec 2021 - 12:57

Marguerite de Navarre, Oeuvre complètes. T. XIII. Les Tombeaux, éd. Richard Cooper, Paris, H. Champion, 2021.

La mort de la Reine de Navarre en 1549 fut marquée par une série d’hommages posthumes, dont le plus connu est le Tombeau de Marguerite de Valois, publié à Paris au printemps de 1551. Ce recueil de poèmes en quatre langues, dans lequel les membres de la future Pléiade firent leur première apparition collective, n’avait pas fait l’objet jusqu’ici d’une édition critique, malgré son importance pour l’évolution de la poésie sous Henri II. Avec les courts recueils inclus dans son Oraison Funèbre en latin et en français, Charles de Sainte-Marthe les avait devancés, suivi de près par Nicolas Denisot avec l’Hecatodistichon, cent distiques latins en l’honneur de Marguerite, prétendument écrits par trois jeunes Anglaises. Mis au défi par Sainte-Marthe et Denisot, les membres de la Brigade traduisirent et imitèrent ces distiques en trois langues, en y ajoutant d’autres pièces très diverses à la louange de la Reine défunte, des jeunes filles anglaises, de sa fille Jeanne d’Albret et de sa nièce Marguerite de Berry. Le succès de ce recueil polyglotte a fait oublier d’autres hommages offerts à Marguerite par ses protégés restés sans appui, notamment dans ses domaines du Sud-Ouest, ainsi que d’autres jugements postérieurs, qui évoluèrent après la publication de l’Heptameron.

Richard Cooper est professeur émérite de littérature française et Master de St Benet’s Hall à l’Université d’Oxford. Il collabore à des éditions de Scève, Du Bellay, et Michel d’Amboise.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Date de publication : 22/09/2021

ISBN : 9782745355935