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Calls for Papers and Contributions

Appel à contribution: La Faute, numéro 22 d’Alkemie, revue semestrielle de littérature et philosophie
Posted: Tuesday, February 6, 2018 - 12:05

Comme souvent pour les mots dont le paradigme étymologique peut être largement déployé, le profil linguistique de « faute » nous enseigne l’essentiel de ce que la littérature et la philosophie exposeront avec force subtilité. Le radical indo-européen duquel le latin fallo (je faillis) dérive est déjà associé à l’idée de « détournement », de « ruse », et c’est d’ailleurs aussi ce à quoi le grec ancien φηλόω fait référence. Le français a construit « faute » à partir du bas-latin fallita, tandis que l’italien a préféré par supplétion colpa à l’archaïque falta, lesquels pourtant signifient la même chose. Notre « coulpe » en revanche, qui n’apparaît plus guère que dans le registre soutenu, est imprégné de religiosité : au sens propre, quiconque « bat sa coulpe » exprime son repentir devant Dieu, conformément à l’étymon performatif culpo (je réprouve, je condamne).

Chargée du sens que fallo avait hérité de son équivalent grec, « la faute » nous renvoie aussi bien à l’acte subjectif de « faillir » (c’est-à-dire « échouer par soi ») qu’à son résultat moral face au jugement d’autrui. La religion, dont la grammaire de l’interdit fait précéder le péché par la culpabilité, se fonde toute entière sur la faillibilité des hommes, car est déjà coupable celui qui est tenté. Sans la faute, qu’elle soit commise ou simplement prévenue, les religions perdraient leur pouvoir prescriptif : une humanité exemplaire et vertueuse est sans intérêt aux yeux du prédicateur. Rappelons que le péché est ce qui distance les chrétiens de leur salut ; plus le chemin de la rédemption est accidenté, meilleure est la pénétration du prêche. Le droit, quant à lui, exhausse la faute en délit lorsque celle-ci engage la responsabilité de qui la commet. Sauf rares cas de « prophylaxie » pénale (principe de précaution), la justice ne s’intéresse qu’aux faits, et non aux intentions. En désignant des coupables, elle leur reconnaît des victimes ; pour tout délit qualifié, un jugement prononcé. Et quand à son tour la justice se rend coupable d’injustice, on parlera d’ « erreur » – euphémisme de la faute. Car nul sinon Dieu n’est à l’abri d’une erreur, de même que chacun, s’il est désigné coupable, peut être rédimé par l’onction du châtiment. Peu de chose, en fin de compte, distingue droit pénal et droit divin vis-à-vis du traitement de la faute : l’arbitrage suprême se range inconditionnellement sous l’égide de la morale.

Pour autant, la faute relève-t-elle toujours de l’éthique ? L’acception initiale de « manquement » tend à éclipser le délit d’intention : il ne suffit pas qu’il y ait faute pour qu’il y ait coupable(s) et victime(s). Un manquement peut être commis hors du pénal ou du divin, sans relever ni de la transgression, ni de la désobéissance, ni même de la volonté de nuire, et ce indépendamment du critère de gravité. La fortuité d’une faute, en tant qu’elle déqualifie l’infraction, peut remettre en cause la responsabilité de son auteur ; or c’est le responsable qui fait le coupable, de même que la sanction fait de la faute un délit. Si je renie mon serment, je suis un fautif pendable ; si je donne seulement à croire que je m’en déprends, je suis un fautif par omission.

Ainsi se décline, du véniel au mortel, de la peccadille au crime de sang, la gamme très ample du péché. La mythologie grecque déjà, avec son cortège de coupables et de victimes, exploitait le ressort didactique de la faute, et ses héros, d’Œdipe à Phèdre, d’Ajax à Clytemnestre, ont inspiré une littérature féconde où l’humain n’est fascinant que parce qu’il est faillible.

Marc Bonnant (Université Pasquale Paoli de Corse)

Les contributions, inédites et en langue française, sont à envoyer jusqu’au 1er juillet 2018. Les textes doivent être transmis au comité de rédaction, aux adresses info@revue-alkemie.com et mihaela_g_enache@yahoo.com (en format Word, 30 000 signes maximum, espaces compris). Nous vous prions d’accompagner votre article d’une courte présentation bio-bibliographique (400 signes, en français), d’un résumé (300 signes, en français et en anglais), et de cinq mots-clefs en français et en anglais. Date limite : 1er juillet 2018.

Site de la revue Alkemie : http://www.revue-alkemie.com Directrice : Mihaela-Genţiana STĂNIŞOR (mihaela_g_enache@yahoo.com)

Source: Fabula

Appel à communications: Le mépris
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:52

Colloque international organisé dans le cadre des échanges entre l’Université de Łódźet l’Université Lumière Lyon 2, Łódź, du 18 au 20 octobre 2018

« Celui qui méprise son prochain commet un péché » (Pr 14 :21).

1649. Descartes publie son traité novateur de philosophie morale. Dans Les Passions de l’âme, il considère que le mépris et l’estime, mouvements de l’âme particuliers et opposés, sont des espèces de l’admiration, tenue elle-même pour être une passion primitive, c’est-à-dire fondamentale. « La Passion du Mépris, écrit-il, est une inclination qu’a l’âme, à considérer la bassesse et la petitesse de ce qu’elle méprise » (art. 149). Ce concept va être, quelques années plus tard, illustré de dessins correspondant à diverses passions. Charles Le Brun, auteur de ces dessins, dresse entre autres cette esquisse de tête que l’on voit sur la gauche et qui est accompagnée d’un commentaire fort instructif : « Le mépris. Les mouvements du mépris sont vifs et marqués ; le front se ride ; le sourcil se fronce, s’abaisse du côté du nez, et s’élève beaucoup de l’autre côté ; l’œil fort ouvert, et la prunelle au milieu ; les narines élevées se retirent du côté des yeux et font des plis aux joues ; la bouche se ferme, ses extré-mités s’abaissent, et la lèvre de dessous excède celle de dessus »[1]. Cette description presque clinique du mépris visible sur la figure d’un homme offre un bel exemple d’écriture ekphrastique et permet de nous plonger dans le climat de notre colloque, que nous organisons 55 ans après la sortie du fameux film de Jean-Luc Godard.

Depuis un bon moment la critique universitaire s’intéresse beaucoup au problème des émotions et des sentiments. Parmi eux certains sont privilégiés, comme l’amour passionnel, la colère, la nostalgie ou la mélancolie. Le mépris, par contre, ne semble pas avoir tout particulièrement retenu l’attention des chercheurs. En nous inscrivant dans ce vaste courant de critique pathophile, nous nous proposons de réfléchir, pendant notre colloque, à ce sentiment spécifique et protéiforme. Pour cerner davantage le thème de notre recherche, nous voudrions préciser d’abord que nous distinguons entre dédain et mépris. Le premier suppose le désintérêt conjugué au sentiment de supériorité que l’on manifeste vis à vis d’une chose ou d’un individu qui possèdent en soi une valeur positive mais auxquels on refuse de la reconnaître en situation donnée. Le mépris, en revanche, constitue un acte de dévalorisation – de soi, d’une chose, d’un individu ou d’une communauté – : quand on témoigne du mépris, on donne à voir ou à savoir qu’on porte sur l’objet en question un jugement dépréciatif indépendamment de la valeur réelle de cet objet. Dans un premier temps, c’est autour du mépris que nous aimerions concentrer notre débat : sur le mépris de soi vécu en situation de crise spirituelle ou recommandé au chrétien pour qu’il trouve l’amour de Dieu dans sa plénitude, et sur le mépris dans les relations interpersonnelles ou interhumaines quand un individu en rabaisse un autre en exerçant sur lui une espèce de violence discriminatoire.

Dans un deuxième temps, nous voudrions aussi vous inviter à la réflexion sur le mépris perçu comme synonyme du dédain. Cette acception du terme se laisse découvrir quand on parle du mépris de la mort, du mépris des grandeurs, des richesses ou des louanges, mais aussi du mépris du monde qui implique le sentiment de la vanité de toute chose. Elle a l’avantage de mettre en évidence le parti pris subjectif de l’individu contestant pour des raisons variables l’axiologie en vigueur à l’époque où il vit, et le geste de discrédit qu’on observe chez lui la rapproche de l’acception précédente. Puisque cette perspective fait intervenir des présupposés idéologiques ou religieux, il sera opportun aussi d’examiner comment la sémantique et la sémiologie du mépris évoluent au cours des siècles en absorbant les nouveaux acquis de la civilisation, voire, à l’époque moderne, en empruntant la voie de la laïcisation.

En nous adressant à ceux qui travaillent sur la littérature, le théatre, le film et la peinture, et éventuellement aux spécialistes d’autres disciplines scientifiques (philosophes, historiens, historiens de la médecine...), nous proposons donc d’étudier les représentations du mépris, ses causes et effets, ainsi que les sens qu’il acquiert dans l’économie de l’œuvre ; et en particulier, nous suggérons quelques axes de réflexion, la liste étant loin d’être exhaustive :

– étude du mépris : en médecine ancienne, en morale, en philosophie ;

– psychologie du mépris : art de l’analyser, en littérature ;

– formes du mépris : abaissement, déshonneur, disgrâce, etc.

– manifestations psychophysiques : mimique, gestes, mouvements du corps ;

– manifestations sociales, surtout en littérature post coloniale

– manifestations verbales : sarcasme, affront, etc.

– représentations iconographiques, allégoriques, emblématiques, filmiques ;

– moyens d’expression : procédés descriptifs et narratifs, figures de style ;

– rhétorique du mépris : genre épidictique;

– émotions contiguës au mépris : haine, orgueil, présomption, etc.

Nous attendons les projets de vos communications (titre et résumé d’environ 1000 signes espaces comprises, accompagnés d’une brève notice bio-bibliographique) jusqu’au 31 mars 2018 ; ils sont à envoyer à Magdalena Koźluk (magdakozluk@yahoo.fr) et Witold Konstanty Pietrzak (wkpietrzak@wp.pl). Vos projets seront examinés par le comité scientifique dont les décisions vous seront communiquées fin avril 2018.

Frais d’inscription : 450 PLN (approximativement 110 euros). Langue des communications : français.

Secrétaire du colloque : Organisateur du colloque : Magdalena Koźluk Witold Konstanty Pietrzak

Comité scientifique : Martine Boyer Weinmann Michèle Clément Delphine Gleizes Marylène Possamaï Denis Reynaud Anita Staroń

[1] Ch. Le Brun, Les Expressions des passions de l’âme, représentées en plusieurs testes gravées d’après les dessins de feu M. Le Brun, Paris, Jean Audran, 1727, Planche XV.

RESPONSABLE : Witold Konstanty Pietrzak

URL DE RÉFÉRENCEhttp://www.romanistyka.uni.lodz.pl/

Appel à communications: Le toucher. Prospections médicales, littéraires et artistiques
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:46

Porto (Portugal), 8-9 octobre 2018

Faisant suite à « Maux écrits, mots vécus. Traitements littéraires de la maladie » et à « Santé et bien-être à l’épreuve de la littérature », nous proposons d’interroger le thème du toucher au croisement de la littérature et des arts et de la médecine, l’appréhender d’un point de vue historique, symbolique et social, dans ses dimensions physique (le kinesthésique) et communicable à autrui (le kinésique). Si la question du toucher a de tous temps interpellé les formes et les pratiques, elle se trouve aujourd'hui avivée dans le cadre d’une société digitale qui reconfigure les notions de rapport, de contact, de sensation, et d’expérience. Prégnant dans les arts vivants conférant au corps une place primordiale, le toucher est également associé à la maîtrise d’une technique biomédicale, clinique et relationnelle, sur laquelle pourrons aussi nous pencher.

Certes, quand on évoque le toucher on pense notamment aux usages de la main dont Focillon a fait l’éloge dans son essai L’Art et les formes. Cependant, le corps en mouvement, soit qu’il s’avance d'un pas affirmé, soit qu’il menace de tomber (cf. les sculptures de Giacometti) se meut dans le monde interagissant avec lui et avec les autres. Vivre c’est bouger, se mouvoir, s’émouvoir. Le corps entier produit des gestes culturellement codés (Jousse, Anthropologie du geste), mais chacun y pose son éthique propre, sa manière singulière d’être au monde (Dessons, 2004).

Les travaux d’André Leroi-Gourhan (Le Geste et la parole, 1965), de Guillemette Bolens (Le Style des gestes, 2008), nous aident à penser la propriété analytique du toucher, qui se retrouve également dans le langage parlé, traduisant l’expérience quotidienne du monde, celui de l’appréhension. On dira en effet « saisir une idée » au sens de la prendre avec soi comme on s’empare d’un objet dans l’espace pour l’examiner sous tous ses angles. Le geste est donc fondamental dans la communication verbale qu’il libère, complète (et parfois contredit) ; il s’avère également fondamental dans les communications non verbales, tout comme dans toute communication interpersonnelle, nous invitant ainsi à distinguer toucher et tact. Certains gestes, certaines expressions faciales, certains silences en disent souvent plus long que les paroles. En ce sens ils font langage comme le dit Meschonnic, et invitent à cette perception « œcuménique » qu’évoque Barthes dans son article sur le théâtre de Baudelaire (Barthes, 1955).

C’est dans ce cadre pluridisciplinaire ouvert et englobant que nous entendons aborder les sens du toucher affectif ou sensible comme exploration du corps et du monde en confrontant des perspectives médicales, littéraires et artistiques.

Les propositions accueillies devront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants :

Représentations du toucher au croisement des arts et de la médecine (littérature, peinture, sculpture, cinéma et arts vivants) ; Le toucher en médecine : de la délicatesse à l’invasion violente ; le contact clinique versus les nouvelles imageries et l’idéal du corps transparent ; La part du toucher dans les processus d’objectivation et d’individuation ; Le rôle du toucher dans la communication et dans l’échange.

Organisation : Maria de Jesus Cabral (FLUL /Programa em Humanidades Médicas) Gérard Danou (médecin et essayiste) José Domingues de Almeida (FLUP/ILCML) João da Costa Domingues (FLUC/CLP)

Langue des communications : Français et portugais

Envoi des propositions : Merci d’envoyer le titre de votre proposition, un résumé de 250 mots et une notice bibliographique (100 mots maximum) à l’adresse : rdvcritique10@gmail.com

Calendrier : 15 mai 2018 : date limite pour l’envoi des propositions 15 juin 2018 : notification des participants et consignes d’inscription

Inscription : 100,00 € Elle comprend les pause-café et les deux déjeuners.

Les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge des participants.

Les textes sélectionnés à l’issue du colloque feront l’objet d’une publication, sous condition d’avis favorable du comité de lecture (évaluation en double aveugle).

RESPONSABLE : Rendez-vous de la critique

URL DE Référence http://www.letras.up.pt

Source: Fabula

Appel à contributions La lettre érudite (XVIe-XVIIIe siècles)
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:34

Arborescences : revue d’études françaises, n° 9/2019

https://www.erudit.org/fr/revues/arbo/

Les lecteurs de correspondances d’Ancien Régime, souvent à la recherche d’informations circonstancielles sur un événement particulier, se retrouvent parfois confrontés à des missives remplies de citations marginales et infrapaginales, ou parsemées d’inscriptions s’attachant à rendre le plus clairement possible le revers d’une médaille récemment découverte. Ces authentiques dissertations qui se greffent au contenu de la lettre, qu’elle soit familière ou non, sont le fait de savants professionnels ou d’amateurs éclairés en relation épistolaire avec d’autres membres de la République des Lettres. Qu’il s’agisse de théologie, de philologie, de numismatique, de voyages, de sciences ou plus simplement de « belles lettres », ces réseaux érudits facilitent et accélèrent la circulation des savoirs et leur diffusion à l’échelle européenne.

Cette dynamique est intimement liée à l’histoire du livre en général, et plus particulièrement au passage de la correspondance érudite d’une circulation exclusivement manuscrite à la publication. En vertu de leur caractère savant et souvent encyclopédique, ces échanges épistolaires sont parfois repris dans des ouvrages imprimés, comme ce fut le cas par exemple, au début des années 1670, de la riche correspondance du disciple de Gassendi, François Bernier, laquelle constitue une partie essentielle de ses Voyages. Avec l’apparition du journalisme savant, la lettre érudite devient un texte destiné à être largement diffusé. Le caractère mitoyen de ces correspondances d’Ancien Régime, situées à la jonction de l’essai imprimé et de la missive manuscrite, mena Françoise Waquet à analyser le passage de la lettre érudite au périodique comme autant de « faux semblants d’une mutation intellectuelle » (Waquet : 1983). Le rôle central que joue la correspondance savante dans les activités de la République des Lettres se trouve dès lors amplifié par l’imprimé. Ces échanges épistolaires deviennent ainsi un puissant agent de cohésion, mais aussi de subversion au sein des différents réseaux. Les polémiques entraînent quant à elles des mutations discursives : malgré les codes de politesse en place érigés en règles d’or par les manuels d’ars dictaminis, le discours épistolaire s’approche de plus en plus de la satire et sert parfois à monter de véritables campagnes pamphlétaires.

Étudier la lettre savante permet en outre de redécouvrir les correspondances d’auteurs prestigieux (Luther-Érasme, Bossuet-Leibniz, etc.), mais aussi d’érudits plus obscurs dont les activités épistolaires ont souvent lieu dans le cadre de mandats précis, soit au sein d’académies de province, soit à titre de journaliste ou d’attaché à une bibliothèque princière. Ces lettres contiennent souvent des illustrations, des formules, des transcriptions d’inscriptions antiques, des textes en grec, en hébreu, en chinois ou en arabe, et mettent ainsi en évidence l’importance du travail éditorial auquel se livrent les auteurs. En même temps, leurs échanges épistolaires acheminent des réflexions souvent en cours d’élaboration et que le lecteur voit évoluer lettre après lettre.

C’est à ces aspects de la correspondance érudite du XVIe au XVIIIe siècle que voudrait se consacrer le neuvième numéro de la revue Arborescences. Qu’il s’agisse d’un corpus littéraire, journalistique, viatique, scientifique ou théologique, nous sollicitons des propositions d’articles originaux qui ouvrent de nouvelles pistes de réflexion sur la dynamique de la circulation des savoirs au sein des échanges épistolaires, sur l’évolution des réseaux érudits de l’Ancien Régime, sur les savoirs véhiculés et les types de discours mobilisés, ainsi que sur les stratégies éditoriales qu’implique le passage à la publication. Nous sommes particulièrement intéressés par des contributions provenant d’éditeurs de correspondances.

Bibliographie choisie

BEAUREPAIRE, Pierre-Yves (éd.), La communication en Europe de l’âge classique au siècle des Lumières, Paris, Belin, 2014.

- (éd.) avec Héloïse HERMANT, Entrer en communication : de l’âge classique aux Lumières, Paris, Classiques Garnier, 2012.

- (éd.) avec Jens HÄSELER et Anthony MCKENNA, Réseaux de correspondance à l’âge classique (XVIe-XVIIIe siècle), Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006.

- (éd.) La plume et la toile : pouvoirs et réseaux de correspondance dans l’Europe des Lumières, Arras, Presses de l’Université d’Artois, 2002.

BERKVENS-STEVELINCK, Christiane, Hans BOTS et Jens HÄSELER (éd.), Les grands intermédiaires culturels de la République des Lettres. Étude de réseaux de correspondances du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, Champion, 2005.

- (éd.) avec Jeroom VERCRUYSSE, Le métier de journaliste au dix-huitième siècle : correspondance entre Prosper Marchand, Jean Rousset de Missy et Lambert Ignace, Oxford, Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, 1993.

BOTS, Hans et Françoise WAQUET (éd.), Commercium litterarium. La communication dans la République des Lettres. Forms of Communication in the Republic of Letters, 1600-1750. Conférences des colloques tenus à Paris, 1992 et à Nimègue, 1993, Amsterdam-Maarssen, APA-Holland University Press, 1994.

BRIZAY, François (éd.), Les formes de l’échange : communiquer, diffuser, informer de l’Antiquité au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.

DUNAN-PAGE, Anne et Clotilde PRUNIER (éd.), Debating the faith : religion and letter writing in Great Britain, 1550-1800, Dordrecht ; New York, Springer, 2013.

HOOCK-DEMARLE, Marie-Claire, L’Europe des lettres. Réseaux épistolaires et construction de l’espace européen, Paris, Albin Michel, 2008.

L’Épistolaire au XVIe siècle, Paris, Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’ENS, Cahiers V. L. Saulnier, nº 18, 2001.

NELLEN, Henk, « La correspondance savante au XVIIe siècle », XVIIe siècle, n° 178 (1993), pp. 87-98.

NEVEU, Bruno, « Correspondances diplomatiques et informations », XVIIe siècle, n°178 (1993), pp. 45-61.

PASSERON, Irène et al., « La république des sciences. Réseaux des correspondances, des académies et des livres scientifiques. Introduction », Dix-huitième siècle, 2008/1 (n° 40), pp. 5-27.

PEIFFER, Jeanne et Jean-Pierre VITTU, « Les journaux savants, formes de la communication et agents de la construction des savoirs (XVIIe-XVIIIe siècle) », Dix-huitième siècle, 2008/1 (n° 40), pp. 281-300.

SCHAPIRA, Nicolas, Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale, Seyssel, Champ Vallon, 2003.

WAQUET, Françoise, « De la lettre érudite au périodique savant : les faux semblants d’une mutation intellectuelle », XVIIe siècle, 35 (1983), pp. 347-359.

Envoi des propositions Merci d’adresser vos propositions d’articles (250 mots) avant le 15 mars 2018 conjointement à : Sébastien Drouin : sdrouin@utsc.utoronto.ca Camelia Sararu : camelia.sararu@mail.utoronto.ca

Veuillez joindre à votre proposition une courte notice bio-bibliographique. Les auteurs dont les propositions auront été acceptées seront invités à soumettre leurs textes complets (entre 35 000 et 80 000 signes) au comité de rédaction avant le 1er septembre 2018.

Responsables Sébastien Drouin (Université de Toronto) Camelia Sararu (Université de Toronto)

URL DE RÉFÉRENCEhttps://www.erudit.org/fr/revues/arbo/

Appel à contributions: Atlante n°10, "Représenter l’histoire dans la littérature et les arts"
Posted: Sunday, February 4, 2018 - 20:24

Organisé par le Centre d’Études en Civilisations, Langues et Littératures Étrangères (CECILLE - EA 4074) – Université Lille 3 – Sciences Humaines et Sociales

Coordination du numéro : Jean-Philippe Bareil et Michele Carini

PRESENTATION "Sans vivre ni ressentir le rapport au présent, représenter l’histoire est impossible." G. Lukács, Le roman historique Dans la Lettre à M. Chauvet, publiée en 1823, Alessandro Manzoni justifie les choix littéraires qui l’ont guidé dans la rédaction du drame historique Le comte de Carmagnole. Dépassant les contraintes des règles des unités aristotéliciennes , il développe une ample réflexion esthétique qui le conduira à l’idéation et à la rédaction de son roman historique Les Fiancés (1821-40). Si la vie intérieure de l’individu protagoniste d’événements historiques est «passé[e] sous silence par l’histoire» et constitue le «domaine de la poésie», l’écrivain ne doit pas contredire la «vérité matérielle» des faits parce qu’elle dévoile «au plus haut degré le caractère de vérité poétique que l’on cherche dans la tragédie» (Lettre).

Dans ses tragédies, en effet, Manzoni offre au lecteur des outils paratextuels qui lui permettent de situer les événements dans le contexte historique ainsi que d’apprécier la marge d’intervention de l’auteur. Dans Les Fiancés la nécessité de fonder la vraisemblance historique du discours romanesque – où l’on retrouve des personnages réels et fictifs – est confiée, par exemple, à des digressions intégrées dans le texte. Partant de la réflexion et l’œuvre manzoniennes, ce numéro d’Atlante souhaite revenir sur des notions fondamentales de la théorie littéraire et esthétique : dans quelle mesure un sujet historique peut-il être objet d’une narration ? La représentation de l’histoire est-elle plus objective que la narration ? Peut-on mélanger ces deux niveaux du discours ? L’objectivité du discours représentant l’histoire est-elle possible ? Est-elle souhaitable ?

À travers une vérification de la persistante pertinence d’oppositions comme Histoire/histoire ou historien/narrateur, nous voulons aussi réfléchir sur la place du lecteur et du public dans ce processus : ont-ils un rôle actif dans l’interprétation du fait historique ? Quelle est la responsabilité de l’auteur envers eux ? Dans Le roman historique (1938), Lukács explique comment, après la Révolution française, le rapport avec l’histoire devient plastique : à côté du roman historique classique (Walter Scott, Manzoni) existe un roman historique contemporain (Balzac, Tolstoï) qui veut analyser le fonctionnement de l’histoire. On peut donc retrouver dans la littérature et dans les arts un rapport strict avec les sciences sociales et notamment avec l’historiographie : cela implique qu’on s’interroge sur les revendications de la valeur épistémologique de la perspective artistique. Peut-on encore affirmer aujourd’hui que « la littérature semble être le seul système cohérent de signes par lequel l’histoire peut être saisie comme réalité matérielle » (Enzensberger 1966) ?

Récemment l’historien Ivan Jablonka a publié, sous le titre L’histoire est une littérature contemporaine (2014), un Manifeste pour les sciences sociales qui problématise et développe cette suggestion : la médiation de la création littéraire est donc censée produire un savoir historique. Mais un acte de représentation, dans le domaine artistique, implique – voire sollicite – une auctorialité : comment thématise-t-on l’histoire ? L’histoire comme progrès ou comme résultat des rapports de force ? Peut-on représenter l’absence de rationalité dans le devenir historique ? Peut-on représenter après les horreurs de l’histoire ?

Au XXème siècle le roman peut devenir anti-historique, mais néoréaliste aussi, parce que dans les moments de crises, l’histoire peut être considérée comme un espace possible de réalisation humaine : représenter l’histoire, donc, comme forme de résistance à l’Histoire, ou représenter l’histoire pour représenter une autre histoire – celle des minorités ou des persécutés ou encore de ceux qui n’ont pas la parole. À côté, par ailleurs, de ce type de production artistique, l’histoire peut être tout simplement un dispositif exotique permettant à l’auteur d’évoquer un passé qui séduise le public sans le pousser véritablement à une pensée critique autour de cette notion.

CONTRIBUTIONS Ce numéro d’Atlante accueillera des articles se proposant d’aborder ces notions dans cette perspective ou offrant de nouvelles approches, ainsi que des analyses spécifiques d’ouvrages littéraires et artistiques dans le domaine des cultures romanes.

Les propositions (en espagnol, français, italien ou portugais), d’environ 2000 signes (espaces compris), sont à envoyer avant le 1er mars 2018 à l’adresse suivante : atlante.histoire@gmail.com. Les coordinateurs du numéro communiqueront leur réponse fin mars et les articles, qui feront objet d’une double relecture à l’aveugle, seront à rendre avant le 15 mai 2018. Plus d'informations.

RESPONSABLE : Michele Carini https://cecille.univ-lille.fr/publications/revues/atlante/

New Publications

Les Registres des consistoires des Églises réformées de Suisse romande (XVIe-XVIIIe siècles) Un inventaire (éd. Christian GROSSE, Michèle ROBERT, Nicole STAREMBERG, Amélie ISOZ, Salomon RIZZO)
Posted: 23 Dec 2021 - 12:24

Les Registres des consistoires des Églises réformées de Suisse romande (XVIe-XVIIIe siècles). Un inventaire, éd. Christian GROSSE, Michèle ROBERT, Nicole STAREMBERG, Amélie ISOZ, Salomon RIZZO, Genève, Droz, 2021.

Cet inventaire est pensé comme un outil pour la recherche sur la discipline ecclésiastique exercée sous l'Ancien Régime par les consistoires réformés. Il établit une description détaillée de près de 700 registres consistoriaux et plus d'une centaine de recueils de documents concernant l'activité de ces tribunaux ecclésiastiques. Organisé en section cantonale, chacune précédée par une introduction qui résume les connaissances historiques sur les consistoires, il identifie précisément les lieux de conservation de cette documentation, révélant au passage un certain nombre de sources conservées localement (communes, paroisses). Il met à jour ainsi un grand nombre de documents auxquels la recherche ne s'est pas encore intéressée et vise ainsi à diversifier les enquêtes face à une historiographie qui s'est longtemps intéressée presqu’exclusivement aux consistoires des capitales (Genève, Lausanne, Neuchâtel). 

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Nombre de pages 376

DOI 10.47421/droz62855

Collection Travaux d'Humanisme et Renaissance

ISSN 0082-6081

CORRESPONDANCE DE CHARLES DRELINCOURT ET DE SES ENFANTS, 1620-1703 (éd. Jane McKee)
Posted: 23 Dec 2021 - 12:18

CORRESPONDANCE DE CHARLES DRELINCOURT ET DE SES ENFANTS, 1620-1703, éd. Jane McKee, Paris, H. Champion, 2021.

Reproduites in extenso ici pour la première fois, ces correspondances sont écrites par deux générations d’une famille réformée. La première partie reproduit trois correspondances du pasteur parisien Charles Drelincourt, 221 lettres au total, écrites au pasteur Paul Ferry à Metz, au théologien André Rivet et au philologue Claude Saumaise, dans les Provinces-Unies. Pendant presque cinquante ans, entre 1620 et 1669, les lettres du pasteur nous permettent de suivre de près ses activités et celles de ses correspondants, ainsi que les affaires des Églises réformées de France au milieu du XVIIe siècle.

La deuxième partie révèle les destins contrastés de quatre de ses fils, à travers quarante-deux lettres écrites entre 1668 et 1703. L’aîné, Laurent, pasteur et poète, passe sa vie en France et sa correspondance avec le médecin rochelais Élie Bouhéreau tourne autour de la poésie : la révision des Pseaumes de Marot et de Bèze et ses propres Sonnets chrétiens. Ses frères quittent tous leur patrie au cours des années 1660 pour faire carrière en dehors de la France, avec plus ou moins de succès. Charles est médecin et réussit son départ, devenant professeur d’anatomie à l’université de Leyde ; Antoine, médecin lui aussi, exerce sa profession plus humblement dans la ville d’Orbe en Suisse, et Pierre devient enfin doyen anglican en Irlande. Leurs lettres, écrites à des personnes en dehors de la famille, révèlent les réussites et les frustrations de l’exil, bien avant le grand exode des années 1680.

Jane McKee est professeur honoraire de l’Ulster University en Irlande du Nord et ancienne présidente de la section irlandaise de la Huguenot Society of Great Britain and Ireland. Auteur de nombreux articles sur les huguenots en France et en Irlande, elle a publié The Huguenots: France, Exile and Diaspora en 2013, avec Randolph Vigne, et a participé plus récemment à l’édition bilingue du Diary (1689-1719) and accounts (1704-1717) of Élie Bouhéreau en 2019.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Collection: VIE DES HUGUENOTS

No dans la collection : 0090

Nombre de pages: 606

Date de publication: 25/11/2021

ISBN9782745355621

 

Salonnières, Furies, and Fairies: The Politics of Gender and Cultural Change in Absolutist France (Anne E. Duggan) (2nd edition)
Posted: 23 Dec 2021 - 12:13

Anne E. Duggan, Salonnières, Furies, and Fairies: The Politics of Gender and Cultural Change in Absolutist France, University of Delaware Press, 2021 (2nd edition). 

The original edition of Salonnières, Furies, and Fairies, published in 2005, was a pathbreaking work of early modern literary history, exploring women’s role in the rise of the fairy tale and their use of this new genre to carve out roles as major contributors to the literature of their time. This new edition, with a new introduction and a forward by acclaimed scholar Allison Stedman, emphasizes the scholarly legacy of Anne Duggan’s original work, and its continuing field-changing implications. The book studies the works of two of the most prolific seventeenth-century women writers, Madeleine de Scudéry and Marie-Catherine d’Aulnoy. Analyzing their use of the novel, the chronicle, and the fairy tale, Duggan examines how Scudéry and d’Aulnoy responded to and participated in the changes of their society, but from different generational and ideological positions. This study also takes into account the history of the salon, an unofficial institution that served as a locus for elite women’s participation in the cultural and literary production of their society. In order to highlight the debates that emerged with the increased participation of aristocratic women within the public sphere, the book also explores the responses of two academicians, Nicolas Boileau and Charles Perrault.

About the Author

Anne E. Duggan is Professor of French in the Department of Classical and Modern Languages, Literatures, and Cultures at Wayne State University. Working between the French early modern tale tradition and twentieth- and twenty-first century French fairy-tale film, her most recent books include Queer Enchantments: Gender, Sexuality, and Class in the Fairy-Tale Cinema of Jacques Demy (2013; translated as Enchantements désenchantés: les contes queer de Jacques Demy, 2015), and Folktales and Fairy Tales: Traditions and Texts from around the World (4 vols. co-edited with Donald Haase, with Helen Callow; 2016). Professor Duggan is co-editor of Marvels & Tales: Journal of Fairy-Tale Studies.

Available here.

Hardback
August 2021 • ISBN 978-1-64453-215-7 • $120.00

Paperback
August 2021 • ISBN 978-1-64453-216-4 • $34.95
 

Les Textes voyageurs des périodes médiévale et moderne ( dir. Isabelle Trivisani-Moreau et Sandra Contamina)
Posted: 23 Dec 2021 - 12:07

Les Textes voyageurs des périodes médiévale et moderne, dir. Isabelle Trivisani-Moreau et Sandra Contamina, Presses universitaires de Rennes, 2021.

Les textes-voyageurs ne sont pas que récits de voyage. Tout texte – que ce soit sous forme de livre ou de manuscrits – assujetti à des mouvements de migration, de mutation ou de translation intègre une dimension voyageuse. Que l'on envisage en effet le déplacement du texte dans son versant physique, et ce sont des géographies qui se dessinent ; que l'on examine le développement du texte dans sa matière et sa construction, ce sont des logiques diachroniques ou structurelles qui tracent des trajectoires et des lignes de composition ou de fracture ; que l'on considère enfin le mouvement du texte comme un transfert d'idées dans une langue et une culture autres, et son degré d'aptabilité définira de nouvelles limites entre variation, altération et amplification.

Partant de ce principe que le texte est pérégrin à plus d'un titre, et donc d'une certaine façon cartographiable, des spécialistes des époques médiévales et modernes, littéraires et historiens, ont choisi d'en vérifier l'efficacité en éprouvant quelques-uns de leurs objets d'étude. Leurs contributions réunies dans ce volume interrogent autant le nomadisme, la porosité et la mutabilité des textes sous leurs différents aspects (en un mot, leur capacité à voyager) qu'elles explorent les tensions et les enjeux que suscite la question « Comment les voyages façonnent-ils les textes ? »

Le livre est accessible en ligne gratuitement ici. Une version papier peut être achetée aux Presses Universitaires de Rennes ici

Publication sur OpenEdition Books : 08 octobre 2021

EAN (Édition imprimée) : 9782753582019

EAN électronique : 9782753559790

Nombre de pages : 325 p.

 

Le Roi et l'État Regards sur quelques institutions de la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle) (dir. Bernard Barbiche)
Posted: 23 Dec 2021 - 12:02

Le Roi et l'État  Regards sur quelques institutions de la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle), dir. Bernard Barbiche, Paris, Les éditions de l'École des charte, 2021.

Dans ce volume sont réunies, avec des mises à jour, vingt-cinq études publiées de 1960 à 2015 sur le fonctionnement de l'État royal pendant les trois siècles de ce qu'on appelle couramment l'« Ancien Régime ». Certaines, diachroniques, mettent en lumière des évolutions sur le long terme. D'autres sont centrées sur l'époque de Henri IV et de Sully, artisans de réformes décisives. Sont ainsi revisités les origines et les premiers développements de plusieurs grandes charges comme celles de garde des sceaux, de surintendant des finances, de grand voyer de France, de surintendant des bâtiments, de même que les régences en l'absence du roi et le statut nobiliaire des favorites royales devenues duchesses. La plupart de ces articles sont écrits de première main et illustrent la richesse des fonds d'archives (en particulier ceux du Conseil du roi et des parlements) que nous ont légués les institutions de l'ancienne France. Plusieurs ont bénéficié du concours des élèves et anciens élèves de l'École des charte.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

ISBN : 978-2-35723-165-8

394 pages