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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Si Molière m'était conté...
Posted: Friday, February 10, 2017 - 15:06

Appel à communications

Si Molière m'était conté...

8-10 novembre 2017

Propositions: le 31 mars 2017

 

colloque organisé par

Georges Forestier

Florence Naugrette

Élodie Bénard

Marc Douguet

Oriane Morvan

 

Université Paris-Sorbonne/CELLF16-21/Labex OBVIL

 

 Anecdotes, comédies dont Molière est le héros (Brécourt, Bordelon, Goldoni, Mercier, Sand…), romans (Dumas, Boulgakov…), tableaux (Monsiau, Gérôme, Ingres…), films (L. Perret, J. de Féraudy, A. Mnouchkine, G. Corbiau, L. Tirard…) : la vie et l’oeuvre de Molière sont génératrices d’histoires. La tentation de la fiction se manifeste dès les premiers textes qui lui sont consacrés, à commencer par les Nouvelles nouvelles (1663), où Donneau de Visé retrace le parcours fictif d’un auteur dont la réussite est bâtie sur la chance, l’absence de scrupules et des soutiens parmi les « gens de qualité » ou la Vie écrite par Grimarest (1705), « un des plus faux et des plus ennuyeux romans qui aient jamais paru », selon Jean-Baptiste Rousseau. Cette tendance s’accentue aux siècles suivants, où se développe le mythe moliéresque, relayé par les biographes et les critiques, mais aussi par les institutions culturelles, artistiques et scolaires, et où s’opère ce que Nathalie Heinich a appelé une « mise-en-légende » de l’artiste. Recopiées, amplifiées ou au contraire discréditées, minorées, les histoires imaginées par les premiers biographes et commentateurs sont pérennes. Le colloque Si Molière m’était conté... s’interrogera sur le rôle de la fiction dans la réception de Molière. Plus généralement, il s’agira d’éclairer la relation entre la fiction et le discours dans l’élaboration de l’histoire littéraire. 

Le colloque envisagera tout type de fiction, narrative et dramatique, littéraire, picturale et cinématographique, et s’articulera autour des questions suivantes : 

1- Fiction et portrait de l’homme et de l’artiste. Quelle image de l’homme Molière et du génie ces fictions renvoient-elles : portrait de l’artiste-type ? héroïsation ou prédilection pour une grandeur à hauteur d’homme ? Quelle conception de l’art dramatique et du comique illustrent-elles ? Quels liens peut-on établir entre la mythographie moliéresque et celle d’autres artistes ? Que révèle le fait que Molière ait suscité autant de récits et de représentations ? Pourquoi éprouvons-nous le besoin non seulement de lire, de voir et de jouer son théâtre, mais aussi d’entendre conter son histoire ? 

2- Genèse de la fiction. Quels rapports la fiction entretient-elle avec l’oeuvre de Molière et le discours critique ? Les histoires inventées font-elles naître les jugements critiques ? Ou, à l’inverse, les interprétations de l’oeuvre sont-elles utilisées pour raconter des histoires ? Lit-on l’oeuvre de Molière à la lumière de sa vie, ou sa vie au prisme de son oeuvre ? 

3- Formes et circulation de la fiction. Quelles sont les modalités d’ancrage de la fiction dans le discours critique ? Comment la légende de Molière a-t-elle circulé et proliféré ? Comment a-t-elle évolué et varié au fil du temps, aussi bien dans ses formes que dans ses interprétations1 ? Quel rôle l’institution scolaire a-t-elle joué dans sa construction et sa transmission ? Quelle place les critiques et les biographes accordent-ils aux zones d’ombre qui entourent la vie de Molière ? 

Les propositions de communications (2000-3000 caractères), accompagnées d’une courte bio-bibliographie (500-1000 caractères) sont à envoyer pour le 31 mars 2017 à colloquemoliere@gmail.com 

 

1 Dans le cadre du projet « Molière » (labex OBVIL) et en vue du colloque, un répertoire d’anecdotes sur Molière a été constitué. Cet outil de travail et de recherche (environ 200 anecdotes indexées actuellement) est disponible à l’adresse suivante : http://obvil-dev.paris-sorbonne.fr/corpus/moliere/anecdotes/index.php 

Source: Dramatica

Appel à communications, colloque jeunes chercheurs: Penser, représenter et vivre l’espace (XVe-XVIIIe siècle)
Posted: Friday, February 10, 2017 - 14:55

Centre interuniversitaire de recherche sur la première modernité (CIREM) 

Université Laval, Québec 

18-19 mai 2017

Propositions: 15 mars 2017

Mesurer, construire, parcourir, décrire, tracer, habiter, partager : autant d’approches, d’usages, de représentations qui, de la fin du XVe siècle à la Révolution française, portent témoignage de ce que l’on pourrait appeler des régimes de spatialité qui structurent la vie quotidienne, informent les modes de représentation, de production, d’échange. C’est précisément ce rapport, complexe et pluriel dans les savoirs qui l’informent et les formes qui l’investissent, que cette nouvelle édition du colloque « Jeunes chercheurs » du CIREM propose d’examiner en ses théories, de décliner en ses diverses pratiques, d’appréhender en ses divers dispositifs poétiques et artistiques. 

De l’exploration des terres inconnues au cadastre des propriétés, de l’arpentage des territoires au geste cartographique, des propositions mathématiques aux théories physiques, de l’intimité du for privé à l’exercice public d’un espace partagé, de l’hôtel particulier à la rue, du cabinet de travail au café, de la cellule au boudoir, de la représentation de la ville à celle de la nature, pour ne citer, parmi d’autres, que ces quelques exemples, l’espace se découvre, s’invente, s’expérimente, s’organise, mobilisant savoirs, pratiques, acteurs, dont nous proposons d’explorer les fondements, les dynamiques, les formes et les discours. 

Dans le cadre de cette réflexion, nous sollicitons des propositions qui s’inscrivent, à titre d’exemple, dans les axes suivants : 

- Les sciences et théories de l’espace 

- Les lieux de savoir et leurs réseaux 

- Les lieux du pouvoir 

- Vie privée / vie publique 

- Espace(s) et identité(s) 

- Les ailleurs 

- La ville / la campagne 

- Lieux et espaces marchands 

- Espace et/en mouvement 

- Espace et divertissement 

- Espace et spectacularité 

- Peindre l’espace 

- L’espace et ses aménagements 

- Les lieux de la fiction 

- Géographie(s) du corps 

- Sexuation de l’espace 

- Exil(s) 

- Enfermement(s) 

 

De nature interdisciplinaire, ce colloque accueillera les jeunes chercheurs (des étudiants à la maîtrise ou au « master » ainsi que des doctorants et postdoctorants) oeuvrant dans les différents champs des sciences humaines, de la littérature à l’histoire, en passant par la philosophie et l’histoire de l’art. Les communications, inédites et en français, ne devront pas dépasser les vingt minutes allouées à chaque participant. Les propositions de communication (titre et résumé de 250 mots, niveau d’études, ancrage institutionnel) doivent être envoyées au comité organisateur avant le vendredi 15 mars 2017 à l’adresse suivante : cierl.jeunes.chercheurs@gmail.com 

Les Cahiers du CIERL (Éditions Hermann, Paris) accueilleront les articles issus des communications après leur examen par un comité d’évaluation. 

Comité organisateur : 

Antoine Blais-Laroche 

Camille Gagné 

Claire Sinquin 

Ariane Sybertz 

Sara Trottier 

Accompagnement scientifique : 

Thierry Belleguic

Sabrina Vervacke 

Appel à communications: La danse et les nations : identités, altérités, frontières (XVIIe-XIXe siècles)
Posted: Wednesday, February 8, 2017 - 16:33

Colloque international

Paris, 26-29 octobre 2017

 

Propositions: le 30 avril 2017

 

À l’issue de trois années de recherche dans le cadre du programme de recherche HdD (Herméneutiques de la danse, coordonné par Arianna Fabbricatore), ce colloque international et interdisciplinaire a pour objectif de faire une synthèse sur le travail effectué autour de la question des styles et des genres de danse dans l’espace européen à l’époque des Lumières et d’ouvrir la recherche sur les enjeux sémiotiques, politiques et sociaux de la danse en tant que signe, expression ou représentation d’une frontière plus au moins perméable entre identités culturelles. Il s’agira de s’interroger sur la manière dont la danse théâtrale évolue dans un espace social et culturel où les enjeux sont liés à la confrontation entre les nations et à la définition de leur identité. 

Colloque organisé dans le cadre du projet « Discours sur la danse » 

http://obvil.paris-sorbonne.fr/projets/discours-sur-la-danse

 

 

Axes thématiques

 

Réfléchir

Comment penser la danse et la nation ? Quels liens entre corps et société ?

Réflexions sur la sémiotique de la danse dans une perspective sociale et interculturelle. Identité, altérité et frontières à travers le corps dansant.

 

Représenter

Comment identifie-t-on l’étranger dans la danse des nations ? Comment le stéréotype se construit-il et quel rôle joue-t-il ? Pourquoi représenter l’autre ?

Etudes sur les personnages des ballets, sur les représentations de la France, des Français et des étrangers (les Français, Anglais, Italiens, Espagnols, Allemands, Savoyards, Turcs, Corsaires etc.)

 

Identifier

Comment le corps exprime-t-il une identité collective ? Qu’est-ce que la danse française/italienne (espagnole/anglaise…) ? Quels sont les éléments connotant différents styles de danse ? Quelles sont les limites symboliques ou réelles ? Comment construit-on l’identité à travers la danse ? 

Explorer les notions de « belle danse », danse italienne, styles de danse, danse grotesque. Les enjeux de la danse comique/tragique dans la construction identitaire de l’Italie et de la France. Appropriations, patrimoines, création de frontières symboliques, circulations, transferts.

 

Dialoguer

Comment une identité évolue-t-elle au contact d’une autre ?

Contaminations des techniques, circulation des artistes dans l’espace européen. Présence de la danse italienne en France (à l’Académie royale, à la Comédie-Italienne, aux Foires etc.) et de la danse française en Italie (cours francophiles etc.), de la danse italienne et française dans l’espace germanique (Vienne, Stuttgart etc.). Exemples d’influences, contaminations, échanges.

 

Débattre

Quels sont les discours sur la danse qui ont véhiculé l’idée d’identité ? Dans quel contexte ? Comment ont-ils défendu ou contré cette idée ?

Etude des discours polémiques portant sur la confrontation entre les nations, sur les idées de génie et de caractère des nations, précellence de l’une ou de l’autre culture, querelles, etc.

 

Distinguer

Comment la contamination entre les genres témoigne-t-elle des influences culturelles ?

Frontières entre les modèles, les styles, les formes et les goûts (ex : la caricature, la parodie comme explorations de l’altérité)

 

Modalités de proposition :

Les propositions de communication, d’environ 3000 signes, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer avant le 30 avril 2017

à hdd.colloque@gmail.com et en copie à arianna.fabbricatore@gmail.com

 

Coordination

Arianna Fabbricatore (Université Paris-Sorbonne)

 

Comité scientifique

Charles Alunni (Ecole normale supérieure)

Elena Cervellati (Université de Bologne)

Paolo Fabbri (Centre d’Etudes sémiotiques Urbino)

Arianna Fabbricatore (Université Paris-Sorbonne)

Marie-Thérèse Mourey (Université Paris-Sorbonne)

Marina Nordera (Université Côté d’Azur)

Françoise Rubellin (Université de Nantes)

Martin Rueff (Université de Genève)

 

Comité d’organisation

Paolo Desogus (Université Paris-Sorbonne)

Delphine Vernozy (Université Paris-Sorbonne)

Source: Dramatica

CFP: Society for the Study of French History CFP - Deadline Extended
Posted: Wednesday, February 8, 2017 - 10:47

Society for the Study of French History 31st Annual Conference

‘France, Europe and the World’

University of Strathclyde, Glasgow, 26-27 June 2017

 

Deadline extended to: 28 February 2017

 

Confirmed plenary speakers:

Robert Gildea (Oxford)

Marie-Laure Legay (Lille 3)

John Merriman (Yale)

Sophie Wahnich (CNRS)

 

The history of France has been profoundly shaped by its European and global entanglements. Whether through its diplomatic and military engagements, colonial encounters, cultural and intellectual exchanges, or the interconnections of trade and commerce, the porous and fluid nature of France’s borders have brought a complex range of influences upon France’s history. As the role and status of France within Europe and the wider world changed, so did perceptions and representations of France.

 

This conference seeks to explore French history from international, transnational and global perspectives and invites speakers to reconsider the significance and relevance of the nation state. We invite participants to interpret the conference theme in its broadest terms.

 

In addition to the conference theme, we also invite papers or panels on any aspect of French history from the early medieval to the contemporary period and we welcome contributions that reflect the broad diversity of the history of France and its former colonial empire.

 

We invite proposals for 20 minute papers in English or in French on any aspect of the conference theme. Proposals for panels of two or three papers are particularly welcome. We particularly invite contributions from postgraduate students and overseas scholars. Paper proposals should comprise a paper title, abstract of 300 words and a one-page CV in a single pdf file. Please send proposals to Dr Karine Varley at: ssfh2017@gmail.com by 28 February 2017.

 

Find out more about the SSFH at: http://frenchhistorysociety.co.uk/

Twitter: #ssfh2017 - @FrenchHistoryUK

Conference organisers: Karine Varley and Rogelia Pastor-Castro

 

Source: H-France

CFP: 'Mémoire des vaincus, Mémoire des vainqueurs dans le bassin méditerranéen (de l'Antiquité au XXIe siècle)' relance pour XVIe-XVIIIe
Posted: Tuesday, February 7, 2017 - 02:45

Appel à communications pour un colloque organisé les 9 et 10 novembre 2017, à Nantes, par Eugenio Amato, Isabelle Ligier-Degauque et Anne Teulade (l’AMo)

Date limite de soumission des propositions : 15 mars 2017

RELANCE :

Attente de communications centrées sur le XVIe-XVIIIe siècles (pour compléter le programme en cours d’élaboration).

« Mémoire de vaincus, Mémoire de vainqueurs dans le bassin méditerranéen (de l’Antiquité au XXIe siècle) : la Littérature à l’épreuve du conflit »

Selon la formule de Robert Brasillach, dans Frères ennemis (1944) qui met aux prises Etéocle et Polynice, « l’histoire est écrite par les vainqueurs » : mais la Littérature de toutes les époques met souvent en scène des situations ambiguës, où le gagnant et le battu subissent le même sort tragique ou expérimentent des dynamiques inversées. Les deux fils d’Œdipe se donnent mutuellement la mort sous les murs de Thèbes, dans la célèbre pièce d’Eschyle ; les Hellènes triomphateurs à Troie se heurtent aux dangers du nostos, le voyage de retour ; même les Romains conquérants de la Grèce doivent baisser la tête, face aux savants vaincus : Graecia capta ferum victorem cepit et artes intulit agresti Latio, disait, par ailleurs, le poète Horace (Ep. 2.1.156).

Le rapport de forces, à l’issue d’un conflit, déciderait de la rédaction officielle des événements, qui serait ensuite entérinée comme l’unique version admissible et nécessaire pour l’effort de reconstruction nationale. La nécessité de l’union, et même de la réunion des anciens belligérants, aboutirait à la primauté d’un récit sur un autre et négligerait, voire occulterait les souffrances subies par l’ancienne partie adverse : Rome, Imperatrix mundi, saura par exemple bien associer les vaincus à l’administration impériale, au point que, ainsi que le relève Paul Veyne, il n’est pas inhabituel de retrouver chez un historien et un sophiste de langue grecque de la période impériale, tels que Cassius Dion et Lucien de Samosate l’étaient, des expressions du genre « nous », les Romains.

Toutefois, une telle organisation rétrospective des faits peut-elle vraiment s’apparenter au travail de l’historien ? N’est-ce pas, en outre, s’exposer en toute logique à la réclamation d’un autre récit ? La mémoire des vainqueurs ne pourrait être envisagée, à plus ou moins long terme, sans la mémoire des vaincus. Ainsi, le récit historique des vaincus peut en certains cas contribuer à ré-encadrer la nécessité d’une vérité narrative dans le droit fil de l’historia, l’«enquête » dans le sens le plus classique du terme : l’histoire, pour ainsi dire, se structurant prioritairement sur l’examen des causes ayant déclenché un certain événement. De la sorte, un récit des vaincus, comme les Isaurica de Candide (VIe s. ap. J.-C.), s’efforce de rétablir la vérité historique de l’avènement d’Anastase, tout en redéfinissant l’identité des Isauriens ayant perdu le contrôle sur le trône d’Orient : Candide, représentant de l’ancien ordre, cherche à cerner un nouveau statut pour ses compatriotes, ne s’attachant pas à la commémoration, mais plutôt à un repositionnement des Isauriens sous le nouveau empereur.

Un tel compagnonnage des mémoires ne va pas sans difficultés : leur comparaison permettrait-elle un dépassement de l’inventaire des épreuves endurées par les divers partis en conflit ? Comme l’observe Bernard Lugnan (expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda), à propos de la politique coloniale de la France en Algérie, présentée comme « brutale et injuste » par François Hollande en décembre 2012, « La Mémoire n’est pas l’Histoire. L’historien est un peu comme le juge d’instruction : il travaille à charge et à décharge, alors que le mémorialiste ou le témoin sont, par définition, en pleine subjectivité ». Ainsi, dans le dramaticule « Tout le reste est singerie » (qui appartient au cycle La Servante, 1995) d’Olivier Py, le Tatoueur envisage le travail dans lequel il s’est engagé sur son propre corps comme une façon de prendre sur lui la faute des pères, à savoir, précisément, la colonisation française. Le tatouage s’apparente ici à un acte mémoriel qui ne libère pas la mémoire, bien au contraire. Un tel geste relève de ce que Paul Ricœur a qualifié de « mémoire blessée » dans La Mémoire, l’histoire, l’oubli (2000). Or, le devoir de mémoire, qui se présente sous la forme d’une intimation ambiguë, relève de la justice et non de l’histoire : c’est bien cette « ère de la commémoration » qui inquiétait le philosophe.

La littérature peut proposer un antidote ou un contrepoint à ces usages plus ou moins instrumentalisés de la mémoire, comme le monde l’exemple des Sept contre Thèbes, évoqué supra. D’ailleurs, dans un travail précédent, Temps et récit, Paul Ricœur défendait les vertus de la fiction en ces termes : « [elle] libère rétrospectivement certaines possibilités non effectuées du passé historique ». Dans un numéro du Débat intitulé « L’histoire saisie par la fiction », Patrick Boucheron considère également la littérature comme une « force supplétive de l’histoire », expression qui pourrait revêtir une acuité particulière lorsque l’accès au passé est fragilisé. A notre tour, nous voudrions interroger la façon dont la littérature peut produire des discours et des récits mémoriels moins assujettis aux injonctions circonstancielles que les écrits de commémoration, voire même œuvrer à une représentation du passé conflictuel, par la mise en intrigue narrative et par le jeu avec des points de vue contradictoires. Il serait d’ailleurs intéressant de se demander si l’histoire doit être un aboutissement de la littérature dès lors qu’il est question de « mémoires » (des vaincus ou des vainqueurs). Selon Olivier Abel, il faut « déconstruire la prétention de la mémoire à avoir le dernier mot » « car, de toute façon, le travail de l’histoire vers une réconciliation des mémoires est sans fin ». La journée d’étude sera ainsi conduite à questionner les liens entre littérature et historiographie.

Nous souhaiterions recentrer la réflexion sur le bassin méditerranéen, de l’Antiquité au XXIe siècle, pour réfléchir à la façon dont la littérature peut servir la construction de mémoires contraires, voire contrariées, et déterminer si elle parvient à atteindre la distance critique qui serait le propre de l’histoire. Le « continent liquide » cher à Braudel, espace de voyages et de métissages, est aussi un lieu fracturé où divers conflits se sont succédés, depuis les guerres médiques antiques jusqu’aux violences contemporaines, en passant par les guerres puniques, les croisades, la guerre de course, les conquêtes coloniales et la décolonisation. Non seulement il s’agit d’un espace qui, par sa constitution mosaïque propice aux échanges et aux tensions, concentre un précipité de cas de conflits, mais il pourra également être envisagé comme un laboratoire pour penser la confrontation des mémoires et la possibilité de tisser des dialogues, tant l’histoire de cette aire culturelle oscille entre divisions et utopie d’une « communauté humaine qui existe malgré les cloisons du sang ».

Les propositions de communications, centrées sur la période XVIe-XVIIIe (pour compléter le programme en cours d’élaboration), assorties d’un titre, ne doivent pas excéder une demi-page. Elles sont à envoyer avant le 15 mars 2017 à :

EUGENIO AMATO (eugenio.amato@univ-nantes.fr), ISABELLE LIGIER-DEGAUQUE (isabelle.degauque@univ-nantes.fr) et ANNE TEULADE (anne.teulade@univ-nantes.fr)

 

URL DE RÉFÉRENCE: http://lamo.univ-nantes.fr

Source: Fabula

New Publications

Nicole Jacques-Lefèvre, Histoire de la sorcellerie démoniaque. Les grands textes de référence
Posted: 7 Oct 2020 - 13:11

Honoré Champion, 2020. ISBN 9782745354037. 432 p. 48€.

De la fin du XVe au début du XVIIe siècle, les textes démonologiques, écrits par des hommes de loi, juges, médecins, théologiens…, élaborent la définition de la sorcellerie démoniaque, objet imaginaire, émergeant du discours lui-même. Hérésie « aggravée », crime de lèse-majesté divine et humaine, elle trouve son symbole suprême dans le sabbat, rituel où se pratique la transgression de toutes les valeurs. Dans un mortel va-et-vient, ces textes fournissent le mode d’emploi pour de très nombreux procès en même temps qu’ils s’en font l’écho.

Dans ces textes de référence, dont les auteurs tentent le déchiffrement des signes d’un monde qui leur est devenu obscur, se croisent et se confrontent divers éléments culturels, les discours des savoirs, philosophiques, théologiques, juridiques, médicaux… des différentes époques qui virent leur apparition. S’y constituent peu à peu une modalité d’écriture spécifique, un véritable « genre » discursif, voire une « poétique », avec ses structures (compilations, redistributions, analyses critiques) et ses stratégies. On y relève une évolution des postures d’énonciation – d’une parole presque anonyme à l’affirmation d’un moi envahissant – et une redéfinition des destinataires, des stricts spécialistes (prêtres, juges) au grand public, qu’il s’agira à la fois de persuader et de séduire, en lui offrant le spectacle de l’effraction d’un secret supposé, voire une émotion proprement esthétique.

Nicole Jacques-Lefèvre, professeure des Universités émérite, est spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle, de l’illuministe Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), et des discours démonologiques. Elle a publié dans ces domaines de nombreux articles, études et éditions critiques. Elle a dirigé à l’E.N.S. Fontenay-Saint-Cloud le Centre de recherche Littérature et Discours du Savoir, et l’équipe pluridisciplinaire Histoire critique de la sorcellerie.

https://www.honorechampion.com/fr/11344-book-08535403-9782745354037.html

Les Muses incognues (1604), éd. G. Peureux et H. Roberts
Posted: 7 Oct 2020 - 13:08

Honoré Champion, 2020. ISBN 9782745354310. 212 p. 38€.

Les Muses incognues (1604) inaugurent le phénomène éditorial des recueils collectifs de poésie satyrique (à la fois satirique et revendiquant la perspective du satyre), qui connut un immense succès durant les deux premières décennies du XVIIe siècle. Cette production réinvente le rapport de la poésie lyrique à la culture poétique. Elle amplifie la licence déjà présente dans la littérature humaniste, promeut une écriture et une langue innovantes, pleines d’audaces et de provocations, et enrichit, voire complexifie notre connaissance de cette période souvent réduite à la réforme malherbienne dont Les Muses incognues sont un exact contemporain.

Guillaume Peureux est professeur de littérature française du XVIIe siècle à l’université de Paris Nanterre. Il est notamment l’auteur de La Muse satyrique (1600-1622), Droz, 2014.

Professeur à l’Université d’Exeter (Angleterre), Hugh Roberts a codirigé, avec Guillaume Peureux et Lise Wajeman, un ouvrage collectif, Obscénités renaissantes, Droz, 2011, et a édité, avec Annette Tomarken, les Œuvrescomplètes de Bruscambille, Honoré Champion, 2012.

https://www.honorechampion.com/fr/11369-book-08535431-9782745354310.html

Thomas M. Carr, Jr, Marie-André Duplessis, the Hôtel-Dieu of Quebec, and the Writing of New France
Posted: 7 Oct 2020 - 12:56

Montréal, McGill-Queens UP, 2020. ISBN 9780228000945. 400 p., 23 photos. $37.95 CAN

The life of a multi-talented colonial woman, hospital administrator, and literary innovator.

Marie-André Duplessis (1687-1760) guided the Augustinian sisters at the Hôtel-Dieu of Quebec – the oldest hospital north of Mexico – where she was elected mother superior six times. Although often overshadowed by colonial nuns who became foundresses or saints, she was a powerhouse during the last decades of the French regime and an accomplished woman of letters. She has been credited with Canada’s first literary narrative, Canada’s first music manual, and the first book by a Canadian woman printed during her own lifetime.

In A Touch of Fire, the first biography of Duplessis, Thomas Carr analyzes how she navigated, in peace and war, the unstable, male-dominated colonial world of New France. Through a study of Duplessis’s correspondence, her writings, and the rich Hôtel-Dieu archives, Carr details how she channelled the fire of her commitment to the hospital in order to advance its interests, preserve its history, and inspire her sister nuns. Duplessis chronicled New France as she wrote for and about her institution. Her administrative correspondence reveals her managerial successes and failures, and her private letters reshaped her friendship with a childhood Jansenist friend, Marie-Catherine Hecquet. Carr also delves into her relationship with her sister Geneviève Duplessis, who joined her in the cloister and became her managerial and spiritual partner. The addition of Duplessis’s last letters provides a dramatic insider’s view into the female experience of the siege and capture of Quebec in 1759.

A Touch of Fire examines the life and work of an enterprising leader and major woman author of early Canada.

https://www.mqup.ca/touch-of-fire--a-products-9780228000945.php

 

Georgette de MONTENAY, Emblemes, ou devises chrestiennes (1567), éd. Alison Adams
Posted: 7 Oct 2020 - 10:31

Classiques Garnier, 2020. ISBN: 978-2-406-08712-0. 333p. 45€

Dans les Emblemes, Georgette de Montenay s’exprime surtout par des allusions bibliques, suggérées par son texte et par les détails des gravures de Pierre Woeiriot. Cette édition permet aux lecteurs du xxie siècle, à qui manquent les connaissances bibliques, de mieux comprendre son ouvrage.

http://ttps://classiques-garnier.com/emblemes-ou-devises-chrestiennes-1567.html

Women, Philosophy and Science. Italy and Early Modern Europe, dir. S. Ebbersmeyer, G. Paganini
Posted: 7 Oct 2020 - 10:02

Springer, 2020. DOI 10.1007/978-3-030-44548-5. xvi + 218 p. eBook $84.99

This book sheds light on the originality and historical significance of women’s philosophical, moral, political and scientific ideas in Italy and early modern Europe. Divided into three sections, it starts by discussing the women philosophers’ engagement with the classical inheritance with regard to the works of Moderata Fonte, Tullia d'Aragona and Anne Conway. The next section examines the relationship between women philosophers and the new philosophy of nature, focusing on the connections between female thought and the new seventeenth- and eighteenth-century science, and discussing the work of Camilla Erculiani, Margherita Sarocchi, Margaret Cavendish, Mariangela Ardinghelli, Teresa Ciceri, Candida Lena Perpenti, and Alessandro Volta. The final section presents male philosophers’ perspectives on the role of women, discussing the place of women in the work of Giordano Bruno, Poulain de la Barre and the theories of Hobbes and Rawls. By exploring these women philosophers, writers and translators, the book offers a re-examination of the early modern thinking of and about women in Italy. 

https://www.springer.com/it/book/9783030445478