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Calls for Papers and Contributions
CALL FOR PAPERS
Australian Society for French Studies
XXIV Annual Conference
Adelaide, December 7-9, 2016
University of South Australia & University of Adelaide
Mobilities and Migrations/Les flux migratoires
Deadline for abstracts : July 1, 2016
Mobility and migration are prominent subjects of debate across disciplines, propelled by the increased international displacement of individuals and groups. From forced migration to self-imposed exile, mobility takes many forms and its limits and possibilities are constantly tested by twenty-first-century developments. In the context of France and the Francophone world, questions of migration are currently fiercely contested. The blurring of borders and the challenge to the configuration of the nation-state provoke questions over national identity, belonging and exclusion.
We invite proposals for individual papers (20 minutes) and for panels (3-4 papers of 20 minutes each) related to the theme of mobility and migration. We encourage participants to consider the past, present and future of mobility in the Francophone world. Possible topics for discussion include:
Travel writing Narratives of exile
Diasporic literature Translation as migration
Nostalgia Enforced migration
Migration and education Mapping
Narratives of war and/or trauma Urbanization and la banlieue
Adaptation Transitional spaces, such as airports
Migration and Film Migration, the Body and the Emotions
Exploration, such as the French exploration of Australia
Responses to Littérature-monde and changed notions of La Francophonie
Linguistic questions, such as challenges to the hegemony of the French language, the ‘unmooring’ of languages in the 21st century (Alison Phipps), ‘global French’, translanguaging and code-switching
Pedagogical questions, such as study abroad experience, progression through levels, the teaching of Francophone cultures, online and blended learning, the transition between undergraduate and postgraduate study.
Organising Committee: Chris Hogarth (UniSA), Natalie Edwards (Adelaide), Ben McCann (Adelaide) and Saige Walton (UniSA). For questions, abstracts and panel proposals: christopher.hogarth@unisa.edu.au.
VIIe Journée d'étude de la SOCAR (Société Ontarienne des Chercheurs sur l'Ancien Régime)
8 avril 2016, Wilfrid Laurier University, Waterloo, Ontario (Canada)
Les littératures d’Ancien Régime, fermement ancrées dans l’univers des idées, à la croisée des savoirs profane et sacré, docte et mondain, entretiennent des relations complexes avec l’ordinaire. La virtuosité avec laquelle Rabelais intègre les realia au discours lettré, « la façon naturelle et ordinaire » de Montaigne ne sont plus du goût, au siècle suivant, de théoriciens prompts à traquer le trivial et l’insignifiant, au nom d’un ethos réfractaire au quotidien.
Néanmoins, tournant le dos au long processus de civilisation des mœurs et aux tyrannies de l’intimité, l’écriture moissonne les choses communes, les habitudes que l’on ne se soucie pas de dire, le bruit de fond de la vie que rien n’enregistre. Le champ littéraire, y compris dans le domaine de la fiction, s’édifie et s’enrichit de la saisie des lieux du quotidien, perçus au jour le jour, de l’économie de l’intime, de la langue des objets et des subsistances, de celle du corps et de la parure.
Nous invitons à une réflexion d’une part sur les pratiques de l’écriture ordinaire (correspondances, journaux, mémoires), qui offrent des entrées privilégiées dans l’existence journalière en nous faisant pénétrer à l’intérieur, dans la demeure, la chambre, le jardin. D’autre part, nous nous intéresserons aux stratégies qu’implique l’enregistrement des choses banales, aux formes qu’elles revêtent dans les textes et à leur inscription dans la langue.
Pistes de recherche :
- Journaux, Correspondances, Récits de voyage, Mémoires
- La civilisation matérielle et "les choses banales" (D. Roche)
- Le règne de l’homme ordinaire: désacralisation, transgression et carnaval
- Langue ordinaire / Langue littéraire.
- Arte povera
- "L'invention du quotidien" (Certeau)
- La vie domestique
- Les travaux et les jours
- Le "prix des choses" (P. Force)
- L’espace privé et les refuges de l’intime
- Individualisme et individualités
Nous invitons la communauté des chercheurs sur l’Ancien Régime, enseignants-chercheurs et étudiants, à nous faire parvenir une proposition de communication (250 mots environ) avant le 15 janvier 2016.
Comité organisateur:
Nathalie Freidel (Wilfrid Laurier University): nfreidel@wlu.ca
Loula Abd-elrazak (University of Waterloo): loula.abd-elrazak@uwaterloo.ca
La Socar : la Société Ontarienne des Chercheurs sur l’Ancien Régime a pour vocation de promouvoir l’enseignement et la recherche dans le domaine des études francophones en Ancien Régime sur le territoire de l’Ontario.
RESPONSABLE :
Sous la direction de Lucien Faggion, Christophe Regina et Alexandra Rogeré
Délaissée par les historiens, l’humiliation a été principalement traitée par les psychologues, les psychanalystes et les sociologues qui, loin de tenir celle-ci pour une émotion, la considèrent comme une blessure infligée à l’amour-propre, qui est accompagnée d’un sentiment de honte. Cependant, fragilisant le lien social et moral, au point de le nier, l’humiliation est davantage qu’une blessure affectant l’ego : elle est tout à la fois une action, un mot, un signe et un sentiment qui visent à détruire (ou à ternir) la réputation d’un individu et à rabaisser celui-ci à un statut de déchu, sur qui pèse l’opprobre, l’évitement et le rejet social. En effet, emprunté au latin chrétien humiliatio (« action d’abaisser » ; au figuré, « abaissement, action d’humilier par la mortification »), le termehumiliation signifie dans le Dictionnaire universel de la langue française (Paris, 1843, 11e édition) « l’état de celui qui est humilié (“être, tomber dans l’humiliation”) ; [une] action par laquelle on humilie (“essuyer, éprouver une grande humiliation; humiliation extrême”) ». Mais le mot peut également désigner les «événements, choses, pratiques religieuses, qui humilient, mortifient », et le verbe humilier exprimer « abaisser, mortifier, donner de la confusion (humilierquelqu’un, l’orgueil, son cœur ». La Bible associe souvent le mot humiliation à ceux de humble et humilité, une acception qui est ainsi positive, et le mot humiliation peut aussi devenir un signe de « prestige », de « reconnaissance » (élu de Dieu).
Bien que l’humiliation, appréhendée en tant qu’acte et sentiment, s’intègre dans la sphère familiale, sociale et professionnelle, le mot ne figure pas toujours dans le vocabulaire utilisé par ceux qui sont impliqués par l’humiliation (celui qui humilie, celui qui est humilié). D’autres termes le remplacent alors pour qualifier une situation dans laquelle un individu se voit rabaisser après une parole énoncée, un geste commis et/ou un jugement prononcé − situation dans laquelle l’individu se retrouve précisément déclassé aux yeux de tous, se sentant privé de toute reconnaissance et légitimité sociales, et estimant avoir perdu sa crédibilité, autant de valeurs censées être au fondement de son existence. Le rejet, le mépris, l’indifférence, l’invisibilité entrent dans le cadre de l’humiliation, dès lors que l’individu se voit refuser un quelconque lien social. En effet, le déni de reconnaissance, sujet cher au philosophe et sociologue allemand Axel Honneth, n’implique-t-il pas l’humiliation, l’individu étant alors atteint moralement dans son intégrité, exclu de droits et de valeur sociale, perdant la confiance en soi, le respect de soi et l’estime de soi en tant que membre d’une communauté et en tant qu’acteur de cette même communauté ? À ce déni de reconnaissance s’ajoute l’invisibilité sociale qui est une autre modalité du mépris et un corollaire possible del’humiliation – il faut en effet se cacher, se racheter, se faire pardonner, parfois sur plusieurs générations, car les stigmates, réels ou symboliques, subsistent : les individus et les communautés en gardent la mémoire − traces tangibles maintenues notamment dans les domaines de l’administration et de la justice, de la peinture et de la littérature.
Aussi l’objectif de ce livre est-il de s’interroger sur l’humiliation dans les sociétés du XIVe siècle au XXe siècle. Qu’est-ce qui conduit à l’humiliation ? Quelles formes écrites, gestuelles et émotionnelles revêt l’acte de l’humiliation sur le plan interrelationnel, social, religieux, judiciaire et politique ? Quelle en est l’histoire sur le plan de la vie quotidienne ? L’expérience de l’offense, de la blessure, de l’humiliation est liée à la violation de principes de la justice. Il s’agira aussi bien de mesurer avec attention cette expression de l’injustice et du conflit social, notamment dans la lutte conduite par l’individu pour la reconnaissance, qui est niée dans le cas du mépris et de l’humiliation ; que d’analyser l’acte même de l’humiliation dans la longue durée, en synchronie et en diachronie, dans le cadre des sciences sociales et humaines (droit, linguistique, sociologie, anthropologie, histoire, histoire littéraire et de l’art).
Les lectures différenciées de l’humiliation doivent nous inciter à considérer l’individu et le groupe auquel il appartient dans la longue durée, en fonction des cultures politiques, institutionnelles et religieuses (rites et rituels) ; le statut et l’honneur individuel détenus au sein de la communauté ; le discours et le geste destinés à éclairer l’atteinte portée à l’individu et/ou à un groupe d’individus, ainsi que les valeurs reconnues à l’honneur et à une communauté spécifique ; le discours de l’individu humilié et les éventuelles stratégies-justifications qu’il est amené à exprimer (ouvertement, en présence de ceux qui lui infligent l’humiliation ou par ses écrits) ; les usages de la loi et de la justice, censées préserver et rétablir une justice qui a été bafouée sur le plan individuel et collectif ; le langage des communautés, ainsi que celui des autorités officielles, de l’État et de l’Église, qui cherchent soit à infliger l’humiliation, soit àl’interdire, soit à la réparer, selon des modalités et des contextes variables qu’il convient de mettre à jour du XIVe au XXe siècle.
Axes de réflexions possibles
1.- Les discours sur l’humiliation : ceux des hommes de loi, de la politique (les États), de la morale et des Églises, des théoriciens (membres du clergé, écrivains) ; les usages de la dérision et du silence académique comme expression du mépris, du refus et de l’humiliation scientifique ;
2.- Les espaces de l’humiliation : la sphère publique et la sphère privée, la mise en publicité de l’humiliation, l’espace consenti de l’humiliation par l’humilié (le sacrifice de soi, consenti par l’individu au nom de valeurs spirituelles), les liens créés entre l’individu et la société (les degrés de l’exclusion, acceptée ou subie) ;
3.- Les usages de l’humiliation et les réactions : les représentations et les pratiques résultant de l’humiliation et les réactions à l’humiliation (de l’individu qui l’éprouve, des membres de la communauté qui l’infligent) ; le principe d’exclusion et d’accusation sociales, le refus du contre-don comme possible langage de l’humiliation ; les pratiques éventuellement nécessaires dans certaines stratégies politiques ;
Modalités de soumission
a) Les propositions doivent être adressées au comité scientifique à l’adresse mail suivante :
Humiliationenquestion@gmail.com ;
b) Les propositions de communication ne doivent pas excéder une page et doivent être accompagnées d’un titre (caractères Garamond, points 12) ;
c) Nous demandons également aux contributeurs de joindre à leur proposition un bref curriculum vitae précisant leurs champs de recherches et leur affiliation ;
d) La proposition de communication, ainsi que la notice personnelle, seront envoyées dans un seul et même fichier ;
e) Le fichier qui sera expédié à l’adresse e-mail indiquée (en format word) sera intitulé de la façon suivante : NOM_Prénom_titre_date de l'envoi.
Calendrier
a) Les propositions de communications seront à adresser au comité au plus tard le 15 février 2016.
b) Les auteurs seront informés de l’acceptation de leur proposition le 19 février 2016.
Directeurs de l’ouvrage
Lucien Faggion – Université d’Aix-Marseille, TELEMME (MMSH), Aix-en-Provence ;
Christophe Regina – Université Jean Jaurès, FRAMESPA, Toulouse ;
Alexandra Roger – Université de Limoges, CRIHAM.
Comité scientifique
Anne-Claude Ambroise-Rendu, Université de Limoges
Martine Charageat, Université Bordeaux III
Maria Pia Di Bella, CNRS, Iris-EHESS
David El Kenz, Université de Bourgogne
Irene Fosi, Università degli Studi di Chieti G. D’Annunzio
Benoît Garnot, Université de Bourgogne
Marie Houllemare, Université de Picardie
Pierre Legal, Université de Nantes
Sylvie Mouysset, Université Jean Jaurès - Toulouse
Bernard Ribémont, Université d’Orléans
L’admiration sous l’Ancien Régime
Université de Montréal, 12 et 13 mai 2016
Appel à communications
L’âge classique a accordé à l’admiration une place importante, que Delphine Denis et Francis Marcoin ont soulignée dans une étude, L’admiration, qui s’étendait du XVIIe au XXe siècles. L’objectif de ce colloque est de comprendre les dynamiques de l’admiration sous l’Ancien Régime à partir du concept de « représentation » proposé par Roger Chartier. « Le concept de représentation, écrit-il dans un article récent, a été un appui précieux pour que puissent être articulées […] les différentes relations que les individus ou les groupes entretiennent avec le monde social dont ils sont partie prenante. » La représentation telle que Chartier la conçoit se situe en effet à la jonction des domaines sociologique, sémiotique et politique. Elle désigne les constructions mentales à travers lesquelles les individus perçoivent la société dans laquelle ils vivent, mais aussi les symboles et les démonstrations institutionnelles en lesquels le pouvoir s’incarne. Parce qu’elle est située au coeur des discours et des pratiques politiques, esthétiques et philosophiques de l’Ancien Régime, l’admiration semble mettre en évidence cette « lutte des représentations » par laquelle Chartier définit la constitution de la société. Nous invitons les littéraires, les historiens et les philosophes à se pencher sur cette hypothèse.
La thématisation de l’admiration est récurrente aux siècles classiques. Elle renvoie d’une part au ravissement suscité par la nouveauté (dans une perspective psychologique ou affective, elle s’entend alors comme une passion brusque, inouïe et déstabilisante) et d’autre part au sentiment d’estime ou de grandeur que l’on éprouve devant un objet ou une personne. Aussi peut-elle désigner des objets différents selon les ordres discursifs.
Dans la théorie cognitive de l’époque, l’admiration est à la fois le signe d’une ignorance et le moteur de l’acquisition de connaissances (l’extraordinaire d’une situation donnée éveillant le besoin d’en connaître la cause). Dans la seconde partie des Passions de l’âme, Descartes présente l’admiration comme « la première de toutes les passions » tout en insistant sur sa passivité : c’est une « subite surprise de l’âme, qui fait qu’elle se porte à considérer avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires ». Au siècle suivant, Diderot, dans l’Encyclopédie, la définit au contraire comme une activité : « c’est ce sentiment qu’excite en nous la présence d’un objet, quel qu’il soit, intellectuel ou physique, auquel nous attachons quelque perfection ». Elle se définit d’après lui par opposition à la surprise, qui peut aussi bien être causée par un objet médiocre : la véritable admiration est toujours confirmée par l’examen de la réflexion. L’article est bâti sur une critique de la conception que les moralistes du XVIIe siècle donnent de l’admiration : si Saint-Évremond la considérait comme « la marque d’un petit esprit », une « idée fausse », il est plus juste de dire selon Diderot que « l’admiration d’une chose commune est la marque de peu d’esprit ». La valeur de l’admiration est donc fonction de l’objet auquel elle s’attache ; c’est dire qu’elle est désormais affaire de rapports. L’admiration, ainsi entendue comme expérience, présuppose une dynamique complexe entre un sujet (admiratif) et un objet (que l’on admire). Le principe d’Horace selon lequel l’homme ne devrait être surpris de rien (« Nil admirari ») est largement repris sous l’Ancien Régime, consacrant la toute-puissance de la raison face aux troubles provoqués par les sens. Si l’admiration est souvent conçue comme une soumission suspecte voire dangereuse à l’empire de l’irrationnel, on commence pourtant à lui reconnaître des qualités dynamiques et positives.
C’est d’ailleurs sur ces bases que la théorie dramatique l’exploite. Les enjeux que soulève l’admiration (qui fait la synthèse entre les larmes et la violence tragiques) montrent une transformation graduelle de la sensibilité théâtrale, qui suppose au moins deux régimes de réception contraires : l’effet produit par l’admiration s’orientera soit vers les sens, soit vers la raison. Pour ne donner que quelques exemples, Corneille la mobilise dans la production de la catharsis en révoquant la tradition aristotélicienne fondée sur la crainte et la pitié ; au siècle suivant, dans ses Salons, Diderot développe dans un sens esthétique la distinction posée dans l’Encyclopédie entre admiration et surprise. On peut s’interroger sur le sens que donnent à l’admiration d’autres écrits sur l’art de l’Ancien Régime comme ceux de La Font de Saint Yenne, de Félibien ou de Du Bos. L’étude de l’admiration dans les théories dramaturgiques peut aussi mener à une réflexion sur la nature de l’imitation théâtrale (dans le Paradoxe sur le comédien, Diderot s’étonne par exemple que l’on puisse rire dans la vie de ce qu’on admire au théâtre) et sur ses implications morales (alors que Boileau et Corneille appelaient de leurs voeux un « pathétique d’admiration » capable d’accentuer la catharsis, la condamnation de la représentation dramatique par Rousseau dans sa Lettre sur les spectacles va de pair avec celle de la « stérile admiration des vertus de théâtre »).
L’admiration est également une catégorie active dans la théorie politique. Le prince machiavélien en est un exemple, à la fois objet de méfiance et de glorification au XVIIe et au XVIIIe siècle. Les libertins érudits (Louis Machon ou Gabriel Naudé, pour ne nommer qu’eux) reconnaissent en lui une figure nécessaire mais imparfaite. De la même façon, la figure royale engendre publiquement apologies et éloges, alors que des critiques, le plus souvent privées et acerbes, déconstruisent un symbole par-dessus tout admirable. Nous invitons les participants et participantes à inscrire leur intervention dans l’une ou l’autre des perspectives suivantes, qu’il s’agisse d’analyses de cas ou bien d’approches transhistoriques.
1. Amours spéculaires À partir de la figure mythique et millénaire de Narcisse, qui se décompose en une multitude de pathologies de l’amour-propre, cet axe suggère d’étudier l’admiration dans sa dimension spéculaire, où l’admirant et l’admiré se confondent parfois. Il est possible d’envisager le phénomène de l’auto-admiration, ou de l’admiration construisant le sujet en admiratif constant, notamment dans le récit de voyage de l’âge classique, dans les textes des moralistes ou encore dans le roman personnel de l’Ancien Régime. C’est également de cette admiration spéculaire que procèdent les nombreuses querelles d’écrivains de l’époque, où la valorisation de soi-même transite par l’admiration (réelle ou feinte) d’autrui. Quelles sont les dynamiques qu’entretiennent rhétorique et admiration ? Particulièrement dans le roman de l’Ancien Régime, mais également au théâtre, dans la poésie ou encore dans les correspondances, l’admiration a aussi été à la source des passions les plus violentes. Comment travaille-t-elle le sentiment amoureux ? Existe-t-il des liens entre l’admiration amoureuse et la grâce divine ? Entre la mise en scène de soi et l’admiration suscitée chez autrui ? Comment négocier amour durable et admiration spontanée ?
2. Amours romanesques Des romans épiques du XVIIe siècle aux premiers romans de formation du XVIIIe, on peut se pencher sur le rôle de l’admiration dans l’initiation et l’itinéraire d’un héros. Elle peut servir de point de départ pour étudier l’émerveillement d’un personnage naïf ou encore l’intensité des premières expériences. Il convient aussi de s’interroger sur la place qu’elle occupe dans les systèmes de valeurs des romans tels qu’ils se présentent sur le plan discursif : quelle place tient-elle dans la réflexion romanesque sur les codes de la mondanité ? Sur le plan du récit, comment l’admiration est-elle mise en scène ? Comment les conversations, les rumeurs ou les circulations d’images créent-elles ou défont-elles les relations d’admiration ? Quelle est la place de l’admiration dans les scènes topiques comme celle du bal ou de la sortie à l’opéra ? On pourra s’interroger sur les rythmes narratifs que l’admiration impose au roman lorsqu’elle est un ressort de l’intrigue : sur l’accélération du récit qu’elle peut provoquer (naissance d’une relation amoureuse, rencontre d’un mentor) ou au contraire sur les stases qu’elle peut créer (scènes, portraits, descriptions). L’analyse des effets poétiques ou esthétiques attachés aux scènes d’admiration pourrait ouvrir des pistes sur la description dans le roman d’Ancien Régime. Une réflexion sur les décors de l’admiration pourra aussi être menée en lien avec l’art pictural de l’époque. Quels sont ses lieux et ses paysages ?
3. Admirations esthétiques Si l’admiration émerge là où il y a ignorance, elle peut cependant être conçue comme un exercice qui permet l’établissement d’un jugement ou une critique. Le sujet admirant une oeuvre d’art est subjugué, troublé : il suspend son jugement pour laisser libre cours à l’irrationnel ou au pulsionnel. Comment l’Ancien Régime pense-t-il la figure du spectateur admiratif, entendu au sens large ? Quels sont les régimes de réception ou de lisibilité qu’engendre l’admiration ? Quelles sont les configurations du champ culturel qu’elle entraîne forcément ? Comment l’admiration travaille-t-elle l’établissement des canons ?
4. Cultures de l’admiration Il convient aussi de s’interroger sur le sens de cette notion dans le discours religieux et politique. Que est le sens accordé à l’admiration dans le dogme chrétien ? Quelles sont les figures exemplaires (ou conspuées) dans le champ politique ? L’admiration constitue-t-elle un moteur dans l’action politique ? On pourra par ailleurs s’interroger sur le rôle de l’admiration dans la psychologie des Lumières. Quelle est sa fonction dans leurs théories de la connaissance ? Quelle place tient-elle dans les fictions des origines ? Dans le domaine moral, on pourra recenser les figures jugées dignes d’admiration, voire essayer de reconstituer le Panthéon des auteurs de l’Ancien Régime. Que devient l’admiration des Anciens ? Quelles sont les figures admirables proposées à l’enfant dans les écrits sur l’éducation ?
Modalités Les propositions de communication, d’une durée prévue de 20 minutes, doivent être envoyées par courriel au comité organisateur au plus tard le 1er février 2016 à l’adresse suivante : admiration2016@gmail.com. Elles doivent contenir un titre, un résumé de 10 à 20 lignes ainsi qu’une rapide notice biobibliographique.
Flora Amann et Alex Bellemare Doctorants au Département des littératures de langue française Université de Montréal
New Publications
Alexandre Hardy, Théâtre complet. Tome IV. Dir. Fabien Cavaillé
Éditeur scientifique: Candiard (Céline), Cavaillé (Fabien), Dumas (Catherine), Karsenti (Tiphaine), Zanin (Enrica) Directeur d'ensemble: Cavaillé (Fabien). Paris, Classiques Garnier, collection « Bibliothèque du théatre français », 2019. ISBN: 978-2-406-08680-2. 881 p. 76€.
Le quatrième tome du Théâtre d’Alexandre Hardy, publié en 1626, rassemble trois tragédies (La Mort de Daire, La Mort d’Alexandre, Aristoclée), trois tragi-comédies (Frégonde, Gésippe, Phraarte) et une pastorale (Le Triomphe d’Amour). Le poète y déploie toute la variété de son talent.
https://classiques-garnier.com/theatre-complet-tome-iv-2.html
Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée, Théâtre. Tome II . Dir. Catherine François-Giappiconi
Paris, Classiques Garnier, collection « Bibliothèque du théatre français », 2019. ISBN: 978-2-406-08058-9. 663 p. 58€.
Connu comme créateur de la comédie « larmoyante », La Chaussée s’est aussi illustré dans d’autres genres. L’édition complète de son théâtre permettra d’apprécier la diversité de l’œuvre mésestimée d’un dramaturge novateur. Ce second volume réunit six pièces dont une tragédie et une comédie inédites.
https://classiques-garnier.com/theatre-tome-ii-4.html
L’Image brisée aux XVIe et XVIIe siècles. Dir. Chritian Belin, Agnès Lafont, Nicholas Myers
Paris, Classiques Garnier, collection « Rencontres », 2019. ISBN: 978-2-406-06820-4. 321 p. 36€ ou achat d'articles individuels.
Les treize études interrogent les deux temps d’une même opération iconoclaste et subversive, à la fois geste violent et processus inexorable, telle qu’elle a pu se traduire sur les terrains religieux, politiques et culturels en France, en Angleterre et aux Pays Bas aux XVIe et XVIIe siècles.
Patrick Dandrey, Dix leçons sur le premier recueil des Fables de La Fontaine (1668)
Hermann, 2019. ISBN : 979 1 0370 0269 3. 246 p. 22€.
Quoi de neuf sur La Fontaine ? Ce livre, informé des dernières recherches qui bouleversent les perspectives sur le genre de la fable, propose une étude globale et décapante du premier recueil, celui qui rassemble les apologues les plus célèbres, à commencer par « La Cigale et la Fourmi ». Mêlant les mises en perspective et en contexte aux analyses de détail systématiques et fouillées, il renouvelle sur nombre de sujets l’approche de l’œuvre : sur ses sources, ses origines, sa poétique, sa structure, ses thèmes et ses formes, son bestiaire et sa morale. En dix « leçons » synthétiques, claires et précises, il offre un tour d’horizon qui redécouvre les fables de 1668, révèle la profonde unité sous la diversité chatoyante de ce recueil, soulève et tâche de résoudre nombre des questions latentes qu’il appelle, et en propose une lecture aux prises insolites, qui bouscule bien des évidences.
Patrick Dandrey est professeur émérite à la Sorbonne et président des Amis de Jean de La Fontaine. Auteur de nombreux travaux sur le XVIIe siècle français, il a déjà consacré plusieurs ouvrages à La Fontaine, dont La fabrique des Fables (Klincksieck, 1991) et La Fontaine ou Les métamorphoses d’Orphée (Gallimard, 1995).
La voix du public en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, dir. Sarah Nancy et Julia Gros de Gasquet
Presses Universitaires de Rennes, 2019. ISBN : 978-2-7535-7790-9. 334 p. 30€.
Réunissant des spécialistes de la littérature, de la performance théâtrale, de l’histoire et de la musique, cet ouvrage propose d'articuler le contexte historique et social de la réception à des enjeux symboliques, et d’explorer l’interaction scène/salle sans buter sur l’opposition entre passivité et activité. Il est complété par la pièce musicale Logos et Phônè d’Alexandros Markeas spécialement composée pour accompagner cette réflexion sur l’histoire de la voix dans sa relation au discours et à l’émotion spectaculaire.
Pièce musicale Logos et Phônè sur YouTube, https://youtu.be/4HbxWLkFrVU.
Avec le soutien de l’EA 7343 – LIRA et de l’EA 174 – FIRL de l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3.