Dear Colleagues, Iara Dundas and I are organizing two sessions for the 2016 meeting of the Renaissance Society of America to be held in Boston. Please find both CFP's below. If interested, please send a 150-word abstract, paper title, keywords, and a brief (300-word max) c.v. to session organizers Iara Dundas (iara.dundas@duke.edu) and myself (elisabeth.narkin@duke.edu) by June 8, 2015. Thank you, Elisabeth Narkin Duke University ------------------------------------- 1.) Beyond National Traditions: European Renaissance Architecture, 1500-1700 Until recently, scholarship on Renaissance architecture has focused heavily on national styles. From art history surveys like Janson and Gardner, to nineteenth century works, and, indeed, into the twentieth century with works by authors like Anthony Blunt, the defining concern of Renaissance architectural history has been the extent to which architects of various “nations” created distinct styles. Yet, since the 1980’s, scholars have begun to move past national styles. Two dominant strains of research involve 1.) investigations, such as those by Christy Anderson, Ethan Matt Kavaler, Frédérique Lemerle, and Yves Pauwels into the intersection of so-called “Gothic” aesthetics and those of Roman antiquity and, 2.) analyses of architecture’s “social life,” that is, its domestic and religious uses, as advanced by scholars such as Hilary Ballon, Monique Chatenet, and Patricia Fortini Brown. This session invites papers which examine European buildings created between 1500 and 1700, their creators, patrons, and/or their users. Of particular interest are papers which also focus on the author's’ methodological approaches. In addressing current themes and methodologies, we hope to engage in a discussion of the recent developments in scholarship on Renaissance architecture and how it maps against the historiography which has led us to this point. ------------------------------------------------------------------------------------ 2.) Ceremony and Ritual Before the Death of Louis XIV Three hundred years ago, Louis XIV’s death marked a distinct shift in European court society. With his death the period that was, arguably, the most ceremonially sophisticated in history came to an end. The entrenchment of daily ritual into the theatrical architecture of Versailles or its seventeenth-century counterparts in Madrid and London, however, was reserved almost exclusively for courtiers and was only the culmination of a long history of ceremonial traditions. From royal entries to funerals, religious processions to public festivals and street theater, life in Renaissance Europe was profuse with ceremonial spectacle. Whether political, devotional, or both, these ceremonies frequently used ephemeral architecture and theatrical machinery, adding an expensive but visually tantalizing element to these festivities. This session seeks papers which examine European ceremonies and rituals from 1500-1700. Of particular interest are papers which merge the study of the visual, art historical aspects of these spectacles and the event’s broader social, political, or religious implications. Papers from scholars in the disciplines of theater, history, art & architectural history, and religious studies are especially welcome.
Calls for Papers and Contributions
Le sujet de ce Colloque envisage, de prime abord, d’évaluer les « frontières polémiques », voire les apories esthétiques, plus ou moins visibles, qui sous-tendent, tout au long du Grand Siècle, le dialogue conceptuel entre, d’une part, l’ordre, les règles et les lois et, d’autre part, les « désordres diffus et les incertitudes latentes » (J.-Ch. Darmon), en littérature et dans les arts (peinture, architecture, musique, etc.). La critique contemporaine ne cesse en effet de montrer la fragilité des définitions absolues de cette période (dont celle d’un absolu de la Littérature), en essayant d’exaucer les valeurs d’un Classicisme au pluriel, englobant les différentes « manières » de concevoir le naturel et le goût.
Les « querelles » qui traversent le siècle ainsi que l’« aporie de la crédibilité » (P. Pasquier), émanant des lectures et des pratiques asymétriques de la Poétique d’Aristote, légitiment ainsi la mise en question d’une grille épistémique rigide d’analyse des formes, et par conséquent l’ouverture au pouvoir apparemment paradoxal des mineurs, des minorités, des marginalités. Re-contextualiser, dans ce cadre, les genres, les modalités de la pensée, les courants esthétiques au XVIIe siècle, réévaluer leur rapport au pouvoir absolu, revoir la tension intermittente entre « l’ordre et le chaos » (G. Spielmann) faisant de la notion de « frontière » un concept-clé de la dynamique littéraire, culturelle, sociale du siècle de Louis Le Grand, constituera le défi de ce colloque pluridisciplinaire.
L’appel au dialogue entre chercheurs, relevant de différentes disciplines, permettra ainsi d’établir, a priori, des axes thématiques diversifiés mais qui s’entrecroisent du point de vue épistémologique :
Seront donc engagés des débats autour de la centralité traditionnelle du XVIIe siècle, des lieux esthétiques et éthiques de la « raison » et de l’ «émerveillement » (R. Zuber), du sens de l’hybridisme des formes et des formules artistiques, partant d’un ensemble critique assez vaste qui, entre la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle, a mis en relief le pouvoir des « marges » dans l’analyse du Classicisme, voire des Classicismes du Grand Siècle.
Comité scientifique : Marta Teixeira Anacleto, José Augusto Cardos Bernardes, Ofélia Paiva Monteiro (Univ. de Coimbra) Buford Norman, Pierre Ronzeaud
Prière d’envoyer vos propositions de communication (250 mots maximum, pour une communication de 20 minutes), accompagnées de votre nom, de votre affiliation institutionnelle complète et d’un bref descriptif de vos travaux récents, à Marta Teixeira Anacleto (marta@fl.uc.pt), d’ici au 15 septembre 2015.
url de référence: http://www.cir17.info/colloques/coimbra
APPEL À COMMUNICATIONS
JOURNÉE D’ÉTUDES DU 10 DÉCEMBRE 2015 Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Centre d’Études et de Recherches Comparatistes (EA 172) Littérature comparée et Gender : les débuts de l’époque moderne
For the CFP in English, see below
Cette journée fait suite à celle qui s’est tenue le 6 février 2015, et qui s’intitulait : « Comment articuler les croisements ? » Elle prolonge la réflexion, en cherchant à approfondir les spécificités de la première modernité au regard des questions de genre. En outre, il s’agit de s’interroger sur l’enrichissement mutuel entre une approche – les études et la pensée du genre – et une période : les débuts de l’époque moderne.
Contexte scientifique
Nous repartirons ici de quelques-unes des prémisses posées pour l’ensemble de ce projet de croisement entre littérature comparée et gender : Du canon à l’analyse des textes ou des genres littéraires, les Gender Studies qui se sont développées à partir des travaux des féministes des années 1970 et 1980, ont étendu les questionnements (au sens d’enquête, certes, mais aussi de remise en question) aux identités déviantes/dissidentes (LGBTI) et, dans la perspective de la théorie queer (après Sedgwick et Butler entre autres), à la résistance aux identités. Dans la dernière décennie, la dénaturalisation des genres sexués (et des rôles socialement assignés aux genres) a atteint aussi la masculinité, qui a perdu son caractère d’évidence. La prise en compte de ces développements théoriques dans les études littéraires a eu pour effet de rendre problématiques les objets culturels transmis de génération en génération de chercheurs et d’érudits. Il s’agit par exemple d’une réflexion sur le rôle des femmes dans l’émergence du roman en Europe aux débuts de l’époque moderne, ou de la mise en évidence d’une invisibilité culturellement produite de certains objets, de l’effacement ou de l’évaluation négative de tout un pan de la production littéraire en fonction de critères explicites ou implicites de genre (gender) – donc questions de canon – ou d’une relecture des textes (déjà reconnus ou non par la culture dominante) qui mette en évidence la représentation, la reproduction ou la construction d’identités et de rôles (le masculin, le féminin).
Questionnement
Lors de notre premier appel, nous avions proposé les axes suivants :
1- Problématisation de la notion même de croisement, les modalités et formes qu’elle revêt – croisement littérature comparée et gender bien sûr, mais aussi problématique intersectionnelle ou intermédialité.
2- Dans quelle mesure est-il possible de repenser les déterminations qui constituent la notion même d’intersectionnalité, hors de la triade classique « race, class, gender », en fonction des différents contextes sociaux, culturels, historiques, etc., en combinant d’autres facteurs (géographique, politique, idéologique, etc.).
3- Retour sur la question du canon, pour examiner la création et l’évolution de ces processus de constitution d’objets d’étude – par la création de canons alternatifs, en examinant les modes de constitution du canon, en faisant sortir des objets de l’invisibilité socialement construite, etc.
4- De même, une attention particulière pourra être accordée à la question de la traduction en lien avec la problématique du croisement propre à la journée d’étude.
On peut penser a priori que les deux derniers points sont plus immédiatement transposables à l’exploration à laquelle nous invitons aujourd’hui les chercheurs/euses. Mais, précisément, c’est l’un des buts de cette rencontre de voir comment les nouvelles approches peuvent éclairer le passé et de quelles manières l’exploration de contextes culturels et de corpus distants d’un point de vue temporel permet de réviser, d’affiner, et de valider, au prix parfois de ces ajustements, les méthodologies et théories contemporaines.
Une telle enquête est d’autant plus prometteuse que nombre de spécialistes aujourd’hui ont remis en cause la chronologie rigide établie par Michel Foucault et défendue par ses épigones comme David Halperin, chronologie à valeur doxique qui daterait l’apparition de l’identité sexuelle au moment de l’émergence de l’homosexuel comme espèce au milieu du dix-neuvième siècle, dans la littérature médico-légale. Or, si l’on se libère de cette vision devenue doxique, on peut reprendre le questionnement de manière fructueuse.
Puisque le point de croisement est temporel – les débuts de l’époque moderne – les corpus, les contextes et les questions peuvent être très variés. L’idée est de mettre l’accent à la fois sur les manières dont le genre (sexué) intervenait dans la culture de l’époque. Dans quelle mesure des catégories comme le gender ou le queer sont-elles, non seulement pertinentes, mais fructueuses pour la constitution et l’étude d’objets culturels et littéraires ? Et dans quelle mesure aussi la prise en compte des spécificités des périodes considérées permet-elle de combiner les apports des théories contemporaines et un historicisme responsable – à moins qu’il ne faille au contraire dénoncer les accusations d’anachronisme régulièrement portées à l’encontre des chercheuses et chercheurs qui s’intéresse au gender au passé comme autant de dispositifs littéralement conservateurs. Ce ne sont que des directions indicatives.
Le cadre général est comparatiste. Cela signifie, certes, qu’on peut interroger ensemble des contextes culturels et linguistiques, voire des media divers.Mais nous encourageons également l’envoi de propositions qui mettraient en avant les différences d’approche des questions de genre selon les contextes culturels (universitaires, scientifiques). En tout état de cause, ce sera l’une des responsabilités (et l’un des bénéfices) de la rencontre de mettre en contact les spécialistes et les approches, ainsi que leurs contextes culturels.
Pour tout renseignement complémentaire, contactez Pierre Zoberman
Les propositions (250-300 mots, communication de 20 mn) sont à envoyer à la même adresse sous forme de fichier Word avant le 30 avril 2015
Les langues du séminaire sont le français et l’anglais.
CALL FOR PROPOSALS
DECEMBER 10, 2015 SEMINAR Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Centre d’Études et de Recherches Comparatistes (EA 172) Comparative Literature and Gender: The Early Modern Period
Cette journée fait suite à celle qui s’est tenue le 6 février 2015, et qui s’intitulait : « Comment articuler les croisements ? » Elle prolonge la réflexion, en cherchant à approfondir les spécificités de la première modernité au regard des questions de genre. En outre, il s’agit de s’interroger sur l’enrichissement mutuel entre une approche – les études et la pensée du genre – et une période : les débuts de l’époque moderne.
Background
We are starting from some of the premises on which the whole project to cross-examine (literally) comparative literature and gender was established:
In the past few decades, the denaturalization of genders (and of the roles socially ascribed to genders) has affected masculinity, which lost its status of evidence. Literary studies took these theoretical developments on board. Cultural objects passed on from generation to generation of scholars became problematized. To quote only a few examples: new light was shed on the place of women in the emergence of the novel in early modern Europe and there was a reassessment of the culturally produced invisibility of certain objects, of the erasure or negative valuation of a whole segment of literary production on explicitly or implicitly gendered criteria. This is one way the canon was called into question. These concerns also resulted in new readings (or re-readings) of texts (whether already recognized by the dominant culture or not) that bring to the fore the representation, reproduction, or construction of gendered identities and roles (the masculine, the feminine).
Questions and directions
In the first call for papers, we proposed the following directions:
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Problematizing the very notion of crossing, its modalities and forms—comparative literature/gender crossings, to be sure, but also intersectionality or intermediality.
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To what extent is it possible to rethink the determinations that make up the very notion of intersectionality, beyond/outside the now traditional triad (race, class, gender), taking into account various contexts (social, cultural, historical, etc.), and adducing other factor (geographic, political, ideological, etc.).
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Revisiting the canon, in order to examine the development and evolution of the processes which produce legitimized cultural objects – exploring the constitution of alternative canons or the modes of canon formation and rendering visible again those objects which had been made invisible in that socially determined process.
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Similarly particular attention may be paid to the question of translation, in connection with the issue of crossing which is at the center of the session’s focus.
It might at first glance seem that the last two points are more immediately transferable to the exploration to which we are inviting scholars here. It is, however, one of the main goals of the seminar assess the ways in which contemporary approaches can help shed light on past historical contexts, and how, in turn, the exploration of cultural contexts and corpuses temporally removed may help revise, fine-tune, and give validity to, those current methodologies and theories, even if it entails such adjustments.
Such an investigation is all the more promising since quite a few scholars in the field today have called into question the rigid chronology established by Michel Foucault and upheld by his epigones, in particular David Halpern, whereby sexual identity only appeared in the mid- nineteenth century, with the emergence of the homosexual as a species in the medico-legal literature. Now, distancing oneself from this view, which has taken on the significance of a doxa allows to take up the inquiry again most fruitfully.
Since the point of intersection is temporally defined (the early modern period), the corpuses, contexts, and issues considered may be very varied. The rationale behind this seminar session is to emphasize the ways in which gender was a factor in the culture of the time. To what extent are such categories as gender or queer not only relevant, but also most productive for the elaboration and study of literary and cultural objects? To what extent, as well, is understanding the specificity of the period under scrutiny instrumental in maintaining a healthy historicism while still taking advantage of today’s theoretical advances—or should we, on the contrary, expose the accusations of anachronism regularly hurled at those who explore gender issues in the past as literally conservative gestures? These are only a few possible directions.
The inquiry is envisioned in the perspective of comparatism. This means, naturally, bringing together various cultural and linguistic contexts, or different media. But we encourage also proposals which foreground differences in the way gender issues are approached in different cultural contexts and fields (be they academic or disciplinary). In the end, one of the seminar’s responsibilities (and hopefully one if its results) is to bring together scholars and approaches, and their various cultural backgrounds.
The seminar’s languages will be French and English. Proposals for papers of 20mn in length (250-300 word abstracts) should be sent to Pierre
Zoberman, zpparis13@aol.com as a Word attachment by April 30, 2015 For more information, please write to the same address.
Appel à communication
Les amants fraternels : représentations de l'inceste frère-sœur, du Moyen Âge au XVIIIe siècle
Université d’Artois,
ARRAS,
26-27 mai 2016
Organisateurs: Marianne Closson et François Raviez (de l'Université d'Artois)
Le topos de l’inceste adelphique est devenu si présent dans la littérature contemporaine qu’il serait vain de tenter de faire le recensement de ces récits ou de ces pièces mettant en scène l’amour passionné entre un frère et une sœur, dont l’archétype inaugural reste, pour beaucoup de critiques, René de Chateaubriand. Aussi les travaux universitaires, historiques comme littéraires, se concentrent-ils principalement sur les XIXe et XXe siècles ; on peut citer à ce propos, le colloque de Cerisy en 1990, Éros philadelphe, Frère et sœur, passion secrète, et le livre de Houria Bouchenafa, Mon amour, ma sœur : l’imaginaire de l’inceste frère-sœur dans la littérature européenne de la fin du XIXe siècle (2004). Il existe par ailleurs un nombre considérable d’ouvrages et d’articles à propos de l’inceste en général et cette fois-ci la réflexion prend en compte les périodes antérieures : le récent ouvrage de Jacqueline Chammas,L’Inceste romanesque au siècle des Lumières paru en 2011, comme le séminaire en 2010-2012 de l’Institut d’Histoire de la Pensée Classique (UMR 5037) consacré à « l'inceste : filiations, transgressions, identités (XVIe-XVIIIe siècle) », témoignent de la vivacité de la recherche sur le sujet, en particulier pour le XVIIIe siècle ; en effet, une « utopie incestueuse » habite la philosophie des Lumières, et on rappellera la célébration d’une sexualité sans tabous dans le Supplément au voyage de Bougainville et la formule de Sade : « l'inceste devrait être la loi de tout gouvernement dont la fraternité fait la base ». La dépénalisation en 1791 des relations incestueuses entre adultes consentants est d’une certaine façon l’aboutissement de cette critique de l’interdit biblique ; l’inceste reste néanmoins l’objet d’un discrédit moral, et est toujours perçu comme une transgression radicale – le mariage et la reconnaissance des enfants sont d’ailleurs prohibés par le code civil –, comme l’atteste sa présence dans la littérature.
La recherche dans ce domaine est donc actuellement très vivace, mais le terrain est loin d’avoir été complètement défriché. Malgré l’interêt récent pour les relations entre les frères et sœurs – beaucoup de travaux datent de la dernière décennie –, l’inceste dit « collatéral » reste peu étudié en tant que tel, alors qu’il diffère considérablement de l’inceste père-fille (ou plus rarement mère-fils) ; on sait en effet qu’il a été pratiqué dans certaines civilisations, et que dans beaucoup de cosmogonies il est à l’origine de l’humanité ; le couple frère-sœur est donc perçu comme fondateur et il peut être rapproché du mythe de l’hermaphrodite originel, mais aussi des questions liées à à la figure du double et de la gémellité. Cet arrière-plan mythique, très actif dans nombre de romans exotiques et utopiques qui présentent l’inceste non plus comme une transgression mais comme une loi de la nature, se retrouve sous des formes atténuées dans les récits ou les pièces de théâtre ; comment expliquer autrement que par une mystérieuse attraction « naturelle » ces multiples couples fraternels qui ne doivent qu’à la découverte in extremis de leur liens de sang de ne pas consommer le crime ? Et combien d’autres le sachant — comme les héros de 'Tis a Pity She's a Whore de John Ford (1626) –, affirment-ils haut et fort que leur union constitue le couple idéal, toutes les règles sociales et morales d’interdiction d’un tel amour étant dénoncées comme arbitraires ? Certes, il y a aussi des histoires de viol et de violence, qui correspondent probablement davantage à la réalité de l’inceste fraternel – c’est souvent un aîné, et plus rarement une aînée, qui abuse de sa sœur ou de son frère plus jeune – et les problématiques liées au pouvoir et au genre doivent être abordées. Il n’en reste pas moins que se déploie dans la littérature une tension entre un « rêve d’inceste », qui peut d’ailleurs devenir l’acte fondateur d’une société « fraternelle », et le sentiment, le plus souvent tragique, d’un acte monstrueux condamné par la loi divine et humaine.
La période envisagée – du Moyen Âge au XVIIIe siècle – permettra de percevoir sur un « temps long » des constantes ou des ruptures – qui ne sont peut-être pas là où on le pense – liées à la fois à des questions religieuses, philosophiques, scientifiques, mais aussi esthétiques ; on pourra ainsi s’interroger sur les stratégies de dissimulation-révélation de l’inceste utilisées dans certaines œuvres, sur les termes qui disent l’amour-passion quand il est à ce point spéculaire, sur les interprétations allégoriques, etc. De nombreuses problématiques pourront être abordées, comme celle du lien avec l’enfance – les amours enfantines comme les enfants de l’inceste –, l’utilisation polémique et infamante qui est faite de l’accusation d’inceste dans les pamphlets, les idéaux politiques associés à l’inceste adelphique, ou encore les liens avec le règne animal : le corpus est ouvert à l’ensemble des discours savants, juridiques, médicaux, alchimiques, ou encore théologiques (ne sommes-nous pas tous enfants de l’inceste ?) et ne se limite pas au domaine français.
Le colloque, proposé par l’équipe TransLittéraires du centre de recherches « Textes et cultures » de l’Université d’Artois (EA 4028), vise, dans le prolongement de L’hermaphrodite de la Renaissance aux Lumières (2011), à lancer une vaste enquête interdisciplinaire, qui permettra peut-être de trouver des documents inédits ou peu connus, et de renouveler et d’enrichir nos connaissances et nos questionnements sur le sujet.
Il sera précédé d’une journée d’études le 29 janvier 2016 (sans limitation chronologique du champ de recherche) dans le cadre du séminaire doctoral.
Les communications, de préférence en français, dureront 25 minutes. Celles qui seront retenues par le comité scientifique seront publiées dans les actes du colloque.
Les projets de communication devront être adressés avant le 15 avril 2015 à :
Marianne Closson, marianne.closson@wanadoo.fr,
et François Raviez, francoisraviez@gmail.com
Nous vous demandons d’envoyer une proposition en fichier attaché format rtf, ou .doc, de 500 mots maximum, accompagnée d’une « bio-bibliographie » d’une dizaine de lignes, dans laquelle figureront votre université et/ou votre laboratoire d’affiliation, ainsi que vos coordonnées personnelles (nécessaires pour les demandes de subvention pour le colloque) : adresse, n° de téléphone et adresse électronique. Vous pourrez éventuellement ajouter quelques références bibliographiques si vous avez déjà travaillé sur ce sujet. Le fichier aura pour titre le nom de l’auteur ou des auteurs de la proposition.
November 5-7, 2015 / Du 5 au 7 novembre2015
Rutgers University, New Brunswick
Call for papers / Appel à communications
34th Annual Conference
Society for Interdisciplinary French Seventeenth Century Studies
Société d’Études Pluridisciplinaires du XVIIe Siècle Français (SE17)
Scholars from all disciplines are invited to submit abstracts in French or English (300 words maximum) for presentations relating to the themes listed below. Please email abstracts directly to BOTH session chairs by March 31, 2015. The duration ofpresentations is limited to 20 minutes.
Les chercheurs de toutes disciplines sont invités à soumettre des propositions de communication (en français ou en anglais) relatives aux thèmes annoncés ci-dessous. Les propositions ne doivent pas dépasser 300 mots et sont à envoyer par courriel directement aux DEUX président(e)s de séance avant le 31mars 2015. Les interventions ne devront pas excéder 20 minutes.
Conference President / Présidente du Colloque
Jennifer TAMAS, Rutgers University
Advisory Council / Comité scientifique
1. The Cabinet/Le Cabinet
Mathilde BOMBART (Universitéde Lyon III): mathilde.bombart@univ-lyon3.fr
Nathalie FREIDEL (Université WilfridLaurier): nfreidel@wlu.ca
2. Ceremonies / Cérémonies
Faith BEASLEY (Dartmouth College): faith.e.beasley@dartmouth.edu
Claire GOLDSTEIN (University of California Davis): cbgoldstein@ucdavis.edu
3. Pedagogy / Pédagogie
Hélène BILIS (Wellesley College): hbilis@wellesley.edu
Hélène VISENTIN (Smith College): hvisenti@smith.edu
4. Reception of XVIIth century / Réception du XVIIesiècle
Gilles DECLERCQ (Sorbonne Nouvelle): gilles.declercq@univ-paris3.fr
Stella SPRIET (Universitéde Saskatchewan): stella.spriet@usask.ca
5. Violence / La violence
Laurence PLAZENET (Sorbonne / IUF): laurence.plazenet@paris-sorbonne.fr
Volker SCHRÖDER (Princeton University): volkers@princeton.edu
6. Libertine Voices / Voixlibertines
Jean-Vincent BLANCHARD (Swarthmore College): jblanch1@swarthmore.edu
Sylvaine GUYOT (Harvard University): guyot@fas.harvard.edu
7. Travels and Crossings / Voyages et carrefours
Juliette CHERBULIEZ (University of Minnesota): cherbuli@umn.edu
Grégoire HOLTZ (Universitéde Toronto): gregoire.holtz@utoronto.ca
Further information concerning the conference will be available starting in March on the Society’s website.
Des informations complémentaires seront disponibles dès le mois de mars sur le site Web de la Société.
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New Publications
H-France Forum dedicated to _The Written World_ by Jeffrey Peters
Hélène Bilis has edited the latest issue of H-France Forum: https://h-france.net/h-france-forum-volume-14-2019/
Jeffrey N. Peters, The Written World. Space, Literature, and the Chorological Imagination in Early Modern France. Evanston: Northwestern University Press, 2018. vii + 272 pp. Figures, notes, and index. $34.95 (pb). ISBN 978-0-8101-3697-7; $99.95 (cl). ISBN 978-0-8101-3698-4; $34.95 (Kindle). ISBN 978-0-8101-3699-1.
Review Essays: Anna Rosensweig, University of Rochester Volker Schröder, Princeton University David L. Sedley, Haverford College Elizabeth Hyde, Kean University
Response Essay by Jeffrey N. Peters, University of Kentucky, Lexington
Chloé Hogg, Absolutist Attachments Emotion: Media, and Absolutism in Seventeenth-Century France
Northwestern UP, 2019. ISBN: 0-8101-3941-3. 288 p. $34.95 paper and e-book.
In Absolutist Attachments, Chloé Hogg uncovers the affective and media connections that shaped Louis XIV’s absolutism. Studying literature, painting, engravings, correspondence, and the emerging periodic press, Hogg diagnoses the emotions that created absolutism’s feeling subjects and publics.
Louis XIV’s subjects explored new kinds of affective relations with their sovereign, joining with the king in acts of aesthetic judgment, tender feeling, or the “newsiness” of emerging print news culture. Such alternative modes of adhesion countered the hegemonic model of kingship upheld by divine right, reason of state, or corporate fidelities and privileges with subject-driven attachments and practices. Absolutist Attachments discovers absolutism’s alternative political and cultural legacy—not the spectacle of an unbound king but the binding connections of his subjects.
http://nupress.northwestern.edu/content/absolutist-attachments
K. Flasch, Le Diable dans la pensée européenne
Vrin, 2019. ISBN 978-2-7116-2883-4. 384 p. 23,50 €.
Le Diable a rôdé en Europe pendant des siècles, à l’affût de tous ceux qu’il pouvait dévorer. Fascinés par sa férocité, les penseurs européens n’ont pas seulement subi sa présence hostile, ils ont transformé son visage, ils lui ont attribué de nouveaux noms, un statut, une voix et c’est en fonction de lui qu’ils ont organisé la vie sociale. Ce livre est le portrait biographique d’une figure protéiforme et impure, d’une créature bien réelle sous la plume de Saint Augustin, devenue pur esprit sous l’autorité des auteurs scolastiques, à la fois adversaire de Dieu et des hommes, serpent tentateur, dragon cruel, chef des démons et des sorcières, « seigneur de ce monde » et personnification du Mal … Ce livre est aussi une histoire culturelle et intellectuelle qui décrit les préoccupations et les pensées de femmes et d’hommes vivant en ce bas monde, et qui met en lumière le fait que les doctrines théologiques et philosophiques sur le Diable et les démons ne sont pas uniquement des théories : elles s’inscrivent si profondément dans les pratiques sociales qu’elles vont jusqu’à décider de la vie et de la mort des individus.
Dans cet essai magistral et incisif, Kurt Flasch revisite le grand récit du progrès de la pensée grâce à ce négatif photographique que constitue la figure du Diable.
Kurt Flasch, né en 1930 à Mayence, professeur émérite de la Ruhr-Universität Bochum, est l’un des plus importants historiens de la philosophie médiévale et de la Renaissance. Traduction de l’allemand par Iñigo Atucha.
http://www.vrin.fr/book.php?title_url=Le_Diable_dans_la_pensee_europeenne__9782711628834
M.-P. Litaudon, Le Paranymphe d'honneur et de vertu. Un mystérieux manuscrit dédié à Louis XIII
Arcades Ambo, collection "Emblématique", 2019. EAN13 : 9791094910221. 144 p. 25,20€.
Magnifiquement calligraphié et illustré, Le Paranymphe d’honneur et de vertu est un mystérieux manuscrit détenu par un collectionneur privé qui a autorisé les Éditions ARCADES AMBO à en reproduire les pages les plus belles.
Rédigé à l’attention de Louis XIII enfant par un personnage dont il n’existe aucune trace historique, cette "institution du prince" est à la fois une énigme et un important document pour l’histoire de la royauté française.
Marie-Pierre Litaudon, spécialiste de l’histoire du livre et de l’éducation, s’est attachée à découvrir la véritable identité de l’auteur de ce manuscrit inspiré du Champfleury de Geoffroy Tory, ce grand manifeste de la Renaissance.
Son enquête, rigoureuse et passionnante, l’a conduite à lire dans ce traité de vertu politique, un des éléments clés de la formation de l’État moderne, s’émancipant de l’autorité de Rome et tentant de surmonter les clivages religieux sous l’égide du Logos grec.
L’ouvrage est préfacé par le professeur Denis Crouzet (Lettres Sorbonne Université) et publié avec le soutien du Centre de recherche du Château de Versailles. il paraîtra en octobre.
Il peut être directement commandé sur le site de l’éditeur:
http://www.arcadesambo.com/titres/le-paranymphe-d-honneur-et-de-vertu
La « Philautie » humaniste, héritages et postérité, dir. Anne-Pascale Pouey-Mounou, Charles-Olivier Stiker-Métral
Classiques Garnier, 2019. ISBN: 978-2-406-08835-6. DOI: 10.15122/isbn.978-2-406-08837-0. 338 p. 36€.
Résumé: Les études réunies dans cet ouvrage s’attachent à déterminer les significations exactes que recouvre la notion de philautie, essentielle dans la création littéraire et la réflexion philosophique des xvie et xviie siècles, les héritages dont elle procède, les modalités selon lesquelles elle s’impose en ce temps.
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