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Calls for Papers and Contributions

Appel à contributions : Concevoir le décor de cinéma et de théâtre
Posted: Sunday, May 17, 2020 - 17:16

DOUBLE JEU n°18

Les décors de théâtre et de cinéma ont un passé commun. Longtemps, le vocabulaire employé au théâtre servit sur les plateaux de cinéma, et aujourd’hui encore des professionnels passent d’un atelier à l’autre. Pour ce nouveau numéro de Double Jeu consacré aux décors, pourquoi ne pas éveiller ces souvenirs communs, les circulations et transmissions de savoir-faire, d’inventions, mais aussi les écarts, les concurrences, le travail de distinction entre décorateurs de théâtre et décorateurs de cinéma ?

Nous proposons ainsi d’interroger la conception du décor de cinéma et de théâtre en France, jouant sur les sens du terme pour questionner à la fois les manières de penser et de fabriquer les décors. Il s’agira d’abord d’interroger les limites du terme : où commence, où s’arrête le décor ? Dans quelle mesure équivaut-il ou se distingue-t-il de la scénographie ? Du côté du théâtre, comme l’a relevé Marcel Freydefont, le mot « décor » est déclaré périmé dès les années 1960 et a connu une période de disgrâce[1]. On considère aujourd’hui le décor comme un élément du tout plus vaste qu’est la scénographie : il en est la partie construite et praticable par les acteurs, ou bien la partie peinte. Le terme a-t-il pour autant retrouvé une neutralité technique, ou conserve-t-il une connotation négative, associée à une esthétique platement réaliste ?

Au cinéma, le décor est traditionnellement défini à travers les spécialités et les outils de ceux qui le façonnent. Les diverses mutations technologiques invitent en effet constamment à interroger la nature du décor et sa place dans les films. Que ce soit en studios, en décors dits naturels ou dans le cadre d’une création numérique, le matériel technique influe sur l’appréhension de l’espace conçu. Sa fabrication impacte la manière de le penser et de le nommer. Comme Françoise Puaux le remarque en introduction du Décor de cinéma : « Le nom des artistes décorateurs varient en fonction de leur formation, des studios et des latitudes, art director ou production designer pour les anglo-saxons, architecte pour les germaniques, scénographes pour les latins, artistes-peintres pour les slaves »[2]. Dans ces conditions, au vu de la multiplicité des pratiques, comment concevoir le décor de cinéma ?

État de la recherche La recherche sur le décor a été un moyen de se distinguer d’une approche textocentriste et littéraire et a ainsi été fondatrice pour la discipline des études théâtrales. L’ouvrage de Denis Bablet Esthétique générale du décor de théâtre de 1870 à 1914[3] (1965) reste une référence importante tant du point de vue historique que méthodologique. L’intérêt porté au décor et à la scénographie s’est récemment renouvelé en empruntant deux grandes directions. Un travail historique, d’une part, tend à mieux documenter les pratiques décoratives et techniques des siècles passés, afin d’en faire valoir la richesse et souvent de dépasser les clichés apposés par les discours d’avant-garde sur le « décorativisme » de ces périodes. D’autre part, en parallèle de l’intérêt récent des éditeurs pour accueillir la parole des scénographes dans des ouvrages souvent richement illustrés (Richard Peduzzi, Yannis Kokkos par exemple), un important travail de réflexion sur la pratique de la scénographie contemporaine a émergé. Entre autres publications, notons les deux numéros successifs de la revue d’Études Théâtrales en 2012 qui se sont attachés à donner la parole aux scénographes, à mettre l’accent sur la qualité et la spécificité de leur geste et à questionner leurs relations avec le metteur en scène.

Les ouvrages consacrés au décor de cinéma, fortement ancrés dans des études historiques et techniques, suivent ces deux mêmes directions. Dès les années 1920, les chefs-décorateurs renommés prêtent une attention toute particulière à la bonne transmission de leur activité. Textes qui dépassent le simple exposé d’une pratique puisqu’ils interrogent le rôle du décor dans les films, tel l’ouvrage de Robert Mallet-Stevens, Le Décor moderne au cinéma (1928), où celui-ci décrit fidèlement les techniques de conception et propose parallèlement une esthétique pédagogique du décor de cinéma. Essai auquel on peut associer la somme Décor de films de Léon Barsacq (1970), L’Envers des décors de Georges Wakhévitch (1977) et l’étude illustrée de Max et Jacques Douy, Décors de cinéma (1993) ; ouvrages de référence, issus des premiers textes fondateurs, qui témoignent du désir des décorateurs de préserver leur histoire et leurs savoir-faire. Écrits qui offrent un aperçu précis de l’évolution du décor et ont aussi valeur de témoignage en réaction aux mutations techniques, industrielles et esthétiques contemporaines de leur publication. Quelques études plus récentes tels Les Chefs décorateurs (2000) de Peter Ettedgui, Le Décor au cinéma (2003) de Jean-Pierre Berthomé et Le Décor au cinéma (2008) de Françoise Puaux reviennent sur l’histoire du métier et sur l’évolution technique et esthétique des décors de cinéma. Tandis que des professionnels, tels Thierry Le Nouvel et Pascale Joanne Rabaud avec Chef décorateur pour le cinéma (2012) ou le décorateur italien Renato Lori pour Scénographie et réalisation des décors pour le cinéma (2016)[4], décrivent les tâches du décorateur dans le contexte actuel de réalisation des films. En dépit des avancées réalisées par ces ouvrages qui offrent un aperçu fidèle de la profession et de son histoire en interrogeant ses spécificités techniques, le travail des décorateurs et la pratique du décor en cinéma est encore un terrain de recherche à explorer et éclaircir. Réflexion attestée par l’émergence récente de plusieurs rencontres scientifiques consacrées aux métiers de la technique comme « Questions d’histoire des techniques et des métiers du cinéma et de l’audiovisuel », séminaire organisé par Kira Kitsopanidou et Sébastien Layerle (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) ou la première rencontre annuelle « Chercher/Créer » (janvier 2020), qui interroge la place de la technique et des technicien.nes dans la recherche en France, co-organisée par Baptiste Heynemann (Commission Supérieure Technique de l’Image et du Son), Giusy Pisano (École nationale supérieure Louis-Lumière) et Réjane-Hamus-Vallée (Université d’Evry Paris Saclay).

Dès lors, dans la continuité de ces recherches, nous souhaitons initier une étude du décor en cinéma et au théâtre à partir de trois principaux axes d’étude destinés à définir, illustrer ou questionner sa conception.

1° Étudier les décors et leurs métiers : sources et méthodologie Pour cet axe, il s’agira de revenir sur la méthodologie d’étude mais aussi de gestion des diverses ressources mises à disposition dans les fonds d’archives. Quelles sources avons-nous à disposition pour étudier les décors, de leur conception à leur recyclage, réemploi ou destruction ?

Bien souvent l’historien du théâtre ou du cinéma n’a pas accès aux décors eux-mêmes, mais seulement à des photographies, lithographies, maquettes, ou parfois encore seulement à des descriptions. Quelles sont les conséquences historiographiques de ce rapport au décor par sa miniature ou sa médiatisation ?

Il serait également pertinent de se pencher sur les ouvrages des décorateurs-auteurs – dont l’existence remonte au moins au traité de Nicola Sabbattini, Pratique pour fabriquer scènes et machines de théâtre (1638) – et dont les publications ne cessent jusqu’à nos jours. Souvent exploités comme sources d’informations, ces ouvrages méritent également d’être étudiés pour eux-mêmes : quel est le lectorat visé par ces ouvrages ? Comment mettent-ils en scène le dévoilement de l’envers du décor ? Quelle esthétique du décor cherchent-ils à défendre et participent-ils à imposer ?

Enfin, au-delà de la figure du chef d’atelier, du décorateur en chef ou de l’artiste scénographe, il nous apparaît nécessaire de se pencher sur les sources concernant tous les corps de métiers convoqués lors de la réalisation d’un décor. De quels autres corps de métier sont-ils issus ? Quels savoir-faire importent-ils dans les champs du théâtre et du cinéma ?

Pistes : sources de l’histoire des décors ; pratiques et gestion de conservation ; histoire et usage de la maquette au théâtre et au cinéma ; signalement et description de fonds inexploités ; les décorateursauteurs et leurs ouvrages ; les métiers de la construction du décor.

2° Construire l'illusion Mais quelle est la nécessité des décors ? Dès 1913, Jacques Copeau a annoncé son retour au « tréteau nu » et son renoncement à l’idée de décor. En 1986, Alain Cavalier et Bernard Evein démontrent avec Thérèse comment un film peut se passer de toute figuration réaliste des lieux jusqu’à remplacer les murs par des toiles de tissus. Mais la pratique du décor ne disparaît pas pour autant et le besoin de construire une réalité pour y installer une fiction reste prédominant. Si le caractère nécessaire du décor peut en lui-même faire l’objet d’une interrogation, le problème ouvre au questionnement des variations du rôle dramaturgique accordé à la décoration en fonction des esthétiques. Quelles que soient les variations formelles, le décor peut toujours, d’une certaine manière, être interrogé à travers la question de l’illusion : quel type d’illusion, c’est-à-dire quel pacte à la fois cognitif et émotionnel, le décor cherchet- il à produire ou au contraire à défaire, dénoncer, déplacer… ? N’assiste-t-on pas de nos jours, en particulier grâce à l’usage des projections vidéo, à un retour du réalisme sur les scènes contemporaines, confinant parfois à un renouveau de l’illusionnisme tant décrié dans les années brechtiennes ?

Il est en tous cas certain, dans les domaines du théâtre comme du cinéma, que la notion d’illusion gagne à être interrogée en liant les aspects techniques et dramaturgiques. Si nous nous concentrons sur la question de la fabrication de l’illusion, force est de constater que l’histoire du décor de cinéma dépend en partie de son rapport à l’artifice et de sa capacité technique à reproduire ou non ce qu’on considère comme « naturel ». Les grandes périodes du décor de cinéma sont justement définies à la fois à l’aune du développement des techniques employées destinées à renforcer l’illusion, à faire toujours plus « vrai », et selon une remise en question systématique et générationnelle de cette fidélité mimétique à la « nature » ou à la « réalité ». Il s’agit ainsi pour ce second axe d’étude d’interroger à nouveaux frais le décor et son rapport au réel.

Pistes d’études possibles : le décor « naturel », le décor en studio, l’illusion au fil des courants esthétiques (expressionnisme allemand, Société Albatros, néo-réalisme italien, Nouvelle Vague… ; naturalisme, symbolisme, brechtisme, tréteau nu ou espace vide…) ; le refus du décor  

3° Transmission et interaction artistiques, culturelles et techniques des savoir-faire Pour ce dernier axe, nous proposons d’étudier les filiations entre les différents décorateurs et la nature de la transmission de gestes et pratiques de générations en générations. La construction des parcours professionnels mérite ainsi d’être étudiés dans leurs conséquences ; tout décorateur de cinéma a en effet d’abord été assistant avant de prétendre au poste de chef-architecte décorateur. Il s’agira, entre autres, de comprendre comment la personnalité du décorateur se renforce à l’aune de sa formation, d’interroger le partage du temps entre création et enseignement mais également l’influence des autres pratiques artistiques (art décor, design, peinture, arts plastiques, collaborations d'artistes…) dans la conception visuelle de spectacles ou films.

Pistes d’études possibles : Lazare Meerson ; Christian Bérard ; Jacques Saulnier ; Section décoration à l’IDHEC ; la transmission du savoir-faire dans les ateliers de décor des théâtres, hier et aujourd’hui ; les sections Scénographie à l’ENSATT, à l’école du TNS, à l’Académie de la Comédie-Française… (histoire, enseignants fondateurs, partis pris pédagogiques) ; disparition et recréation de savoir-faire

Les propositions d’articles, d’une longueur de 1500 à 2000 signes (espaces compris) accompagnées d’une présentation biobibliographique (800 signes maximum, espaces compris) doivent être envoyées avant le 15 septembre 2020 aux adresses suivantes : lea.chevalier@unicaen.fr / pierre.causse@unicaen.fr / valerie.vignaux@unicaen.fr

Les réponses seront adressées aux proposants le 1er octobre 2020 Les articles d’environ 30 000 signes seront à rendre pour le 15 janvier 2021.

Comité scientifique : Olivier Bara, PR, Université de Lyon-2, IHRIM - UMR 5317 Kira Kitsopanidou, PR, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 – IRCAV – EA 185 Giusy Pisano, PR, Louis-Lumière – IRCAV – EA 185

Double Jeu est la revue du département Arts du spectacle, de l’université de Caen-Normandie, https://journals.openedition.org/doublejeu/2277

Plutôt que de juxtaposer théâtre et cinéma, Double Jeu entend éprouver ces deux arts à des hypothèses, des problématiques, des regards qui leur soient communs, interroger l’un avec les concepts de l’autre et réciproquement ; et bien entendu se placer à leur articulation, là où des jonctions et des passerelles sont possibles, là où des frottements se font sentir, là où il y a du jeu.

Revue rattachée au LASLAR (Lettres, Arts du Spectacle, Langues Romanes – EA 4256) qui accueille chercheurs permanents et contributeurs occasionnels, afin d’instaurer entre les spécialistes des Arts du spectacle un dialogue aussi fructueux que celui qu’ont engagé depuis un siècle les praticiens et les créateurs.

Notes

1 Voir Marcel Freydefont, « Du décor à la scénographie », in Robert Abirached (dir.), Le Théâtre français du XXe siècle, Paris, L’Avant-Scène Théâtre, 2011, p. 613.

2 Françoise Puaux, Le Décor de cinéma, Paris, Cahiers du cinéma, 2008, p. 2.

3 Voir Denis Bablet Esthétique générale du décor de théâtre de 1870 à 1914, Paris, CNRS éditions, 1965.

4 Le même décorateur publie également Scénographie et réalisation des décors pour le théâtre en 2015, marque de la circulation des techniques, mais aussi de la nécessité de séparer les exposés pratiques.

 

Pistes bibliographiques  

Domaine cinématographique

ALBERA François, Albatros. Des russes à Paris, 1919-1929, Paris/Milan, Cinémathèque française/Mazzotta, 1995.

AYROLLES Jacques et LEMERIGE Françoise, « Profession : chef décorateur », Cinémathèque Les Conférences du conservatoire des techniques cinématographiques, [en ligne] CANAL-U, 5 décembre 2014.

BARSACQ Léon, Le Décor de film : 1895-1969, Paris, H. Veyrier, 1985.

BERTHOME Jean-Pierre, Le Décor au cinéma, Paris, Cahiers du cinéma, 2003.

DOUY Max et Jacques, Décor de cinéma : un siècle de studios français, Paris Edition du Collectionneur, 2003.

ETTEDGUI Peter, Les Chefs décorateurs, Paris, La Compagnie du Livre, 2000.

LE NOUVEL Thierry et RABAUD Pascale-Joanne, Chef-décorateur pour le cinéma, Paris, Eyrolles, 2012.

LORI Renato, Scénographie et réalisation des décors pour le cinéma, Rome, Gremese, 2016.

MALLET-STEVENS Robert, Le Décor au cinéma, Paris, Nouvelles Éditions Séguier, Carré Ciné, 1996.

PISANO Giusy, Serge Pimenoff, https://www.cinematheque.fr/sites-documentaires/pimenoff/index.php

PUAUX Françoise, Le Décor au cinéma, Paris, Cahiers du cinéma, 2008.

TRAUNER Alexandre, Décors de cinéma, Paris, Jad/Flammarion, 1975. WAKHEVITCH Georges, L’Envers des décors, Paris, Robert Laffont, 1977.

Domaine théâtral

BABLET Denis, Esthétique générale du décor de théâtre de 1870 à 1914, Paris, Éditions du CNRS, 1965.

BOUCRIS Luc, DUSIGNE Jean-François et FOHR Romain (dir.), Scénographie, 40 ans de création, Montpellier, L’Entretemps, 2010.

BOUCRIS Luc, FREYDEFONT Marcel, LEMAIRE Véronique et SARTI Raymond (dir.), « Qu’est-ce que la scénographie ? Vol. II, Pratiques et enseignements », Études théâtrales, n°54-55, 2012/2-3.

BOURDIN Philippe et LE BORGNE Françoise (dir.), Costumes, décors et accessoires dans le théâtre de la Révolution et de l’Empire, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2010.

CHOLLET Jean, LEMAIRE Véronique et MAZLOUMAN Mahtab, Scénographes en France, 1975-2015 : diversité & mutations, Paris, Actes Sud, 2015.

CORNUAILLE Philippe, Les Décors de Molière 1658-1674, Paris, PUPS, 2015.

DANIELS Barry et RAZGONNIKOFF Jacqueline, Le Décor de théâtre à l’époque romantique : catalogue raisonné des décors de la Comédie-Française (1799-1848), Paris, Bibliothèque nationale de France, 2003.

FOHR Romain, Du Décor à la scénographie : anthologie commentée de textes sur l’espace scénique, Montpellier, L’Entretemps, 2014.

FREYDEFONT Marcel, « Du décor à la scénographie », in Robert ABIRACHED (dir.), Le Théâtre français du XXe siècle, Paris, L’Avant-Scène Théâtre, 2011, p. 613-648.

HAMON-SIREJOLS Christine, Le Constructivisme au théâtre, Paris, Éditions du CNRS, 1992.

JOIN-DIETERLE Catherine (dir.), L’Envers du décor : à la Comédie-Française et à l’Opéra de Paris au XIXe siècle, Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2012.

KOKKOS Yannis et BANU Georges, Yannis Kokkos, le scénographe et le héron, Arles, Actes Sud, 2004.

LEMAIRE Véronique et LESAGE Daniel, « Qu’est-ce que la scénographie ? Vol. I – Processus et paroles de scénographes », Études théâtrales, n°53, 2012/1.

LORI Renato, Scénographie et réalisation des décors pour le théâtre, trad. Valérie Pons, Saint-Denis-sur- Sarthon, Gremese, 2015.

PEDUZZI Richard, Là-bas, c’est dehors ; suivi de L’odeur du théâtre, Arles, Actes Sud, 2017.

SURGERS Anne, Scénographies du théâtre occidental, Paris, Armand Colin, 2017.

WILD Nicole, Décors et costumes du XIXe siècle. Tome I : À l’Opéra de Paris, Paris, Éditions de la Bibliothèque nationale de France, 2014.

WILD Nicole, Décors et costumes du XIXe siècle. Tome II : Théâtres et décorateurs, collections de la bibliothèque-musée de l’Opéra, Paris, Éditions de la Bibliothèque nationale de France, 2014.

Appel à communications : Retours sur Molière
Posted: Sunday, May 17, 2020 - 16:44

En janvier 2022, Molière aura 400 ans. Quatre siècles d’une notoriété prodigieuse qui s’est affirmée dès les premiers spectacles donnés à Paris à la fin des années 1650 et qui n’a cessé de s’amplifier au fil du temps, jusqu’à s’étendre à l’échelle planétaire. Quatre siècles aussi au cours desquels les discours sur l’auteur et sur l’oeuvre n’ont cessé de se multiplier. Devenu, sitôt disparu, objet de légendes, « l’auteur du Misanthrope » (pour reprendre la célèbre formule de Boileau) a nourri post mortem un discours critique dont l'intensité n'a pas faibli depuis les origines. Les rêveries sur l'homme et l'oeuvre y rivalisent avec la mobilisation et la recherche de documents et de preuves permettant de progresser dans la connaissance d’un comédien-poète et chef de troupe, autour duquel les légendes se sont à ce point multipliées qu’il a longtemps été difficile de démêler le vrai du faux.

C’est dans cet entre-deux que ce colloque voudrait situer la question qui l’anime, en considérant que, quatre cents ans après sa naissance, Molière est à la fois cet auteur construit au fil des siècles par les discours critiques et les infléchissements du goût, et ce comédien-poète fermement inscrit dans son temps, chef de troupe habile à mettre au point diverses stratégies esthétiques et économiques pour bâtir sa carrière et faire valoir son oeuvre. Le retour sur Molière, auquel nous convie l’occasion jubilaire, ne prend sens que s’il nous ramène aux origines de la création des comédies et si, dans un même mouvement, il nous fait porter un regard renouvelé sur la manière dont s’est élaborée notre conception de l’oeuvre.

Les trois journées s’inscriront ainsi sous le signe d’un double retour sur Molière : d’une part, un retour sur Molière et sa troupe au travail entre 1643, date de ses débuts comme comédien, et 1680, qui correspond à la fondation de la Comédie-Française, sept ans après sa mort ; d’autre part, et dans le prolongement chronologique du premier volet, un retour sur Molière auteur, au prisme du discours critique, dans l’étendue d’une période que nous avons choisi de faire courir de 1680 à 1980.

 

Volet I. Molière et sa troupe au travail (1643-1680)

La première partie du colloque donnera la parole aux chercheuses et chercheurs dont les contributions permettront d’éclairer les conditions et les modalités concrètes de l’activité du comédienpoète et de sa troupe, de la fondation de L’Illustre Théâtre à la création de la Comédie-Française. On s’intéressera à la manière dont ces circonstances permettent d’éclairer la forme et le contenu des comédies composées par Molière, en particulier sous les deux aspects suivants :

1. Les conditions concrètes de création (textuelle et scénique) des spectacles au sein de la vie théâtrale des années 1640-1670

o les conditions d’accueil ou de création des spectacles et leurs incidences sur l’activité de la troupe : configurations et aménagements des salles, modalités pratiques de la cohabitation avec les Italiens, contraintes logistiques et conditions économiques qu’imposent les visites, les fêtes de cour ou la prise en compte des demandes royales, organisation matérielle de la scène lors des pièces en musique et des ballets, conséquences du système des privilèges, etc.

o L’organisation au sein de la troupe : répartition des parts, attribution des rôles lors des créations et des reprises, formes de compositions collectives, pratiques de mises en scène (autrement qu’à travers L’Impromptu de Versailles), etc. Des comparaisons avec l’organisation des troupes rivales (répertoire, pratiques), par exemple celle de Dorimond, seront particulièrement bienvenues.

o Les relations de Molière et de ses comédiens avec les différentes instances de la vie théâtrale : autres troupes, autrices ou auteurs, protecteurs, décorateurs, musiciens, chanteurs, danseurs, etc. Sont également encouragées des propositions portant sur le parcours de ces musiciens et comédiens (comme Jodelet ou Brécourt) d’une troupe à l’autre.

o Les modes de diffusion des spectacles et des éditions : stratégies de programmation, de reprises, choix de programmes doubles (grande et petite comédie), modalités de lectures avant les créations, rôle des orateurs, liens avec les gazetiers, suivi des publications par Molière ou par d’autres que lui, parcours éditorial des textes non publiés du vivant de Molière ou non conservés (prologue du Favori), etc.

2. le répertoire non moliéresque joué par Molière et sa troupe

Molière et ses comédiens, on l’oublie trop souvent, ne jouaient pas que du Molière. Dès l’époque de L’Illustre Théâtre, des pièces de Rotrou, Tristan, Desfontaines, Magnon, Du Ryer, puis Gilbert, Scarron, Corneille, Desjardins, Donneau de Visé, etc. sont tantôt créées, tantôt reprises par la troupe.

Quels sont les critères (esthétiques, économiques, humains) qui ont présidé aux choix effectués dans ce répertoire non moliéresque ? Comment celui-ci a-t-il coexisté avec les comédies du chef de troupe ? Quelle influence a-t-il exercé sur les créations moliéresques, mais également sur les recettes du théâtre ? S'il est vrai qu'à partir de 1662 Molière ne jouait plus que dans ses propres comédies, comment la sélection des pièces "extérieures" se décidait-t-elle ? Molière semble-t-il avoir eu une voix prépondérante dans le choix de ce répertoire ?

 

Volet II. Molière auteur au prisme du discours critique (1680-1980)

Le second volet sera exclusivement consacré au discours critique tel qu’il s’est construit depuis les Jugements des savants sur les principaux ouvrages des auteurs (1686) d’Adrien Baillet, et durant les trois siècles suivants, c'est-à-dire approximativement jusqu'à l'essai de Gérard Defaux, Molière ou les métamorphoses du comique (1980), dernier ouvrage marquant que nous pouvons envisager avec une distance historique suffisante. Pour des raisons de format (le sujet nécessiterait un colloque entier), mais aussi parce qu’ils ont été documentés par différents ouvrages (Maurice Descotes, Les Grands Rôles du théâtre de Molière, Michel Corvin, Molière et ses metteurs en scène d’aujourd’hui, Gabriel Conesa et Jean Emelina (dir.), Les Mises en scène de Molière du XXe siècle à nos jours), le discours des praticiens et l’analyse des mises en scène de Molière à travers les siècles n'entrent pas dans la perspective du colloque. Il en ira de même pour les propositions portant sur les approches strictement biographiques et les appropriations fictionnelles de Molière et de son oeuvre, telles que la Vie de Grimarest ou Le Roman de Monsieur de Molière de Boulgakov, auxquelles différents colloques et ouvrages collectifs (Martial Poirson (dir.), Ombres de Molière ; Georges Forestier, Florence Naugrette, Marc Douguet, Elodie Bénard (dir.), Si Molière m’était conté…) ont été récemment consacrés.

Au cours de cette seconde partie du colloque, on cherchera ainsi à identifier les filtres au travers desquels l’oeuvre de Molière nous est parvenue, à dénouer les fils qui ont peu à peu construit et déconstruit cette oeuvre pendant trois siècles décisifs du point de vue de l’histoire littéraire et de l’histoire de la critique. Les participants sont invités à focaliser leurs propositions sur des auteurs et des ouvrages singuliers, mais également sur des courants critiques, des écoles de pensée, des concepts fétiches, des pièces privilégiées, etc. On pourra notamment tirer profit des données rassemblées au sein du projet de l’OBVIL consacré à Molière. Sont vivement encouragés à participer à cette réflexion des collègues spécialistes des XVIIIe, XIXe et XXe siècle qui seraient à même d’éclairer les conditions d’écriture de ces textes critiques, et la manière dont ils s’inscrivent dans leur temps et dans la trajectoire de leur auteur.

Parmi les fils conducteurs qui pourront présider au choix de tel auteur ou ouvrage critique, et en vue d’assurer en outre une continuité thématique en plus de la continuité chronologique entre les deux volets du colloque, on pourra, par exemple, privilégier la manière dont le discours critique se penche sur Molière comme comédien-poète et directeur de troupe, avant et après l’ouvrage de René Bray (Molière homme de théâtre, 1954), qui constitue sans doute un pivot dans la mise en oeuvre de ce discours. On pourra également se pencher sur l’importance accordée au paradigme moral (Molière est-il moral, immoral ou amoral ?) ou sur la préférence accordée aux “grandes comédies” face aux “petites comédies”, aux pièces en vers face aux pièces en prose, ainsi que sur le discours que suscite Molière aux lendemains de la Révolution française, à un moment où le positionnement par rapport aux auteurs “classiques” est éminemment politique. Des communications sur la réception critique (1680-1980) de certaines pièces particulièrement clivantes telles que Tartuffe ou Les Femmes savantes sont également bienvenues.

Comité d’organisation : Claude Bourqui (Université de Fribourg), Georges Forestier (Sorbonne Université), Bénédicte Louvat (Université Toulouse - Jean Jaurès), Lise Michel (Université de Lausanne), Agathe Sanjuan (Comédie- Française).

Comité scientifique : Benoît Bolduc (New York University), Mariane Bury (Sorbonne Université), Fabrice Chassot (Université Toulouse - Jean Jaurès), Jie Chen (Fudan University, Shangai), Jan Clarke (Durham University), Antoine Compagnon (Collège de France), Marc Escola (Université de Lausanne), Jean de Guardia (Université Grenoble-Alpes), John Lyons (University of Virginia), Laura Naudeix (Université de Rennes 2), Florence Naugrette (Sorbonne Université), Anne Piéjus (CNRS / Sorbonne Université), Alain Riffaud (Le Mans Université), Marine Roussillon (Université d’Artois), Guy Spielmann (Georgetown University), Pier Mario Vescovo (Università Ca’ Foscari, Venezia).

Les propositions de communication sont attendues d’ici au 30 septembre 2020 aux cinq adresses suivantes :

claude.bourqui@unifr.ch

georges.forestier@ sorbonne-universite.fr

benedicte.louvat@univ-tlse2.fr

lise.michel@unil.ch

agathe.sanjuan@comedie-francaise.org

 

En fonction de leurs approches et de leurs objets d’études, les chercheurs intéressés sont invités à considérer également le colloque “Décentrer Molière” organisé en avril 2022 par Sylvaine Guyot et Christophe Schuwey, ainsi que les autres manifestations annoncées sur le site Molière 2022 (http://moliere2022.org/).

Désirs, attraits et peurs des frontières : les Amériques dans tous leurs états
Posted: Friday, May 15, 2020 - 11:10

Le Nouveau Monde fait l’objet depuis plus de cinq siècles de représentations diverses, alimentant toutes sortes d’imaginaires, au premier rang desquels figure celui de l’El Dorado. Ces représentations renseignent profondément sur les façons qu’ont (eues) les Européens, hier et aujourd’hui encore, d’appréhender ces continents qui relèvent souvent d’un ailleurs fantasmé, méconnu, un espace des possibles où l’histoire et la géographie semblent se conjuguer autrement. Les frontières qui résultent de ces différents processus sont non seulement terrestres, mais aussi maritimes et insulaires, voire aériennes. Cependant, si les frontières ont une réalité géographique (à interroger), elles sont d’abord des constructions politiques, des représentations symboliques. Dès lors, nous avons affaire à un concept qui renvoie à toutes ces limites qui sépareraient le réel de l’imaginaire, du fictionnel, et/ou du virtuel. D’une part, elles relèvent du désir et exercent un attrait indéniable sur les populations et, d’autre part, leur franchissement peut susciter la peur. Ce qui nous intéresse ici est donc tout autant une peur collective qu’une peur personnelle de la frontière. Alors que celle-ci peut souvent servir de point de repère/repaire rassurant, elle interroge finalement notre rapport à l’espace et au temps.

Entre deux rives ou deux pays, deux cultures, deux générations ou deux langues, mythologiques ou bibliques, entre enfer et paradis, entre le monde des vivants et le royaume des morts, la frontière occupe dès son origine un large territoire symbolique et investit l’imaginaire collectif au travers notamment d’une articulation de tropes discursifs, culturels et littéraires qui préfigurent une transformation. Ainsi la frontière peut se dérober, devenir impérieuse, ou incertaine. Le rôle emblématique de la frontière se traduit par un bond dans l’inconnu car traverser cette zone du no man’s land peut engendrer la peur du changement, donc de l’hésitation et de l’indécision. Entre le refus total et le désir irrésistible de franchissement, la palette des réactions passe par la tentation de transgression de la norme et la crainte physique. Politiquement, la frontière peut se définir comme un lieu où expire une souveraineté et où en commence une autre [Foucher, 2007]. Elle n’est pas figée mais se déplace au gré des pressions politiques et des circonstances de sa composition. Elle constitue également un lieu de transition marqué par d’intenses échanges économiques, socio-culturels et politiques [Martinez, 2012 ; Amilhat-Szary, 2015]. Dans ce cadre, on peut alors étudier les problèmes posés par la défense de la souveraineté monétaire et ses représentations dans les espaces américains du XVIe siècle à nos jours. De la même façon, la situation relative à la pandémie mondiale actuelle amplifie – en les remodelant parfois – ces désirs, attraits et peurs des frontières dont le questionnement n’aura jamais été autant d’actualité, entre tentation du repli sur soi et désir de créer une communauté mondiale face à la crise sanitaire. À l’heure où les frontières sont redéfinies, renforcées et parfois (re)militarisées, les circulations transfrontalières et internationales s’accentuent et se complexifient, créant des situations intermédiaires qui ne sont pas sans conséquences sur les destins personnels [Chavez, 2016].

Constatons que ces situations intermédiaires témoignent bien souvent des tensions entre désir et peur. Par exemple, dans la littérature nord-américaine, le récit de voyage de personnages en quête d’un refuge ou d’un paradis sur terre épouse bien souvent la trajectoire d’une progression vers l’Ouest, voire le Sud-Ouest, et encore plus loin vers le Mexique, comme c’est le cas dans On the Road de Jack Kerouac, mais aussi, plus récemment, dans Outside Looking In de T. C. Boyle. Innombrables sont les road movies qui traitent de cette errance sur un mode parfois picaresque, où s’inscrit une tension entre hasard et nécessité, entre désir et peur de l’autre et/ou de l’ailleurs. Mais tout autant que leur ouverture, la fermeture des frontières elles-mêmes peut conduire à une régression, à un déplacement chaotique dans un labyrinthe, à un emprisonnement vain et circulaire que peuvent traduire les expressions « tourner en rond » ou « faire fausse route ». Cette errance, lorsqu’elle consiste à faire fausse route et à commettre des erreurs, peut mener au chaos, au désordre et à la violence, à un franchissement des frontières dans les domaines historique, politique et moral, ce qui est un égarement tragique. Cette traversée des frontières qui peuvent donc être à la fois géographiques, culturelles et morales – il suffit de penser aux excès de l’impérialisme et du colonialisme qui ont marqué l’histoire des Amériques ‒ peut faire sombrer dans les erreurs, pour ne pas dire dans la terreur, et constituer par conséquent une forme d’hubris. Du point de vue psychologique, l’intégrité psychique du moi se heurte à l’altérité infinie du monde extérieur. Traitée de plusieurs façons, cette zone-tampon, d’absorption, de friction, voire de répulsion, est invariablement associée à une intensité émotionnelle certaine, que l’on peut retrouver dans le cadre des migrations forcées ou choisies – immigrés clandestins, apatrides, réfugiés ‒, mais également d’un voyage touristique, voire initiatique.

Le thème de la migration forcée représente en effet l’un des problèmes les plus actuels du monde contemporain : selon le HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés), le monde est aux prises avec la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. Les rapports du HCR montrent également que « les conflits, les persécutions, la violence généralisée et les violations des droits de l’homme » figurent parmi les causes fondamentales des déplacements forcés actuels. Les Amériques sont particulièrement concernées par ce problème : comme en 2017, les États-Unis ont reçu en 2018 un nombre sans précédent de nouvelles demandes d’asile, et les pays d’origine sont bien souvent El Salvador, Guatemala, Venezuela, Honduras et Mexique. On peut aussi citer l’exemple de la migration qui a eu lieu après l’Ouragan Katrina et qui a touché une région déjà frappée par la pauvreté, poussant des milliers de personnes à rechercher des conditions de vie plus supportables ailleurs, au-delà des frontières de leur environnement habituel. Déplacés et/ou réfugiés peuvent néanmoins trouver leur voie grâce à l’histoire orale et être ainsi reconnus en tant que sujets politiques. La voix des réfugiés est plurielle et représente des expériences diverses. Le sexe, l’âge, la race, l’ethnie et la classe sociale font partie d’un éventail de questions culturelles qui contribuent à la pluralité des expériences des réfugiés. Cependant ces derniers constituent un cas particulier de la migration qui peut, le plus souvent, être liée au désir d’un dépaysement ponctuel ou définitif aux objectifs multiples. L’expérience de chacun est à la fois individuelle et collective, chaque sujet s’appuyant sur des répertoires et mémoires culturels collectifs.

Terme polysémique dont la connotation géographique est fortement marquée et que nous souhaitons dépasser ici, il ne faut pas occulter que la frontière peut servir avant tout d’outil heuristique et épistémologique, de concept permettant de fédérer des approches diverses et des terrains d’étude variés. Penser la frontière dans sa multiplicité et sa complexité nécessite des approches fondamentalement inter/transdisciplinaires où les disciplines convoquées – relevant ici des lettres, langues, sciences humaines et sociales – apprennent à dialoguer, à penser ensemble. Il conviendra donc d’approfondir cette problématique de la peur et du désir de la frontière ou des frontières dans différents champs disciplinaires, notamment par le truchement des représentations, qu’il s’agisse des cartographies, des discours historiques ou politiques, ou bien encore des fictions romanesques, cinématographiques, ou encore des jeux vidéo. Il sera également intéressant de se pencher sur les traductions linguistiques de la frontière dans les différentes langues, sur les liens multiples entre les mots et les lieux et, finalement, sur la dimension culturelle des frontières.

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Le colloque aura lieu à l’université de Pau et des Pays de l’Adour.

Les propositions de communication (300 mots), en français, pourront être envoyées avant le 15 juin 2020 à colloque.frontieres.ameriques@univ-pau.fr.

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Mots-clefs :

Amériques – espaces – frontières – imaginaires et représentations – expériences – déplacements – échanges – circulations – traduction.

https://web-new.univ-pau.fr/RECHERCHE/SET/IMAGINAIRE/AAC_Frontieres_UPPA_2021.pdf

Appel à communications : Discite sanari. Les remèdes à la passion amoureuse de l’Antiquité au XVIIIe siècle
Posted: Friday, May 15, 2020 - 11:06

De Sappho à Proust, le motif de la maladie d’amour est probablement l’un des topoi les plus importants de la littérature occidentale et a fait l’objet de nombreux travaux spécifiques[i]. À l’occasion de ce colloque, nous souhaitons mettre en lumière un aspect de la topique bien moins étudié par la critique, celui des remèdes à l’amour tel qu’il est travaillé et traité dans les textes littéraires et scientifiques, de l’Antiquité à l’âge classique. Si l’étude du modèle antique des Remedia amoris d’Ovide et de ses différentes réélaborations postérieures pourra constituer un des axes de recherche, il s’agira également de s’intéresser, plus largement, aux prescriptions qui sont délivrées à l’amant pour soigner sa passion amoureuse tant dans la poésie érotique et la littérature amoureuse que dans les traités théoriques et scientifiques.

La question des remèdes à l’amour prend cependant relief sur fond d’une opinio communis inverse selon laquelle la passion amoureuse est précisément incurable. En creux se dessine alors une discussion sur la nature même de l’amour. L’amour, sentiment a priori naturel et spontané, peut-il faire l’objet d’une maîtrise ? Peut-on remédier de manière définitive aux souffrances de l’amour ? Soigner les douleurs amoureuses implique-t-il forcément de mettre fin au(x) sentiment(s), ou peut-on substituer à un érôs nocif d’autres visions, d’autres versions de l’amour, jugées positives ou curatives, se rapprochant davantage de ce qui relève de la philia ou de l’agapê grecques ?

Nous envisageons la notion de remèdes à l’amour dans une dynamique double et complémentaire : d’une part, en tant que moyens participant d’un art de la rupture (des recettes pharmaceutiques aux artifices psychologiques) visant à mettre fin au sentiment amoureux ; d’autre part, en tant que manières de remédier à une relation amoureuse défectueuse en rendant celle-ci saine et heureuse. Les deux visions convergent néanmoins et s’accordent à considérer la passion amoureuse comme un état pathologique source de douleurs, physiques ou psychologiques, auxquelles il convient de remédier. En quoi consistent alors les thérapies prescrites ? Quant à leurs auteurs, sont-ils médecins, poètes, philosophes ? Au nom de quel(s) savoir(s) ou de quelle(s) expérience(s) s’expriment-ils sur le sujet ? Quelles sont les modalités du traitement du motif selon la nature des discours et leurs influences mutuelles ?

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans un ou plusieurs axe(s) d’étude parmi les suivants :

–       Sources et réceptions du modèle ovidien des Remedia amoris.

L’identification des sources probables, grecques comme latines, du poème ovidien et de ses intertextes pourra faire l’objet d’une étude. Se pose ainsi la question de savoir dans quelle tradition littéraire, scientifique ou philosophique le poète de Sulmone inscrit son traité. Il conviendra, par ailleurs, d’examiner la réception du poème ovidien de l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle, sur une période déterminée ou à travers l’exemple d’un cas particulier. Si la critique s’est principalement intéressée à la postérité de l’Ars amatoria dans la culture littéraire européenne, les Remedia amoris d’Ovide semblent également avoir suscité un intérêt et une attention peut-être même plus importante que le premier poème didactique, en particulier à l’époque médiévale[iii]. Pourquoi s’est-on alors intéressé au poème du medicus amoris ? Quelles sont les lectures qui ont été faites du texte ? Quelle autonomie accordent-elles en particulier aux Remèdes à l’amour par rapport à L’Art d’aimer ? En quoi a-t-on pu déceler une ambiguïté dans le propos des Remedia amoris, tantôt considérés comme prolongement, tantôt comme palinodie de l’Ars ? Quels sont les effets produits par les écarts et les reprises d’une réécriture par rapport au modèle original ovidien ? On envisagera également d’étudier les différentes traductions des Remedia amoris du Moyen-Âge à l’âge classique. 

–       Réflexions sur les remèdes amoureux et hybridations des discours et des disciplines

La question littéraire des remèdes amoureux s’inscrit dans une littérature essentiellement ouverte à d’autres domaines de réflexion. Se pencher sur le sentiment amoureux dans une perspective pratique, telle qu’Ovide a pu la mettre en forme, implique souvent une certaine hybridation générique ou disciplinaire. Le texte littéraire vient alors volontiers s’allier à des considérations philosophiques, éthiques, morales, sociales ou encore médicales et scientifiques, pour essayer de réfléchir à différentes manières de soigner ou maîtriser l’amour à l’aide de remèdes et de pratiques variés. Lucrèce comme Horace n’hésitent pas à tresser leur écriture poétique aux discours philosophiques, légaux et juridiques de leur temps[ii] ; les réflexions sur les codes amoureux médiévaux n’oublient pas de s’adapter à un contexte social particulier ; l’époque moderne n’est pas en reste avec ses réflexions érotiques autant littéraires que philosophiques et scientifiques. Il s’agira alors de s’intéresser à ces textes qui écrivent et réfléchissent à l’amour (pensons, par exemple, aux productions d’André le Chapelain ou de Marsile Ficin et à leur postérité) comme aux textes de la tradition antérotique (qui se développent en Italie et en France au XVe et XVIe siècles) dans cette perspective singulière des remèdes amoureux. Quelle place occupent-ils ? Comment sont-ils envisagés et construits dans une pratique d’hybridation des discours ? Ainsi, si le sentiment amoureux est un ressort littéraire traditionnel, il est aussi l’objet d’un questionnement qui se fait tout à la fois depuis l’espace littéraire et depuis une certaine idée de ce que doit, ou devrait être le réel. La question du remède amoureux pourra alors s’envisager depuis ce double espace littéraire et extra-littéraire, dans la mesure où ces réflexions peuvent  relever à la fois d’un geste théorique et prescriptif.

–       La réflexion scientifique et médicale sur les traitements thérapeutiques de l’amour.

Dans cette perspective, on s’interrogera sur la nature scientifique des remèdes amoureux en lien avec la culture et les discours médicaux de chaque époque. Chez les Anciens, le motif de l’élaboration de pharmaka (qu’il s’agisse des remèdes pharmaceutiques, des prescriptions diététiques anaphrodisiaques ou des pratiques magiques) nourrit les discours littéraires qui traitent des moyens de guérir de l’amour. Dans les écrits médicaux autant que dans les textes littéraires, la question du traitement médical de pathologies amoureuses n’est pas moins absente des préoccupations modernes (pensons aux réflexions scientifiques sur les cas de mélancolie et d’érotomanie telles qu’on les trouve, par exemple, dans le texte de Jacques Ferrand,  Traicté de l’Essence et Guérison de l’Amour ou de la Mélancholie Érotique, publié en 1610). Quelles sont alors les influences mutuelles entre discours littéraires et médicaux sur la question des remèdes amoureux ? Quelle est la nature scientifique des prescriptions thérapeutiques données ? Que disent les remèdes de ce qu’est la science médicale elle-même et des représentations collectives sur certaines formes d’amour ?

–       Enjeux didactiques et génériques

A l’aune de ces remarques, il semble alors judicieux d’interroger également cette littérature dans sa dimension didactique. Ces textes posent la question centrale de la possibilité même d’un remède au sentiment amoureux. Il s’agira alors de voir comment cette problématique est traitée et appréhendée dans nos textes. Leur discours est-il toujours clairement prescriptif et limpide ? Le texte est-il une « recette » ou le remède lui-même ? Comment se construit l’efficacité de ces textes ? L’analyse du fonctionnement curatif (ou non) de ces textes s’attachera alors également au sujet de la valeur de l’œuvre (et de son remède) et à celui de leur place dans le canon littéraire des époques concernées, de l’Antiquité jusqu’au XVIIIe siècle.

Ainsi surgit également une autre manière d’appréhender le sujet en envisageant la ou les traditions littéraires qui s’intéressent ou participent totalement à la réflexion d’une médecine érotico-amoureuse. La postérité du texte ovidien constituera un axe évident de cette réflexion, mais plus largement, il s’agirait également de voir comment des traditions littéraires se forment autour de cette question, s’y tressent, et participent à la formation d’un corpus amoureux singulier. Ainsi, analyser la tradition philosophico-littéraire des trattati d’amore importés d’Italie en France à la Renaissance à la lumière de cette réflexion ainsi que leur importance pour la littérature en France à cette époque pourrait être fertile, tout comme cela serait le cas pour la production des moralistes du XVIIe siècle ou des philosophes comme des libertins du XVIIIe siècle. L’objectif serait de rendre compte de mécanismes de créations de veine(s) littéraire(s) de ces réflexions amoureuses, littéraires et pragmatiques.

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Les propositions (titre et résumé de 400 mots maximum) peuvent-être envoyées aux organisateurs jusqu’au 31 octobre 2020 aux adresses suivantes :

gautier.amiel@yahoo.fr, adelinelionetto@hotmail.com, dimitri.meziere@gmail.com

Les communications du colloque pourront être présentées en anglais, en français, ou en italien.

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Comité d’organisation :

Gautier Amiel (Sorbonne Université), Adeline Lionetto (Sorbonne Université) et Dimitri Mézière (Sorbonne Université)

Comité scientifique :

Dominique Brancher (Université de Bâle), Hélène Casanova-Robin (Sorbonne Université), Michèle Gally (Aix-Marseille Université), Stéphanie Loubère (Sorbonne Université), Jean-Charles Monferran (Sorbonne Université)

 

[i] Voir en particulier M. Ciavolella, La “malattia d’amore” dall’Antichità al Medioevo, Bulzoni, Rome, 1976

[ii] Voir pour cela le récent ouvrage de Bénédicte Delignon, La Morale de l’amour dans les Odes d’Horace, PUPS, Paris, 2019.

[iii] Voir sur ce point, S. Viarre, La survie d’Ovide dans la littérature scientifique des XIIe et XIIIe siècles, Publications du C.E.S.C.M., Poitiers, 1966, p.131 sq.

CfP: Marginalised Voices and Figures in French Festival Culture, 1500–1800
Posted: Wednesday, May 6, 2020 - 10:06

Music Department, King’s College London 24–25 October 2020

Keynote speakers:

Prof. Kate van Orden (Harvard University) Prof. Julia Prest (University of St Andrews)

The last few decades have seen a marked increase in early modern festival research. From royal coronations and ceremonial entries to court ballets and investitures of popes and cardinals, such events were important expressions of courtly, civic, and ecclesiastical hierarchy, community, and tradition. Between 1500 and 1800, France was one of the most prolific and influential centers of festival art in Europe. Indeed, French ‘inventions’ such as the court ballet (ballet de cour), the equestrian carousel, and the comédie-ballet were imitated and emulated across the continent.

However, research on French festival culture has typically focused on traditional centers of power like the royal court, and has either highlighted the contributions of well-known poets, painters, and dance masters or concentrated on the responses of elite spectators like foreign diplomats, princes, and nobles. Our conference instead seeks to shift the focus towards marginalised voices and figures, among them:

Lesser-known musicians, choreographers, poets, and artists who have been overlooked in conventional histories of music, literature, and the arts, namely because they do not conform to narratives of great composers/musicians, poets, and artists, despite being critical to the production and performance of French festivals.

Non-elite people, such as artisans and merchants, who were crucial to the production of festivals, or members from the urban population, who were regularly part of audiences for civic festivities in France, such as ceremonial entries and equestrian carousels.

‘Subaltern’ people, among them women, ethnic and confessional minorities, queer audiences, and colonial populations, who were often involved in the production and performance of French festivals or attended them in person. 

Our conference is interested in both what French festival culture during the period 1500–1800 reveals about these figures, and what this investigation tells us about early modern society on a more global level. What insights does the non-elite or subaltern status of festival contributors offer into early modern perceptions of the arts? What do French festivals tell us about other groups who were generally excluded or oppressed in society? How should we understand the frequent tension between emphasising and erasing the foreign ‘other’ (like the participation of colonial subjects, the use of blackface for racial stereotyping, or the cultural appropriation of valuable colonial objects, etc.)?

Paper proposals

The organisers are keen to encourage an interdisciplinary approach to this subject matter, assembling a balance of musicologists, historians, and scholars in other fields to create a forum for productive exchange. We particularly welcome applications from under-represented groups in academia, such as women, BAME, and LGBTQ+ communities.

We would be interested in any papers that address the following topics:

Investigations of musicians, artists, choreographers, poets, and other festival contributors who have been marginalised in conventional histories of early modern arts.

Analysis of individual festivals, theatrical performances, or ceremonies that involved and/or represented marginalised voices and figures.

Diachronic studies on the involvement and/or representation of marginalised voices and figures.

Research on cultural and diplomatic exchanges between traditional centres of power and commonly marginalised communities, such as colonial populations and confessional minorities. This may include transnational and global approaches to French festival culture.

If you would like to propose a 20-minute paper, please send a brief abstract of about 250 words to marginalisedvoicesconf@gmail.com. When sending your abstract, please also provide a one-page CV with details of your academic experience, affiliation, and publications. The deadline for submitting proposals is Monday 31 August 2020. The committee will make their final decision on submitted abstracts by mid-September 2020. Further information about the programme, registration, travel and accommodation will be announced after that date. The organisers are thinking of inviting conference delegates to prepare a chapter for an edited volume of papers presented at this event.  

Our twitter handle is @marginalisedvo1.

Organisers: Marc W. S. Jaffré (University of Oxford), Bram van Leuveren (University of St Andrews), and Alexander Robinson (King’s College London).

This event is generously supported by the Royal Musical Association and The Society for the Study of French History.

Please note: depending on how the current Covid-19 situation unfolds, this conference may ultimately be scheduled online (e.g. via Microsoft Teams).

 

Jobs

Visiting Assistant Professor of French, Georgia Institute of Technology
Posted 14 Mar 2018 - 18:52

The School of Modern Languages in the Ivan Allen College of Liberal Arts at the Georgia Institute of Technology in Atlanta seeks a Visiting Assistant Professor of French beginning in August 2018. This position is full-time with a 2/2 teaching load and is renewable for up to two years.

The successful candidate will have (1) a PhD in hand by August 2018; (2) native-level competence in French; (3) an active research and publication agenda; and (4) documented evidence of successful instruction in teaching French from introductory language courses to upper-level, content-based courses. The candidate will join a vibrant French Program, which offers undergraduate majors and minors in French. Possible areas for interdisciplinary collaboration in teaching and research include but are not limited to applied linguistics, media, science and technology studies, digital humanities, intercultural communication, industry, and business. Involvement in one of the School’s intensive summer study abroad programs LBAT: Languages for Business and Technology may be a possibility.

Candidates should submit a statement of interest highlighting how they meet the job requirements, contact information for three references, including at least one who can address teaching qualifications, a current CV, and a recent writing sample to hiring@modlangs.gatech.edu in one single PDF document. Please ask your three recommenders to send their letters of recommendation separately to hiring@modlangs.gatech.edu.

Review of applications should begin on March 30, 2018 and continue until the position is filled.

Interviews will be conducted virtually in mid-April.

The School Of Modern Languages / Our Degree Programs

The School of Modern Languages emphasizes interactive learning and interdisciplinary study of languages and cultures. We offer an innovative B.S. degree in Applied Languages and Intercultural Studies (ALIS) as well as degrees in Global Economics and Modern Language (GEML) and International Affairs and Modern Languages (IAML). We are currently preparing to launch a Master’s program in Applied Languages and Intercultural studies and are planning an interdisciplinary MS in Global Media Cultures. The school is home to approximately 60 full- and part-time faculty members. The Ivan Allen College of Liberal Arts is recognized nationally and internationally for teaching and research examining the human context of engineering, science, and technology. Located in midtown Atlanta, Georgia Tech enrolls over 21,500 students and is consistently ranked as one of the top seven public universities in the country. A unit of the University System of Georgia, Georgia Tech is an AA/EO employer. Women and minorities are strongly encouraged to apply.

https://modlangs.gatech.edu/

Visiting position in French at Alfred University
Posted 1 Mar 2018 - 16:28

The Division of Modern Languages at Alfred University invites applications for a one-year position in French starting Fall 2018. The rank will be Visiting Assistant Professor or Visiting Instructor depending on qualifications. Teaching load: 3 courses per semester, all levels, including one elective in area of specialization. Ph.D. preferred, but ABDs will be considered.

Alfred University, located in rural New York State (about 75 miles south of Rochester), is a small, selective, comprehensive university with a student-centered focus and a long-standing tradition of excellence in liberal education and a strong commitment to social justice.

Application letter, CV, 3 letters of recommendation, and evidence of excellence in teaching (e.g. student or peer evaluations) should be e-mailed to humanresources@alfred.edu with "French" in subject line, or mailed to: Alfred University, Attention HR Office, 1 Saxon Drive, Alfred, NY 14802. Deadline for applications: March 15th. Direct inquiries for further information to Dr. Cecilia Beach, fbeach@alfred.edu

Alfred University actively subscribes to a policy of equal employment opportunity, and will not discriminate against any employee, student or applicant because of race, age, sex, color, sexual orientation, gender identification or expression, physical or mental disability, religion, ancestry or national origin, marital status, genetic information, military or veteran status, domestic violence victim status, criminal conviction status, political affiliation or any other characteristic protected by applicable law. Protected veterans, minorities and women are encouraged to apply.

Dean’s Postdoctoral Scholar in French
Posted 16 Feb 2018 - 14:00

Job ID: 42995 Location: Tallahassee, FL Department: Modern Languages and Linguistics | French Program

Responsibilities The French program in the Department of Modern Languages and Linguistics at Florida State University is seeking a postdoctoral fellow for two academic years beginning in Fall 2018. The successful candidate will be expected to teach two courses per semester for the French program and to be involved in research and in the activities of the French program.

We invite applicants whose research in contemporary French and Francophone Studies makes innovative connections across the disciplines and genres in areas including, but not limited to, translation studies, sociolinguistics, media studies, and digital humanities.

Qualifications Applicants should have degree in hand by May 2018.

Contact Info Please address questions about this position to Professor Aimée Boutin, Coordinator of the French Language Program, at aboutin@fsu.edu.

Pay Plan This is an OPS/temporary Job.

How To Apply If qualified and interested, apply to Florida State University at https://jobs.fsu.edu. If you are a current FSU employee, apply via myFSU > Self Service. Applicants are required to complete the online application with all applicable information. Applications must include education details even if attaching a Vita.

The application process includes an essay or statement of purpose detailing how the applicant’s research and critical outlook will contribute to and complement the French program and Winthrop-King institute.

To apply, submit an application package that includes a cover letter, a CV, a statement of purpose, a writing sample, and three confidential letters of recommendation.

**All documents should be uploaded as a single PDF. Only electronic applications are accepted.**

Request Letters of Reference This position requires that you have three confidential professional letters of recommendation submitted on your behalf. Applicants must follow the steps below to request these letters through our system: 1) After submitting your application, click the Return to Job Search link; 2) Click the My References link; 3) Click the Send/View Reference Request button next to the appropriate position; and 4) Follow the steps on that page to send your references a system generated email requesting they submit a letter of recommendation on your behalf. You may also return to the My References link and click on "Send/View Reference Request" to see if your references have responded, add additional references, or resend requests.

Open until filled Application review will begin March 19, 2018 and continue until the position is filled.

Affordable Care Act OPS employees are covered under the Affordable Care Act. OPS employees that meet certain criteria will be offered affordable health care coverage. For more information, please visit the following website regarding the Affordable Care Act, http://hr.fsu.edu/?page=benefits/insurance/insurance_home&ops=1.

Tobacco Free Campus Effective January 1, 2014, tobacco use, including simulated tobacco use, is prohibited on property, interior and exterior, owned or managed by Florida State University. This policy applies to all Florida State University students, employees, consultants, contractors, visitors, and external individuals.

Equal Employment Opportunity An Equal Opportunity/Access/Affirmative Action/Pro Disabled & Veteran Employer. FSU's Equal Opportunity Statement can be viewed at: http://www.hr.fsu.edu/PDF/Publications/diversity/EEO_Statement.pdf

Source: H-France

Postdoc, TRINITY COLLEGE UNIVERSITY OF OXFORD
Posted 4 Dec 2017 - 12:07

JUNIOR RESEARCH FELLOWSHIP IN CLASSICS / LINGUISTICS and PHILOLOGY / FRENCH / SPANISH Applications are invited for a stipendiary Junior Research Fellowship tenable for three years from 1 October 2018 in one of the following subjects: Classics (languages and literature) / Linguistics and Philology / French (language, literatures and cultures) / Spanish (language, literatures and cultures). The successful candidate is likely to be at or near the postdoctoral level. The Fellow must engage in original research, and may undertake a limited amount of teaching with the consent of the College. The starting salary is point 30 on the HE single pay spine (£32,548 p.a.in 2017-18), rising to points 31 and 32 on this scale in years 2 and 3 of the appointment. Applications should be sent by email to the Academic Administrator, Trinity College, Oxford (academic.administrator@trinity.ox.ac.uk) by Thursday 25 January 2018. Applicants should ask two referees to send confidential references direct to the Academic Administrator by the same date. Interviews will be held on Friday 9 March 2018. Further particulars, including details of salary and other benefits, may be obtained from the Trinity College website: http://www.trinity.ox.ac.uk/vacancies/. Trinity College and the University of Oxford are Equal Opportunities Employers.

Assistant Professor of Early Modern and/or Enlightenment period(s) of French and Francophone Studies
Posted 18 Oct 2017 - 13:38

The Department of French and Francophone Studies at Dickinson College in Carlisle, PA, invites applications for a tenure track position at the rank of Assistant Professor of French and Francophone Studies. We seek a candidate whose scholarship focuses on the early modern and/or enlightenment period of French and Francophone studies. Research specialization is open, though preference will be given to those who demonstrate the ability to translate the rich cultural heritage of either period into a contemporary global context (e.g., human rights and transnational exchanges). Desirable characteristics include an ability to contribute to the existing interdisciplinary programs in International Studies and/or Medieval and Early Modern Studies as well as additional proficiency in philosophy, ethics, and civic engagement. 

 

Applicants must have or be close to completing a Ph.D., demonstrate native or near-native fluency in French, exhibit excellence in teaching, and have an active scholarly agenda. In addition to teaching upper-level courses in their area of specialization, candidates will be expected to teach all levels of French language and culture and to mentor students. The annual teaching load is five courses and the ability to create inclusive learning environments for an increasingly diverse student body will be an important characteristic of the successful candidate.  

 

Dickinson College is a highly selective four-year, independent liberal arts college with 2300 students.  It is located 20 minutes west of Harrisburg, PA, and is a two-hour drive from Baltimore, Washington DC and Philadelphia. The College is committed to building a representative and diverse faculty, administrative staff, and student body. We encourage applications from all qualified persons. 

 

Interested candidates should submit their application via QUEST (online application system) at https://jobs.dickinson.edu; they will include a letter of application in which they describe their teaching philosophy and scholarship, curriculum vitae, graduate transcripts, and three letters of recommendation.  Interested candidates should submit their application by November 20.  Inquiries can be addressed to Professor Benjamin Ngong, Chair, Department of French and Francophone Studies, at ngongb@dickinson.edu

 
jobs.dickinson.edu

 

New Publications

La Période oratoire (1550-1750) Une esthétique du discours (Sophie Hache)
Posted: 19 Jun 2024 - 04:36

Sophie Hache, La Période oratoire (1550-1750) Une esthétique du discours, Paris, Classiques Garnier, 2024.

La période oratoire est une notion clé de la rhétorique : elle représente l’unité de référence pour penser le discours entre la Renaissance et le xviiie siècle. À travers les théories et la pratique de la période oratoire se déploie une esthétique du discours.

Plus d'informations ici.

Nouvelle revue "Les Mains invisibles"
Posted: 19 Jun 2024 - 04:31

Nouvelle revue Les Mains Invisibles

Les Mains Invisibles naissent de la nécessité de redonner aux créatrices des XIV aux XVIIIe siècles (qu’elles soient écrivaines, artistes, architectes, compositrices, traductrices…) la visibilité qu’elles avaient à leur époque, et ont perdu au fil des siècles en raison d’un processus, aujourd’hui bien connu, d’invisibilisation historiographique.

Les Mains Invisibles ont l’ambition de valoriser et d’encourager la recherche aux sujets des femmes créatrices de l’Europe moderne.

Nous avons plusieurs initiatives auxquelles répondent les différentes rubriques du site et du carnet :

La revue annuelle Les Mains Invisibles, consacrée à la diffusion de travaux actuels sur notre sujet ;

Un répertoire de ressources, renvoyant à des initiatives proches déjà existantes (associatives ou universitaires) ;

Une base bibliographique, destinée à valoriser les productions internationales déjà existantes et à orienter les personnes intéressées ;

Une base de textes courts, mettant à disposition des enseignants et enseignantes du secondaire ou du supérieur du matériel adapté à un usage pédagogique (type commentaire de texte).

Appel à candidatures – Comité de rédaction

Le comité de rédaction de la revue Les Mains Invisibles cherche à compléter son équipe.

Les tâches sont variées et comprennent la prise de décisions collectives (notamment sur les stratégies et projets futurs de la revue ou les thématiques des prochains numéros), l’évaluation d’articles scientifiques et de recensions d’ouvrages, la relecture et la mise en forme des articles retenus ou l’animation des outils de communication de la revue (Twitter et newsletter). Plus globalement, les membres du comité de rédaction sont les porteur.ses du projet et peuvent donc y trouver un espace où donner forme à des idées susceptibles de correspondre à l’identité de la revue.

Résolument engagée en faveur de l’open access, la revue propose des rubriques « En ligne/Varia », « Comptes rendus » et « Entretiens » qui sont directement accessibles sur son site web : www.lesmainsinvisibles.wordpress.com. La revue a à cœur d’accompagner les auteur·ice·s dans leur travail de rédaction, quel que soit leur statut, pour peu que les textes proposés répondent aux exigences de l’écriture scientifique. Particulièrement ouverte aux contributions de jeunes chercheur·se·s, la revue est elle-même animée par des chercheur·se·s, doctorant·e·s ou jeunes docteur·oresse·s, et peut s’appuyer sur des comités scientifiques et de lecture internationaux.

Profil

Les candidat·e·s auront, idéalement, le profil suivant :

être un·e chercheur·e en sciences sociales, de préférence en histoire, histoire de l’art, langues, littératures ou études culturelles ;

être disposé·e à s’engager pour minimum un ou deux ans dans le projet de la revue

aimer travailler en équipe, dans une ambiance conviviale mais avec des objectifs précis à réaliser ;

être disposé·e à investir du temps et de l’énergie dans ce projet éditorial ;

être en mesure de participer à des réunions ponctuelles

Modalités de candidature

Les candidat·e·s intéressé·e·s peuvent envoyer leur CV ainsi qu’une brève présentation bio-bibliographique à lesmainsinvisibles.revue@gmail.com.

source: https://lmi.hypotheses.org/283

Lire le théâtre. Pratiques et théories de la lecture du théâtre français des XVIe et XVIIe siècles (dir. Sandrine Berrégard)
Posted: 19 Jun 2024 - 04:28

Lire le théâtre. Pratiques et théories de la lecture du théâtre français des XVIe et XVIIe siècles, dir. Sandrine Berrégard, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, collection « Configurations littéraires », 2024.

 

Présentation de l’éditeur :

Ce volume collectif réfléchit sur les conditions de possibilité de la lecture du texte théâtral, conçue ou non en rapport avec la réalisation scénique. Paradoxale, la proposition s’avère néanmoins pertinente pour une approche nouvelle de l’acte lectorial et des différentes catégories de lecteurs des XVIe et XVIIe siècles. L’auteur, mais aussi l’éditeur et l’imprimeur, déploient des stratégies spécifiques, qui varient selon les usages et le public visé (honnête homme, amateur, savant, professionnel). C’est à étudier ces stratégies que travaillent les textes ici réunis..

Plus d'informations ici.

22 | 2024 – Sur les déclamations (dir. Blandine Perona), revue en ligne Exercices de rhétorique
Posted: 19 Jun 2024 - 04:19

22 | 2024 – Sur les déclamations (dir. Blandine Perona), revue en ligne Exercices de rhétorique (UGA Éditions, publication Cléo/OpenEdition) à l’adresse suivante :

https://journals.openedition.org/rhetorique/

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Exercices de rhétorique

Direction
francis.goyet@gmail.com
christine.noille@sorbonne-universite.fr
cecile.lignereux@univ-grenoble-alpes.fr

 

22 | 2024
Sur les déclamations

·         DOSSIER. La déclamation au début de l’époque moderne : une institution oratoire

Sous la direction de Blandine Perona

Blandine Perona

La déclamation au début de l’époque moderne : une institution oratoire [Texte intégral]

Sophie Conte

Les frontières de la déclamation dans l’Institution oratoire de Quintilien [Texte intégral]

Laurent Baggioni et Blandine Perona

La déclamation de Lucrèce : rhétorique, pédagogie et méditation de l’Histoire [Texte intégral]

Eric MacPhail

Érasme et la théorie de la déclamation [Texte intégral]

Christine Bénévent

Le statut de la declamatio dans les textes d’Érasme sur la théorie et la pratique épistolaires [Texte intégral]

Rémi Ordynski

Déclamation, lettre et consolation : le cas de la Déclamation sur la mort d’Érasme [Texte intégral]

Kees Meerhoff

L’éloge de l’éloquence (1523) par Philippe Melanchthon : une leçon par l’exemple [Texte intégral]

Aline Smeesters

Déclamations et disputes quodlibétiques à l’Université de Louvain : le cas de Petrus Nannius [Texte intégral]

Tristan Vigliano

Declamatio contra cæcum, declamatio contra cæcos : sur un opuscule de Juan Luis Vives [Texte intégral]

Catherine Schneider

Un pastiche du pseudo-Quintilien dans la Venise des Lumières : les Antilogies de Lorenzo Patarol (1743) [Texte intégral]

Léa Gariglietti

Battre du tambour dans la déclamation sophistique. Métaphore et polysémie de τυμπανίζειν dans le Theatrum veterum rhetorum de Louis de Cressolles (1620) [Texte intégral]

Emma Fayard

Déclamation et copia à l’heure du tweet : retour sur une expérience pédagogique [Texte intégral]

·         DOCUMENTS. Cinq déclamations

Coluccio Salutati

Déclamation de Lucrèce (s. d.) [Texte intégral]

Érasme

Apologie pour la déclamation à la louange du mariage (1519) [Texte intégral]

Érasme

La déclamation sur la mort, dans le genre consolatoire (1517) [Texte intégral]

Petrus Nannius

Déclamation quodlibétique sur l’éternité du monde (1549) [Texte intégral]

Juan Luis Vives

Pour la belle-mère, contre l'aveugle (1523) [Texte intégral]

L’Opéra du roi. La glorification de louis xiv sur la scène théâtrale (Pierre Béhar)
Posted: 19 Jun 2024 - 04:17

Pierre Béhar, L’Opéra du roi. La glorification de louis xiv sur la scène théâtrale, Hildesheim, Olms, 824 pages.
ISBN 978-3-487-16714-5
Site de l'éditeur: http://www.edition-olms.com

Conferences and Colloquia

Minerve pensive: La réflexion sur la guerre au temps de Tristan L'Hermite
Posted: 15 Sep 2017 - 02:51

Association des Amis de Tristan L'Hermite

www.lesamisdetristan.org

Journée d'études organisée par Constance Griffejoen-Cavatorta

23 février 2018

Université Paris-Sorbonne Salle des Actes

            Seule l'enfance fut pour Tristan (1601-1655) un temps de paix. En effet, sa vie s'écoula durant des décennies tourmentées par les troubles et les violences, celles notamment des conflits religieux et des guerres menées contre la Maison d'Autriche.

         Cette journée sera d'abord l'occasion d'éclairer avec netteté l'importance de son éducation militaire et de sa participation aux multiples campagnes de la première moitié du XVIIè siècle. Il sera utile de restituer le "monde dur, chaotique, naturellement violent, livré à la fureur et à la sauvagerie" (Jean-Christian Petitfils) dans lequel il vécut.

         Gentilhomme de plume, Tristan aborde dans son œuvre le thème de la guerre. Celui-ci se déploie en maints écrits divers, dans les recueils poétiques où Tristan glorifie les vertus belliques, dans Le Page disgracié où sont envisagées avec douleur les horreurs des conflits, dans les tragédies qui donnent à entendre conseils de guerre et récits de bataille. En dépit de la diversité des genres pratiqués et des intentions affichées, il s'agira d'étudier en quoi le discours sur la guerre permet de saisir les tensions comme d'apprécier l'harmonie de l'œuvre tristanienne. En effet, au-delà de l'éloge et du blâme, on pourra analyser selon quelles modalités Tristan, traversant les voiles de la fiction théâtrale ou romanesque, passant outre les ancrages référentiels de la poésie encomiastique, questionne la guerre.

         À l'harmonie dans l'œuvre répondra l'harmonie dans le siècle, car l'analyse d'autres écrits et d'autres formes d'expression permettra d'explorer les prolongements et les enrichissements de ce questionnement. Les littéraires, les historiens, les historiens de l'art et les musicologues qui se rencontreront lors de cette journée pourront se demander comment la guerre a pu engendrer, loin de la rigidité d'une conception absolue, à l'écart de la soumission idéologique comme de la candeur pacifique, une réflexion nuancée, source d'une pensée morale.

PROGRAMME

MATIN

Président de séance : Emmanuel BURY (Paris-Sorbonne)

9h30 Accueil des participants

10h Introduction : Minerve pensive, Constance Griffejoen-Cavatorta (DYPAC, UVSQ)

10h30 La guerre sous Louis XIII, Olivier Chaline (Paris-Sorbonne)

11h Pause

11h15 La guerre comme marché : économie de la violence et doctrine de l'intérêt au temps de Tristan, Paul Vo-Ha (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

11h45 La guerre : un fil rouge dans le parcours personnel et littéraire de Tristan, Sandrine Berrégard  (CELAR, Université de Strasbourg)

12h15 Discussion

APRÈS-MIDI

Président de séance : Alain GÉNETIOT (Université de Lorraine)

14h45 Existe-t-il une intériorité de la guerre dans la poésie tristanienne ?, Sophie Tonolo (DYPAC, UVSQ)

15h15 Minerve dansante : images de la guerre dans les vers de ballet de Tristan, Thomas Leconte (CMBV)

15h45 Le motif du guerrier dans la culture emblématique de l’époque Louis XIII, Marie Chaufour (Université de Bourgogne)

16h15 Discussion

 

Santé et médecine à la cour de France (Moyen Âge-XIXe siècle)
Posted: 15 Sep 2017 - 02:47

19-20 oct. 2017, Paris

Ce colloque international, organisé par Stanis Perez (MSH Paris Nord) et Jacqueline Vons (Université de Tours / SFHM) dans le cadre de l’axe de recherche « La médecine à la cour de France » de Cour de France.fr, est consacré aux questions relevant de la santé et de la médecine à la cour de France, du Moyen Âge au XIXe siècle. Il a pour but d’approfondir l’étude du rôle des médecins, chirurgiens et apothicaires dans la vie quotidienne des espaces et des personnes de l’entourage royal ainsi que dans la mise en place de stratégies collectives pour éviter, fuir ou combattre les épidémies. Cette manifestation apportera également un éclairage nouveau sur le rôle joué par le mécénat royal en tant que vecteur de promotion et de diffusion de notions ou de pratiques médicales nouvelles. Les communications présentées interrogeront enfin l’image que les médecins de cour ont voulu ou ont pu donner d’eux-mêmes tant à leurs contemporains qu’à la postérité. Toutes ces pistes seront explorées à travers un panel de sources variées, à la lumière de l’historiographie récente et à la confluence tant de l’histoire des textes médicaux que de l’étude de la cour de France.

Lieu : Institut d’études avancées de Paris, Hôtel de Lauzun, 17 quai d’Anjou, 75004 Paris

Inscription gratuite obligatoire : http://www.paris-iea.fr/fr/evenements/sante-et-medecine-a-la-cour-de-france-moyen-age-xixe-siecle

Programme

Jeudi 19 octobre

9h15 : accueil 9h45 : introduction au colloque par Stanis Perez

10h-12h- La cour, un lieu privilégié des connaissances et des pratiques médicales ? Président de séance : Alexandre Lunel, Université Paris 8

Franck Collard, Université Paris X-Nanterre Entre savoir et pouvoir : les professionnels de la santé à la cour de Charles VII.

Évelyne Berriot-Salvadore, Université de Montpellier La cour, caution et vecteur d’un savoir médical vulgarisé

Stanis Perez, MSH Paris Nord Antimoine, médecine et alchimie à la cour autour de la guérison de Louis XIV en 1658

12h00-14h00 – Déjeuner

14h-18h - Quand la cour est malade... Présidente de séance : Élisabeth Belmas, Université Paris XIII

Bénédicte Lecarpentier-Bertrand, Université Paris XII-Créteil Des corps souffrants et sous surveillance : problèmes et soins de santé à la cour de France dans la première moitié du XVIIe siècle (années 1590-1670)

Xavier Le Person, Université Paris IV, IEP Paris Les Mercures de la politique. Les médecins de cour au chevet de la politique en France aux XVIe et XVIIe siècles

Justin Rivest, Université de Cambridge Médicaments curiaux, médicaments charitables : Le médecin de cour Adrien Helvétius et la distribution des remèdes aux soldats et aux pauvres sous Louis XIV

15h40-16h00 – Pause

Geneviève Xhayet, Université de Liège Curistes issus de la cour de France aux eaux de Spa

Charles-Eloi Vial, BnF Soigner et être malade à la cour de Napoléon Ier

Vendredi 20 octobre

9h30-12h - Le monde médical à la cour : influences et stratégies .... Président de séance : Vivian Nutton, First Moscow State Medical University

Isabelle Coquillard, Université Paris X-Nanterre L’affirmation d’un groupe professionnel à la cour

Joël Coste, EPHE (APHP) Chirac, la Cour et la peste de Provence (1720-3)

Jacques Rouessé, Académie nationale de médecine La maladie de Louis XV l’été 1721

Jacqueline Vons, Université François-Rabelais de Tours, présidente de la SFHM Pierre Dionis, chirurgien aulique (1643-1718)

12h00-14h00 – Déjeuner

14h-16h - Le médecin de cour en montre Président de séance : Guy Cobolet, Bibliothèque interuniversitaire de Santé

Magdalena Koźluk, Université de Lödz Prescrire et plaire aux Seigneurs et aux Dames de la cour : Les Ordonnances de N. A de la Framboisière

Chloé Perrot, université de Lille 3, École du Louvre La Médecine absente. Portraits de médecins de cour du XVIe au XIXe siècle

Loïc Capron, Université Paris-Descartes, APHP Diafoirus père et fils, ou la revanche des médecins auliques ?

Conclusions du colloque par Jacqueline Vons

Comité scientifique : Florence Alazard, Université François-Rabelais de Tours, CESR Guy Cobolet, Bibliothèque interuniversitaire de santé, Paris  Alexandre Lunel, Université Paris VIII Vivian Nutton, First Moscow State Medical University, Moscou Jean-Paul Pittion, Université François-Rabelais de Tours, CESR, Trinity College, Dublin

Responsables : Jacqueline Vons, Université François-Rabelais de Tours, CESR Stanis Perez, Maison des sciences de l’homme Paris Nord

Contacts :  Stanis Perez : stanis.perez chez mshparisnord.fr Jacqueline Vons : jacqueline.vons chez univ-tours.fr

Journée d'études: Le Corporatisme marchand en Europe
Posted: 4 Sep 2017 - 13:58

mardi 19 septembre 2017 

EHESS, salle Denys Lombard 96 bd Raspail, 75006 Paris 

 9h30-18h. Pause-déjeuner offerte sur place

Organisée par :

Laurence Croq (Université Paris Nanterre-CHISCO)

Nicolas Lyon-Caen (CNRS-IHMC)

Mathieu Marraud (CNRS-CRH)

Philippe Minard (Université Paris 8-IDHE.S et EHESS)

 

Intervenants :

Laurence Croq (Université Paris Nanterre-CHISCO) 

"Fabriquer ou vendre ? les combinaisons du travail artisanal et marchand dans les communautés de métiers parisiennes au XVIIIe siècle"

Emilie Fiorucci (Institut Européen de Florence) 

"La mercerie vénitienne aux XVIe-XVIIe siècles, entre projet hégémonique et résistances artisanales"

Guillaume Foutrier (IDHE.S Paris 8) 

"L’attribution du travail aux uns et du trafic aux autres, tel est l’ordre du Commerce : enjeux et réalités de la séparation du commerce et de la fabrique dans le système corporatif (Rouen, XVIIe-XVIIIe siècles)"

Guillaume Garner (Ecole Normale Supérieure de Lyon) 

"Corporatisme marchand et production de marchandises : le cas de Mayence dans la seconde moitié du XVIIIe siècle"

Agustín Gonzalez-Enciso (Universidad de Navarra) 

"Merchant corporatism in eighteenth Century Spain and the Five Great Guilds of Madrid Merchant corporatism in eighteenth Century Spain and the Five Great Guilds of Madrid"

Nicolas Lyon-Caen (CNRS-IHMC) 

"La bonneterie parisienne : entre segmentation corporative et continuités professionnelles"

Mathieu Marraud (CNRS-CRH) 

"Incorporer : capture et consolidation des droits parmi les métiers marchands parisiens"

 

45th Annual Conference Western Society For French History
Posted: 29 Aug 2017 - 10:58

Reno, Nevada 2-4 November 2017

The forty-fifth annual conference of the Western Society for French History will be held from November 2-4 in Reno, Nevada. The theme for this year’s conference is “Diasporas, Displacements, and Migrations,” and engages with diverse human experiences of relocation, both forced and voluntary, and invites reflection on large-scale human displacements, both past and present, and the long-term consequences they generate. Our keynote speakers will be Tyler Stovall (University of California, Santa Cruz) and Annette Becker (Paris Ouest Nanterre La Défense).    The University of Nevada, Reno is the home to the William A. Douglass Center for Basque Studies, which is co-sponsoring the conference. The conference will highlight the Basques and their vibrant culture, and participants will be able to sample Basque cuisine at the Friday business luncheon. The Basque experience reflects the conference theme, and our aim is to bring aspects of Basque culture to the program so that participants can appreciate the historic importance of the Basque people in the Great Basin Region of the American West.

This year the conference organizers are introducing a new format: a linked Conference Plenary Roundtable and Conference Workshop.  Following on last year’s excellent discussion at the roundtable “Crisis in French History?” we have planned the roundtable “Addressing Structural Racism in French History and French Historical Studies,” followed by a related workshop in which we hope colleagues can explore in more depth pedagogical questions raised by the roundtable discussion.  If you are interested in exploring strategies for engaging with questions of race in your classrooms, please plan to attend this inaugural Conference Workshop.     As in recent years, the WSFH will identify several panels to be recorded and/or webcasted. Twitter hashtag: #wsfh2017. Follow the WSFH on Twitter here, and like us on Facebook here

The Program Committee consists of Naomi Andrews, Chair (Santa Clara University), J.P. Daughton (Stanford University), Katharine Hamerton (Columbia College, Chicago), Judith Miller (Emory University), Leslie Tuttle (Louisiana State University), and Robin Walz (University of Alaska Southeast). The Local Arrangements Committee is chaired by Sandy Ott (University of Nevada, Reno).   Accommodations:

The conference will be held at the Whitney Peak Hotel in the heart of downtown Reno. When you register use the group rate code FRENCH2017.  Recently refurbished to a high standard, Whitney Peak is the first non-gaming, non-smoking hotel in town and is in easy walking distance to the popular “river walk” along the Truckee River. Whitney Peak offers conference participants exceptionally low room rates ($89 per night for a Deluxe King/Queen; $129 for Concierge Level King/Queen; and only $45 per night for graduate students). The hotel also features the world’s tallest exterior climbing wall (16 stories) and a 7,000 square-foot indoor climbing park (not for the faint-hearted). Downtown Reno is only ten minutes away from the Reno-Tahoe International Airport

The conference website, where you will find a DRAFT program, is here

Note: The link for conference registration will follow in a subsequent message.

Naomi Andrews President, Western Society for French History Associate Professor History Department Santa Clara University nandrews@scu.edu

 

Appel à contribution: RILUNE, n° 12 : "Dormir, transcrire, créer : le rêve littéraire à travers les genres, les domaines et les époques"
Posted: 1 Aug 2017 - 02:18

RILUNE – Revue des littératures européennes Le n. 12 (novembre 2018) sera consacré au thème : 

Dormir, transcrire, créer : le rêve littéraire à travers les genres, les domaines et les époques

 

Sous la direction de Mirta Cimmino, Isabella Del Monte, Maria Teresa De Palma

Les propositions d’articles (composées d’un résumé de 500 mots maximum, accompagné d’une bibliographie indicative et d’une notice bio-bibliographique de 150 mots maximum) pourront être envoyées avant le 30 septembre 2017, en français, en italien, en anglais, en allemand ou en espagnol aux adresses suivantes : mirtacimmino.rilune@gmail.comisabelladelmonte3@unibo.it, mariateresa.depalma2@unibo.it.

Les articles pourront être rédigés en français, en italien, en anglais, en allemand ou en espagnol et seront soumis à une double évaluation anonyme (double-blind peer review).

*

Dormir, transcrire, créer : le rêve littéraire à travers les genres, les domaines et les époques

De l’Antiquité classique à l’âge contemporain, le rêve ne cesse de fasciner les narrateurs, les poètes et les dramaturges : il n’y a pas, en fin de compte, une époque de l’histoire littéraire qui passe sous silence le motif onirique. D’autre part, cette prégnance dans l’ordre de la diachronie se complexifie et s’enrichit même d’une variabilité extrême dans l’axe synchronique et dans le champ linguistique. Contenu ou structure portante du discours, le rêve littéraire joue tour à tour le rôle d’artifice narratif, récit-cadre ou simple exercice de style. Mot français aux origines obscures – en compétition, du moins jusqu’au XVIIIe siècle, avec le terme romanisant de songe –, le rêve conserve aussi d’un point de vue étymologique et lexical, son lot de mystère et d’enchantement : au final, toute une histoire peut se tisser, à travers les différentes langues d’Europe, autour des termes désignant les phénomènes de la nuit. Sogno, sonno, sommeil, songe, mais aussi hypnos, oneiros, Schlaf et Traum, sleep et dream : autant des mots qui témoignent de la grande puissance suggestive du rêve, de sa mobilité conceptuelle et de sa souplesse interprétative. Ainsi, le rêve littéraire s’avère, au premier abord, marqué par un polymorphisme qui encourage l’invention et l’évolution des formes et, surtout, par une présence presque ubiquitaire et systématique dans tous les produits du génie littéraire. Il n’est alors guère étonnant qu’il ait encouragé nombre de critiques à s’interroger sur son rôle et son sens en termes de création et de travail scripturaire. Ainsi, de Béguin (1937) à Caillois (1956), le rêve a souvent été étudié par rapport aux grands courants ou aux grands protagonistes du Baroque, du Romantisme ou du Surréalisme. Aujourd’hui devenu objet d’étude, le rêve littéraire suscite des débats théoriques intenses, touchant aux domaines disciplinaires les plus divers – de l’approche textualiste de Gollut (1993) aux travaux pluridisciplinaires – mêlant théorie littéraire, psychanalyse, cognitivisme (Schreier Rupprecht, 1993 ; Déchanet-Platz, 2008 ; Bravi, 2011 ; Collani, 2016) –, en passant par les contributions « panoramiques » des grands groupes d’études internationaux (Branca-Ossola-Resnik, 1984 ; Ceserani, 1998-2002 ; Schmidt-Hannisa — Guthmüller, 2010).

C’est aussi à partir de ces différentes lectures et interprétations que nous nous proposons de relire le rêve littéraire avec un œil de comparatiste, cherchant à mettre particulièrement en lumière les zones d’échanges et de flux entre différents genres, temps et domaines. L’objectif du numéro 12 de la revue RILUNE est d’étudier le rêve dans les littératures européennes : en mettant l’accent sur la polyvalence inhérente au thème choisi, le projet entend mobiliser des chercheurs qui s’intéressent notamment à l’aspect transnational, transgénérique et transdisciplinaire de l’onirisme littéraire.

Seront particulièrement appréciées les contributions :

  • consacrées à des œuvres, des genres ou des auteurs souvent délaissés par les ouvrages de synthèse ;
  • faisant dialoguer différentes aires linguistiques et culturelles de l’Europe et/ou différents domaines disciplinaires (théorie littéraire, psychologie-psychanalyse, cognitive poetics, sémiologie…) ;
  • adoptant une perspective transmédiale ou transgénérique dans l’étude du motif onirique. 

Plusieurs questions de recherche sont envisageables, dont nous en proposons quelques-unes :

La réinvention d’un topos : comment le rêve se modifie-t-il au cours de l’histoire et selon le contexte culturel ? Comment se perpétuent ces lieux communs, figures ou formes, (confusion ou inversion réel/irréel, songe-catabase, rêve métadiscursif ou rêve-récit-cadre) qui ont fait la renommée d’un thème littéraire ? Articulation et désarticulation selon les genres et les médias : Peut-on reconnaître au sein d’un même genre littéraire une modulation particulière du motif onirique et du récit de rêve ? Comment (et pourquoi) la représentation et la narration onirique changent-elles dans la transposition intermédiale d’une œuvre ? Réception littéraire des théories sur le rêve : De quelle façon les différentes théories scientifiques touchant au phénomène « rêve » (du cognitivisme à la psychanalyse, de l’anthropologie aux neurosciences, etc.) se reflètent-elles dans les ouvrages de fiction ?

Toute proposition allant au-delà de ces pistes, mais conforme à la thématique proposée, sera également la bienvenue.

Ce numéro vise à alimenter ultérieurement le débat, encore vif et vivace, autour de l’onirisme littéraire, par une approche comparatiste et interdisciplinaire.

En outre, tout compte rendu de publications récentes inhérentes au sujet de ce numéro sera le bienvenu.

 

Bibliographie

Albert Béguin, L’âme romantique et le rêve : essai sur le romantisme allemand et la poésie française, Marseille, Éditions des Cahiers du Sud, 1937 et Paris, José Corti, 1939.

Roger Caillois, L’incertitude qui vient des rêves, Paris, Gallimard, 1956.

Vittore Branca, Carlo Ossola, Salomon Resnik (éds.), I linguaggi del sogno, Firenze, Sansoni, 1984. 

Jean-Daniel Gollut, Conter les rêves : la narration de l’expérience onirique dans les œuvres de la modernité, Paris, Corti, 1993.

Carol Schreier Rupprecht (éd.), The dream and the Text, New York, SUNY Press, 1993.

Anita Piemonti, Marina Polacco (éds.), Sogni di carta : dieci studi sul sogno raccontato in letteratura, Firenze, Le Monnier, 2001.

Gabriele Cingolani, Marco Riccini (éds.), Sogno e racconto : archetipi e funzioni : atti del Convegno di Macerata : 7-9 maggio 2002, Firenze, Le Monnier, 2003.

Vanessa Pietrantonio, Fabio Vittorini (éds.), Nel paese dei sogni, Firenze, Le Monnier, 2003.

Silvia Volterrani (éd.), La metamorfosi del sogno nei generi letterari, Firenze, Le Monnier, 2003.

Ferdinando Amigoni, Vanessa Pietrantonio (éds.), Crocevia dei sogni : dalla Nouvelle Revue de psychanalyse, Firenze, Le Monnier, 2004.

Fanny Déchanet-Platz, L’écrivain, le sommeil et les rêves : 1800-1945, Paris, Gallimard, 2008.

Francesca Bravi, La forma del sogno : la rappresentazione del sogno in romanzi tedeschi e francesi degli anni ’70, München, Martin Meidenbauer, 2011.

Tania Collani, Sogno e letteratura : poetiche dell’onirismo moderno nei testi e nei manifesti del primo Novecento, Milano, Franco Angeli, 2016.

Marie Guthmüller, Hans-Walter Schmidt-Hannisa (éds.), Das nächtliche Selbst. Traumwissen und Traumkunst im Jahrhundert der Psychologie (1850-1950), Göttingen, Wallstein, 2016.

Sitographie

Network of Cultural Dream Studies : http://www.culturaldreamstudies.eu/

Europäische Traumkulturen : http://www.traumkulturen.de/

Base de textes pour l’étude du rêve : http://www.reves.ca/

 

Calendrier

Envoi des propositions : avant le 30 septembre 2017

Notification de l’acceptation des propositions : avant le 15 octobre 2017

Envoi des articles : avant le 31 janvier 2018

Notification de l’acceptation des articles et éventuelles demandes de modifications : avant le 31 mars 2018

Envoi de la version finale des articles : avant le 30 juin 2018

Publication : novembre 2018

url de référence

http://www.rilune.org/

Source: Fabula