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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications : Contre-cartographier le monde
Posted: Tuesday, October 15, 2019 - 00:28

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines - Université de Limoges

Vendredi 7 février 2020

Cette journée d’étude fait suite au colloque organisé par l’équipe EHIC en 2019 « Contre-cartographies dans les Amériques, XVIème-XXIème siècle » qui a révélé tout le potentiel de cette thématique. Nous souhaiterions élargir la discussion aux autres continents dans une perspective comparative et multidisciplinaire.

Les mécanismes de l’alliance entre cartes et domination et de sa subversion à travers la notion de contre-cartographie restent au cœur de notre réflexion. Il s’agit d’appliquer ce concept, issu de la géographie radicale (née des mouvements contre-culturels des années 1960 aux États-Unis), à d’autres disciplines et à l’entendre dans un sens élargi, diachronique, trans- et pluridisciplinaire pour intégrer la diversité des formes cartographiques (cognitives, sonores, corporelles, artistiques, numériques, etc.) et des politiques de la représentation qui ont pour enjeu la critique des formes hégémoniques de production de l’espace.

La cartographie critique ou radicale conteste l’hégémonie de la carte en tant qu’outil de représentation de l’espace imposée à partir du XVIème siècle par le processus de colonisation européen. L’élargissement des frontières « du monde connu » avait alors généré un profond renouvellement de la conception de l’espace et contribué au développement d’une science cartographique visant à traduire le monde sous la forme d’une image mobile et mobilisable (Mignolo). Instruments de savoir-pouvoir géopolitique et stratégique, de guerre, d’exercice de la souveraineté et d’emprise symbolique et matérielle sur l’espace national, les cartes sont les supports essentiels de la puissance gouvernementale des États modernes. Cartographier ne signifie non pas seulement connaître et rendre intelligible mais aussi domestiquer, soumettre, occulter, contrôler et même contredire l’ordre de la nature au travers d’une administration verticale des populations, des territoires et des ressources. Loin d’avoir disparu, ces processus violents se perpétuent aujourd’hui encore par le biais des nouvelles technologies de cartographie intégrale du monde.

Le discours cartographique qui aspire à garantir un reflet fidèle de la réalité (Hartley) ne produit pourtant pas tant une « vision du monde » qu’un monde. Si la carte constitue un outil majeur d’inscription territoriale et symbolique du pouvoir hégémonique, elle peut aussi faire l’objet d’un travail de démystification ou de réappropriation de la part des communautés, collectifs et individus qui contestent sa prétention à la description objective de l’ordre spatial. Ainsi, partout dans le monde, des groupes minoritaires et/ou subalternes ont pu proposer des contre-cartographies qui déconstruisent la vision totalisante des cartes hégémoniques, cherchent à en révéler les enjeux épistémiques, éthiques et politiques sous-jacents et proposent de rendre visible ce qu’elles occultent. La résistance vise non pas seulement à déconstruire les principes de vision verticale désincarnée et de divisions institués par les cartes mais aussi à reconstruire de nouvelles géo-graphies, à faire émerger d’autres rapports cognitifs au territoire, appréhendé comme lieu et support de vie.

De la même façon, les logiques de manipulation, de subversion et de détournement de l’ordre cartographique se situent au cœur d’un imaginaire qu’ont largement contribué à forger auteurs et artistes, inscrivant ses représentations dans le champ de la production culturelle. Ses déclinaisons dans les lettres, les arts visuels et performatifs invitent à l’envisager comme matériau créatif et objet de fiction, induisant, au carrefour des disciplines et des langages, de nouveaux « partages du sensible » (Rancière). C’est ce versant culturel qu’il s’agira également d’explorer à travers des réflexions croisées sur les cartes fictionnelles et métaphoriques, leur construction, leurs effets sur le lecteur ou le spectateur et les transferts éventuels de schémas hégémoniques et/ou contre-hégémoniques d’un monde à un autre. Vue sous cet angle, la carte n’est plus seulement cantonnée au rôle de compagne d’une Histoire globale unifiée (eurocentrique, étatique, patriarcale et capitaliste). Elle peut devenir le moteur d’une pluralisation critique des histoires, des mondes, des subjectivités et des territorialités.

 

Nous continuerons donc à explorer les questions suivantes : quels enjeux se trouvent derrière les dynamiques contre-cartographiques ? Dans quel contexte les logiques contre-cartographiques peuvent-elles se mettre en place ? Comment se créent-elles et de quelles impulsions émanent-elles ? Quels savoirs sont mobilisés dans les processus d’élaboration contre-cartographique ? Dans quelle mesure parviennent-elles à déjouer les représentations hégémoniques de l’espace ?

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Toutes les propositions axées sur les questions contre-cartographiques, quelle que soit l’aire géographique concernée, sont les bienvenues et pourront s’intégrer dans les axes suivants (liste non exhaustive) :

Cartographie critique et radicale (militante, décoloniale, féministe, écologiste...) ;

Logiques contre-étatiques et anti-impérialistes : cartographies alternatives ;

Questionnements géopolitiques sur les sphères d’influence (mouvances, flux migratoires, frontières etc.) ;

Remise en question et redéfinition des géographies culturelles et/ou linguistiques ;

Cartographies des mondes souterrains (mafias, contrebandiers, hackers…) ;

Détournement et déconstruction des cartes dans les arts et les lettres ;

Contre-cartographies numériques.

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Les propositions en français (400-500 mots) devront être accompagnées d’une courte biographie de leur auteur (200 mots) à envoyer avant le 15 novembre 2019 à diane.bracco@unilim.fr et lucie.genay@unilim.fr

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Un ouvrage en français publié aux Presses Universitaires de Limoges rassemblera les articles sélectionnés à la suite de cette journée ainsi que les travaux produits par le colloque de 2019. Nous attirons donc l’attention des participant.e.s sur la date limite d’envoi des articles de 20 000 signes fixées au 30 juin 2020.

 

Organisateurs :

Diane Bracco diane.bracco@unilim.fr

Lucie Genay lucie.genay@unilim.fr

Philippe Colin philippe.colin@unilim.fr

 

Bibliographie sélective

Besse, Jean-Marc. Face au monde : atlas, jardins, géoramas, Paris, Desclée de Brouwer (Arts & esthétique), 2003.

Besse, Jean-Marc et Tiberghien, Gilles A. Opérations cartographiques. Arles, Coédition Actes Sud, 2017.

Bryan, Joe & Wood, Denis. Weaponizing Maps: Indigenous People and Counterinsurgency in the Americas. New York/London, Guilford Press, 2015.

Clerval, Anne, et. al. (dir.) Espace et rapports de domination. Collection Géographie sociale. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

Crampton, Jeremy W. “Maps as Social Constructions: Power, Communication and Visualization, Progress in Human Geography”. Progress in Human Geography, Atlanta, Georgia State University,   25, 2, 2001, p. 235–252.

Farinelli, Franco. La crisi della ragione cartografica. Turin, Einaudi, 2009.

Foucault, Michel. « Questions à Michel Foucault sur la géographie ». Hérodote, n° 1, janvier-mars 1976, Dits Ecrits tome III., p. 71-85.

Garfield, Simon. On the Map: Why the World Looks the Way it Does. Londres, Profile Books, 2013.

Harley, John B. “Maps, Power and Knowledge” dans The Iconography of Landscape. Dir. D. Cosgrove et S. Daniels, Cambridge, Cambridge University Press, 1988, p. 277-312.

Harley, John B. The New Nature of Maps: Essays in the History of Cartography. Baltimore, John Hopkins University Press, 2001.

Lefebvre, Henri. La Production de l’espace. 4e édition, Paris, Economica, 2000.

Mignolo, Walter. The Dark Side of Renaissance. Literacy, Territoriality and Colonization, Ann Harbor, The University of Michigan Press, 1997.

Moran, Yolanda. L’Analyse de la géographie radicale concernant le Tiers-Monde. Thèse de doctorat. Ecole Nationale Supérieure des Bibliothèques dirigée pas Angel Valle. Villeurbanne, 1989.

Poole, Peter. Cultural Mapping and Indigenous Peoples. Geneva, UNESCO, 2003.

Porto, Carlos. Geo-grafías. Movimientos sociales, nuevas territorialidades y sustentabilidad. México, Siglo Veintiuno, 2001.

Rekacewicz, Philippe. « Cartographie radicale ». Le Monde Diplomatique (Atlas du monde diplomatique), 2013.

Speranza, Graciela. Atlas portátil de América Latina. Arte y ficciones errantes. Barcelona, Anagrama, 2012.

Westphal, Bertrand. Le Monde plausible. Espace, lieu, carte. Paris, Les Éditions de Minuit, 2011.

Westphal, Bertrand. La Cage des méridiens. La littérature et l’art contemporain face à la globalisation. Paris, Les Éditions de Minuit, 2017.

Wood, Denis. The Power of Maps. New York/London, Guilford Press, 1992.

Wood, Denis et Fels, John. “Design on Signs/Myths and Meanings in Maps”. Cartographica, Ottawa, Canadian Cartographic Association, 23, 3, 1986, p. 54-103.

https://www.unilim.fr/ehic/events/event/appel-a-communications/

Appel à communications : L’art du livre au temps des Plantin-Moretus : formes, modèles et influences
Posted: Tuesday, October 15, 2019 - 00:22

Colloque international organisé par la Bibliothèque Mazarine et le Cultura Fonds (Dilbeek, Bruxelles), avec la collaboration du Musée Plantin-Moretus (Anvers).

Paris, Bibliothèque Mazarine, 18-19 novembre 2020

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Comité scientifique : Christine Bénévent (École nationale des chartes, Paris) ; Diane Cuny (Centre d'Études supérieures de la Renaissance, Tours) ; Dirk Imhof (Plantin-Moretus Museum, Antwerp) ; Renaud Milazzo (EmoBookTrade project, Università di Milano) ; Angela Nuovo (EmoBookTrade project, Università di Milano) ; Goran Proot (Cultura Foundation, Dilbeek; EmoBookTrade project, Università di Milano) ; Yann Sordet (Bibliothèque Mazarine; Centre Jean-Mabillon) ; Christophe Vellet (Bibliothèque Mazarine; Centre Jean-Mabillon).

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ARGUMENTAIRE :

À l’automne 2020, la Bibliothèque Mazarine et le Cultura Fonds, en collaboration avec le Musée Plantin-Moretus, célèbreront le 5e centenaire de la naissance de Christopher Plantin (vers 1520–1589) par un colloque international et une exposition.

Originaire de Touraine, formé à la reliure, Christophe Plantin s’installe en 1549 à Anvers, qui est déjà un centre économique prospère et une plaque tournante du commerce international. Il y établit en 1555 les fondements de la plus vaste entreprise d’imprimerie que l’Europe d’Ancien régime ait connu. Génie des affaires et graphiste de talent, Plantin est nommé architypographe du roi d'Espagne Philippe II en 1570, imprimeur de la ville d'Anvers en 1579, de l'université de Leyde en 1583... Même si elle ne répugne pas à quelques activités clandestines, son officine, à l’enseigne du Compas d’or, devient l’un des plus importants soutiens de la Contre-Réforme. À sa mort, elle passe à son gendre Jan Moretus, et reste entre les mains de la famille jusqu'au XIXe siècle. Dès l’origine la production de Plantin se signale par son élégance. Sa correspondance, comme les archives économiques de l’entreprise, témoignent certes d’amples ambitions commerciales et d’une grande attention accordée aux attentes des publics et des marchés, mais aussi du soin extrême apporté à la conception des livres. Christophe Plantin et ses successeurs contribuent notamment à transformer l’esthétique du livre de la Renaissance, et inaugurent l’ère baroque de la mise en page, en mobilisant un matériel typographique et ornemental nouveau, en promouvant l’illustration par la gravure sur cuivre, en sollicitant de manière privilégiée le peintre Pierre Paul Rubens… Entre 1555 et 1655, au cours du siècle d’or de l’officine plantinienne, qui réalise alors plus de 5 000 éditions, la séduction visuelle rejoint la recherche de lisibilité et d’efficacité dans la mise en forme et la structuration des textes. La vocation du colloque est de rendre compte de recherches nouvelles portant sur les activités et la production de l'Officina Plantiniana comme des ateliers contemporains, en particulier sur les questions de conception typographique, de mise en page et d’illustration.

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PROPOSITIONS DE COMMUNICATIONS :

Les communications porteront par préférence sur les problématiques suivantes :

● Les caractéristiques formelles de l’édition imprimée entre les années 1550 et les années 1650. Comment les dispositifs typographiques et la mise en page en général ont-ils évolué au cours de cette période, dans la production des Plantin-Moretus comme dans celle des autres ateliers européens ? Le passage des conceptions formelles de la Renaissance à l’esthétique baroque, dans le livre, fait-il alors l’objet de variations géographiques significatives ?

● Les influences. En matière de mise en livre, quels imprimeurs-libraires ont pu influencer Christophe Plantin et ses successeurs les Moretus ? Comment les modèles formels développés par l’Officina Plantiniana ont-ils à leur tour influencé la production européenne ?

● La marque. L’enseigne et la devise de l’Officina Plantiniana, gages d’excellence typographique, ont acquis une telle renommée qu’elles ont rapidement été exploitées par des tiers, y compris par la contrefaçon. Quand, par qui et pourquoi cette marque si convoitée a-t-elle été utilisée ?

Le colloque sera accompagné d’une exposition, organisée par la Bibliothèque Mazarine et le Cultura Fonds : Un siècle d’excellence typographique, Christophe Plantin et son officine (1555-1655) [20 novembre 2020 – 27 février 2021].

Les communications, en français ou en anglais, ne devront pas dépasser vingt minutes. Les propositions de communication seront soumises à l'adresse contact@bibliotheque-mazarine.fr avant le 29 février 2020. Elles seront accompagnées d’un résumé de 400 mots maximum. Une réponse définitive sera donnée le 15 avril 2020 au plus tard.

Pour toute précision, merci de contacter Goran Proot (Cultura Fonds, goran.proot@gmail.com) ou Yann Sordet (Bibliothèque Mazarine, yann.sordet@bibliotheque-mazarine.fr).

https://www.bibliotheque-mazarine.fr/fr/evenements/actualites/l-art-du-livre-au-temps-des-plantin-moretus-formes-modeles-et-influences

Appel à communications : Optique et lettres : une herméneutique critique du réel ? 1563-1774
Posted: Tuesday, October 15, 2019 - 00:16

Le colloque se tiendra à Toulouse Jean-Jaurès du 17 au 19 septembre 2020, sous le patronage de la Société d'Etudes du XVIIe siècle et de l'Université.

Les propositions de communication sont acceptées jusqu'à fin décembre 2019, et à adresser à florent.libralatlive.fr (remplacer at par @), sous la forme d'un titre et d'un synopsis d'une longueur maximale de 800 caractères, espaces compris.

 

1. Argumentaire

Ce colloque a pour objet de comprendre pourquoi, des derniers Valois à la fin du règne de Louis XV, c’est-à-dire de la réception du Concile de Trente au déclin de la monarchie absolue, les Lettres, et en mode mineur les autres arts, accordent une si grande place aux références et dispositifs issus de l’optique (perspectiva naturalis et perspectiva artificialis, optique proprement dite et technique perspective).

Plusieurs colloques et études ont cherché les raisons de l’utilisation de l’optique dans tel ou tel domaine littéraire. Dès 1965, l’optique des mémorialistes est abordée par Yves Coirault, et plus tard celle de l’éloquence par Marc Fumaroli et son école (1980). Entre 1968 et 2009, les études cartésiennes et pascaliennes saisissent l’entrecroisement entre science de la vision, perspective et philosophie (Michel Serres en 1968, Jean-Luc Marion en 1981, Jean Mesnard en 1995, Jean-Vincent Blanchard en 2005, Édouard Mehl en 2009). En 2003, l’optique des moralistes fait l’objet d’un colloque, tandis que les travaux sur la rhétorique sacrée et la peinture, notamment autour du motif du Dieu caché, s’approprient la notion en 2000, 2005 et 2016.

À partir de 1993, des synthèses ont pris la suite de ces travaux innovants. L’œil surpris de Françoise Siguret, et en 1997 le recueil collectif de Christian Biet et Vincent Jullien, Le siècle de la lumière ont opéré une première synthèse sur le sujet, englobant notamment le cartésianisme, le politique, la perspective et le théâtre. Ce bilan fut actualisé en 2013 par Sylvaine Guyot et Tom Conley dans le recueil L’œil classique, qui étend ses interrogations au domaine galant et aux prémices de la pensée des Lumières. Des travaux d’ensemble comparables ont été menés sur la littérature élisabéthaine (1981 et 1999), le domaine espagnol (2015) ou italien (2005).

Ces différentes recherches ont révélé que l’optique, présente sous forme de références savantes, permettait de rénover l’image du cosmos et, simultanément, de métaphoriser à peu près tous les domaines de la connaissance et de la culture humaines ; plus fondamentalement, l’optique se mue en dispositif, les Lettres devenant, à l’image des points de vue, des anamorphoses, des télescopes et des miroirs décrits par cette science et les techniques qui lui sont associées, un moyen de voir le monde autrement – une hétéroscopie en quelque sorte.

L’héritage de plus de cinquante années de recherche impose donc, par l’extension et le tuilage de ces nombreux travaux, d’envisager aujourd’hui une appréhension globale, trans-générique, du paradigme optique dans les Lettres. Au-delà d’une réflexion fondée sur la partition des genres (l’optique de la poésie, celle du théâtre…), il s’agirait de réfléchir, dans le cadre du colloque proposé, aux usages de la science optique par les gens de lettres, les savants et les artistes, ainsi qu’à la manière dont ces usages peuvent être subvertis ou détournés.

Deux faits majeurs frappent en effet l’observateur. 1/ L’optique peut aider les Lettres à enchanter le monde, qu’il s’agisse de représenter de manière idéalisée le monarque comme un roi-soleil (Ménestier), Dieu comme un « soleil caché » (Hopil), d’offrir un point de vue autour duquel s’ordonne le réel (anamorphoses de Pascal et de Bossuet), ou encore de mettre en évidence la beauté déroutante du cosmos dans les récits de voyage céleste qui prennent le relais des visions télescopiques dans la fiction (de Kepler à Cyrano de Bergerac). 2/ Face à ce que l’on pourrait appeler une optique des enchantements, cette science pourfend les illusions représentatives : ainsi en va-t-il de l’optique du roi noir machiavélien (au théâtre), du prisme des faits révélateurs (chez les mémorialistes) qui révèle les arcana regni au temps de l’absolutisme, des fausses clartés de l’amour-propre dénoncées par les moralistes, de l’illuminisme condamné dans le monde religieux, de la critique rationaliste de la superstition et du préjugé, ou encore de l’interrogation spirituelle ou philosophique sur les clartés trompeuses du sensible.  

On cherchera donc à comprendre l’utilité et la fécondité réelles, pour les Lettres, de l’usage de l’optique, ainsi définie comme une science de la représentation tantôt idéalisée, tantôt difficile ou critique, qui produit même, à terme, une crise radicale de toute forme de représentation en rejetant ses objets dans l’infigurable (à l’image des deux infinis pascaliens, qui font écho aux limites de la lunette et du microscope).

L’hypothèse de travail utile pour penser cette ambivalence consisterait à supposer que les Lettres tentent de créer, par la réappropriation de l’optique, une forme de représentation critique qui serait en même temps une herméneutique du réel, faisant entrer la critique de l’image du monde à l’intérieur de cette image même.

Axes de travail

On interrogera les Lettres, prises comme un tout, dans leur fonction consistant à représenter et à interroger trois invisibles majeurs qui préoccupent les écrivains :

- l’invisible de Dieu dans le domaine théologique et spirituel :

L’optique conçue dans son rapport avec le sacré, la religion, la spiritualité et la mystique (dans les traités théologiques, le sermon, les lettres, les poèmes, les mémoires et biographies spirituelles…), autour notamment du paradoxe d’une divinité dotée d’une image ambivalente, tantôt visible et lumineuse, tantôt invisible et obscure, que cette image soit véhiculée dans le but de traduire ou de comprendre une expérience intérieure, d’exprimer ou d’exposer des concepts théologiques, de prendre parti dans une controverse…

La contrepartie libertine et critique d’une telle perspective, notamment dans le cadre d’une poétique de la matière, d’un jeu sur la sensation et l’illusion…   

- l’invisible de la nature du pouvoir dans l’ordre politique :

La monarchie absolue dans une tension entre la mystique solaire de la royauté et le secret du mécanisme ou de la fondation du pouvoir, notamment dans l’orbe des théories machiavéliennes et des considérations sur les coups d’État (tragédies, mémoires, éloquence publique, mazarinades…).  

- l’invisible de la nature des choses dans le domaine scientifique et philosophique :

L’optique en rapport avec la connaissance de la réalité matérielle, de l’atome à l’étoile (récits de voyages célestes, dialogues, poésie scientifique), notamment à travers la dimension poétique du discours scientifique et philosophique qui extrait de l’optique des analogies pour les transposer dans d’autres domaines, par exemple la compréhension de la cosmologie ou du fonctionnement de l’esprit, etc.

Bien évidemment, les communications opérant des liens entre ces trois domaines sont aussi les bienvenues. D’un point de vue géographique et linguistique, outre le domaine français et francophone bien évidemment, une place sera accordée aux communications traitant des échanges transalpins, les penseurs italiens ayant fourni dans les domaines de l’optique et des techniques associées (comme la perspective et la catoptrique, l’observation astronomique) une profonde matière à réflexion, tout autant qu’ils ont réfléchi aux application de l’optique, en un sens métaphorique, du pétrarquisme au platonisme ficinien, des prédicateurs de la Contre-Réforme à Marino, du théâtre aux théoriciens du politique. On ne s’interdira pas non plus par principe des incursions dans les espaces régionaux ou d’autres pays européens (en particulier dans le domaine languedocien, avec des figures comme Pierre-Jean Fabre, médecin paracelsien, Emmanuel Maignan, inventeur et artiste, professeur de théologie et de philosophie, Louis-Bertrand Castel, inventeur du clavecin oculaire).

À titre d’élargissement, un espace pourrait également être consacré à des communications étendant le champ de la réflexion aux domaines de l’histoire de l’art et de la musique ; dans ce dernier domaine, on valorisera les réflexions et les expérimentations qui font un parallèle entre optique et musique, comme par exemple chez Mersenne et Castel

2. Bibliographie

Aït Touati, Frédérique, Contes de la Lune, essais sur la fiction et la science modernes, Gallimard, 2011.

Armogathe, Jean-Robert [dir.], La luce del vero : Caravaggio, Rembrandt, de la Tour, Zurbaran. Catalogue de l’exposition de Bologne, Silvana editoriale, 2000.

Baltrušaitis, Jurgis, Le Miroir, révélations, science-fiction et fallacies, Paris, Elmayan-Le Seuil, 1978.

Bonfait, Olivier et Mac Gregor, Neil [éd.], Le Dieu caché : les peintres du Grand Siècle et la vision de Dieu. Exposition de l’Académie de France à Rome 19 octobre 2000 - 28 janvier 2001, Rome, Edizioni de Luca, 2000.

Biet, Christian et Jullien, Vincent [éd.], Le siècle de la lumière, 1600-1715, Fontenay-aux Roses, ENS Éditions, 1997.

Blanchard, Jean-Vincent, L’Optique du discours au xviie siècle, Laval, Presses de l’université Laval, 2005, coll. « La République des Lettres ».

Certeau, Michel de, La Fable mystique xvie-xviie siècles (I et II), Paris, Gallimard, 1987 et 2013.

Chométy, Philippe et Lamy, Jérôme [éd.], Littérature et sciences : archéologie d’un litige (xviie-xviiie siècles), Littératures classiques, n°85 (2014).

Coirault, Yves, L’Optique de Saint-Simon, Paris, A. Colin, 1965.

Costabel, Pierre [& alii], Matière et lumière au xviie siècle, Dix-septième siècle, n° 136 (1982).

Dandrey, Patrick et Forestier, Georges [dir.], L’illusion au xviie siècle. Littératures classiques, no 44 (2002).

Denis, Delphine [dir.], L’obscurité, Langage et herméneutique sous l’Ancien Régime, Louvain-La Neuve, Academia Bruylant, 2009, coll. « Au cœur des textes » (n°9).

Faivre, Antoine [éd.], Lumière et cosmos : courants occultes de la philosophie de la nature, Actes du colloque de Cerisy, Paris, Dervy, 1981, coll. « Cahiers de l’hermétisme ».

Fumaroli, Marc, L’Âge de l’éloquence : rhétorique et « res litteraria » de la Renaissance au seuil de l’époque classique, [1980], Genève, Droz, 2002.

Gheeraert, Tony, Le Chant de la grâce : la poésie à Port-Royal d’Arnaud d’Andilly à Racine, Paris, Honoré Champion, 2000.

Grosperrin, Jean-Philippe, « Chaire avec point de vue : de l’optique dans la prédication classique », [in] L’optique des moralistes de Montaigne à Chamfort. Actes du colloque de Grenoble (2003), Paris, Honoré Champion, 2005, p. 419-434.

Guion, Béatrice, Pierre Nicole moraliste, Paris, Honoré Champion, 2002.

Guyot Sylvaine et Conley, Tom [dir.], L’œil classique, Littérature classiques, n°82 (2013).

Hallyn, Fernand, « Rhétorique de la lunette », [in] Georges Forestier [éd.], La littérature et le réel, Littératures classiques, n° 11 (1989), p. 13-23.

Hamou, Philippe, La mutation du visible, essai sur la portée épistémologique des instruments d’optique au xviie siècle. Vol I. « Du Sidereus Nuncius de Galilée à la Dioptrique cartésienne », Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 1999. Vol. II. Microscopes et télescopes en Angleterre de Bacon à Hooke, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2001.

Havelange, Carl, De l’œil et du monde. Pour une histoire du regard au seuil de la modernité, Paris, Fayard, 1998.

Joukovsky, Françoise, Le Regard intérieur, thèmes plotiniens chez quelques écrivains de la Renaissance française, Paris, Nizet, 1982.

Julien, Pascal, « Anamorphoses et visions miraculeuses du père Maignan (1602-1676) », Mélanges de l'École française de Rome : Italie et Méditerranée, 117, 1 (2005).

Laplanche, François, « Post tenebras lux » [in] La Lumière, Dôle, Groupe d’histoire religieuse, 1997, p. 18-23.

Libral, Florent, Le Soleil caché. Rhétorique sacrée et optique au xviie siècle en France, Paris, Garnier, 2016.

Llasera, Margaret, Représentations scientifiques et images poétiques en Angleterre au xviie siècle, Paris, Éditions du CNRS, 1999, p. 79-80.

Luminet, Jean-Pierre, Les Poètes et l’Univers, anthologie, Paris, Cherche Midi, 2012.

Macé, Stéphane, « Considérer. Contempler. Pour une étude du lexique de la vision chez Bossuet », [in] Bossuet, textes rassemblés par S. Macé, Dijon, L’Échelle de Jacob, 2004, p. 103-116.

Marciak, Dorothée, La Place du Prince. Perspective et pouvoir dans le théâtre de Cour des Médicis, Florence (1539-1600), Paris, Classiques Garnier, 2005.  

Margolin, Jean-Claude, « Perspectivisme, relativisme et science. Précarité de l’anamorphose », Studi Francesi, vol. xlvi (2002), p. 527-545.

Marin, Louis, De la représentation, Paris, Gallimard-Le Seuil, 1994, coll. « Hautes Etudes ».

Marion, Jean-Luc, Sur la théologie blanche de Descartes. Analogie, création des vérités éternelles, fondement, Paris, PuF, 1981.

Martinet, Marie-Madeleine, Le Miroir de l’esprit dans le théâtre élisabéthain, Paris, Didier érudition, 1981.

Mehl, Édouard, Descartes et la visibilité du monde : les Principes de la Philosophie, Paris, PuF, 2009.

Mesnard, Jean, Les Pensées de Pascal, Paris, SEDES, 1995.

Nepote-Desmarres, Fanny [dir.], « L’indivision des savoirs » en question (xvie-xviiie siècles). Lettres, droit, sciences et musique. Littératures, no67 (2012).

Papasogli, Benedetta, et Piqué, Barbara [éd.], Il prisma dei moralisti, Rome, Salerno editrice, 1997.

Roudaud, François et Stoffel, Jean-François [éd.], Le Soleil, à la Renaissance et à l’âge classique, Revue des questions scientifiques, 189, 4 (2018). 

Roukhomovsky, Bernard [éd.], L’optique des moralistes de Montaigne à Chamfort. Actes du colloque de Grenoble (2003), Paris, Honoré Champion, 2005.

Serres, Michel, Le système de Leibniz et ses modèles mathématiques, Paris, PuF, 1968.

Siguret, Françoise, L’Œil Surpris : perception et représentation dans la première moitié du xviie siècle [1985], nouvelle édition augmentée, Paris, Klincksieck, 1993.

Starobinski, Jean, L’Œil Vivant : Corneille, Racine, La Bruyère, Rousseau, Stendhal, [1961], éd. revue et augmentée, Paris, Gallimard, 1999.

Yates, Frances Amelia, The Occult Philosophy in the Elizabethan Age, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1980.

Zoberman, Pierre, « Voir, savoir, parler. La rhétorique et la vision au xviie siècle et au début du xviiie siècle », Dix-septième siècle, no 133 (1981), p. 409-428.

Zuber, Roger, Les émerveillements de la raison : classicismes littéraires du xviie siècle français, Paris, Klincksieck, 1997.

Zuppirolli, Libero et Bussac, Marie-Noëlle, Traité de la lumière, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009.

https://laboratorio.univ-tlse2.fr/accueil-il-laboratorio/accueil-il-laboratorio-190420.kjsp

Call for contributions: The Journal of the Western Society for French History
Posted: Tuesday, October 15, 2019 - 00:04

The Journal of the Western Society for French History, published from 1974 to 2015 as the Proceedings, is a peer-reviewed, scholarly journal published in an open-access, online format with the Scholarly Publishing Office at the University of Michigan Library. Volumes are available at http://quod.lib.umich.edu/w/wsfh/. The journal is indexed in Historical Abstracts; America: History and Life; PapersFirst; and ProceedingsFirst with full online access and without subscription charges. Please encourage your university library to link the site to its catalog.  Authors who publish with the Journal of the Western Society for French History maintain ownership of their copyright, and may republish their articles in other venues, so long as they acknowledge publication with The Journal of the Western Society for French History.

The Journal of the Western Society for French History invites submissions from all scholars of France and the Francophone world.

Deadline for submission is 15 January each year. Acceptance, rejection, or revise and resubmit letters will be sent to authors in April. Manuscripts must be submitted electronically to wsfh.proceedings.editors@gmail.com. All submissions must conform to the following procedure guidelines to receive consideration for publication:

• Papers must be reformatted as a journal article in accordance with Chicago Manual of Style (16th  or 17th ed.)

• The entire manuscript needs to be double-spaced (including footnotes) as a Word document (____.doc or _____.docx).

• Include panel information if applicable, including session number and e-mail contact information for the session commentator and chair.

• A SPO copyright form will be sent to authors after acceptance and prior to publication.

Peer Review: Publication in The Journal of the Western Society for French History involves a double peer review process, one report by the session commentator and a second reviewer from the author’s field of expertise. The editors make final decisions about publication.

 

GUIDELINES and STYLE SHEET FOR AUTHORS

The Journal of the Western Society for French History is a peer-reviewed publication of the Western Society for French History. We look for articles that make a significant contribution to the field, are properly formatted for journal publication, and incorporate revisions suggested by peer reviewers and the editors.

Papers with recommendations that require minor stylistic or content revisions are most likely to be published. Papers that require major revision before recommendation for publication may or may not receive further consideration. Papers that are not recommended by the reviewers will not be published.

DUE DATE: 15 January  is the due date for all submissions each year. No second call will be issued for errant or late submissions.

SUBMISSION: Manuscripts must be submitted electronically to The Journal of the Western Society for French History co-editors Bethany Keenan, Julia Osman, and Sarah Shurts at wsfh.proceedings.editors@gmail.com.

COPYRIGHT FORMS: An author whose paper is accepted for publication must complete and sign an “Author Copyright” form. This form is available on the WSFH website at http://www.wsfh.org/Proceedings-Information.htm. The editors will fill in the last section, “Journal Representative.” After acceptance and before publication, please complete the form (via a program that writes to PDF documents, or complete the form by hand and then scan it) to the editors’ email addresses, above.

LENGTH: Ten thousand words is the maximum length for articles (including footnotes, charts, maps, graphs). The entire manuscript needs to be double-spaced (including footnotes) as a Word document.

STYLE: The Chicago Manual of Style (CMS), 16th or 17th edition, is the stylebook generally employed by the editors. Manuscripts should conform to its recommendations, and the examples below, as closely as possible. Articles that do not conform to proper style will be returned to authors and will not be considered for publication until submitted as requested.

DATES: Dates should all be European (diplomatic) style, e.g. 14 July 1789; 1790s (no apostrophe); hyphenate mid-1990s. No internal punctuation is used when using just month and year (e.g. the events of August 1914 were decisive). See CMS (16th or 17th ed.)

LANGUAGE : Articles are usually published in English, unless they were presented in French at the meeting. The editors prefer authors to use English rather than French (or other foreign languages) whenever possible (e.g., Old Regime instead of ancien régime, generality instead of généralité, nobility instead of noblesse). Translate all quotations into English unless the French version is vital for clarity, accuracy, or pungency. In such cases, provide the English translation in the text from the original French in a footnote. When using a French term, please include an English translation in parentheses. When a French or foreign language title appears in your text, please make its meaning apparent or provide a translation in parentheses.

Use American, not British, spelling (honor, not honour; labor, not labour). Carefully check accent marks in titles, names, etc. Please check—and double check—the spelling of all foreign language names, words, phrases, and publication titles. 

NOTES: Please use the footnoting function in MSWord, and remember to double-space notes. Follow CMS (16th or 17th ed.) as a guide for notes. Abbreviate information for second and subsequent references, usually including the last name of author, a shortened title, and page number. Do not use Latin references (e.g., op. cit., loc. cit.) with the exception of Ibid. and et al.

GRAPHICS: The The Journal of the Western Society for French History does publish graphics such as photographs, tables, and other figures. In the case of photographs, however, you must secure all permissions to publish and provide captions attributing credit to the image holder. In the case of figures that you yourself have generated, please contact the editors about the best way to prepare your graphics for publication. All photographs, figures, or other graphics should be submitted as separate files in .png or .jpg format at a resolution of 600 dpi. In a separate document, please provide captions as you want them to appear, including permissions.

Manuscripts that have not been properly formatted for review will be returned to their authors before any further consideration for publication.

Please submit manuscripts by 15 January each year. Acceptance, rejection, or revise and resubmit letters will be sent to authors in April. Electronic Submission: The Journal of the Western Society for French History co-editors Bethany Keenan, Julia Osman, and Sarah Shurts at wsfh.proceedings.editors@gmail.com.

Call for contributions: The Networks of Non-Elite Women in Early Modern Societies
Posted: Monday, October 14, 2019 - 21:15

Edited volume.

At RSA 2019 we presented a successful pair of panels on the networks of non-elite women in early modern societies. We are now developing an edited collection on this topic with a broad scope in space (global) and time (ca. 1400-1750). We are interested in the wide variety of networks which non-elite women built and used, especially but not only those with other women. Our aim is to elaborate understandings of the lives of working, poor, and marginalized women in early modern societies and to compare cross-culturally. Themes might include: relationships between peers or across social categories, such as mistress and servant; meanings of friendship among plebeian women; the role of gender in female same-sex relationships; emotions, especially empathy and compassion; instrumentality and collaboration; and coping strategies, including the illegal. Representations drawn from archival sources, visual imagery, and literary texts are welcome.

If you are interested in contributing, please send a title, 150-word abstract, and one-page CV to Marlee Couling at marleej@yorku.ca by October 31st, 2019.

New Publications

L'homme-objet Expositions anatomiques de la première modernité, entre savoir et spectacle (Myriam MARRACHE-GOURAUD)
Posted: 8 Mar 2023 - 13:14

Myriam MARRACHE-GOURAUD, L'homme-objet Expositions anatomiques de la première modernité, entre savoir et spectacle, Genève, Droz, 2022.

Homo mirabilis ! En contemplant des fillettes au visage velu, des nains, des géants, des momies, des squelettes, organes, ou calculs pierreux, qui niera que l’humain n’ait sa place parmi les curiosités ? Les « raretés de l’homme » font le bonheur des collectionneurs, pour le plaisir du spectacle ou de l’enquête savante. Entre stupeur et découvertes perplexes, le trouble produit par ces singularités modèle les discours pour négocier la frontière avec l’animalité, la proximité avec la sauvagerie, la question de l’infra-humanité, les porosités entre masculin et féminin, le rapport au passé des géants et la génération incongrue de corps étrangers. Souvent oublié des travaux sur les naturalia, l’homme entendu comme objet de collection méritait une étude des représentations qui croise textes et images. Prise dans le « connais-toi » d’une anthropologie en devenir, la culture écrite et visuelle de la curiosité cherche en effet à penser l’humain en ses formes exceptionnelles dans les premiers « musées de l’homme » des XVIe et XVIIe siècles.

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Cahiers Tristan L’Hermite 2022, n° XLIV "Tristan L'Hermite et Amédée Carriat, une histoire littéraire en Limousin"
Posted: 8 Mar 2023 - 13:08

Cahiers Tristan L’Hermite, 2022, n° XLIV "Tristan L'Hermite et Amédée Carriat, une histoire littéraire en Limousin".

Revue des Amis de Tristan L’Hermite fondée en 1979, les Cahiers Tristan L’Hermite ont pour vocation d'éclairer l'œuvre du célèbre poète, dramaturge, romancier et prosateur en son temps (1601-1655) et plus largement la culture du premier XVIIe siècle.

Sommaire disponible ici.

Firmin Abauzit (1679-1767) Production et transmission des savoirs d'un intellectuel au siècle des Lumières (dir. Maria-Cristina Pitassi)
Posted: 8 Mar 2023 - 13:04

Firmin Abauzit (1679-1767). Production et transmission des savoirs d'un intellectuel au siècle des Lumières, dir. Maria-Cristina Pitassi, Paris, Honoré Champion, 2022.

Savant aux intérêts multiples – historiques, scientifiques et religieux, connu et estimé dans l’Europe du XVIIIe siècle, bien qu’ayant très peu publié de son vivant, Firmin Abauzit reste à beaucoup d’égards un mystère. Comment ce réfugié huguenot, arrivé à Genève encore enfant après la révocation de l’édit de Nantes, a-t-il pu bénéficier d’une réputation flatteuse dans la ville d’accueil alors que ses opinions hétérodoxes sur la trinité ou la christologie ou les prophéties bibliques étaient notoires ? Au-delà des étiquettes faciles, quelle était la nature exacte de son hétérodoxie ? Comment sa légendaire « modestie », qui lui a fait refuser honneurs et charges publiques, se concilie-t-elle avec le fait de laisser copier et circuler abondamment en Europe ses manuscrits ? Quel rapport existe-t-il entre une telle circulation et son refus obstiné d’autoriser la publication de ses travaux ? Comment interpréter, dans son cas, la tension entre réputation et publication ?

À ces questions, souvent escamotées ou abordées dans une visée hagiographique, le volume répond par une réflexion large qui croise l’histoire des religions, de la littérature, de la philosophie et du fait religieux. Une approche qui intègre des aspects peu ou pas du tout étudiés de la vaste production de l’auteur, tels que le rapport entre idolâtrie et religion, ou sa lecture de textes déistes anglais, ou encore ses écrits de controverse confessionnelle, mais qui reprend aussi, en les renouvelant, des thèmes plus classiques, comme la célèbre note de Rousseau sur Abauzit philosophe ou les éditions concurrentes qui ont été publiées peu après la mort du savant.

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Brienne le Jeune, Mémoires Tome I Première rédaction, 1re partie (1682-1684) (éd. J. Delon)
Posted: 8 Mar 2023 - 12:59

Brienne le Jeune, Mémoires Tome I Première rédaction, 1re partie (1682-1684), éd. J. Delon, Paris, Honoré Champion, 2022.

Cette édition des Mémoires de Brienne le Jeune reproduit intégralement le texte des manuscrits autographes, à la différence de celles de F. Barrière (1828) et de P. Bonnefon (1916-1919) qui n’avaient pas eu accès à tous les originaux, et qui ont pris, en outre, des libertés avec les documents dont ils disposaient. L’œuvre comporte deux rédactions successives, espacées de plus de douze ans. Elle est riche d’enseignements historiques sur la régence d’Anne d’Autriche et le règne de Louis XIV. L’auteur a vécu près de la famille royale et de Mazarin : dès son enfance, comme garçon d’honneur du jeune roi, puis secrétaire d’État, survivancier de son père aux Affaires étrangères. Le présent volume correspond à la 1re partie de la Première rédaction, achevée en 1684, pendant son internement à Saint-Lazare. Elle va de la fin du ministériat de Richelieu au début du règne personnel de Louis XIV.

Brienne écrit cavalièrement, à plume courante, peu soucieux de chronologie, dédaigneux de l’application des écrivains de métier. Cela n’empêche pas qu’il excelle dans les anecdotes, les dialogues, les scènes théâtrales. Il renouvelle, en outre, le genre des Mémoires, en y insérant, pour plus de diversité, des poésies, des lettres, un récit de voyage… Figure incontournable des lettrés de son temps, il a été mêlé à la vie ou à l’œuvre de la plupart d’entre eux.

 

Le tome II des Mémoires de Brienne le Jeune comporte deux ensembles distincts : la 2e partie de la Première rédaction et l’intégralité de la Seconde. Le premier forme une unité à part. Il s’agit de la traduction incomplète de l’Itinéraire européen rédigé en latin plus de vingt ans auparavant (1660-1662). Cette reprise en français qui porte la date de 1683 a été composée en parallèle avec la 1re partie de la Première rédaction (1682-1684).

La Seconde rédaction a été écrite en 1696-1697. L’auteur n’avait pas sous les yeux le manuscrit de la Première : ses papiers confisqués après sa disgrâce ne lui ayant pas été restitués. C’est pourquoi, plutôt que d’aborder d’emblée le règne de Louis XIV, il préfère s’attarder à nouveau sur le ministère du cardinal Mazarin, par crainte que son témoignage antérieur ne soit à jamais perdu. Il a mis à contribution les loisirs de sa retraite à Château-Landon pour satisfaire sa passion d’écriture, pour ressusciter les débuts prestigieux de sa carrière et fustiger les responsables de sa chute.

D’une Rédaction à l’autre, le narrateur est souvent amené à évoquer les mêmes thèmes. Cependant, sa démarche témoigne d’une distanciation par rapport au passé. Elle se traduit par un style plus sobre, plus alerte et plus maîtrisé.

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Henri de Montfaucon de Villars Le comte de Gabalis, ou entretiens sur les sciences secrètes (réédition)
Posted: 8 Mar 2023 - 12:54

Henri de Montfaucon de Villars, Le comte de Gabalis, ou entretiens sur les sciences secrètes, avec l'adaptation du "Liber de Nymphis" de Paracelse par Blaise de Vigenère (1583), réimpression de l'édition de 2010 en version brochée, présentée et annotée par Didier Kahn - Paris, Honoré Champion, 2022.

Les révélations du Comte de Gabalis stupéfient le narrateur : tout ce qu’on rapportait à l’action des démons n’est, en réalité, que l’effet innocent d’esprits élémentaires, qui peuplent les quatre éléments. Étrange idée de Paracelse, reprise dans un registre parodique savoureux.

Marquant la véritable entrée de Paracelse dans la littérature française, cet ouvrage est résolument dirigé contre les « sciences secrètes » au nom du sens commun. Il s’inscrit ainsi dans le processus de déclin progressif de la magie, de l’astrologie et de l’alchimie en France à partir du troisième tiers du XVIIe siècle. Son optique est aussi de nature résolument libertine : l’ouvrage vise en effet à ruiner la croyance à l’action du Démon.

C’était déjà le programme de l’Apologie des grands hommes accusez de magie de Gabriel Naudé. Mais l’abbé de Villars va employer pour cela une arme plus terrible que l’érudition du bibliothécaire de Mazarin : il recourt au dialogue d’idées tel qu’il a été mis au point par Pascal dans Les Provinciales. Muni de cet art de l’ironie dévastatrice, Montfaucon de Villars, porté par l’essor du cartésianisme, dispose de tous les moyens nécessaires pour transformer la figure théologique du Démon en objet de fantaisie littéraire, parvenant ainsi à peupler la littérature de sylphes, de salamandres, d’ondines et de gnomes tout inoffensifs et à y promouvoir l’image d’un démon impuissant à perpétrer le mal.

Directeur de recherche au CNRS (Cellf 16-18), Didier Kahn a publié Alchimie et paracelsisme en France à la fin de la Renaissance (Droz, 2007), La Messe alchimique attribuée à Melchior de Sibiu (Classiques Garnier, 2015), Le Fixe et le volatil. Chimie et alchimie, de Paracelse à Lavoisier (CNRS Editions, 2016), et (avec Hiro Hirai) Pseudo-Paracelsus. Forgery and Early Modern Alchemy, Medicine and Natural Philosophy (Brill, 2022).

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Conferences and Colloquia

Histoire sociale des spectacles, Europe, XVe-XVIIIe (Source: Sandrine Blondet)
Posted: 10 Feb 2015 - 11:41
Chers collègues et amis,

Nous nous permettons de vous rappeler que la prochaine séance du séminaire
 
Histoire sociale des spectacles (Europe, XVe-XVIIIe s.)
 
aura lieu le
 
vendredi 13 février à 10h
Maison de la Recherche (rue Serpente) de l'Université Paris-Sorbonne,
salle D117 .
 
 
Katell Lavéant (Utrecht) présentera un exposé intitulé
 
Les sotties lyonnaises (1560-1610) : corpus, acteurs et performance.
 
 
Bien cordialement,
 
Marie Bouhaïk-Gironès, Olivier Spina et Mélanie Traversier
 
La théâtralité comme (contre)-modèle esthétique Perspectives artistiques croisées 29 et 30 janvier 2015, Université Rennes 2 (source: Laura Naudeix)
Posted: 31 Jan 2015 - 09:45

La théâtralité comme (contre)-modèle esthétique Perspectives artistiques croisées 29 et 30 janvier 2015 Université Rennes 2 Campus Villejean, amphi. L3

Si l’on s’en tient à une définition sommaire et tautologique, la théâtralité ne semble désigner rien d’autre que la qualité théâtrale d’une œuvre, dramatique ou non, c’est-à-dire l’ensemble des particularités qui l’apparentent au théâtre. Terme labile autant que suggestif, utilisé dans des acceptions souvent positives, parfois péjoratives, la notion de théâtralité a, selon les différentes pratiques artistiques qui l’ont réinvestie, fait l’objet d’une réception contrastée. Il semble donc nécessaire d’étudier comment la théâtralité a été perçue et remodelée au fil des siècles, dans la représentation polymorphe qu’en donnent le théâtre, la littérature et le cinéma. On tentera donc de produire une redéfinition collective de la « théâtralité » en considérant la manière dont le modèle théâtral a pu être perçu par les autres arts à la fois comme un sujet de prédilection et comme un paradigme esthétique parfois controversé, souvent admiré – deux enjeux qu’il conviendra d’articuler.

Programme complet à télécharger: http://www.univ-rennes2.fr/files/UHB/SERVICE-COMMUNICATION/prog-coll-transvers-web.pdf

Le colloque se tient durant le Festival Transversales : le théâtre comme monde, le monde du théâtre, du 28 au 31 janvier 2015 http://www.univ-rennes2.fr/service-culturel/actualites/festival-transversales-theatre-comme-monde-monde-theatre

Programme du colloque: jeudi 29 janvier 2015 / amphi L3 9h45 > Accueil des participants 10h00 > introduction du colloque par Audrey Giboux. Session 1 La théâtralité et les mécanismes de l’illusion spectaculaire Modération : Audrey Giboux 10h15 > Enrica Zanin, université de Strasbourg : Du theatrum mundi au théâtre dans le théâtre : le cas du Martyr de saint Genest (1590-1660) 10h40 >Jean-Pierre Triffaux, université de Nice : La théâtralité en chantier ou quelques secrets d’invention 11h05 > Michel Arouimi, université du Littoral : Alfredo Arias : l’illusion en représentation 11h30 > Discussion 12h00 > Déjeuner

Session 2 Présences de la théâtralité dans les genres littéraires Modération : Laura Naudeix 14h00 > Maja Vukušić Zorica, université de Zagreb : Sade encore et en corps : la théâtralité et le spectaculaire, la frivolité et la conceptualité des mises en scènes sadiennes 14h25 > Géraldine Vogel, université de Strasbourg : Les poèmes dramatiques d’Edmond Rostand 14h50 > Mathias Kusnierz, université Paris 7 : De la scène d’écriture à la mise en scène de l’écriture : la théâtralité et ses détours dans les textes en prose de Christian Prigent 15h15 > Discussion 15h30 > Pause

Session 3 La théâtralité, d’un genre à l’autre Modération : Laura Naudeix 16h00 > Marta Marchetti, université de Rome « la Sapienza » : Le roman mis en scène. L’exemple de Luca Ronconi 16h25 > Ariane Ferry, université de Rouen : Le redéploiement de la théâtralité hamlétienne et ses enjeux heuristiques dans le roman policier : Hamlet, Revenge! de Michael Innes et Murder is Absurd de Patricia McGerr 16h50 > Sophie Beauparlant, CEGEP de Jonquière / Figura : L’implicite dialogal au théâtre et au cinéma : étude de l’adaptation de Tom à la ferme de Xavier Dolan 17h15 > Discussion

vendredi 30 janvier 2015 / amphi l3 Session 4 Le théâtre en représentation Modération : Brigitte Prost 9h30 > Jeffrey Leichman, université d’État de Louisiane : La théâtralité impossible : Rivette revu par Diderot 9h55 > Anthony Saudrais, université Rennes 2 : Les figures de Molière et de Lully dans Le Roi danse de Gérard Corbiau 10h20 >Discussion 10h30 > Pause 11h00 >Giovanna Sparacello, université Rennes 2 : Le théâtre et les histrions dans Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier et Il viaggio di capitan Fracassa d’Ettore Scola 11h25 > Juliette Mézergues, université Bordeaux 3 : Jeu d’acteur et théâtralité de la scène à la ville au cinéma à travers To Be or Not to Be d’Ernst Lubitsch 11h50 > Discussion 12h00 > Déjeuner

Session 5 L’enjeu de la théâtralité dans la rivalité entre théâtre et cinéma Modération : Emmanuel Buron 14h00 > Mireille Brangé, université Paris 13 : De la concurrence du théâtre et du cinéma : Les Géants de la Montagne de Pirandello et Le Public de Lorca 14h25 > Marie Cadalanu, université de Caen : Le film chantant français dans les années 1930 : entre recherche d’un art spécifiquement cinématographique et reconstitution nostalgique de pratiques scéniques traditionnelles 14h50 > Discussion 15h00 > Pause 15h30 > Simon Daniellou, université Rennes 2 : La théâtralité, symptôme de la modernité du cinéma japonais ? 15h55 > Violaine Caminade de Schuytter, université de Caen : Éric Rohmer, théâtre compris 16h20 - 17h00 > Discussion et clôture du colloque

 
Lire les œuvres mythologiques des XVIe et XVIIe siècles : outils, méthodes et enjeux (source: Céline Bonhert)
Posted: 25 Jan 2015 - 06:57
Séminaire interdisciplinaire organisé au Centre de Musique Baroque de Versailles et au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance par Céline Bohnert et Jean Duron
 
11 février 2015: Séance d’introduction: approches de la mythologie en littérature, en musicologie et en histoire de l’art Céline Bohnert (Univ. Reims/CNRS), Jean Duron (CMBV) et Alain Mérot (Univ. Paris IV)
CMBV, salle Denis Papillon de la Ferté, 15h-18h
 
11 mars 2015: Mythologie et politique à la Renaissance
Rachel Darmon (Univ. Paris 8) et Elinor Myara Kélif (Univ. Paris I)
CESR, salle Saint-Martin, 14h-17h
 
15 avril 2015: Expliquer, enseigner, décoder, illustrer les anciens mythes : les outils et leurs usages
Emmanuel Bury (Univ. Versailles Saint-Quentin) et Ralph Häfner (Univ. Fribourg)
CMBV, salle Denis Papillon de la Ferté, 14h-17h
 
27 mai 2015: Fable, figure, feinte, fiction : mythologie et pensée du signe – sous réserve
Françoise Graziani (Univ. Corte) et Agnès Guiderdoni (Univ. Catholique de Louvain)
CMBV, salle Denis Papillon de la Ferté, 14h-17h
 
24 juin: La culture de deux grandes dames : la princesse de Conti et la duchesse du Maine
Catherine Cessac (CNRS) et Thomas Vernet (Fondation Royaumont)
CMBV, salle Denis Papillon de la Ferté, 14h-17h 
 
 
L’objectif de ce séminaire est de permettre un dialogue entre spécialistes de différentes disciplines autour de documents de la période dite moderne qui portent sur la mythologie ou comprennent des références mythologiques. On voudrait ainsi interroger les pratiques herméneutiques actuelles et les mettre en regard des habitudes mentales des hommes du XVIIe siècle. Quelle approche des objets mythologiques aujourd’hui et alors ? Il s’agira de montrer concrètement quelles questions ces objets posent à la recherche actuelle et quels outils nous forgeons pour y répondre.
On éloignera au départ la notion de mythe, qui suppose souvent une forme d’autonomie de l’objet et tend à lui prêter un statut particulier, pour partir des œuvres elles-mêmes sans préjuger de leur statut. De même, tout en reconnaissant leur fécondité, nous voudrions éviter les approches thématique, intertextuelle et poïétique. Ce n’est ni le mythe comme thème, ni la question des réécritures et des avatars, ni la dynamique poétique propre à tel mythe, tel genre ou telle œuvre qui nous arrêtera en soi : il s’agira d’interroger la place du matériau mythologique dans la culture de la période moderne et de questionner les conditions de sa réception. On examinera donc cette culture de manière large, en tenant compte des œuvres d’art et d’érudition, des genres spectaculaires, des outils pédagogiques, compilations et répertoires, des élaborations théoriques et des usages rhétoriques de la référence mythologique dans les différents domaines de la pensée.
S’il existe des corpus mythologiques (mais dans quelle mesure les dessinons-nous aujourd’hui, en imposant des lignes de partages étrangères aux mentalités du XVIIe siècle ?), bien souvent la mythologie s’insère dans des systèmes dont elle n’est qu’un élément parmi d’autres. Ce sont ces systèmes que nous voudrions interroger, car ce sont eux qui font de la mythologie antique un matériau adéquat pour des usages divers – artistiques, rhétoriques, politiques, philosophiques… qu’il s’agira de cerner. Les catégories rhétoriques, la « philosophie des images » (P. Ménestrier), les concepts historiographiques (même inconscients et implicites, et plus encore quand ils sont inconscients ou implicites), de même que la position de l’Église post-tridentine face au paganisme ont contribué à former le cadre de la réception de la mythologie en programmant de possibles recompositions. Ces opérations ont pu correspondre à des régimes d’historicité variés. Dans quelle mesure et à quels moment la référence mythologique est-elle sentie comme une référence à un passé antique ? 
L’atelier sera ainsi structuré autour de deux interrogations principales : de quels outils avons-nous besoin aujourd’hui pour lire les œuvres mythologiques au plus près de ce qu'elles ont pu signifier ; et quel peut être l’apport de chaque discipline à cette entreprise ?
 
Atelier de recherche du Centre de Musique Baroque de Versailles 
Hôtel des Menus-Plaisirs - 22, avenue de Paris - Versailles Téléphone : 01 39 20 78 10
 
Centre d'Études Supérieures de la Renaissance (UMR 7323)
59, Rue Néricault-Destouches - Tours 
Téléphone: 02 47 36 77 61
 
"L'acte inqualifiable ou le meurtre au féminin", colloque international les 9 et 10 février 2015 à Toulouse (source: Emeline Jouve)
Posted: 25 Jan 2015 - 06:51

*Cher-e-s collègues, nous avons le plaisir de vous communiquer le programme du colloque international "Unspeakable Acts : Murders by Women/ L'Acte inqualifiable ou le meurtre au féminin" qui se tiendra les 9 et 10 février 2015 à Toulouse, en présence de l'auteur A.S. Byatt. Ce colloque pourra intéresser des chercheurs en Arts du spectacle puisque des ateliers sont consacrés au théâtre. * *International Symposium* *Unspeakable Acts: Murders by Women*  *Colloque international* *L’acte inqualifiable ou le meurtre au féminin * *February 9-10, 2015* *Salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat, Toulouse* Organised by the CAS, Cultures Anglo-saxonnes, EA 801, Toulouse-Jean Jaurès University Scientific Committee : Aurélie Guillain, Emeline Jouve, Catherine Mazauric, Laurence Talairach-Vielmas, Héliane Ventura Contact and registration : *colloque.acte.inqualifiable@gmail.com <http://read.html?FOLDER=SF_OUTBOX&IDMSG=13347&check=&SORTBY=1>* *Programme* *Monday February 9, Salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat, Toulouse* 8.30-9pm: Welcome Speech by Philippe Birgy, Director, CAS (Cultures Anglo-Saxonnes, EA 801), Toulouse-Jean Jaurès University 9-10am: *Keynote Speaker: Jean-Jacques Lecercle*, Paris Ouest La Défense University: La petite fille criminelle : archétype et littérature Moderator: Héliane Ventura, Toulouse-Jean Jaurès University 10am-10.30: Coffee 10.30-11.30: Reading of A.S. Byatt’s story “Raw Material” by the* Sœurs Fatales *Drama Company, directed by Emeline Jouve, Champollion University/ Toulouse-Jean Jaurès University 11.30-12.30: *A Conversation with A.S. Byatt * 12.30am-2pm: Lunch  *2pm-3pm: The Reconstruction of Murder: Narrative Puzzles/ Narration, reconstitution, pierres d'achoppement* Moderator: Héliane Ventura, Toulouse-Jean Jaurès University 2pm-2.30:*Sylvie Maurel*, Toulouse Jean-Jaurès University: On “Raw Material” by A.S. Byatt 2.30-3pm: *Corinne Bigot*, Paris Ouest-La Défense University: “Child’s Play” d’Alice Munro : jeux et enjeux de la confession d’une meurtrière 3pm-3.30: Coffee *3.30-5pm: Women Murderers in the Context of Slavery/ Femmes meurtrières et histoire de l'esclavage* Moderator: Wendy Harding, Toulouse-Jean Jaurès University  3.30-4pm: *Nicole Ollier*, Bordeaux-Montaigne University: Avouer l’inavouable, tourner autour du silence dans *Beloved* de Toni Morrison  4pm-4.30: *Monica Michlin*, Paris-Sorbonne University: The “Confession” of the Black Woman in Toni Morrison’s *Beloved* (1987) and *A Mercy* (2008): Slavery on Trial  4.30-5pm: *Myriam Moïse*, Sorbonne-Nouvelle University: Shifting Agency in Austin Clarke’s *The Polished Hoe*: From Mistress to Murderess  5pm-5.30: Coffee *5.30-7pm: Whose Justice? **Murder and Female Rebellion/ Dénonciation et rébellion* Moderator: Emeline Jouve, Champollion University/Toulouse-Jean Jaurès University 5.30-6.30: *Martha C. Carpentier*, Setton Hall University (USA): Women’s Justice: Nemesis and Subversion in Susan Glaspell’s *Trifles* and “A Jury of her Peers” 6.30-7pm: Reading of Susan Glaspell’s *Trifles* by the* Sœurs Fatales *Drama Company, directed by Emeline Jouve, Champollion University/Toulouse-Jean Jaurès University 8.30: Dinner *Tuesday February 10, Salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat, Toulouse* *9am-10.30: Memorable Killers: The Making of Murderesses / Les meurtrières dans les consciences et mémoires collectives* Moderator: Catherine Mazauric, Aix-Marseille University 9am-9.30: *Alex Gagnon*, Université de Montréal (Canada): La Corriveau : genèse et archéologie d’une légende québécoise 9.30-10am : *Anna Jenkin*, Sheffield University (UK): Incarner la monstruosité : Perceptions de la meurtrière et de son corps à Londres et à Paris au 18ème siècle 10am-10.30: *Simon Grivet*, EHESS: De la fabrique d’une meurtrière à celle d’une cause célèbre : Barbara Graham, meurtrière et martyre californienne des années 1950 10.30-11am: Coffee *11am-12.30: Female Murderers in Renaissance Drama/ Les femmes meurtrières dans le théâtre de la Renaissance* Moderator: Nathalie Rivère de Carles, Toulouse-Jean Jaurès University 11am-11.30: *Ann Sweet-Lecercle*, Paris Ouest-La Défense University: The Proof of the Eating is in the Pudding: the Dreadful Dames of William Shakespeare 11.30-12am: *Yan Brailowsky*, Paris Ouest-La Défense University: “A traitress, and a dear”: The Paradoxes of Women and Forensic Rhetoric in Early Modern Drama 12am-12.30: *Frédérique Fouassier-Tate*, François Rabelais University, Tours: “[An] undutiful wife is a home-rebel, a house-traitor” : la construction du personnage de la femme adultère et meurtrière dans *Arden of Faversham* (1592) et *A Warning for Fair Women* (1599) 12.30-2 pm: Lunch *2pm-4pm: Murder, Pathology and Agency/ La meurtrière, un sujet malade?* Moderator: Sylvie Maurel, Toulouse-Jean Jaurès University 2pm-2.30: *Mariaconcetta Costantini*, Gabriele D’Annunzio University of Chieti-Pescara (Italy): Writing Murderesses: Feminine Crime and Autobiography in Wilkie Collins  2.30-3pm: *Romain Enriquez*, Paris-Sorbonne University: Emma, ou comment peut-on être criminelle? 3pm-3.30: *Fiona McCann*, Lille 3 University: Mothering, Motherhood and Murder: Ambivalent Maternity in the Fiction of Yvonne Vera 3.30-4pm: Coffee *4pm-5pm: Murderous Wrath: The Assassin as Heroine/ Faire justice? **Fureurs meurtrières* Moderator: Aurélie Guillain, Toulouse-Jean Jaurès University 4pm-4.30:*Josiane Paccaud-Huguet*, Lyon 2 University: De l’impassible épouse à la fureur d’une femme : l’éveil de Winnie Verloc dans *The Secret Agent*, de J. Conrad 4.30-5pm: *Anne-Sophie Morel*, Savoie-Mont Blanc University: Charlotte Corday ou l’ange de l’assassinat *6.00pm: Public Meeting with the author A.S. Byatt* at the bookshop *Ombres Blanches*, 48 rue Gambetta, Toulouse This conference has been kindly funded by the following institutions: CAS (EA 801) (UT2J), DEMA (Département des Études du Monde Anglophone, UT2J), UFR LLCE (UT2J), IDA (Institut des Amériques), Centre Universitaire Champollion (Albi), TCF (Textes, Contextes, Frontières), Conseil Régional Midi-Pyrénées

Séminaire Jeunes Chercheurs du Centre de Musique Baroque de Versailles (source: Laura Naudeix)
Posted: 18 Jan 2015 - 18:18

Séminaire Jeunes chercheurs du CMBV - 2015

Ce séminaire est organisé conjointement par Rémy Campos (CMBV), Anne-Madeleine Goulet (CNRS) et Laura Naudeix (Université Rennes 2)

Le pôle recherche du Centre de musique baroque de Versailles, qui souhaite encourager un dialogue autour de la musique ancienne, se propose de créer un espace de discussion qui permette de faire émerger des questions liées à la méthodologie de la recherche et d’en débattre. Dans ce cadre, de jeunes chercheurs qui ont en partage l’objet musical au XVIIeet au XVIIIesiècle seront invités à présenter leur travail. Durant les séances, la musique sera considérée dans un sens large puisque seront soulevées des questions relatives aux pratiques de concert, à la dramaturgie musicale, aux relations entre le texte et la musique, à l’édition critique, aux carrières de musiciens, etc.

Dans une perspective pluridisciplinaire – musicologie, littérature, arts du spectacle, histoire et anthropologie – et dans le cadre d’un rapprochement des institutions – universités, centres de recherche, établissements de conservation –, le séminaire « Jeunes chercheurs » permettra à des étudiants en doctorat de rencontrer des spécialistes plus expérimentés et de soumettre leurs hypothèses de recherche à l’épreuve de la discussion.

 

À chacune des séances, deux doctorants présenteront un bref extrait de leur travail en cours (études decas, articles en cours d’écriture, commentaires de textes…), sous la forme de quelques pages qui seront préalablement soumises aux participants. Une personnalité invitée lancera le débat, auquel participera l’ensemble du personnel scientifique du CMBV ainsi que les étudiants et les chercheurs qui le souhaitent.

Première séance, 16 janvier 2015

Airs et chansons : musicologie, sociologie et histoire culturelle

Nahéma Khattabi - De la chanson polyphonique à l’air de cour : le répertoire profane en France au

tournant des xvi e et xvii e siècles (1570-1624) (dir. Isabelle His, université de Poitiers)

Mathilde Vittu - Les airs sérieux, témoins d’une évolution du langage musical dans la France de la seconde moitié du xvii e siècle. Le cas de l’œuvre de Sébastien et Charles Le Camus

(dir. Raphaëlle Legrand, université Paris IV) Discutant : Giuliano Ferretti

(Université Pierre Mendès-France, Grenoble)

Deuxième séance, 6 février 2015

La musique dans le théâtre

John Romey - De la rue à la scène : la chanson populaire et la construction du spectacle parisien (1680-1715) (dir. Georgia Cowart, Case Western Reserve University, Cleveland

Sylvain Garnier - Erato et Melpomène, ou les sœurs ennemies. Langage poétique et poétique dramatique dans le théâtre français de Jodelle à Racine (1553-1677) (dir. Georges Forestier, université Paris IV)

Discutant : Christian Biet

(Université de Paris X-Nanterre)

Troisième séance, 6 mars 2015

Pratiquer la musique : espace public, espace privé

Cécile Queffélec - Les chanteuses et la musique religieuse à Paris au xviii e siècle (dir. Thierry Favier, université de Poitiers)

Daniel Issa-Goncalves - Le méta-opéra baroque (1715 à 1744). Satire et parodie comme sources d’informations sur la pratique musicale au xviii e siècle (dir. Raphaëlle Legrand, université Paris IV)

Discutant : MélanieTraversier

(Université de Lille III)

Quatrième séance, 29 mai 2015

Musique et histoire institutionnelle

Andrei Pesic - The Enlightenment in Concert: The Concert Spirituel and Religious Music in Secular Spaces in France, Germany, and Saint-Domingue 1725-1790 / Les Lumières en concert : Le Concert spirituel et la musique religieuse dans les espaces profanes en France, en Allemagne et à Saint- Domingue, 1725-1790 (dir. Anthony graFton, David BeLL et Wendy HeLLer, Princeton University)

Luìs Lopez-Moreno - La musique sacrée d’État dans la formation de l’image de la monarchie éclairée aux chapelles royales de Madrid et de Versailles : le villancico et le motet à grand chœur (1775-1789) (dir. Pablo L. rodriguez, Universidad de la Rioja) Discutant : Jean Duron

(Centre de musique baroque de Versailles)

Cinquième séance, 19 juin 2015

Danse : images et figures

Vincent Dorothée - Les arts du spectacle à la cour de Lorraine : Nature, statut et rôle au sein

des échanges européens au début du xvii e siècle (dir. Colette nativeL, université Paris I)

Bianca Maurmayr - Les échanges culturels en danse entre Venise et Paris (1637-1725). Études sur les origines franco-italiennes de la “Belle Danse” (dir. Marina nordera, Nice Sophia Antipolis) Discutant : Marie-Thérèse Mourey

(Université de Paris IV)

Séances le vendredi de 14h à 17h

Entrée libre sur inscription : amgoulet3@gmail.com

Centre de musique baroque de Versailles

22, avenue de Paris - 78000 Versailles 01.39.20.78.10 - www.cmbv.fr

Le pôle Recherche du Centre de musique baroque de Versailles est associé au Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (Unité mixtede recherche 7323, CNRS - Université François-Rabelais de Tours).