Calls for Papers and Contributions

Appel à communications : Rire des affaires du temps. Écritures comiques et actualité (1560-1653)
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:35

Université Paris Nanterre, 4-5 juin 2020

Les intenses troubles sociaux et politiques connus par la France depuis les conflits religieux (dès 1560) jusqu’à la fin de la Fronde (1653) ont fait l’objet de nombreux travaux sur les dynamiques propres aux débats et querelles de l’époque, sur la circulation des idées et des livres, etc. L’histoire et la critique littéraires ont en particulier retenu et analysé les publications qui rendaient compte de la cruauté et de la violence des conflits de manière frontale (théâtre et récits sanglants notamment).

De nombreux écrits racontent et représentent pourtant d’une façon tout autre les « affaires » du temps, c’est-à-dire ce qui occupe « [les] soins, [les] pas, [les] pensées » des contemporains ou ce qui leur « donne beaucoup de peine, d’inquiétude » selon Furetière, avec une tonalité plutôt gaie ou par le biais du rire, de manière parfois plus ou moins grinçante. Il existe une production textuelle ou scénique comique de l’actualité qui inclut par exemple des libelles et écrits polémiques, des narrations de longueurs multiples, des farces, des comédies, des vers burlesques, des satires, des lettres, etc.

Ce que l’on entend par « actualité » est ce qui est en lien avec le temps présent des acteurs de ces publications – auteurs, imprimeurs-libraires, lecteurs. L’idée peut comprendre deux grands ensembles : une actualité circonscrite, de l’ordre de l’immédiat, qui inclut par exemple les crises majeures de l’histoire et les « affaires d’Etat », mais sans doute aussi des événements de moindre importance ; et, ce qui relève, de manière plus diffuse, de l’air du temps de pratiques et de faits récurrents étroitement liées à l’époque, ou de sujets particulièrement prégnants pour la période concernée.

Ce colloque visera à réfléchir aux particularités du traitement comique de ces questions qui sont, elles, souvent graves et polémiques. Il s’agira aussi d’envisager la dimension politique, explicite ou sous-jacente, de ces écritures. Le rire ne sera pas pris comme objet mais comme mode de perception du réel et de figuration du monde.

Différents axes pourront être envisagés pour traiter cette question :

1. Publication des écrits comiques sur l’actualité

- Edition et circulation : la valeur de ces écrits dépend de leur capacité de transmission, celle-ci devant être opératoire pour parler du présent ou des réalités récentes. On pourra dans cette perspective s’intéresser à la matérialité de ces écrits, aux divers supports et aux réseaux de diffusion qu’ils utilisent. Quels modes de publication sont privilégiés ? Dans quelle dynamique de marché s’inscrivent ces textes ? Existe-t-il une économie spécifique à ces écritures comiques sur l’actualité ?

- Écrits comiques, actualité et légitimité : le rôle des écrits comiques traitant d’actualité a parfois pu être minimisé ou dévalué du fait qu’ils soient jugés trop légers ou inconséquents. Ce type de discours peut d’ailleurs être entretenu par les pièces elles-mêmes, leurs paratextes affirmant souvent qu’il s’agit avant tout de se distraire des « affaires de ce temps ». Quels sont les discours de justification mis en place par ces écrits ? Quelles postures adoptent les acteurs de ces publications ?

2. Questions de poétique historique

- Que fait le rire au présent ? Quels sont les effets des écritures comiques sur l’idée d’actualité ? Il s’agit de comprendre comment des pièces comiques participent à une construction de l’actualité qu’elles expriment, décrivent ou mettent en scène en analysant leur dimension pragmatique et en s’interrogeant sur leurs enjeux politiques. Qu’est-ce qui se joue lorsque des auteurs s’emparent du contemporain à travers le rire et pourquoi envisager le monde sur le mode de la raillerie ? Quels effets, conséquences, actions peuvent avoir ces « joyeusetez » sur l’actualité et comment se manifestent-ils ? Quel type d’ « affaires » est particulièrement traité (politique, sociale, religieuse, juridique, économique, etc.) ?

- Poétique d’une actualité comique : certains écrits plaisants usent de nouvelles formes ou de nouvelles manières d’écrire tandis que d’autres privilégient la parodie de textes sérieux déjà existants. Quelles opérations de détournement sont à l’œuvre dans ces écrits abordant des événements proches ? Quelles sont les formes privilégiées pour parler d’actualité de manière joyeuse ? La lecture de cette littérature comique actuelle fait aussi surgir l’usage récurrent de certaines formes ou de certains motifs dont on pourra analyser les enjeux.

3. Représentations comiques du contemporain

- Figurations comiques de l’actualité : que ce soit sur scène, par des textes programmés pour la représentation, ou via des écrits qui n’y sont pas a priori destinés, les ouvrages qui traitent d’actualité de manière facétieuse passent souvent par une mise en spectacle ou par un simulacre d’oralité. Pourquoi ces choix et quelles sont les implications de ces représentations ? On pourra également s’intéresser à des imprimés sur l’actualité où le comique passe aussi, et peut-être parfois d’abord, par l’illustration.

- Quelle contemporanéité ? Parler d’écrits sur l’actualité implique de se poser la question du temps, notamment pour se demander à partir de quand et jusqu’à quand ils sont effectivement dans l’actualité, mais aussi dans quelle mesure ils peuvent être réactualisés, repris pour être mis au goût du jour. Des études comparatives pourront confronter des pièces traitant simultanément du même sujet sur un ton comique et sur un ton sérieux.

- Réceptions : la valeur comique de ces écrits pourra être envisagée dans la durée. Comment lisait-on et comment lit-on aujourd’hui ces écrits devenus d’un autre temps ? Ont-ils perdu leur charge comique en perdant leur actualité ? On pourra aussi réfléchir au fonctionnement de ces productions comiques reposant parfois sur des écritures allusives ou des dispositifs connivents dont certains codes peuvent être perdus ou difficilement déchiffrables.

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Organisation: Flavie Kerautret et Guillaume Peureux

Les propositions (250 mots maximum) sont à adresser à Fl. Kerautret (flavie.kerautret@gmail.com) et G. Peureux (gpeureux@hotmail.com) avant le 1er octobre 2019.

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Comité scientifique

Charlotte Bouteille-Meister, Université Paris Nanterre

Katell Lavéant, Universiteit Utrecht

Claudine Nédélec, Université d’Artois

Bénédicte Louvat-Molozay, Université Toulouse - Jean Jaurès

Hugh Roberts, University of Exeter

Marie-Claire Thomine, Université Charles-de-Gaule Lille 3

Myriam Tsimbidy, Université Bordeaux-Montaigne III

Appel à communications : Le désir en abîme : littérature et tentation
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:31

les 21 et 22 mai 2020 à l’Université du Québec à Montréal

Qu’est-ce que la tentation? Ou plutôt qu’est-ce qu’une tentation ? Une tentation n’est-elle pas la dramatisation du rapport du sujet à l’objet de son désir — quand le désir est vécu comme une épreuve? Épreuve de la béance et du vertige face à ce qu’on est tout près de voir s’ouvrir, qui est presque déjà à portée de main, si ce n’était l’anticipation de l’abîme qui nous en sépare? En cela, une tentation est aussi une séduction — dans le sens de seducere : « tirer de côté, enlever, écarter du chemin initial ». Puissance d’arrachement et de détournement, il semble qu’une tentation s’éprouve chaque fois comme le drame d’un désir que l’on devine promis à un avenir incertain, et qui se poursuit en imagination avec des implications inattendues. « Entrer en tentation », autrement dit hésiter, tergiverser face à son propre désir, suppose bien qu’il y ait un prix à payer, et sans doute à craindre. C’est pourquoi les registres de l’interdit, de la transgression et de la faute se dessinent traditionnellement à l’horizon de toute tentation. En effet, à travers ce paradigme moral du désir se donne toujours à lire la question de la responsabilité humaine dans le choix, ou le risque, qui consiste à franchir le pas pour y succomber, ou non. De là, bien sûr, on peut envisager tous les scénarios. Il y a ceux où triomphe la loi, capable de contenir la tentation ; et il y a ceux où l’on s’abîme dans une jouissance au-delà de la tentation : jouissance coupable et parfois sublimement transgressive.

On le sait, le drame de la tentation a longtemps fait surgir le masque du démon. Combien à cet égard apparaît déterminant le passage des Évangiles synoptiques où l’ange précipité dans l’abîme apostrophe par trois fois Jésus tenaillé par la faim. Comme si, à l’heure de penser l’alternative entre satisfaction et renoncement, désir et volonté, l’autre diabolique s’avérait un mal nécessaire. Ce dont toute l’histoire occidentale vient témoigner, depuis les ermites et les saints tourmentés au désert jusqu’au pacte faustien et aux obsessions plus pernicieuses du démon intérieur. Or la littérature n’est pas étrangère aux multiples prolongements narratifs et figuratifs de l’épisode biblique. Sans doute faut-il y voir le lien particulier qu’entretient celui-ci avec le champ de la parole et de l’écriture. Car c’est par sa parole que le Malin vient séduire le futur Messie, alors que c’est en s’appuyant sur sa connaissance des textes et sa stricte observation de la Loi écrite que ce dernier lui répond et le chasse.

Ce colloque voudrait donc saisir comment la littérature et la psychanalyse donnent à penser le drame du désir et l’invention des sorties possibles vis-à-vis des impasses de la tentation. Sorties qui ne sont pas seulement des victoires sur un désir enfin apaisé, mais qui bien souvent se donnent pour des victoires paradoxales, sonnant comme autant de chutes et d’égarements. Lorsque la tentation vient désigner la part obscure que recèle le désir ; une part tour à tour fascinante et affolante, au point d’en rechercher la cause dans un autre tentateur, qu’on l’imagine au dehors ou en soi-même. De sorte que la tentation parle toujours d’un désir divisé, dichotomique ; d’un écart entre le désir et son assouvissement, entre le sujet et son propre désir ; si ce n’est un écart qui scinde le désir lui-même : écart qui n’est peut-être en définitive que le signe de la division subjective à laquelle chacun ne cesse de se mesurer. Quelles formes empruntent la tentation pour dire l’abîme du désir? Qu’est-ce que cela implique de penser la tentation entre jouissance et angoisse, transgression et culpabilité? Dans quelle mesure le drame de la tentation ouvre à une poétique de la séduction? Quels rapports se dessinent entre la parole et le diabolique, l’écriture et la conscience? Telles sont en partie les questions auxquelles ce colloque voudrait inviter à réfléchir.

Les propositions de communication (entre 300 et 500 mots), accompagnées d’un titre et d’un court curriculum vitae, doivent parvenir avant le 1er novembre 2019 à l’adresse suivante : colloque.tentation@gmail.com Les frais de séjour et de déplacement ne pourront pas être pris en charge, mais les repas en journée seront offerts aux intervenants.

Organisateurs : Martin Hervé (UQAM) et Alexis Lussier (UQAM)

Appel à communications : L’amour en littérature, en philosophie et en art entre Orient et Occident
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:28

Université Moulay Ismail

Faculté Polydisciplinaire d’Errachidia

Equipe de recherche

« Langue, Littérature et intertextualité »

29 et 30 octobre 2019

Qu’est-ce que l’amour ? Quand on pose cette question, on s’aperçoit que la réponse est très difficile, voire même impossible, parce que le sujet est à la fois complexe et abstrait. Généralement, le mot « amour » est définit comme étant une « affection vive pour quelqu'un ou pour quelque chose ». Loin d’être univoque, cette définition ne rend que très imparfaitement compte de la diversité du terme. Depuis l'Antiquité, l'amour fait l'objet d'interrogations et de débats. Ainsi, les Grecs distinguaient quatre sentiments différents : l’Éros (l'amour du plaisir sensuel et corporel) ; la Philia (l'amitié, le plaisir de l'amour bienveillant) ; l’Agapè (l'amour divin, désintéressé, inconditionnel) ; la Storgê (l'amour familial). Le verbe « aimer » en français, recouvre, à son tour, une importante diversité de sentiments, d'états et de comportements, ce qui le rend difficile à définir de façon cohérente et universelle.

Sous ses diverses formes, l'amour joue un rôle majeur dans les relations sociales et occupe une place capitale dans la psychologie humaine, ce qui en fait pareillement l'un des sujets les plus courants dans la littérature, la philosophie et les arts, depuis les divinités mythologiques jusqu’à l’époque contemporaine. En Orient comme en Occident, ces disciplines sont ainsi des supports de prédilection de l'expression verbale et non verbale de l'amour.

Au fil des époques et selon les cultures, le thème de l’amour a été richement illustré dans toutes les formes d'expression, de la plus populaire à la plus artistique. Il est le thème central d'une quantité innombrable d'œuvres littéraires et philosophiques, d'œuvres d'art (peintures, sculptures…), mais aussi de films, de chansons, de dictons…. En littérature : De la fin’amor de Tristan et Iseut (auteur anonyme) à Belle du Seigneur (Albert Cohen) en passant par De l’amour (Stendhal), Les Crimes de l’amour (Le Marquis de Sade) ou Derniers poèmes d'amour (Paul Eluard), sans oublier les incontournables tels Roméo et Juliette (Shakespeare), L’Amant de Lady Chatterley (David Herbert Lawrence) ou Les liaisons dangereuses (Pierre Choderlos de Laclos). La culture orientale contribue elle aussi de manière fondamentale à l’enrichissement du répertoire universelle avec des œuvres littéraires consacrées au thème de l’amour. La grande variété de poètes du genre ghazal (poésie courtoise) témoigne de cette richesse. Les Mille et Une Nuits, les Centons d'amour d'Amaru, Le Livre des Chansons (Kitâb al-Aghânî) d’al-Isfahânî, Le Collier de la colombe (Tawq al-Hamâma) d’Ibn Hazm, Majdouline d’al-Manfaluti ou encore la célèbre Trilogie de Naguib Mahfouz, sont aussi quelques uns des nombreux exemples des chefs-d’œuvre de la littérature orientale traitant le sujet de l’amour. En philosophie, plusieurs penseurs, de l’Orient comme de l’Occident, ont fait de l’amour leur principal sujet de réflexion (Platon, Le Banquet et Phèdre ; Ibn Arabi, Les Illuminations de La Mecque ; Friedrich Nietzsche, Gai savoir ; Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux ; Jean-Luc Nancy, Je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément... etc.). Enfin en art, les conditions amoureuses sont aussi nombreuses que diverses. Les grandes histoires d'amour de l'histoire ou de la littérature comme Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, Ulysse et Pénélope, Qays et Layla et bien d'autres ont été chantées ou traitées au cinéma, en peinture, en sculpture…

Justement, l’objectif de ce colloque est de jeter une lumière sur ce dialogue intemporel entre les différentes productions littéraires, philosophiques et artistiques d’un côté ; et le concept de l’amour d’un autre côté. Autrement dit, voir comment les différentes tendances de l’amour sont reflétées, à travers les âges, dans la littérature, la philosophie, le cinéma et les arts plastiques, de l’amour aux temps gréco-romain à l’amour réaliste de notre époque.

Plusieurs pistes seront l’objet d’échanges et de réflexions sur cette thématique de l’amour. À titre indicatif, les analyses pourront explorer un ou plusieurs des points suivants, sans que cette liste soit exhaustive :

- Amour et littérature (œuvres romanesques, poétiques, théâtrales...).

- Amour et textes sacrés (Coran, Bible…).

- Amour et philosophie.

- Amour et traduction.

- Amour et cinéma.

- Amour et chanson.

- Amour et arts plastiques (peinture, dessin, sculpture…).

- Amour, objet d’études linguistiques (sémantique, sémiotique, pragmatique…)

Les langues du colloque seront : le français, l’arabe et l’anglais.

Les propositions de communication, d’une page maximum, accompagnées d’une brève notice biobibliographique, doivent parvenir avant le 15 juillet 2019 par courriel conjointement à l’adresse suivante : colloque.amour.2019@gmail.com

Une réponse vous parviendra dans les deux semaines suivantes, et un programme provisoire sera établi dès le début du mois de septembre. Une publication des Actes du Colloque est prévue pour décembre 2019, au plus tard.

L’hébergement et les repas seront pris en charge par l’équipe organisatrice du colloque. Les transports seront à la charge des intervenants.

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Calendrier :

- Date limite d’envoi des propositions : 15 juillet 2019.

- Résultats de l’évaluation scientifique des propositions : 30 juillet 2019.

- Programme définitif du colloque : 20 septembre 2019.

- Date du colloque : 29 et 30 octobre 2019.

- Publication des Actes du Colloque : décembre 2019.

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Comité scientifique :

- Khalil BABA (UMI, Faculté Polydisciplinaire Errachidia, Maroc)

- Amina BEN DAMIR (Université de Tunis, FSHS, Tunisie)

- Mounir BOURRAY (UMI, Faculté Polydisciplinaire Errachidia, Maroc)

- Muguras CONSTANTINESCU (Ecrivaine, traductrice, Université Stefan cel Mare, Suceava, Roumanie)

- Khouya ELOMARI ELALAOUI (UMI, Faculté Polydisciplinaire Errachidia, Maroc)

- Stephanie GENTY (Ecrivaine, traductrice, Université d'Evry-Val-d'Essonne, Paris, France)

- Imad GHANNOUM (Université libanaise, FLSH, Tripoli, Liban)

- Saïda LAMARA (UMI, Faculté Polydisciplinaire Errachidia, Maroc)

- Agnès LHERMITTE (Ecrivaine, Université Bordeaux-Montaigne, France)

- Jaouad ROUCHDI (UMI, Faculté Polydisciplinaire Errachidia, Maroc)

http://www.fpe.umi.ac.ma

Appel à communications : Cruautés et violences dans le conte et le récit bref
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:25

1er-3 avril 2020 

Université Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer     

Comité organisateur :  Jacqueline Bel, Jean Devaux, Xavier Escudero, Carl Vetters (UR H.L.L.I., Université Littoral Côte d’Opale)  Ramón Pérez Parejo, José Soto Vázquez (L.I.J., Université de Extremadura)   

Les genres du conte et du récit bref, par leur densité et leur intensité, font appel de façon récurrente – naturelle ? – à la cruauté et à la violence, lesquelles adoptent de multiples écritures, formes et visages. 

Si l’étymologie de la cruauté souligne le sang versé – cruor en latin ou crudelis « qui aime le sang » –, n’y aurait-il donc qu’une seule façon de l’exercer (par le sang versé) dans les contes populaires et littéraires ou les récits brefs ? On associe ainsi généralement la cruauté à l’action de faire souffrir physiquement ou mentalement et on peut, donc, y adjoindre la barbarie, la dureté, la méchanceté, la sauvagerie, l’atrocité, la tyrannie, le masochisme et le sadisme, dans les rapports sociaux ou dans l’éducation. La cruauté donne souvent lieu, dans l’imaginaire, au spectacle violent de la souffrance. La cruauté révèle la férocité des hommes, de leurs travers, de leurs secrets profonds refaisant surface. D’ailleurs, les histoires sur la folie telles que, par exemple, Le Horla de Guy de Maupassant ou Sangre sobre el barro de Antonio de Hoyos y Vinent ou dans plusieurs contes comme ceux des frères Grimm, placent souvent le lecteur dans un monde où la cruauté est reine parce qu’associée à Eros (on pourrait ainsi parler de cruauté érotique ou sexuelle dans le sadisme voire la nécrophilie). Le champ de la cruauté est vaste. 

La violence – du latin vis, signifiant force – s’exerce aussi par la force physique ou les actes mais elle peut être également cachée, plus sournoise. La violence peut être contrainte (par l’intimidation ou par la censure, par exemple), être le fruit d’une colère, trouvant des voies d’expression multiples, de l’agression à l’attentat, du plus fort sur le plus faible, et fait appel à des sentiments exacerbés (la passion peut être violente). La violence peut aussi se traduire par l’intensité d’un regard, d’un besoin, par l’impétuosité d’un sentiment ou par celle, simplement, des éléments naturels. La violence et la cruauté sont physiques (torture, supplice, métamorphoses, par exemple) et morales (perfidie, indifférence, orgueil, harcèlement, tromperie, par exemple) et l’homme, la société, le destin voire le monde animal se partagent cet exercice de la violence et de la cruauté. Ainsi, par exemple, dans La Belle au bois dormant, des Contes de ma Mère l’Oye (1697) de Charles Perrault, l’histoire d’un jeune prince vaillant et amoureux délivrant la Princesse Aurore de son sortilège ne s’achève pas avec le réveil de cette dernière et le baiser de son prétendant. En effet, la mère du prince, qui est une ogresse, libère dans le conte toute sa charge de cruauté (« bien contente de sa cruauté ») en souhaitant manger  la Princesse et ses deux enfants. Cependant, sa cruauté sera dupée par la bonté du Maître d’Hôtel qui détourne la violence de l’acte de tuer et de préparer des mets à partir des corps. Si la cruauté est dupée (on se rappelle encore Barbe Bleue ou Petit Poucet), elle peut aussi être triomphante comme, par exemple, dans Le Petit Chaperon Rouge où le loup finit par dévorer la petite fille venue apporter une galette et du beurre à sa grand-mère. 

Par ailleurs, si la violence répond à la violence dans certains contes ou récits brefs ‒dans Les fées de Perrault, par exemple, le châtiment de l’orgueil et de la jalousie se paie au prix d’une mort solitaire dans un bois ‒, la violence d’une situation trouve aussi sa solution dans le pardon et l’amendement, éloignant l’accomplissement de la cruauté (par exemple, la maltraitance dans Cendrillon, la désobéissance dans Der Struwwelpeter ou dans le conte populaire d’Estrémadure « La asadura »). La cruauté peut aussi avoir un effet libérateur et signifier la victoire de la liberté de l’action ou de la pensée. 

La cruauté et la violence peuvent être exercées par les hommes voire les animaux ou des créatures fantastiques mais elles peuvent aussi découler de la société (par son excès d’individualisme, sa course effrénée à la spéculation, au progrès technique, technologique broyant ou dévorant l’individu) dont les artistes et écrivains sont les victimes. Par exemple, dans les Contes cruels (1883) de Villiers de l’Isle-Adam, la cruauté se fonde sur la violence même de la vie qui piétine l’idéal et bafoue la noblesse des sentiments. Villiers de l’Isle-Adam, touché par le malheur et l’échec, a souffert dans sa vie de la méprise sociale et éditoriale l’orientant vers la satire et l’ironie, dans le sillage de Gautier, Poe ou Baudelaire mais aussi de Swift et de Daumier. 

On pourra ainsi s’intéresser aux diverses et multiples manifestations et formes de la cruauté et de la violence dans les contes populaires, littéraires, musicaux, cinématographiques, scéniques et les récits brefs que ce soit au niveau du personnage, des figures ou des créatures telles que le diable, l’ogre ou l’ogresse, le barbare, le tyran, le monstre, le vampire, le bourreau, le forcené, au niveau des situations (par exemple, l’ogresse dans Le Petit Poucet découvrant ses sept filles égorgées « et nageant dans leur sang » ou la terreur dans les contes fantastiques), dans le langage (l’ironie serait-elle un recours puissant dans certains contes ou récits brefs pour traduire la cruauté, le silence ou la parodie ?), dans les sentiments (la haine ?).  

Ainsi : Dans le conte et le récit bref, comment la cruauté et la violence se manifestent-elles et sontelles mises en œuvre ? Quels sont les liens entre les deux ? La cruauté et la violence accompagneraient-elles in fine, inéluctablement et fatalement, l’univers et l’écriture des contes, qu’ils soient populaires ou littéraires, ou des récifs brefs ? Pourquoi la cruauté et la violence s’associent-elles si facilement dans l’univers et l’écriture des contes et des récifs brefs ? Adoptent-elles des degrés divers en fonction du lecteur, du pays, de la culture voire de l’époque ? Quel(s) rôle(s), quelles visées (cathartique, éducative, esthétique) ont-elles d’ailleurs ?  - Si la cruauté et la violence s’écrivent et se lisent, la peinture et l’illustration – cette grande alliée des contes écrits ou retranscrits – viennent leur donner une image (par exemple, les gravures de Gustave Doré pour les Contes de ma Mère l’Oye ou ceux de Francisco de Goya qui plonge volontiers son pinceau ou son burin dans l’univers fantastique ou merveilleux de la fable et du conte). Ainsi, comment montrer la cruauté et la violence des contes et des récits brefs ? De même, comment l’adaptation des contes à l’écran ou sur scène ou leur transcription musicale  font-elles voir et entendre la cruauté et la violence de leurs univers ? Y aurait-il un cadre ou un code esthétique propre à la représentation et à l’interprétation de la cruauté et de la violence issues des contes ou des récits brefs, une iconographie de la violence et de la cruauté des contes ?  - Comment la cruauté et la violence apparaissent-elles dans des récits racontés, écrits ou lus par et pour les enfants ? Doit-on les adapter, les atténuer, les cacher, les censurer ou, au contraire, les montrer, les expliquer ? De quelles façons ? Quelles stratégies peuvent être déployées pour contrer ou s’opposer à la cruauté et à la violence ?  - La cruauté et la violence peuvent-elles avoir une portée didactique dans l’enseignement ? Peut-on parler de « pédagogie de la cruauté » dans et à partir du conte et du récit bref ?    Autant de questions – dont la liste est loin d’être exhaustive – auxquelles ce colloque international et interdisciplinaire invitera ses participants et communicants à tenter d’y répondre. Toutes les approches que ce soit à partir du texte, de l’image ou du son ainsi que toutes les périodes, les aires culturelles et géographiques sont privilégiées.   

٭   La proposition de communication d’une dizaine de lignes accompagnée d’un bref CV est à envoyer jusqu’au 15 septembre 2019 à :  jacqueline.bel@univ-littoral.fr  jean.devaux@univ-littoral.fr  xavier.escudero@univ-littoral.fr  carl.vetters@univ-littoral.fr    Les Actes du colloque seront publiés aux Cahiers du Littoral (Shaker Verlag). 

Appel à communications : L'eau et la mer dans les textes et images
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:21

12e colloque de l'association IAWIS / AIERTI

Université du Luxembourg, 5-10 juillet 2020

https://waterandsea2020.uni.lu/fr/page-daccueil/

(date limite 31 août 2019)

À une époque où la pénurie d’eau guette et où le continent est affecté même au fin fond de son épicentre par ce qui se passe sur ses rives, il nous a semblé urgent de proposer ce sujet à la fois chargé d’imaginaire et d’une actualité brûlante. Dans le roman Océan mer de Alessandro Baricco (1993), le peintre fictif Plasson peint la mer avec de l’eau de mer. Cette scène emblématique résume en quelque sorte notre thématique : l’eau est un élément difficile à cerner et pourtant nous concerne de plus en plus. Informe, il est toujours en attente d’être défini, voire résiste à tout effort de conceptualisation. La mise en discours et la mise en images de l’eau et de la mer ne vont pas de soi, relèvent d’un réel défi discursif et plastique et s’avèrent dès lors particulièrement susceptibles de remettre en question les rapports entre texte et image. De par son rythme « sans mesure » (Deleuze & Guattari, 1980), l’élément aquatique transcende la dichotomie entre arts du temps et arts de l’espace introduite par Lessing (cf. Louvel, 2002). L’indicible de l’eau n’est pas son invisible. Et pourtant, les investissements littéraires ou plastiques (histoires d’eau…) forment une véritable sémiosphère avec, à sa périphérie, une zone de « violation des liens sémiotiques » (Lotman, 1966), le règne de l’instable, de l’arbitraire, de l’inexplicable.

Le Luxembourg, pays au centre du continent européen – mais l’on sait combien le centre se porte bien si la périphérie est saine –, fief de la sirène Mélusine, territoire qui se glorifie de ses sources naturelles et de son thermalisme, nous semble le lieu approprié pour accueillir un congrès mondial autour de cette thématique. Les axes suivants seront abordés :

L’eau comme élément (ses vertus et ses dangers) et défi esthétique

L’eau comme source d’énergie dans les sciences et les arts

L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer

Les mythes, rites aquatiques ou maritimes et le folklore marin, fluvial ou lacustre

Mélusine, nymphes, naïades et autres sirènes

Le thermalisme, son histoire et son actualité

Le bord de mer ou l’eau stagnante en peinture et en littérature

Les ports dans les textes et les images

La culture insulaire ou péninsulaire

Valorisation touristique du patrimoine naturel (maritime, fluvial ou lacustre)

Aqueducs, thermes et barrages dans la Grande-Région

La Méditerranée, l’océan Atlantique et le Pacifique (rives, faune, routes culturelles et marchandes, migrations)

Romans graphiques, bandes-dessinées, caricatures sur l’eau, la mer, la migration

L’eau et la mer à l’écran ou dans les artefacts numériques

L’avenir de l’eau dans les médias

La pénurie d’eau, l’érosion du littoral et les questions environnementales dans les textes et les images

La mer comme métaphore épistémologique (naufrage, radeau, vague, ouragan, fontaine, liquidité, archipel, écume)

Cartographie scientifique ou imaginaire

Autres

Le congrès offre une voix tant à des chercheurs chevronnés dans les études Texte et Image qu’à des chercheurs désireux de fourbir leurs armes dans ce domaine, voire à des jeunes chercheurs dont les travaux présentent une dimension texte et image (doctorants/postdocs). 

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Les propositions de communication seront adressées exclusivement aux présidents de séance respectifs. Voir https://waterandsea2020.uni.lu/fr/programme/, où figurent les 30 sessions retenues qui se répartissent sur 5 journées :

Lundi, 6 juillet – Nature / Environnement / Santé – 

2.Mardi, 7 juillet – Histoire / Philosophie / Religion – 

3.Mercredi, 8 juillet & jeudi, 9 juillet – Littérature / Mythes / Culture / Patrimoine – 

4.Jeudi (après-midi), 9 juillet – Ateliers Jeunes Chercheurs – 

5.Vendredi, 10 juillet – Migration / Géographie / Tourisme – 

Des conférenciers invités de renom ont déjà confirmé leur venue et un riche programme culturel et artistique agrémente le congrès

P.S. : Tous les participants retenus doivent être membres de l’IAWIS/AIERTI (http://iawis.org/) et s’acquitter de leur cotisation avant le congrès.

New Publications

LITTÉRATURE ET THÉOLOGIE À L'ÂGE CLASSIQUE. "JE NE VOIS QU'INFINI" (dir. Constance Cagnat-Deboeuf, Laurence Plazenet et Anne Régent-Susini)
Posted: 14 Sep 2022 - 04:56

LITTÉRATURE ET THÉOLOGIE À L'ÂGE CLASSIQUE. "JE NE VOIS QU'INFINI". Mélanges en l'honneur de Gérard Ferreyrolles, dir. Constance Cagnat-Deboeuf, Laurence Plazenet et Anne Régent-Susini, Paris, Honoré Champion, 2022.

Savant, maître, ami : Gérard Ferreyrolles illustre exemplairement chacune des trois catégories. Pendant quarante ans, ses travaux et sa courtoisie ont assuré le rayonnement de chacun des sujets qu’il a abordés. S’il a privilégié l’étude de Pascal, de Bossuet, celle, plus généralement, des relations entre littérature et religion, ainsi que de l’histoire au XVIIe siècle, de l’éloquence de la chaire ou des moralistes, ces domaines n’ont jamais circonscrit sa curiosité. Collègues et disciples ont souhaité, en composant ce volume, rendre hommage à la contribution capitale qu’il a pu apporter à l’histoire de la littérature classique. Ce faisant, ils ont réuni un faisceau d’articles qui reflètent ses intérêts et parfois prolongent, ou font écho, à certaines de ses enquêtes. Mais leur diversité, de la Bible à Cioran et Houellebecq, en passant par le jésuite Menochius, triomphe de toute catégorisation trop rapide pour faire de ce livre où perce aussi l’humour de Gérard Ferreyrolles, plus qu’un simple volume de Mélanges : une extension du plaisir de lire.

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Request Desk/Exam Copy Download Cover Image Ceremonial Splendor Performing Priesthood in Early Modern France (Joy Palacios)
Posted: 14 Sep 2022 - 04:51

Joy Palacios, Request Desk/Exam Copy Download Cover Image Ceremonial Splendor Performing Priesthood in Early Modern France, University of Pennsilvania Press, 2022.

By the end of France’s long seventeenth century, the seminary-trained, reform-minded Catholic priest had crystalized into a type recognizable by his clothing, gestures, and ceremonial skill. Although critics denounced these priests as hypocrites or models for Molière’s Tartuffe, seminaries associated the features of this priestly identity with the idea of the vray ecclésiastique, or true churchman.

Ceremonial Splendor examines the way France’s early seminaries promoted the emergence and construction of the true churchman as a mode of embodiment and ecclesiastical ideal between approximately 1630 and 1730. Based on an analysis of sources that regulated priestly training in France, such as seminary rules and manuals, liturgical handbooks, ecclesiastical pamphlets and conferences, and episcopal edicts, the book uses theories of performance to reconstruct the way clergymen learned to conduct liturgical ceremonies, abide by clerical norms, and aspire to perfection.

Joy Palacios shows how the process of crafting a priestly identity involved a wide range of performances, including improvisation, role-playing, and the display of skills. In isolation, any one of these performance obligations, if executed in a way that drew attention to the self, could undermine a clergyman’s priestly persona and threaten the institution of the priesthood more broadly. Seminaries counteracted the ever-present threat of theatricality by ceremonializing the clergyman’s daily life, rendering his body and gestures contiguous with the mass. Through its focus on priestly identity, Ceremonial Splendor reconsiders the relationship between Church and theater in early modern France and uncovers ritual strategies that continue to shape religious authority today.

Hardcover
9781512822786
Published: September 2022
$54.95

eBook
9781512822779
Published: September 2022
$54.95

More info here.

Édition de Buford Norman: Quinault, Le Temple de la Paix, L'Églogue de Versailles et textes divers
Posted: 11 Sep 2022 - 06:30

En octobre 1685, Quinault est au faîte de sa carrière. Le Temple de la Paix, qui comptera parmi ses danseurs tout ce qu’il y a de plus brillant à la cour, est souvent considéré comme le dernier d’une longue lignée de ballets de cour. C’est une œuvre complexe et audacieuse, qui met en relief les différences entre la génération de Louis XIV et celle du Dauphin, commanditaire de l’œuvre. Créée trois jours après la révocation de l’Édit de Nantes, cette pastorale évoque les joies de la paix et du repos, les plaisirs et les peines de l’amour, le héros glorieux qui assure le bonheur des autres. Sa structure inhabituelle suggère, cependant, de nombreuses tensions.

Ce volume comprend aussi L’Églogue de Versailles, version remaniée de La Grotte de Versailles (1667-1668), reprise un mois après Le Temple de la Paix. Ces deux pastorales, qui n’ont jamais été l’objet d’une édition critique, sont suivies d’un choix de plusieurs textes de Quinault, où il emploie des thèmes et des images similaires dans d’autres genres, en prose aussi bien qu’en vers. Ce rapprochement permet de mieux comprendre non seulement ces œuvres, mais aussi le contexte artistique et historique de 1685, année pendant laquelle Quinault écrivait son chef-d’œuvre, la tragédie en musique Armide.

 

Site de l'éditeur

Bon de commande

Spectactrices ! — V. Lochert, M. Bouhaïk-Gironès, C. Candiard, F. Cavaillé, J.-M. Hostiou, M. Traversier (dir.)
Posted: 5 Sep 2022 - 10:18

Sous la direction de Véronique Lochert, Marie Bouhaïk-Gironès, Céline Candiard, Fabien Cavaillé, Jeanne-Marie Hostiou, Mélanie Traversier

Les femmes occupent une place continue dans le public du spectacle vivant depuis ses origines. Partis en quête des traces de cette présence, les auteurs ici réunis ont repéré les lieux et genres de spectacles que les femmes ont privilégiés, leurs emplacements dans les gradins et les salles, et tenté de retrouver leurs émotions, décantées des commentaires masculins.

Les spectatrices ont souvent été considérées comme soumises à leurs passions et dépourvues de toute distance critique. Elles ont été placées soit dans une position subalterne, reflétant leur place dans la société, soit aux premières loges, non pour leur offrir une qualité du regard mais pour permettre aux spectateurs de les voir et de scruter leurs robes et coiffes. Adversaires et défenseurs du théâtre ont débattu de la présence de ces femmes, les premiers la regrettant, tant cet art favoriserait des désirs illicites, les seconds la louant, les spectatrices devenant cette fois les garantes de la décence et de l’utilité du genre théâtral. Dans le même temps, la réception féminine a joué un rôle croissant dans les stratégies des auteurs et acteurs. En fonction de la période, du lieu, de leur appartenance sociale, les spectatrices ont pu jouir d’une plus ou moins grande liberté ; elles ont également usé de la scène comme d’un lieu d’émancipation, et ont parfois pris soin de laisser de leur expérience des témoignages directs.

Cette étude de grande ampleur permet de redonner à ces femmes une parole et une voix, un corps et des gestes, mais aussi des affects contrastés, de l’exaspération au plaisir.

Replaying the Francophone Early Modern in the Twenty-First Century — L'esprit Créateur (éd. Annelle Curulla, Michael Meere)
Posted: 8 Aug 2022 - 11:18

L’Esprit Créateur, Volume 62, Number 2, Summer 2022

Issue link: https://muse.jhu.edu/issue/48150

CONTENTS

 
Introduction: Replaying the Francophone Early Modern
Annelle Curulla
 
Édouard Glissant's Decolonial Theatre Practice: Histoire de nègre (Tale of Black Histories)
Emily Sahakian
 
The Ghosts of Slavery in Contemporary Theatre from the Francosphere
Clare Finburgh Delijani
 
Les Journées particulières de la Comédie-Française : Une réflexion sur l'actualité et l'inactualité du répertoire
Charline Granger
 
Game Never Over: Replaying History in Interactive Digital Simulation
Jeffrey M. Leichman
 
Des formes fossilisées du temps : Retour sur des expériences de recherche-création
Charlotte Bouteille, Tiphaine Karsenti
 
Discipline and Display: Replaying Libertine Sexualities and Rococo Aesthetics in Twenty-First-Century Paris
Daniel Smith
 
Rameau's Replay: The Reprise of Peru at the Opéra Bastille
Roberto Ignacio Díaz
 
Replay and Resonance: Listening to Jocasta in Œdipe (1659, Corneille) and Incendies (2003, Mouawad)
Alison Calhoun
 
Staging Dom Juan: How Contemporary Performance Practices Play with the Player
Clara McBride
 
Tartuffe in the Post-Truth Era
Emilia Wilton-Godberfforde
 
"The Lens of Now": Interview with Lucie Tiberghien, Founding Artistic Director of Molière in the Park
Annelle Curulla, Michael Meere
 

Book Reviews
 
The Dream of Absolutism: Louis XIV and the Logic of Modernity by Hall Bjørnstad (review)
Anna Rosensweig
 
Spatial Boundaries, Abounding Spaces: Colonial Borders in French and Francophone Literature and Film by Mohit Chandna (review)
Edward Welch