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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications : Cruautés et violences dans le conte et le récit bref
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:25

1er-3 avril 2020 

Université Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer     

Comité organisateur :  Jacqueline Bel, Jean Devaux, Xavier Escudero, Carl Vetters (UR H.L.L.I., Université Littoral Côte d’Opale)  Ramón Pérez Parejo, José Soto Vázquez (L.I.J., Université de Extremadura)   

Les genres du conte et du récit bref, par leur densité et leur intensité, font appel de façon récurrente – naturelle ? – à la cruauté et à la violence, lesquelles adoptent de multiples écritures, formes et visages. 

Si l’étymologie de la cruauté souligne le sang versé – cruor en latin ou crudelis « qui aime le sang » –, n’y aurait-il donc qu’une seule façon de l’exercer (par le sang versé) dans les contes populaires et littéraires ou les récits brefs ? On associe ainsi généralement la cruauté à l’action de faire souffrir physiquement ou mentalement et on peut, donc, y adjoindre la barbarie, la dureté, la méchanceté, la sauvagerie, l’atrocité, la tyrannie, le masochisme et le sadisme, dans les rapports sociaux ou dans l’éducation. La cruauté donne souvent lieu, dans l’imaginaire, au spectacle violent de la souffrance. La cruauté révèle la férocité des hommes, de leurs travers, de leurs secrets profonds refaisant surface. D’ailleurs, les histoires sur la folie telles que, par exemple, Le Horla de Guy de Maupassant ou Sangre sobre el barro de Antonio de Hoyos y Vinent ou dans plusieurs contes comme ceux des frères Grimm, placent souvent le lecteur dans un monde où la cruauté est reine parce qu’associée à Eros (on pourrait ainsi parler de cruauté érotique ou sexuelle dans le sadisme voire la nécrophilie). Le champ de la cruauté est vaste. 

La violence – du latin vis, signifiant force – s’exerce aussi par la force physique ou les actes mais elle peut être également cachée, plus sournoise. La violence peut être contrainte (par l’intimidation ou par la censure, par exemple), être le fruit d’une colère, trouvant des voies d’expression multiples, de l’agression à l’attentat, du plus fort sur le plus faible, et fait appel à des sentiments exacerbés (la passion peut être violente). La violence peut aussi se traduire par l’intensité d’un regard, d’un besoin, par l’impétuosité d’un sentiment ou par celle, simplement, des éléments naturels. La violence et la cruauté sont physiques (torture, supplice, métamorphoses, par exemple) et morales (perfidie, indifférence, orgueil, harcèlement, tromperie, par exemple) et l’homme, la société, le destin voire le monde animal se partagent cet exercice de la violence et de la cruauté. Ainsi, par exemple, dans La Belle au bois dormant, des Contes de ma Mère l’Oye (1697) de Charles Perrault, l’histoire d’un jeune prince vaillant et amoureux délivrant la Princesse Aurore de son sortilège ne s’achève pas avec le réveil de cette dernière et le baiser de son prétendant. En effet, la mère du prince, qui est une ogresse, libère dans le conte toute sa charge de cruauté (« bien contente de sa cruauté ») en souhaitant manger  la Princesse et ses deux enfants. Cependant, sa cruauté sera dupée par la bonté du Maître d’Hôtel qui détourne la violence de l’acte de tuer et de préparer des mets à partir des corps. Si la cruauté est dupée (on se rappelle encore Barbe Bleue ou Petit Poucet), elle peut aussi être triomphante comme, par exemple, dans Le Petit Chaperon Rouge où le loup finit par dévorer la petite fille venue apporter une galette et du beurre à sa grand-mère. 

Par ailleurs, si la violence répond à la violence dans certains contes ou récits brefs ‒dans Les fées de Perrault, par exemple, le châtiment de l’orgueil et de la jalousie se paie au prix d’une mort solitaire dans un bois ‒, la violence d’une situation trouve aussi sa solution dans le pardon et l’amendement, éloignant l’accomplissement de la cruauté (par exemple, la maltraitance dans Cendrillon, la désobéissance dans Der Struwwelpeter ou dans le conte populaire d’Estrémadure « La asadura »). La cruauté peut aussi avoir un effet libérateur et signifier la victoire de la liberté de l’action ou de la pensée. 

La cruauté et la violence peuvent être exercées par les hommes voire les animaux ou des créatures fantastiques mais elles peuvent aussi découler de la société (par son excès d’individualisme, sa course effrénée à la spéculation, au progrès technique, technologique broyant ou dévorant l’individu) dont les artistes et écrivains sont les victimes. Par exemple, dans les Contes cruels (1883) de Villiers de l’Isle-Adam, la cruauté se fonde sur la violence même de la vie qui piétine l’idéal et bafoue la noblesse des sentiments. Villiers de l’Isle-Adam, touché par le malheur et l’échec, a souffert dans sa vie de la méprise sociale et éditoriale l’orientant vers la satire et l’ironie, dans le sillage de Gautier, Poe ou Baudelaire mais aussi de Swift et de Daumier. 

On pourra ainsi s’intéresser aux diverses et multiples manifestations et formes de la cruauté et de la violence dans les contes populaires, littéraires, musicaux, cinématographiques, scéniques et les récits brefs que ce soit au niveau du personnage, des figures ou des créatures telles que le diable, l’ogre ou l’ogresse, le barbare, le tyran, le monstre, le vampire, le bourreau, le forcené, au niveau des situations (par exemple, l’ogresse dans Le Petit Poucet découvrant ses sept filles égorgées « et nageant dans leur sang » ou la terreur dans les contes fantastiques), dans le langage (l’ironie serait-elle un recours puissant dans certains contes ou récits brefs pour traduire la cruauté, le silence ou la parodie ?), dans les sentiments (la haine ?).  

Ainsi : Dans le conte et le récit bref, comment la cruauté et la violence se manifestent-elles et sontelles mises en œuvre ? Quels sont les liens entre les deux ? La cruauté et la violence accompagneraient-elles in fine, inéluctablement et fatalement, l’univers et l’écriture des contes, qu’ils soient populaires ou littéraires, ou des récifs brefs ? Pourquoi la cruauté et la violence s’associent-elles si facilement dans l’univers et l’écriture des contes et des récifs brefs ? Adoptent-elles des degrés divers en fonction du lecteur, du pays, de la culture voire de l’époque ? Quel(s) rôle(s), quelles visées (cathartique, éducative, esthétique) ont-elles d’ailleurs ?  - Si la cruauté et la violence s’écrivent et se lisent, la peinture et l’illustration – cette grande alliée des contes écrits ou retranscrits – viennent leur donner une image (par exemple, les gravures de Gustave Doré pour les Contes de ma Mère l’Oye ou ceux de Francisco de Goya qui plonge volontiers son pinceau ou son burin dans l’univers fantastique ou merveilleux de la fable et du conte). Ainsi, comment montrer la cruauté et la violence des contes et des récits brefs ? De même, comment l’adaptation des contes à l’écran ou sur scène ou leur transcription musicale  font-elles voir et entendre la cruauté et la violence de leurs univers ? Y aurait-il un cadre ou un code esthétique propre à la représentation et à l’interprétation de la cruauté et de la violence issues des contes ou des récits brefs, une iconographie de la violence et de la cruauté des contes ?  - Comment la cruauté et la violence apparaissent-elles dans des récits racontés, écrits ou lus par et pour les enfants ? Doit-on les adapter, les atténuer, les cacher, les censurer ou, au contraire, les montrer, les expliquer ? De quelles façons ? Quelles stratégies peuvent être déployées pour contrer ou s’opposer à la cruauté et à la violence ?  - La cruauté et la violence peuvent-elles avoir une portée didactique dans l’enseignement ? Peut-on parler de « pédagogie de la cruauté » dans et à partir du conte et du récit bref ?    Autant de questions – dont la liste est loin d’être exhaustive – auxquelles ce colloque international et interdisciplinaire invitera ses participants et communicants à tenter d’y répondre. Toutes les approches que ce soit à partir du texte, de l’image ou du son ainsi que toutes les périodes, les aires culturelles et géographiques sont privilégiées.   

٭   La proposition de communication d’une dizaine de lignes accompagnée d’un bref CV est à envoyer jusqu’au 15 septembre 2019 à :  jacqueline.bel@univ-littoral.fr  jean.devaux@univ-littoral.fr  xavier.escudero@univ-littoral.fr  carl.vetters@univ-littoral.fr    Les Actes du colloque seront publiés aux Cahiers du Littoral (Shaker Verlag). 

Appel à communications : L'eau et la mer dans les textes et images
Posted: Friday, June 14, 2019 - 16:21

12e colloque de l'association IAWIS / AIERTI

Université du Luxembourg, 5-10 juillet 2020

https://waterandsea2020.uni.lu/fr/page-daccueil/

(date limite 31 août 2019)

À une époque où la pénurie d’eau guette et où le continent est affecté même au fin fond de son épicentre par ce qui se passe sur ses rives, il nous a semblé urgent de proposer ce sujet à la fois chargé d’imaginaire et d’une actualité brûlante. Dans le roman Océan mer de Alessandro Baricco (1993), le peintre fictif Plasson peint la mer avec de l’eau de mer. Cette scène emblématique résume en quelque sorte notre thématique : l’eau est un élément difficile à cerner et pourtant nous concerne de plus en plus. Informe, il est toujours en attente d’être défini, voire résiste à tout effort de conceptualisation. La mise en discours et la mise en images de l’eau et de la mer ne vont pas de soi, relèvent d’un réel défi discursif et plastique et s’avèrent dès lors particulièrement susceptibles de remettre en question les rapports entre texte et image. De par son rythme « sans mesure » (Deleuze & Guattari, 1980), l’élément aquatique transcende la dichotomie entre arts du temps et arts de l’espace introduite par Lessing (cf. Louvel, 2002). L’indicible de l’eau n’est pas son invisible. Et pourtant, les investissements littéraires ou plastiques (histoires d’eau…) forment une véritable sémiosphère avec, à sa périphérie, une zone de « violation des liens sémiotiques » (Lotman, 1966), le règne de l’instable, de l’arbitraire, de l’inexplicable.

Le Luxembourg, pays au centre du continent européen – mais l’on sait combien le centre se porte bien si la périphérie est saine –, fief de la sirène Mélusine, territoire qui se glorifie de ses sources naturelles et de son thermalisme, nous semble le lieu approprié pour accueillir un congrès mondial autour de cette thématique. Les axes suivants seront abordés :

L’eau comme élément (ses vertus et ses dangers) et défi esthétique

L’eau comme source d’énergie dans les sciences et les arts

L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer

Les mythes, rites aquatiques ou maritimes et le folklore marin, fluvial ou lacustre

Mélusine, nymphes, naïades et autres sirènes

Le thermalisme, son histoire et son actualité

Le bord de mer ou l’eau stagnante en peinture et en littérature

Les ports dans les textes et les images

La culture insulaire ou péninsulaire

Valorisation touristique du patrimoine naturel (maritime, fluvial ou lacustre)

Aqueducs, thermes et barrages dans la Grande-Région

La Méditerranée, l’océan Atlantique et le Pacifique (rives, faune, routes culturelles et marchandes, migrations)

Romans graphiques, bandes-dessinées, caricatures sur l’eau, la mer, la migration

L’eau et la mer à l’écran ou dans les artefacts numériques

L’avenir de l’eau dans les médias

La pénurie d’eau, l’érosion du littoral et les questions environnementales dans les textes et les images

La mer comme métaphore épistémologique (naufrage, radeau, vague, ouragan, fontaine, liquidité, archipel, écume)

Cartographie scientifique ou imaginaire

Autres

Le congrès offre une voix tant à des chercheurs chevronnés dans les études Texte et Image qu’à des chercheurs désireux de fourbir leurs armes dans ce domaine, voire à des jeunes chercheurs dont les travaux présentent une dimension texte et image (doctorants/postdocs). 

*

Les propositions de communication seront adressées exclusivement aux présidents de séance respectifs. Voir https://waterandsea2020.uni.lu/fr/programme/, où figurent les 30 sessions retenues qui se répartissent sur 5 journées :

Lundi, 6 juillet – Nature / Environnement / Santé – 

2.Mardi, 7 juillet – Histoire / Philosophie / Religion – 

3.Mercredi, 8 juillet & jeudi, 9 juillet – Littérature / Mythes / Culture / Patrimoine – 

4.Jeudi (après-midi), 9 juillet – Ateliers Jeunes Chercheurs – 

5.Vendredi, 10 juillet – Migration / Géographie / Tourisme – 

Des conférenciers invités de renom ont déjà confirmé leur venue et un riche programme culturel et artistique agrémente le congrès

P.S. : Tous les participants retenus doivent être membres de l’IAWIS/AIERTI (http://iawis.org/) et s’acquitter de leur cotisation avant le congrès.

Appel à contributions : Oeuvres et Critiques
Posted: Friday, June 14, 2019 - 10:57

Chères collègues, chers collègues,

Le professeur Rainer Zaiser (Université de Kiel), éditeur scientifique de la revue Œuvres & Critiques, m’a autorisé à solliciter des contributions pour le numéro de la mi-2020. Je lui ai proposé comme thème l’histoire orientale, ce qu’il a accepté volontiers.

Dès avant le XVIIIe siècle, les récits de voyageurs sur l’Orient et ses mystères attisent l’imagination des auteurs aussi bien que des lecteurs. Mais le « grand événement » est, bien entendu, la publication en 1704 du premier tome des « Mille et une nuit » (pas d’s !), traduit (plutôt adapté) en français par Antoine Galland. Les volumes suivants continueront de paraître jusqu’en 1717.

Mais Galland est loin d’être le seul à avoir manifesté son intérêt pour l’Orient. L’orientaliste François Pétis de La Croix publie en 1707 les Contes turcs, puis, de 1710 à 1712, Les Mille et un jours (qui aurait été revu et corrigé pour le style par Lesage). N’oublions pas le comte de Caylus (1692-1765) et son Recueil des antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines (1752-1765).

Et ce n’est que le début… Dans son ouvrage de 1949 (qui demeure incontournable) L’Orient romanesque en France (Montréal : Éd. Beauchemin Ltée) ; Marie-Louise Dufrénoy recense toutes les histoires orientales parues de 1704 à la Révolution. Plus récemment, Guy Turbet-Delof a publié L’Afrique barbaresque dans la littérature française. Bartolomé Benassar et Lucile Benassar sortent en 1989 Les Chrétiens d’Allah, histoire des renégats du XVIe au XVIIIe siècle. Prenons aussi en ligne de compte les nouvelles et contes qui foisonnent du début du XVIIIe siècle à sa fin. Au début 2015, paraît un ouvrage collectif (Classiques Garnier) : Conte et histoire : 1690-1800, sous la direction de Marc Hersant et Régine Jomand-Baudry. Bref, la somme de travaux consacrés à l’histoire orientale est impressionnante.

Dans ce numéro à venir, il ne s’agit pas de reproduire ce qui a déjà été publié. On pourrait privilégier plus d’une piste : témoignages, utopie, dystopie, rapports humains, le merveilleux (certainement !), la représentation de l’amour, de la vertu et du vice, etc.

J’envisage de recevoir les textes d’ici le 30 septembre 2019 : maximum 40000  signes, espaces compris. Prière de m’adresser vos argumentaires (200 à 300 mots) à l’adresse suivante : fassaf@uga.edu avec, si possible, copie au professeur Zaiser : rzaiser@gmx.de. Ne pas oublier de mentionner votre affiliation universitaire.

Pour celles et ceux ayant accès à l’ouvrage de M.-L. Dufrénoy, je recommande un coup d’œil à la table des matières, qui suit une chronologie rigoureuse et offre de nombreux textes à examiner.

Call for papers : Rire des affaires du temps (Kerautret/Peureux)
Posted: Saturday, June 8, 2019 - 06:29

– Call for papers – Rire des affaires du temps. Écritures comiques et actualité 1560-1653 Paris Nanterre, 4-5 juin 2020

Organized by Flavie Kerautret and Guillaume Peureux.

https://www.fabula.org/actualites/colloque-rire-des-affaires-du-temps-ec...

CfP: More Than Merely Passive: Addressing the Early Modern Audience (Edited Volume)
Posted: Friday, June 7, 2019 - 21:22

John R. Decker and Mitzi Kirkland-Ives, eds

“… so that the learned may savor the profundity of the allegory while the humble may profit from the lightness of the story” (de modo praedicandi)

Early modern audiences were not homogenous. Differences in status, education, language, wealth, and experience (to name only a few) could influence how a group of people, or a particular person, received and made sense of sermons, public proclamations, performances, rituals, images, objects, and spaces. The ways in which various modes of communication were framed and executed could have a serious impact on their relevance and effectiveness.

This volume seeks papers that investigate the ways in which authors, artists, preachers, theologians, trade guilds, confraternities, and civic or court officials took account of, encoded, and imagined pluriform audiences in their works. Topics might consider, but are not limited to, questions such as:

How did location, time of year, and other local circumstances nuance reception?

How did networks between authors, audience members, performers, and/or artists intersect and what effects did those intersections (or even collisions) have?

What sorts of strategies were employed to take into account multiple ‘levels’ of audience? How well did such strategies work? What were the consequences—possible or actual—when they failed?

Chapter proposals should be no more than 200–250 words; final papers should be between 7,000–10,000 words (inclusive of notes). We welcome all submissions but are especially seeking contributions about music, sermons, and public ritual.

Please email a short bio and proposal to: jdecker@pratt.edu. Submissions open until 30 July 2019. Accepted authors will be notified by 30 August 2019. Fully completed chapters will be due by January 2020. We are currently seeking a publisher for this volume.

Key Words: social history, art history, cultural history, literary history, musicology, performance studies, theatre studies, neo-Latin studies, sermon studies, urbanism, urban spaces, gender, collaboration, identity, imagination, invention, religious communities, representation, visual arts, visual communication, material culture, visual culture

Source: RSA

New Publications

L'INVENTION DU JARDIN PITTORESQUE EN FRANCE (1761-1808) (Sophie lefay)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:48

LEFAY SOPHIE, L'INVENTION DU JARDIN PITTORESQUE EN FRANCE (1761-1808), Paris, H. Champion, 2022.

Avant-propos de Michel Baridon

Le jardin pittoresque trouve ses racines dans le XVIIIe siècle. C’est avec Rousseau, imité et prolongé par de multiples romanciers, essayistes et poètes, que se constitue ce jardin nouveau aux dénominations encore variées : on le dit souvent pittoresque ou à l’anglaise, quelquefois irrégulier ou naturel avant que ne s’impose l’épithète romantique qui décrit un style mais exprime aussi un type de sensibilité et un rapport radicalement nouveau à la culture.

Il s’agit ici de raconter la naissance du jardin pittoresque, d’en comprendre la philosophie, d’en décrire l’esthétique, à travers le foisonnement de textes que les écrivains français lui ont consacré, entre Lumières et Romantisme.

Sophie Lefay enseigna à l’université d’Orléans la littérature française du XVIIIe siècle. Outre plusieurs éditions de textes (dont les Éléments de littérature de Marmontel), elle a publié un livre sur les inscriptions dans la littérature, L’Éloquence des pierres.

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Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite Éditer et commenter les Annales à la Renaissance ( Lucie CLAIRE)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:45

Lucie CLAIRE, Marc-Antoine Muret lecteur de Tacite Éditer et commenter les Annales à la Renaissance, Genève, Droz, 2022.

Figure éminente et aujourd’hui reconnue de l’historiographie latine, Tacite occupe au seuil de la modernité une place encore fragile. Le xvie siècle voit émerger pour ses œuvres un goût neuf, qui se traduit dans la publication d’éditions et de commentaires, dont les plus fameux sont ceux de Juste Lipse. Acteur majeur, et cependant sous-estimé, de ce courant européen, Marc-Antoine Muret a contribué avec passion à la renaissance de Tacite, auquel il a consacré de multiples travaux : une leçon d’introduction et un cours à l’université de Rome, l’édition des premier et deuxième livres des Annales, quelques chapitres de ses miscellanées philologiques et un commentaire posthume. Après une étude de la fortune érudite de Tacite, Lucie Claire analyse, à la lumière de nombreux documents personnels de l’humaniste, la lecture faite par Muret des Annales, lecture intime – dans sa bibliothèque – et publique – à l’université –, et la met en résonance avec la réception de l’historien dans l’Europe des Lettres.

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La bibliothèque de Thou et ses catalogues Ordonner les savoirs au XVIIe siècle Valérie Neveu
Posted: 14 Jul 2022 - 17:42

Valérie Neveu, La bibliothèque de Thou et ses catalogues. Ordonner les savoirs au XVIIe siècle, Paris, École nationale des chartes, à paraître en décembre 2022.

On connaît désormais l'intérêt d’étudier les anciens catalogues de bibliothèques, non seulement pour les ouvrages qu’ils décrivent, mais aussi en eux-mêmes, en tant que sources pour l’histoire de la bibliothéconomie. En ce sens, la série des catalogues dressés pour la bibliothèque fondée par Jacques-Auguste Ier de Thou, à la fin du XVIe siècle, qui resta entretenue et ouverte aux savants jusqu’à sa vente en 1680, constitue un terrain d’étude remarquable auquel est consacré le présent ouvrage.

La bibliothèque a fait l’objet de quatre catalogues entre 1617 et 1679. On doit les trois premiers, manuscrits, à de Thou lui-même (1617), aux frères Pierre et Jacques Dupuy (1645-1648) et à Ismaël Boulliau (1653). L’œuvre de ce dernier a fourni la matière du dernier catalogue, imprimé pour la vente. Leur agencement témoigne d’une réflexion novatrice, soucieuse de garantir la qualité des notices et un meilleur accès aux données bibliographiques.

Des sources complémentaires (correspondance, notes manuscrites) éclairent le travail et les choix techniques des bibliothécaires successifs, ainsi que le rôle décisif de Jacques-Auguste II, fils du fondateur, dans le perfectionnement du catalogue de bibliothèque en tant que nouveau genre d’écrit savant. Le dernier catalogue, intitulé Catalogus bibliothecae Thuanae, donné en exemple pour la perfection de sa classification à cinq divisions, a ainsi servi de source d’inspiration pour les gens du livre en France et en Europe.

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Le clan Bochetel. Au service de la couronne de France (XVe-XVIIe siècle) (Damien Fontvieille)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:40

Damien Fontvieille, Le clan Bochetel. Au service de la couronne de France (XVe-XVIIe siècle),  Paris, Ecole Nationale des Chartes, à paraître en décembre 2022.

Autour des premiers secrétaires d'État, apparus en 1547, se forme un clan de pouvoir composé de familles alliées, dont les membres exercent les plus hautes charges sous les Valois. Ces familles ont émergé au xve siècle, d'abord au service des princes dans le Val de Loire, avant de s’agréger, à la Renaissance, par les alliances matrimoniales des enfants de Guillaume Bochetel. Ainsi liées entre-elles, ces familles de robins en ascension, les L’Aubespine, les Bourdin, les Morvillier notamment, à leur tour ont apporté leurs propres alliés, comme les Neufville ou les Brulart. Le clan se délite progressivement à l’orée du XVIIe siècle, laissant pour héritier politique Villeroy, secrétaire d’État de Charles IX à Louis XIII.

Le clan Bochetel, marqué par une forte solidarité et l’importance des liens du sang, illustre le fonctionnement de la monarchie française de la première modernité, qui compte sur les réseaux de serviteurs à la fois pour l’exercice des charges et pour assurer l’exécution de ses ordres dans les provinces où ces familles ont conservé des alliés. Hommes et femmes du clan partagent une identité sociale particulière, entre haute robe cultivée et noblesse. Ils sont un miroir des transformations de la monarchie française à l’époque moderne qui évolue entre État domestique et naissance d’une administration expérimentée.

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Ninon de Lenclos, une morale du désir (Myriam Bernier)
Posted: 14 Jul 2022 - 17:38

Myriam Bernier, Ninon de Lenclos, une morale du désir, PU Paris Nanterre, à paraitre en octobre 2022.

Ninon de Lenclos, célèbre libertine du XVIIe siècle, est une philosophe. Ses contemporains la qualifiaient ainsi et le XVIIIe siècle l'a érigée en mythe: celui de la femme galante philosophe. Pourtant, les commentateurs du XIXe, XXe et même début du XXIe siècles ont tout fait pour l'exclure de la philosophie, ses mœurs étant jugés incompatibles avec une disposition sérieuse à la réflexion. Qui plus est, Ninon de Lenclos a peu écrit, ou plutôt il nous reste peu de ses écrits: il semblait dès lors tout naturel de ne pas considérer qu'elle défendait une doctrine philosophique.

Nous reviendrons pourtant sur cette doxa la concernant. La philosophie est d'abord et avant tout un mode de vie avant d'être un corpus théorique, et par son mode de vie, Ninon de Lenclos est éminemment philosophe.

Ce livre incite donc non seulement à réviser le jugement savant porté sur Ninon de Lenclos qui l'excluait de la philosophie, mais surtout, il invite à prendre connaissance de cette philosophie des plus actuelles, que ce soit dans sa critique des religions, dans celle des préjugés sexistes et surtout dans sa critique de toute forme de morale du sacrifice. Ninon de Lenclos nous invite à un égoïsme assumé: nous verrons, nous dit-elle, que suivre nos désirs ne fera pas de nous des monstres terriblement nuisibles envers les autres.

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