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Calls for Papers and Contributions

Call for articles: Historical Reflections/Réflexions Historiques
Posted: Thursday, March 28, 2019 - 10:59

Historical Reflections/Réflexions Historiques (HRRH) has established a well-deserved reputation for publishing high quality articles of wide-ranging interest for over forty years. The journal, which publishes articles in both English and French, is committed to exploring history in an interdisciplinary framework and with a comparative focus. Historical approaches to art, literature, and the social sciences; the history of mentalities and intellectual movements; the terrain where religion and history meet: these are the subjects to which Historical Reflections is devoted. Contributions are invited from all fields of intellectual-cultural history and the history of religion and mentalities.

Some specific themes include:

•             Music history

•             Social policies and societal change (including studies with a comparative focus)

•             Material Culture and emotions

•             Architectural and garden history

•             Small businesses

•             Colonial/imperial studies

Manuscript Submission

The editorial board welcomes submissions for publication in English or French. Authors should submit articles as email attachments, formatted as Microsoft Word or Rich Text Format files. Please note that all correspondence will take place via email. Send submissions and complete contact information to the editor, Elizabeth Macknight ate.macknight@abdn.ac.uk.

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Source: H-France
Appel à communications : Présences de la voix XVIe – XVIIIe siècles
Posted: Saturday, March 16, 2019 - 19:07

Colloque international

26-28 mars 2020

Université́ Toulouse Jean-Jaurès

 

Laboratoire PLH (Patrimoine-Littérature-Histoire)-ELH (Équipe Littérature Herméneutique) – EA 4601

 

Le colloque « Présences de la voix » a pour objectif d’interroger, dans une perspective interdisciplinaire, les différentes représentations de la voix dans les textes des XVIe-XVIIIe siècles, en articulant les approches littéraires et oratoires, scientifiques et médicales, mais aussi pratiques et théoriques.

 

 

Modalités de soumission

Les propositions de communications (titre provisoire, résumé́ de 150 mots, brève notice biobibliographique) sont à renvoyer pour le 15 juillet 2019 à l’adresse suivante : presencesdelavoix@yahoo.fr.

 

Organisateurs

Pascale Chiron, Philippe Chométy, Hélène Cussac, Agnès Rees

Université́ Toulouse Jean-Jaurès ELH-PLH

 

Appel complet

Le problème de la voix se pose en effet de manière particulière à cette époque dite « pré- classique » et « classique », où prédomine encore une conception largement orale voire oratoire de la littérature. Ainsi, au XVIe siècle, la volonté d’« imiter la nature » dans toute sa richesse, visuelle mais aussi sonore, se traduit par des tentatives mimétiques qui prennent la forme, dans certains poèmes de Ronsard et surtout de Peletier du Mans ou de Bertrand Berger, de véritables « tableaux » sonores reposant notamment sur des jeux d’harmonie imitative et sur les ressources de l’onomatopée. La lecture à haute voix et l’art de bien prononcer restent profondément ancrés dans les pratiques culturelles et littéraires. Ronsard, qui dans Les Amours de 1552 fait l’éloge d’une Cassandre à la voix enchanteresse, préconise encore, dans son Abrégé de l’art poétique de 1565, de bien « prononcer les vers » pour faire résonner le texte poétique et lui donner un surcroît de sens. Quant aux auteurs dramatiques, comme Jodelle, ils fondent le renouvellement du genre tragique sur une pratique essentiellement déclamatoire du texte théâtral.

Le XVIIe siècle développe un véritable « culte de la voix » (Ph. J. Salazar). Dans les manuels de civilité, le travail sur la voix et ses intonations, associé à la noblesse du maintien et à l’aisance du geste, occupe une place privilégiée dans l’art de la conversation polie. Sa maîtrise est essentielle à l’urbanité classique, condition indispensable des bonnes manières, tout en manifestant les dispositions du cœur, en lien avec les passions de l’âme. En termes d’actio oratoire, la voix est employée à la production du discours efficace. Par son énergie, elle donne aux orateurs, qu’il s’agisse de la chaire ou du barreau, le moyen de convaincre et de persuader par l’oreille. Témoignant d’une confiance dans les vertus communicationnelles de la parole humaine, elle s’inscrit dans une rhétorique de l’éloquence, envisagée comme un instrument du toucher. À cela s’ajoute, pour les prédicateurs, une forme d’oralité́ spécifique : il s’agit de faire agir, aussi bien qu’entendre, la voix tonnante de Dieu (Bossuet). Cette dynamique culturelle et sociale de la voix, qui participe d’une utilisation codée de la voix et de ses artifices, dans sa dimension publique ou privée, est indissociable d’une esthétique et d’une réflexion sur la théâtralité́. Comme des comédiens, l’orateur et le courtisan prêtent leur voix aux personnages qu’ils interprètent. Cette réflexion s’inscrit dans une pratique aux enjeux éminemment moraux – le loup devenu berger est attentif à « contrefaire sa voix » (La Fontaine) – et savants – le travail vocal participant de « l’art de prononcer parfaitement » (Hendret). Du point de vue de l’expression dramatique, une évolution du jeu scénique, et donc de la voix, se produit au cours du XVIIe siècle, tendant à l’émergence d’une diction prétendument « naturelle », au nom de la vraisemblance (Molière). Quant à la pratique de la lecture des textes à voix haute, elle fournit le critère de la réussite d’un texte, mesurée au plaisir qu’il procure. Boileau vante ainsi les qualités sonores du style et se moque de « ces auteurs nés pour nous ennuyer, / Qui toujours sur un ton semblent psalmodier » (Art poétique).

Au XVIIIe siècle, Diderot explore dans ses théories sur le théâtre (Paradoxe sur le comédien), mais aussi dans Le Fils naturel et Le Père de famille, les accents, le silence voire les sons inarticulés, véritablement aptes à transmettre les passions. La voix emplit ses textes narratifs, des Les Bijoux indiscrets, sans oublier les performances vocales du Neveu de Rameau et les cris de Suzanne dans La Religieuse. Voltaire, lui, montre aussi un attrait particulier pour la voix au point d’élargir la potentialité́ vocale au domaine végétal (Dictionnaire philosophique, art. « Âme ») et à ridiculiser la voix humaine lorsqu’il lui fait imiter des cris d’animaux (ibid., art. « Délits locaux »). Le corps sonore privilégié́ du siècle des Lumières est en effet la voix, chantée en premier lieu, en ce qu’elle est instrument de la nature et parle directement à l’âme (on pense bien sûr à l’Origine des langues de Rousseau). Si les auteurs du XVIIIe siècle héritent des morales de l’honnêteté, qui faisaient de la conversation modérée le lieu par excellence du bon goût, recommandant d’apprendre à user de sa voix d’une manière accordée aux attentes du «grand monde », ils ne résistent pourtant pas aux conséquences sensualistes d’une nouvelle esthétique qui n’est plus celle du goût mais celle du plaisir et de l’émotion. La primauté est donc désormais donnée à une voix naturelle, articulée ou inarticulée, ce qui n’empêche pas les orateurs de la Révolution d’user à nouveau de la grande éloquence.

Ces recherches sonores et plus particulièrement vocales s’enrichissent enfin d’un discours scientifique et médical sur la production des sons, la « physiologie » et les pathologies de la voix. Dès le XVIe siècle, les traités de médecine s’intéressent à l’anatomie de l’oreille et aux mécanismes de production des sons. Le De Arte Gymnastica de Girolamo Mercuriale (1569) étudie quant à lui la manière dont les exercices vocaux peuvent entrer dans les processus de soins thérapeutiques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles paraissent de nombreux traités sur l’ouïe, le bruit et la musique, dans lesquels la voix se trouve interrogée. Des articles de L’Encyclopédie à l’Émile de Rousseau, on s’intéresse au rapport privilégié́ entre la voix et l’ouïe. Si les textes savants développent de multiples axes scientifiques autour de la voix (Cordemoy, Discours physique de la parole, 1668 ; Dodart, Mémoire sur les causes de la voix de l’homme, 1703 ; Les merveilles de la trachée-artère, 1712, etc.), les traités sur le beau et le goût privilégient quant à eux des entrées morales, n’hésitant pas à faire le lien avec la physique de la voix (Crousaz, 1715 ; Père André́, 1741).

Il s’agira donc d’étudier, dans une perspective interdisciplinaire, les discours sur la voix, ainsi que les différentes représentations de la voix humaine (et éventuellement animale) dans les textes des XVIe-XVIIIe siècles. Les interventions pourront s’articuler autour de quatre axes de réflexion :

 

1. Savoirs de la voix

Ce premier axe privilégiera une approche scientifique, physiologique ou anatomique de la voix, fondée sur l’étude des textes théoriques et des planches illustratives des XVIe-XVIIIe siècles. Il s’agira d’explorer les théories de la voix et leur évolution au cours de la période étudiée, et de mettre en évidence les répercussions du discours scientifique et médical dans les textes littéraires, voire dans les pratiques artistiques. Parmi les pistes possibles, on pourra s’intéresser à la réflexion médicale sur le « complexe voix-ouïe », qui préoccupe tant les savants et les médecins que certains auteurs « littéraires » de l’époque. Autrement dit, que se passe-t-il entre le moment où le son de la voix atteint l’organe et celui où il parvient à l’intellect ? Plus encore, l’oreille est-elle apte à donner un sens raffiné à la beauté de la voix ? On pourra également prendre en compte les textes qui fondent les théories et les représentations de la voix sur des pratiques d’anatomie comparée, consistant par exemple à mettre en rapport la voix humaine et les sons émis par les animaux.

 

2. Dire la voix

On s’intéressera dans cet axe aux descriptions linguistiques, littéraires et artistiques de la voix. Dans les différentes façons de représenter verbalement la voix aux XVIe-XVIIIe siècles, quels mots, quels qualificatifs permettent de designer ou de décrire la voix ? Quelle signification leur accorder ? Jusqu’à quel point une voix est-elle dite par exemple criarde, enrouée, faible, etc. ? Note- t-on une évolution de ces caractérisations au fil des textes ? Les descriptions poétiques et plus largement littéraires de la voix constituent également un terrain d’étude privilégié : qu’on pense au chant du rossignol chez Ronsard ou à ces vers du poème « Sur la mort de Marie » : « Hélas ! Où est ce doux parler, / Ce voir, cest ouyr, cest aller, / Ce ris qui me faisait apprendre/ Que c’est qu’aimer ? », ainsi qu’au « doux charme des voix humaines » évoqué́ par Théophile de Viau. La voix peut également faire l’objet de descriptions détaillées dans les blasons anatomiques du corps féminin (Victor Brodeau, « Blason de la bouche » ; Maurice Scève, « Blason du Soupir » ; Eustorg de Beaulieu, « Blason de la voix », etc.) Enfin, l’étude des illustrations plastiques de la voix pourra compléter ces réflexions. Peut-on représenter visuellement la voix ? Comment l’image, muette, peut-elle rendre compte des inflexions de la voix ? N’est-ce pas, après l’idée du clavecin oculaire du Père Castel, par la couleur que Diderot faisait «entendre » les voix (des « voix brunes, blondes ») à Mélanie de Salignac, sourde ?

 

3. Restituer la voix

Un troisième axe d’étude s’intéressera plus spécifiquement aux restitutions littéraires de la voix. On accordera une attention particulière aux effets de mimesis sonore qui visent à reproduire dans les textes littéraires les voix de la nature et tendent ainsi à reconstituer le « paysage sonore » d’une époque (selon l’expression de J.-M. Fritz). Cette réflexion pourra s’appuyer sur la distinction entre l’articulé (la parole humaine) et l’inarticulé (cris, soupirs, bruits, invocations). On s’intéressera ainsi au rôle des onomatopées, qui visent à reproduire les bruits de la nature dans leur diversité, et des interjections, qui traduisent dans certains poèmes lyriques de la Renaissance la nostalgie d’une oralité primitive : ainsi, dans les Dithyrambes à la pompe du Bouc de Ronsard, les « Hoh ! », « Évoé, ïach, ïach », habités du furor poétique, renvoient directement à la poésie orale de la Grèce antique. Voltaire ne se moque-t-il pas de l’humain jusqu’à en réduire la voix à sa valeur sonore : « Le prophète s’écria : « Pouah ! Pouah ! Pouah ! » (Dict. philosophique, Art. « Ézéchiel ») ? À l’inverse, la parole humaine peut être un moyen de donner la voix à toutes les créatures du monde : les Fables de La Fontaine entendent ainsi traduire « Tout ce que disent sous les cieux / Tant d’êtres empruntant la voix de la nature ». On étudiera plus largement les effets d’euphonie et de cacophonie dans les textes littéraires et dans les œuvres musicales. Une attention particulière pourra être portée au genre littéraire et musical des « cris » (Cris de Paris...).

 

4. Donner de la voix

On abordera enfin la mise en voix des textes, du XVIe siècle à l’époque contemporaine, du point de vue de la performance vocale. On étudiera, d’une part, les ressources rhétoriques et énonciatives des textes littéraires voués à une pratique orale ou à la mise en scène (textes de théâtre, sermons, oraisons funèbres, éloges, psaumes, cantiques, poèmes lus devant des académies, poèmes lus dans les salons mondains, etc.). Qu’il s’agisse des indications laissées par les auteurs eux-mêmes ou des éléments présents dans le texte écrit (exclamations, interjections, apostrophes, périodes oratoires), on mettra en évidence ce qui rend le texte propre à la déclamation. On pourra également s’appuyer sur les témoignages d’époque pour appréhender les performances vocales des poètes, acteurs et prédicateurs des XVIe-XVIIIe siècles. D’autre part, on s’intéressera aux dictions reconstituées, historiquement informées, des textes de l’âge classique en s’appuyant sur le travail de certains metteurs en scène (Eugène Green, Benjamin Lazar) ou de spécialistes de la prononciation (Olivier Bettens). On mettra ainsi en évidence le rôle essentiel de la mise en voix dans l’interprétation et la transmission des textes littéraires.

 

Source: Dramatica

Appel à communications : Frontières (Congrès CIR17 - 2020, Arras)
Posted: Friday, March 15, 2019 - 12:54

FRONTIÈRES

Colloque bisannuel du CIR 17 (Centre International de Rencontres sur le XVIIe siècle),

organisé à l’Université d’Artois (62000 – Arras, France)

Les 13, 14 et 15 mai 2020

 

Le XIXesiècle a fait du XVIIele moment où se seraient définies, dans un même mouvement, les frontières externes et internes de la littérature et de l’État Nation. Les deux processus en venaient à se superposer quand un style ou une esthétique se revendiquaient comme « national » (ainsi de la galanterie française). Dans les dernières décennies, les critiques de la notion de classicisme et les nouvelles approches de l’histoire littéraire nourries par la bibliographie matérielle et les sciences sociales ont mis en lumière le caractère mouvant, brouillé et essentiellement polémique de ces frontières.

La frontière est d’abord une ligne de front. Les conflits frontaliers qui se développent au XVIIesiècle (particulièrement actifs dans la région des Flandres) se traduisent par des opérations militaires, mais aussi par une abondante production écrite (l’intéressante allégorie théâtrale et politique Europe, 1643, de Desmarets de Saint-Sorlin, les textes traitant des conflits espagnols, voire les utopies, où la notion de frontière entre l’ici et l’ailleurs est essentielle). En même temps, le genre de la carte allégorique utilise la métaphore de la frontière pour définir des groupes sociaux, des courants et des genres, et les querelles littéraires (querelle autour de la galanterie, querelles théâtrales, querelle des Anciens et Modernes) se donnent à voir comme autant de conflits sur les frontières, sans oublier la question des limites entre ce qui relève du laïc et ce qui relève du religieux, entre le privé et le public, entre le moral et l’immoral, entre la littérature (en passe d’une nouvelle définition) et ce qu’elle n’est pas.

La transformation de la ligne de front en frontière, de la force en pouvoir, passe par une opération de représentation : la carte, le tableau, la description, les institutions fixent alors les frontières. Les villes conquises par Louis XIV font ainsi immédiatement l’objet de séries de représentations peintes ou gravées (voir la récente exposition du Louvre, La France vue du Grand Siècle). La frontière se matérialise aussi sur le territoire, de manière durable (les forteresses de Vauban, les portes érigées à l’entrée des villes) ou éphémère (les arcs de triomphe des entrées royales). La frontière apparaît comme une figure du pouvoir et son franchissement, à l’occasion des entrées royales ou des mariages, est fortement ritualisé. Ces mises en scènes du franchissement des frontières superposent à l’image de la limite une autre interprétation de la frontière, comme zone de circulation, de dialogues et d’échanges entre des pouvoirs à la fois partenaires et rivaux. La circulation (autorisée ou clandestine) et la traduction des livres (des étrangers, des exilés) mettent ainsi en jeu les frontières politiques et linguistiques : situer un livre dans cette zone – par exemple en utilisant une fausse adresse d’imprimeur – est un moyen de le placer en dehors de l’emprise du pouvoir et de sa censure. 

Ces franchissements, réels ou fictifs, mettent en lumière le caractère poreux des frontières : sur le territoire comme en littérature, tracer des frontières revient à revendiquer des valeurs et des hiérarchies, tout en ouvrant des espaces de conflits, d’échanges et de transgressions. La frontière apparaît comme une zone marginale dotée d’une créativité propre. Brouiller les frontières, par exemple en multipliant les langues ou les genres au sein d’un même ouvrage, consiste à mettre en place un espace de liberté pour la création et l’action, en résistance contre une tendance (politique) à établir et valoriser les limites. Le burlesque, fréquemment utilisé dans des ouvrages polémiques, est ainsi porteur d’une dérision généralisée qui bouleverse et transgresse les frontières linguistiques et génériques, et décompose leurs hiérarchies, écho des hiérarchies du monde réel. Le mélange des arts dans les divertissements de cour tend à effacer les frontières (artistiques) pour figurer l’union de la nation. Les récits qui brouillent les frontières entre histoire et fiction (comme les nouvelles historiques), entre fiction et science (comme Les États et empires de la Lune et du Soleilde Cyrano de Bergerac), cherchent à atteindre de nouveaux publics et à constituer de nouveaux modes d’adhésion, à créer une littérature moderne, quitte à ne pas choisir entre anciens et modernes, tel La Fontaine. 

Ce sont ces usages littéraires, artistiques et historiques de la frontière, ligne de front, limite de territoires et de pouvoirs, zone d’échanges, de négociations et de transgressions, que nous nous proposons d’interroger. Les questions suivantes (sans exclusive) pourraient être abordées :

- Comment les frontières sont-elles définies dans les conflits, qu’ils soient historiques, politiques, littéraires ou religieux, qui traversent le siècle ? Quels pouvoirs, quelles valeurs sont mis en jeu ? 

- Quel usage la littérature et les arts font-ils de la notion de frontière (au sens propre ou au sens métaphorique) et des idées corollaires de nation, d’identité, dans leur processus d’institution ?

- Quelles relations avec les institutions (politiques, administratives, religieuses) les représentations littéraires et artistiques construisent-elles, au moment où la littérature tente de conquérir une autonomie qui lui reste contestée ?

- Comment la littérature et les arts tracent-ils des frontières internes, pour quoi faire et avec quelle efficacité ? Quelles inventions nouvelles, quelles actions spécifiques sont rendues possibles par les choix esthétiques du mélange des disciplines, des arts, des genres ou des tons ?

- Comment les écrits et les usages qu’ils font des frontières articulent-ils confirmation, transgression, résistance aux pouvoirs ? 

- Quelles relations les figures de contrebandiers, de voyageurs, ou d’exilés entretiennent-elles avec la frontière et le pouvoir qu’elle représente ? De quels choix esthétiques le franchissement des frontières s’accompagne-t-il ? 

- La transgression des frontières politiques va-t-elle de pair avec celle des frontières entre les styles ou les genres ?

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Le colloque aura lieu les 13, 14 et 15 mai 2020 ; les propositions de communication sont à adresser à

Claudine Nédelec (clnedelec@yahoo.fr) et Marine Roussillon (marine.roussillon@wanadoo.fr)

au plus tard pour le 15 septembre 2019 ; les réponses seront transmises en janvier 2020.

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Comité scientifique

Christian Biet (Université Paris-Nanterre), Benoît Bolduc (New York University), Marion Brétéché (Université d’Orléans), Markus Castor (Directeur de recherches, Centre allemand d’histoire de l’art), Delphine Denis (Université de Paris-Sorbonne), Nathalie Grande (Université de Nantes), Sophie Houdard (Paris III-Sorbonne nouvelle), Lise Michel (Université de Lausanne), Buford Norman (University of South Carolina), Guillaume Peureux (Université de Paris-Nanterre), Pierre Ronzeaud (Université d’Aix-en-Provence), Volker Schröder (Princeton University), Jean-Pierre Van Elslande (Université de Neuchâtel), Alain Viala (Oxford University).

 

Comité d’organisation

pour l’Université d’Artois, Claudine Nédelec et Marine Roussillon ;

pour le CIR 17, Jean Leclerc (jlecler@uwo.ca) et Gilles Declercq (gilles.declercq@univ-paris3.fr).

Appel à communications, jeunes chercheurs : Le Pur et l’Impur : Figurations de la souillure et aspirations à la pureté dans la littérature, du Moyen Âge à nos jours
Posted: Friday, March 15, 2019 - 12:52

Colloque national de jeunes chercheurs

Université de Picardie Jules Verne,

Amiens, 24-25 septembre 2019 - Logis du Roy, square Jules Bocquet, 80000 Amiens

Colloque organisé par les laboratoires CERCLL et TRAME, ED 586

 

Présentation

L’aspiration à la pureté s’accompagne invariablement de la déploration d’une perte ou d’un inachèvement. La pureté s’inscrit toujours implicitement dans un récit tendu entre des directions opposées. Ce récit s’est longtemps déployé dans le cadre d’une anthropologie chrétienne de chute symbolique où le présent n’est plus qu’une marche laborieuse vers un avenir qui signera le retour vers la pureté originelle – rêvée et fantasmée – d’un temps mythique. Mais depuis le XIXe siècle, ce récit est désormais de plus en plus informé par une anthropologie évolutionniste où l’homme tente de s’arracher à son impureté originelle grâce au processus de civilisation historique, mais manque toujours d’y retomber.

Ineffable, la pureté ne semble pas exister, pas même chez le saint, sinon comme idéal régulateur. Comme le conclut Colette dans son essai intitulé Le Pur et l’impur, « le mot pur ne m’a pas découvert son sens intelligible ». Le réel au contraire permet de dire l’impureté, des corps, des intentions, car il est le lieu par excellence du mélange, des compromis et des ambivalences, du devenir et de la corruption. Les jugements de pureté et d’impureté engagent ainsi tout un système symbolique dont les implications métaphysiques, philosophiques, morales, politiques et esthétiques doivent être questionnées, et qui, loin d’être considérés comme des objets immuables, doivent être historicisés.

Ce colloque de jeunes chercheurs se propose donc d’étudier les différentes constructions des notions de pureté et d’impureté en littérature, et selon un vaste spectre temporel, du Moyen Âge à nos jours.

Axes

La réflexion pourra s’articuler autour d’une ou plusieurs de ces problématiques :

  • Figurations : Comment les textes représentent-ils le couple du pur et de l’impur ? Comment le pur et l’impur se donnent-ils à lire ou à voir ? Quelles sont les preuves qui permettent de conclure à l’un ou l’autre et comment s’y lient le corps et l’âme, le physique et le moral ? Une attention particulière pourra être portée aux représentations de figures archétypales de la pureté et/ou de l’impureté telles que les saints, les bâtards ou certaines minorités comme les juifs, les lépreux et les sorcières dans les littératures médiévales et modernes.
  • Écriture : Comment les représentations de la souillure et d’une éventuelle purification informent-elles les structures et thèmes des récits du Moyen Âge à nos jours ? Est-il possible de noter des inflexions en fonction des périodes et des genres littéraires ? Ces représentations peuvent-elles se concevoir en dehors de l’anthropologie chrétienne de la chute et de la rédemption ? La référence chrétienne est-elle systématiquement engagée dans la pensée de cette dialectique de la souillure et de la purification ?
  • Enjeux politiques  et polémiques : les discours sur la pureté et l’impureté sont loin de se limiter à la stricte sphère spirituelle, ils irriguent les représentations sociales et les discours politiques et polémiques, qu’il s’agisse de la pureté du sang en régime monarchique, ou de celle de la race à partir du XIXe, en passant par la construction du « sang impur » des ennemis de la Nation qu’invite à combattre La Marseillaise. On pourra donc se demander comment les textes font de la pureté un usage polémique voire pamphlétaire, et comment le couple du pur et de l’impur est réinvesti en fonction des différents contextes politiques et/religieux propres à chaque époque.
  • Symbolique et représentations : le pur et l’impur se déclinent plus largement dans quasiment tous les domaines de l’existence humaine. Comme l’a montré Mary Douglas, ces concepts impliquent une méditation générale « sur le rapport de l'ordre au désordre, de l'être au non-être, de la forme au manque de forme, de la vie à la mort »[1]. Ce caractère  général explique le facile déplacement de ces concepts dans des domaines divers de l’expérience humaine. Cette faculté d’adaptation et sa mise en texte pourront faire l’objet de questionnements. Jusqu’où peuvent se propager les concepts du pur et de l’impur, et comment s’entrecroisent-ils avec d’autres couples conceptuels comme le propre et le sale ? Comment les textes jouent-ils de ces déplacements et sous quelles formes métaphoriques peuvent se retrouver le pur et l’impur ? Comment s’entrecroisent alors différents discours de savoir et/ou de croyance, tels que la théologie, les discours médicaux et les discours moraux autour d’objets variés que la qualification de purs ou d’impurs invite à considérer sous un jour nouveau ?
  • Réceptions : qu’est-ce qui rend un texte pur ou impur ? L’impureté ou la pureté d’un texte sont-elles consubstantielles à celui-ci, dans sa forme et son contenu, ou sont-elles le fait de l’observateur ? Quel rôle joue la réception dans l’assignation d’impureté d’un texte ? Quels sont les arguments avancés pour justifier ces considérations ?  Ces perceptions survivent-elles à l’époque de leur émission? L’impureté clamée par les détracteurs des textes ne serait-elle pas, à tout prendre, du fait du lecteur bien plus que de l’auteur, comme nous le rappelle La Critique de L’École des femmes, dans laquelle Uranie rétorque à Climène, qui prétend que la pièce est obscène : « Il faut donc que pour les ordures, vous ayez des lumières, que les autres n’ont pas : car pour moi je n’y en ai point vu »[2]?

 

1 Mary Douglas, De la souillure : essai sur les notions de pollution et de tabou[1966], Paris, La Découverte, 1992, p. 27.

La Critique de L’École des femmes, scène III.

 

Bibliographie indicative :

- Georges Bataille, L’Érotisme, Paris, éditions de minuit, 1957 ; « L’Abjection et les formes misérables », Œuvres complètes, II, Écrits posthumes 1922-1940 , Paris, Gallimard, 1972, p. 217-221.

- Alain Corbin, Une histoire des sens, Paris, Robert Laffon, 2016 ; Histoire du corps (dir.), Paris, Seuil, 3 volumes, 2011.

-  Mary Douglas, De la souillure : essai sur les notions de pollution et de tabou[1966], Paris, La Découverte, 1992.

- Emile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse : le système totémique en Australie, Paris, PUF, 2012.

- Béatrice Didier, L’Infâme et le sublime. Quelques représentations du sacré des Lumières au Romantisme, Paris, Honoré Champion, 2017.

- Norbert Elias, La Civilisation des mœurs, Paris, Calmann-Lévy, 1973.

- René Girard, La violence et le sacré, Paris, Grasset, 1972.

- Vladimir Jankélévitch, Le Pur et l’impur, Paris, Flammarion, 1960.

- Julia Kristeva, Pouvoirs de l’horreur : essai sur l’abjection, Paris, Seuil, 1980.

- William Ian Miller, Anatomy of disgust, Cambridge (Mass.), Harvard university press, 1997.

- Antonio Pinelli, La bellezza impura : arte e politica nell’Italia del Rinascimento, Roma-Bari, Laterza, 2004.

- Fabrizio Vecoli, Il sole e il fango : puro e impuro tra i padri del deserto, Roma, 2007.

- Georges Vigarello, Le propre et le sale : l’hygiène du corps depuis le Moyen-Âge, Paris, Seuil, 1985 ; Le sain et le malsain : santé et mieux-être depuis le Moyen-Âge, Paris, Seuil, 1993.

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Modalités de soumission :

Cet appel s’adresse aux doctorants et aux jeunes docteurs. Les propositions sont à envoyer jusqu’au 5 mai 2019 à colloquepurimpur@gmail.com, précédées d’un titre, et ne devront pas excéder 250 mots. Elles seront accompagnées d’une notice bio-bibliographique mentionnant l’université de rattachement et la situation administrative du candidat. Les travaux pourront faire l’objet d’une publication ultérieure. Le comité de sélection fera part de ses résultats aux alentours du 20 mai et communiquera alors plus d’informations pratiques aux candidats retenus.

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Comité scientifique

Annabelle Bolot ; Louise Dehondt ; Véronique Dominguez ; Anne Duprat ; Audrey Duru ; Julien Goeury ; Catherine Grall ; Kévin Hémery ; Loïc Le Sayec ; Marie-Françoise Melmoux-Montaubin.

CfP: Crisis, gender and the politics of time in the Medieval and Early Modern Periods
Posted: Tuesday, March 12, 2019 - 10:33

University of Southern Denmark, Odense, 5-6th of November 2019

Centre for Medieval and Renaissance Studies

Centre for Medieval Literature

In the last two decades queer, gender and feminist studies have enabled scholars to better understand the multiplicity of temporal experiences and discourses of time as well as the entanglements between the temporal and the social in the pre-modern period. Far from being a disembodied concept, time is quintessentially associated with contingent social practices and narratives of gender. More specifically, the interaction between gender and temporality has been shown to be inherent tostrategies of memorialization, as well as to historiographical narratives, both medieval and modern. For the Middle Ages, attention has concentrated in particular on English and partly French sources. By using the conceptual tool of crisis, this conference aims to widen the spectrum and look at the broader European and Mediterranean spaces across both the medieval and early modern periods. We take the term crisis in its wider meaning and conceptually we regard it as particularly suitable to highlighting the connections between different typologies of temporal patterns (e.g. eschatological temporalities; renewal and decadence; prophecies etc.) across different social backgrounds. Therefore, we welcome contributions looking at how gendered temporalities are expressed in a wide array of moments of transition both individual and social: existential crisis, spiritual emergency, mysticism but also political/military crisis, shifts toward new systems of beliefs, Reformation, socio-economic changes, circumstances threatening the existence of single communities, etc. 

Within this framework we encourage prospective speakers to consider how gender is reflected by/has an impact on:

- patterns of time;

- control and policing of time;

- social values and meanings of time-uses

- discourses of generation;

- subjective experiences of time.

 

Confirmed speakers include Shaun Tougher (Cardiff University) and Diane Watt (University of Surrey).

 

Venue

The symposium of the Centre for Medieval and Renaissance Studies, supported by the History Department, University of Southern Denmark and the Centre for Medieval Literature (SDU/University of York) will take place on the 5th  and 6th of November 2019 in Odense, at the former Convent of Noble Maidens:

https://www.visitodense.com/ln-int/odense-convent-noble-maidens-gdk665095

Cost

Registration will be required but there will be no charge to attend the symposium. Speakers’ accommodation, meals and conference dinner will be covered by the organizers. Delegates are expected to cover the cost of their travel. For further information contact Aglae Pizzone (pizzone@sdu.dk).

 

Abstracts

Please send short abstracts (400 words) and a brief CV (1/2 page) to Aglae Pizzone (pizzone@sdu.dk) by the 15th of June 2019.

Source: H-France

New Publications

Nicolas Boileau, Œuvres, Georges Mongrédien (éd.)
Posted: 20 Jun 2022 - 04:06

Nicolas Boileau, Œuvres, Georges Mongrédien (éd.), Paris, Classiques Garnier, coll. "Classiques Jaunes", 2022.

Ce volume rend hommage aux différentes facettes de l’œuvre de Boileau. Le lecteur y trouvera le satiriste disciple d’Horace, le « Régent du Parnasse », rendant hommage à Molière et Racine, le théoricien du Classicisme mais aussi le poète de cour.

EAN: 9782812416101
DOI: 10.15122/isbn.978-2-8124-1611-8
421 pages
Prix : 15EUR.

Plus d'informations ici.

Ventre d'un petit poisson, rions ! (Tiphaine Rolland, Romain Weber, éds.)
Posted: 18 Jun 2022 - 18:08

Liminaires des recueils français de narrations plaisantes (XVe-XVIIe siècles)

Édité par Tiphaine Rolland, Romain Weber. EPURE.
 

Les recueils de narrations plaisantes et facétieux devis, publiés par dizaines en France entre les débuts de l'imprimerie et la fin du XVIIe siècle sont, pour la plupart, dotés de textes liminaires variés et nombreux. Préfaces, introductions, avis aux lecteurs, remarques de l'imprimeur-libraire, épîtres dédicatoires et autres poèmes rédigés par les amis de l'auteur constituent, pour les lecteurs de la première modernité, des « seuils » familiers qui renseignent sur les enjeux de cette littérature plaisante.

Le présent volume fait donc entendre les propos qui ont été tenus à la fois sur et à côté des histoires récréatives. Rassemblant des considérations pragmatiques, stylistiques, morales, publicitaires, tantôt sérieuses, tantôt humoristiques, les pièces ici réunies invitent à la (re)découverte d’un ensemble d’une cinquantaine d’œuvres, des Cent Nouvelles nouvelles à la Gibecière de Mome. Dans leur profusion et leur variété, ces discours réinscrivent les récits qu’ils accompagnent dans des pratiques attestées de divertissement, tout en nourrissant un imaginaire du rire comme antidote aux tourments de l’existence.

https://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100526990

Pierre de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges et demons Édition de 1613 Édité par Jean CÉARD
Posted: 15 Jun 2022 - 06:08

Pierre de Lancre, Tableau de l'inconstance des mauvais anges et demons. Édition de 1613, éd. Jean CÉARD, Genève, Droz, 2022.

Le magistrat du parlement de Bordeaux Pierre de Lancre reçut du roi Henri IV mission d’enquêter sur les rumeurs de sorcellerie qui secouaient la petite contrée du Labourd en pays basque. Pendant quatre mois, investi d’une autorité souveraine, il travaille activement à instruire et à juger. De cette rare expérience, Pierre de Lancre publie la recension quelques années plus tard. Son Tableau de l’inconstance des mauvais anges et demons fut certainement un ouvrage remarqué : publié en 1612, il fit, sans attendre la fin du privilège de six ans, l’objet d’une réédition revue et augmentée dès 1613. Cette nouvelle édition multiplie les additions. Si l’auteur maintient presque inchangées ses références érudites, il approfondit en revanche l’exégèse de sa rare expérience de démonologue, avec le sentiment d’enrichir ainsi cette nécessaire contribution à la connaissance du diable et de ses menées. On croit utile de signaler ces additions à leur place : De Lancre, en serviteur dévoué de l’État, élabore une démonologie concrète fondée sur une vaste et difficile érudition dont l’index fait voir l’ampleur.

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Blaise HORY- Prier et rimer L'œuvre singulière d'un pasteur-poète (1554-1595) Sous la direction scientifique de Olivier POT
Posted: 15 Jun 2022 - 06:04

 Blaise HORY, Prier et rimer. L'œuvre singulière d'un pasteur-poète (1554-1595), sous la direction scientifique de Olivier POT, Édité et traduit par Rémy SCHEURER, Lavinia GALLI MILIC, Ruth STAWARZ-LUGINBÜHL, René WETZEL, Genève, Droz, 2022.

  Débutant comme un manuel de « Prières », le canzoniere d’un type très particulier qu’est le manuscrit trilingue de Blaise Hory (1528-1595), conservé à la Bibliothèque universitaire de Neuchâtel, opte très vite pour le genre de la « Chanson » célébrant – sur le mode lyrique des Psaumes et dans le sillage de la triade Marot, Ronsard et Du Bartas – divers événements tant privés (baptêmes, mariages, maternités, guérisons, deuils) que civiques (festivités du Nouvel An, élections de magistrats, commémorations du passage à la Réforme). Avant de se décliner plus librement encore dans une panoplie de formes savantes où alternent satires, épitaphes, chants de guerre, énigmes, jeux d’esprit et autres exercices virtuoses de style, passage osé de l’exercice pieux à la glorification humaniste du Parnasse qui révèle chez ce « diable de pasteur-poète » comment l’écriture réformée glisse, au cours de la Renaissance, de la littéralité de l’inspiration biblique à la littérarité de la « chose littéraire ».

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Laura Nicolì, Les Philosophes et les Dieux. Le Polythéisme en débat dans la France des Lumières (1704-1770)
Posted: 15 Jun 2022 - 04:55

Laura Nicolì, Les Philosophes et les Dieux. Le Polythéisme en débat dans la France des Lumières (1704-1770), Paris, Honoré Champion, 2022.

L’idolâtrie, le polythéisme, les cultes des païens, la religion « autre » par excellence : le thème est omniprésent dans la réflexion  religieuse et antireligieuse du siècle des Lumières. Les philosophes comme les théologiens, les savants comme les artistes, les orthodoxes et les idéologues, les académiciens et les salonniers se mêlent au débat. À la rencontre de ces différentes voix prennent naissance un regard de plus en plus historique et un intérêt véritablement philosophique envers l’univers religieux des païens, qu’on ne considérait auparavant que du point de vue exégétique et théologique. S’ensuit un renversement de paradigme : l’idée traditionnelle selon laquelle le monothéisme serait la religion
originelle et le paganisme sa corruption est graduellement mise en doute. Le nouveau modèle du polythéisme primitif, qui s’impose à
partir de la moitié du siècle, ne représente pas simplement une 
réponse inédite à la question de l’origine des divinités païennes. 
C’est le statut même du problème qui change, se chargeant d’une signification bien plus large et d’enjeux plus décisifs : s’interroger sur l’origine et la nature des dieux et des déesses signifie désormais s’interroger sur l’origine et la nature de la religion tout court. 

Laura Nicolì est chercheuse post-doctorante à la Sorbonne Université
(LabEx OBVIL) et à la Voltaire Foundation d’Oxford. Elle a obtenu son doctorat en histoire de la philosophie et histoire des idées à « La
Sapienza » de Rome et à l’EPHE de Paris. Ses travaux portent sur les débats philosophiques sur l’origine et la nature de la religion  dans l’Europe des Lumières.

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