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Calls for Papers and Contributions

CALL FOR CONTRIBUTIONS - The Literary Encyclopedia
Posted: Monday, April 1, 2019 - 19:31

The Literary Encyclopedia (www.litencyc.com) is seeking qualified writers to enhance its coverage of seventeenth-century French literature. The list below is not comprehensive or final, and new proposals of writers/ works/context essays that are not currently listed in our database are also welcome. However, we will prioritize articles on writers and works frequently studied in university courses, and those that are highly topical and well-known. 

 

Volume 1.5.2.03, French Writing and Culture of the Seventeenth Century

Prose fiction editor, Dr. Kathrina LaPorta (NYU), kal397@nyu.edu

Theatre editor, Dr. Polly T. Mangerson (DePaul University), polly.mangerson@depaul.edu

 

PEOPLE

Bayle, Pierre

Boileau-Despréaux, Nicolas

Charpentier, Marc-Antoine

D’Urfé, Honoré

Fénelon, François

Furetière, Antoine

La Bruyère, Jean

Lully, Jean-Baptiste

Mazarin, Jules

Rotrou, Jean

Scarron, Paul

Sorel, Charles

Vivonne, Catherine de (marquise de Rambouillet)

 

WORKS

Boileau - L’Art poétique 

Corneille, Pierre - L’Illusion comiqueRodogune

Descartes, René - Discours de la MéthodeLes Passions de l’âme, Méditations philosophiques

La Fontaine - Les Fables 

La Rochefoucauld - Maximes

Madame de Lafayette - La Princesse de ClèvesLa Princesse de Montpensier

Madeleine de Scudéry - Clélie, histoire romaine, Artamène, ou le Grand Cyrus

Molière - L’Avare, L’École des maris

Racine, Jean - Athalie, Esther, La Thébaïde, Les Plaideurs, Mithridate

Rotrou - Le véritable St. Genest

Scarron - Aénide, ou Virgile travesti

Sorel - L’Histoire comique de Francion

 

CONTEXT

Louis XIII creates the Académie française

First edition in France of the Dictionnaire de L'Académie

Orientalism in 17th-century France

 

Please email Kathrina LaPorta and Polly Mangerson by April 30, 2019 to express interest in publishing an entry on one or more of the attached topics.  Individual deadlines for article submissions will be arranged with the editors.

 

Call for articles: Historical Reflections/Réflexions Historiques
Posted: Thursday, March 28, 2019 - 10:59

Historical Reflections/Réflexions Historiques (HRRH) has established a well-deserved reputation for publishing high quality articles of wide-ranging interest for over forty years. The journal, which publishes articles in both English and French, is committed to exploring history in an interdisciplinary framework and with a comparative focus. Historical approaches to art, literature, and the social sciences; the history of mentalities and intellectual movements; the terrain where religion and history meet: these are the subjects to which Historical Reflections is devoted. Contributions are invited from all fields of intellectual-cultural history and the history of religion and mentalities.

Some specific themes include:

•             Music history

•             Social policies and societal change (including studies with a comparative focus)

•             Material Culture and emotions

•             Architectural and garden history

•             Small businesses

•             Colonial/imperial studies

Manuscript Submission

The editorial board welcomes submissions for publication in English or French. Authors should submit articles as email attachments, formatted as Microsoft Word or Rich Text Format files. Please note that all correspondence will take place via email. Send submissions and complete contact information to the editor, Elizabeth Macknight ate.macknight@abdn.ac.uk.

Have other questions? Please refer to the various Berghahn Info for Authors pages for general information and guidelines including topics such as article usage and permissions for Berghahn journal article authors (www.berghahnjournals.com/historical-reflections).

Indexed in:

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•             Scopus

•             Historical Abstracts

•             ERIH PLUS

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Contact: info@berghahnjournals.com

Source: H-France
Appel à communications : Présences de la voix XVIe – XVIIIe siècles
Posted: Saturday, March 16, 2019 - 19:07

Colloque international

26-28 mars 2020

Université́ Toulouse Jean-Jaurès

 

Laboratoire PLH (Patrimoine-Littérature-Histoire)-ELH (Équipe Littérature Herméneutique) – EA 4601

 

Le colloque « Présences de la voix » a pour objectif d’interroger, dans une perspective interdisciplinaire, les différentes représentations de la voix dans les textes des XVIe-XVIIIe siècles, en articulant les approches littéraires et oratoires, scientifiques et médicales, mais aussi pratiques et théoriques.

 

 

Modalités de soumission

Les propositions de communications (titre provisoire, résumé́ de 150 mots, brève notice biobibliographique) sont à renvoyer pour le 15 juillet 2019 à l’adresse suivante : presencesdelavoix@yahoo.fr.

 

Organisateurs

Pascale Chiron, Philippe Chométy, Hélène Cussac, Agnès Rees

Université́ Toulouse Jean-Jaurès ELH-PLH

 

Appel complet

Le problème de la voix se pose en effet de manière particulière à cette époque dite « pré- classique » et « classique », où prédomine encore une conception largement orale voire oratoire de la littérature. Ainsi, au XVIe siècle, la volonté d’« imiter la nature » dans toute sa richesse, visuelle mais aussi sonore, se traduit par des tentatives mimétiques qui prennent la forme, dans certains poèmes de Ronsard et surtout de Peletier du Mans ou de Bertrand Berger, de véritables « tableaux » sonores reposant notamment sur des jeux d’harmonie imitative et sur les ressources de l’onomatopée. La lecture à haute voix et l’art de bien prononcer restent profondément ancrés dans les pratiques culturelles et littéraires. Ronsard, qui dans Les Amours de 1552 fait l’éloge d’une Cassandre à la voix enchanteresse, préconise encore, dans son Abrégé de l’art poétique de 1565, de bien « prononcer les vers » pour faire résonner le texte poétique et lui donner un surcroît de sens. Quant aux auteurs dramatiques, comme Jodelle, ils fondent le renouvellement du genre tragique sur une pratique essentiellement déclamatoire du texte théâtral.

Le XVIIe siècle développe un véritable « culte de la voix » (Ph. J. Salazar). Dans les manuels de civilité, le travail sur la voix et ses intonations, associé à la noblesse du maintien et à l’aisance du geste, occupe une place privilégiée dans l’art de la conversation polie. Sa maîtrise est essentielle à l’urbanité classique, condition indispensable des bonnes manières, tout en manifestant les dispositions du cœur, en lien avec les passions de l’âme. En termes d’actio oratoire, la voix est employée à la production du discours efficace. Par son énergie, elle donne aux orateurs, qu’il s’agisse de la chaire ou du barreau, le moyen de convaincre et de persuader par l’oreille. Témoignant d’une confiance dans les vertus communicationnelles de la parole humaine, elle s’inscrit dans une rhétorique de l’éloquence, envisagée comme un instrument du toucher. À cela s’ajoute, pour les prédicateurs, une forme d’oralité́ spécifique : il s’agit de faire agir, aussi bien qu’entendre, la voix tonnante de Dieu (Bossuet). Cette dynamique culturelle et sociale de la voix, qui participe d’une utilisation codée de la voix et de ses artifices, dans sa dimension publique ou privée, est indissociable d’une esthétique et d’une réflexion sur la théâtralité́. Comme des comédiens, l’orateur et le courtisan prêtent leur voix aux personnages qu’ils interprètent. Cette réflexion s’inscrit dans une pratique aux enjeux éminemment moraux – le loup devenu berger est attentif à « contrefaire sa voix » (La Fontaine) – et savants – le travail vocal participant de « l’art de prononcer parfaitement » (Hendret). Du point de vue de l’expression dramatique, une évolution du jeu scénique, et donc de la voix, se produit au cours du XVIIe siècle, tendant à l’émergence d’une diction prétendument « naturelle », au nom de la vraisemblance (Molière). Quant à la pratique de la lecture des textes à voix haute, elle fournit le critère de la réussite d’un texte, mesurée au plaisir qu’il procure. Boileau vante ainsi les qualités sonores du style et se moque de « ces auteurs nés pour nous ennuyer, / Qui toujours sur un ton semblent psalmodier » (Art poétique).

Au XVIIIe siècle, Diderot explore dans ses théories sur le théâtre (Paradoxe sur le comédien), mais aussi dans Le Fils naturel et Le Père de famille, les accents, le silence voire les sons inarticulés, véritablement aptes à transmettre les passions. La voix emplit ses textes narratifs, des Les Bijoux indiscrets, sans oublier les performances vocales du Neveu de Rameau et les cris de Suzanne dans La Religieuse. Voltaire, lui, montre aussi un attrait particulier pour la voix au point d’élargir la potentialité́ vocale au domaine végétal (Dictionnaire philosophique, art. « Âme ») et à ridiculiser la voix humaine lorsqu’il lui fait imiter des cris d’animaux (ibid., art. « Délits locaux »). Le corps sonore privilégié́ du siècle des Lumières est en effet la voix, chantée en premier lieu, en ce qu’elle est instrument de la nature et parle directement à l’âme (on pense bien sûr à l’Origine des langues de Rousseau). Si les auteurs du XVIIIe siècle héritent des morales de l’honnêteté, qui faisaient de la conversation modérée le lieu par excellence du bon goût, recommandant d’apprendre à user de sa voix d’une manière accordée aux attentes du «grand monde », ils ne résistent pourtant pas aux conséquences sensualistes d’une nouvelle esthétique qui n’est plus celle du goût mais celle du plaisir et de l’émotion. La primauté est donc désormais donnée à une voix naturelle, articulée ou inarticulée, ce qui n’empêche pas les orateurs de la Révolution d’user à nouveau de la grande éloquence.

Ces recherches sonores et plus particulièrement vocales s’enrichissent enfin d’un discours scientifique et médical sur la production des sons, la « physiologie » et les pathologies de la voix. Dès le XVIe siècle, les traités de médecine s’intéressent à l’anatomie de l’oreille et aux mécanismes de production des sons. Le De Arte Gymnastica de Girolamo Mercuriale (1569) étudie quant à lui la manière dont les exercices vocaux peuvent entrer dans les processus de soins thérapeutiques. Aux XVIIe et XVIIIe siècles paraissent de nombreux traités sur l’ouïe, le bruit et la musique, dans lesquels la voix se trouve interrogée. Des articles de L’Encyclopédie à l’Émile de Rousseau, on s’intéresse au rapport privilégié́ entre la voix et l’ouïe. Si les textes savants développent de multiples axes scientifiques autour de la voix (Cordemoy, Discours physique de la parole, 1668 ; Dodart, Mémoire sur les causes de la voix de l’homme, 1703 ; Les merveilles de la trachée-artère, 1712, etc.), les traités sur le beau et le goût privilégient quant à eux des entrées morales, n’hésitant pas à faire le lien avec la physique de la voix (Crousaz, 1715 ; Père André́, 1741).

Il s’agira donc d’étudier, dans une perspective interdisciplinaire, les discours sur la voix, ainsi que les différentes représentations de la voix humaine (et éventuellement animale) dans les textes des XVIe-XVIIIe siècles. Les interventions pourront s’articuler autour de quatre axes de réflexion :

 

1. Savoirs de la voix

Ce premier axe privilégiera une approche scientifique, physiologique ou anatomique de la voix, fondée sur l’étude des textes théoriques et des planches illustratives des XVIe-XVIIIe siècles. Il s’agira d’explorer les théories de la voix et leur évolution au cours de la période étudiée, et de mettre en évidence les répercussions du discours scientifique et médical dans les textes littéraires, voire dans les pratiques artistiques. Parmi les pistes possibles, on pourra s’intéresser à la réflexion médicale sur le « complexe voix-ouïe », qui préoccupe tant les savants et les médecins que certains auteurs « littéraires » de l’époque. Autrement dit, que se passe-t-il entre le moment où le son de la voix atteint l’organe et celui où il parvient à l’intellect ? Plus encore, l’oreille est-elle apte à donner un sens raffiné à la beauté de la voix ? On pourra également prendre en compte les textes qui fondent les théories et les représentations de la voix sur des pratiques d’anatomie comparée, consistant par exemple à mettre en rapport la voix humaine et les sons émis par les animaux.

 

2. Dire la voix

On s’intéressera dans cet axe aux descriptions linguistiques, littéraires et artistiques de la voix. Dans les différentes façons de représenter verbalement la voix aux XVIe-XVIIIe siècles, quels mots, quels qualificatifs permettent de designer ou de décrire la voix ? Quelle signification leur accorder ? Jusqu’à quel point une voix est-elle dite par exemple criarde, enrouée, faible, etc. ? Note- t-on une évolution de ces caractérisations au fil des textes ? Les descriptions poétiques et plus largement littéraires de la voix constituent également un terrain d’étude privilégié : qu’on pense au chant du rossignol chez Ronsard ou à ces vers du poème « Sur la mort de Marie » : « Hélas ! Où est ce doux parler, / Ce voir, cest ouyr, cest aller, / Ce ris qui me faisait apprendre/ Que c’est qu’aimer ? », ainsi qu’au « doux charme des voix humaines » évoqué́ par Théophile de Viau. La voix peut également faire l’objet de descriptions détaillées dans les blasons anatomiques du corps féminin (Victor Brodeau, « Blason de la bouche » ; Maurice Scève, « Blason du Soupir » ; Eustorg de Beaulieu, « Blason de la voix », etc.) Enfin, l’étude des illustrations plastiques de la voix pourra compléter ces réflexions. Peut-on représenter visuellement la voix ? Comment l’image, muette, peut-elle rendre compte des inflexions de la voix ? N’est-ce pas, après l’idée du clavecin oculaire du Père Castel, par la couleur que Diderot faisait «entendre » les voix (des « voix brunes, blondes ») à Mélanie de Salignac, sourde ?

 

3. Restituer la voix

Un troisième axe d’étude s’intéressera plus spécifiquement aux restitutions littéraires de la voix. On accordera une attention particulière aux effets de mimesis sonore qui visent à reproduire dans les textes littéraires les voix de la nature et tendent ainsi à reconstituer le « paysage sonore » d’une époque (selon l’expression de J.-M. Fritz). Cette réflexion pourra s’appuyer sur la distinction entre l’articulé (la parole humaine) et l’inarticulé (cris, soupirs, bruits, invocations). On s’intéressera ainsi au rôle des onomatopées, qui visent à reproduire les bruits de la nature dans leur diversité, et des interjections, qui traduisent dans certains poèmes lyriques de la Renaissance la nostalgie d’une oralité primitive : ainsi, dans les Dithyrambes à la pompe du Bouc de Ronsard, les « Hoh ! », « Évoé, ïach, ïach », habités du furor poétique, renvoient directement à la poésie orale de la Grèce antique. Voltaire ne se moque-t-il pas de l’humain jusqu’à en réduire la voix à sa valeur sonore : « Le prophète s’écria : « Pouah ! Pouah ! Pouah ! » (Dict. philosophique, Art. « Ézéchiel ») ? À l’inverse, la parole humaine peut être un moyen de donner la voix à toutes les créatures du monde : les Fables de La Fontaine entendent ainsi traduire « Tout ce que disent sous les cieux / Tant d’êtres empruntant la voix de la nature ». On étudiera plus largement les effets d’euphonie et de cacophonie dans les textes littéraires et dans les œuvres musicales. Une attention particulière pourra être portée au genre littéraire et musical des « cris » (Cris de Paris...).

 

4. Donner de la voix

On abordera enfin la mise en voix des textes, du XVIe siècle à l’époque contemporaine, du point de vue de la performance vocale. On étudiera, d’une part, les ressources rhétoriques et énonciatives des textes littéraires voués à une pratique orale ou à la mise en scène (textes de théâtre, sermons, oraisons funèbres, éloges, psaumes, cantiques, poèmes lus devant des académies, poèmes lus dans les salons mondains, etc.). Qu’il s’agisse des indications laissées par les auteurs eux-mêmes ou des éléments présents dans le texte écrit (exclamations, interjections, apostrophes, périodes oratoires), on mettra en évidence ce qui rend le texte propre à la déclamation. On pourra également s’appuyer sur les témoignages d’époque pour appréhender les performances vocales des poètes, acteurs et prédicateurs des XVIe-XVIIIe siècles. D’autre part, on s’intéressera aux dictions reconstituées, historiquement informées, des textes de l’âge classique en s’appuyant sur le travail de certains metteurs en scène (Eugène Green, Benjamin Lazar) ou de spécialistes de la prononciation (Olivier Bettens). On mettra ainsi en évidence le rôle essentiel de la mise en voix dans l’interprétation et la transmission des textes littéraires.

 

Source: Dramatica

Appel à communications : Frontières (Congrès CIR17 - 2020, Arras)
Posted: Friday, March 15, 2019 - 12:54

FRONTIÈRES

Colloque bisannuel du CIR 17 (Centre International de Rencontres sur le XVIIe siècle),

organisé à l’Université d’Artois (62000 – Arras, France)

Les 13, 14 et 15 mai 2020

 

Le XIXesiècle a fait du XVIIele moment où se seraient définies, dans un même mouvement, les frontières externes et internes de la littérature et de l’État Nation. Les deux processus en venaient à se superposer quand un style ou une esthétique se revendiquaient comme « national » (ainsi de la galanterie française). Dans les dernières décennies, les critiques de la notion de classicisme et les nouvelles approches de l’histoire littéraire nourries par la bibliographie matérielle et les sciences sociales ont mis en lumière le caractère mouvant, brouillé et essentiellement polémique de ces frontières.

La frontière est d’abord une ligne de front. Les conflits frontaliers qui se développent au XVIIesiècle (particulièrement actifs dans la région des Flandres) se traduisent par des opérations militaires, mais aussi par une abondante production écrite (l’intéressante allégorie théâtrale et politique Europe, 1643, de Desmarets de Saint-Sorlin, les textes traitant des conflits espagnols, voire les utopies, où la notion de frontière entre l’ici et l’ailleurs est essentielle). En même temps, le genre de la carte allégorique utilise la métaphore de la frontière pour définir des groupes sociaux, des courants et des genres, et les querelles littéraires (querelle autour de la galanterie, querelles théâtrales, querelle des Anciens et Modernes) se donnent à voir comme autant de conflits sur les frontières, sans oublier la question des limites entre ce qui relève du laïc et ce qui relève du religieux, entre le privé et le public, entre le moral et l’immoral, entre la littérature (en passe d’une nouvelle définition) et ce qu’elle n’est pas.

La transformation de la ligne de front en frontière, de la force en pouvoir, passe par une opération de représentation : la carte, le tableau, la description, les institutions fixent alors les frontières. Les villes conquises par Louis XIV font ainsi immédiatement l’objet de séries de représentations peintes ou gravées (voir la récente exposition du Louvre, La France vue du Grand Siècle). La frontière se matérialise aussi sur le territoire, de manière durable (les forteresses de Vauban, les portes érigées à l’entrée des villes) ou éphémère (les arcs de triomphe des entrées royales). La frontière apparaît comme une figure du pouvoir et son franchissement, à l’occasion des entrées royales ou des mariages, est fortement ritualisé. Ces mises en scènes du franchissement des frontières superposent à l’image de la limite une autre interprétation de la frontière, comme zone de circulation, de dialogues et d’échanges entre des pouvoirs à la fois partenaires et rivaux. La circulation (autorisée ou clandestine) et la traduction des livres (des étrangers, des exilés) mettent ainsi en jeu les frontières politiques et linguistiques : situer un livre dans cette zone – par exemple en utilisant une fausse adresse d’imprimeur – est un moyen de le placer en dehors de l’emprise du pouvoir et de sa censure. 

Ces franchissements, réels ou fictifs, mettent en lumière le caractère poreux des frontières : sur le territoire comme en littérature, tracer des frontières revient à revendiquer des valeurs et des hiérarchies, tout en ouvrant des espaces de conflits, d’échanges et de transgressions. La frontière apparaît comme une zone marginale dotée d’une créativité propre. Brouiller les frontières, par exemple en multipliant les langues ou les genres au sein d’un même ouvrage, consiste à mettre en place un espace de liberté pour la création et l’action, en résistance contre une tendance (politique) à établir et valoriser les limites. Le burlesque, fréquemment utilisé dans des ouvrages polémiques, est ainsi porteur d’une dérision généralisée qui bouleverse et transgresse les frontières linguistiques et génériques, et décompose leurs hiérarchies, écho des hiérarchies du monde réel. Le mélange des arts dans les divertissements de cour tend à effacer les frontières (artistiques) pour figurer l’union de la nation. Les récits qui brouillent les frontières entre histoire et fiction (comme les nouvelles historiques), entre fiction et science (comme Les États et empires de la Lune et du Soleilde Cyrano de Bergerac), cherchent à atteindre de nouveaux publics et à constituer de nouveaux modes d’adhésion, à créer une littérature moderne, quitte à ne pas choisir entre anciens et modernes, tel La Fontaine. 

Ce sont ces usages littéraires, artistiques et historiques de la frontière, ligne de front, limite de territoires et de pouvoirs, zone d’échanges, de négociations et de transgressions, que nous nous proposons d’interroger. Les questions suivantes (sans exclusive) pourraient être abordées :

- Comment les frontières sont-elles définies dans les conflits, qu’ils soient historiques, politiques, littéraires ou religieux, qui traversent le siècle ? Quels pouvoirs, quelles valeurs sont mis en jeu ? 

- Quel usage la littérature et les arts font-ils de la notion de frontière (au sens propre ou au sens métaphorique) et des idées corollaires de nation, d’identité, dans leur processus d’institution ?

- Quelles relations avec les institutions (politiques, administratives, religieuses) les représentations littéraires et artistiques construisent-elles, au moment où la littérature tente de conquérir une autonomie qui lui reste contestée ?

- Comment la littérature et les arts tracent-ils des frontières internes, pour quoi faire et avec quelle efficacité ? Quelles inventions nouvelles, quelles actions spécifiques sont rendues possibles par les choix esthétiques du mélange des disciplines, des arts, des genres ou des tons ?

- Comment les écrits et les usages qu’ils font des frontières articulent-ils confirmation, transgression, résistance aux pouvoirs ? 

- Quelles relations les figures de contrebandiers, de voyageurs, ou d’exilés entretiennent-elles avec la frontière et le pouvoir qu’elle représente ? De quels choix esthétiques le franchissement des frontières s’accompagne-t-il ? 

- La transgression des frontières politiques va-t-elle de pair avec celle des frontières entre les styles ou les genres ?

*

Le colloque aura lieu les 13, 14 et 15 mai 2020 ; les propositions de communication sont à adresser à

Claudine Nédelec (clnedelec@yahoo.fr) et Marine Roussillon (marine.roussillon@wanadoo.fr)

au plus tard pour le 15 septembre 2019 ; les réponses seront transmises en janvier 2020.

*

Comité scientifique

Christian Biet (Université Paris-Nanterre), Benoît Bolduc (New York University), Marion Brétéché (Université d’Orléans), Markus Castor (Directeur de recherches, Centre allemand d’histoire de l’art), Delphine Denis (Université de Paris-Sorbonne), Nathalie Grande (Université de Nantes), Sophie Houdard (Paris III-Sorbonne nouvelle), Lise Michel (Université de Lausanne), Buford Norman (University of South Carolina), Guillaume Peureux (Université de Paris-Nanterre), Pierre Ronzeaud (Université d’Aix-en-Provence), Volker Schröder (Princeton University), Jean-Pierre Van Elslande (Université de Neuchâtel), Alain Viala (Oxford University).

 

Comité d’organisation

pour l’Université d’Artois, Claudine Nédelec et Marine Roussillon ;

pour le CIR 17, Jean Leclerc (jlecler@uwo.ca) et Gilles Declercq (gilles.declercq@univ-paris3.fr).

Appel à communications, jeunes chercheurs : Le Pur et l’Impur : Figurations de la souillure et aspirations à la pureté dans la littérature, du Moyen Âge à nos jours
Posted: Friday, March 15, 2019 - 12:52

Colloque national de jeunes chercheurs

Université de Picardie Jules Verne,

Amiens, 24-25 septembre 2019 - Logis du Roy, square Jules Bocquet, 80000 Amiens

Colloque organisé par les laboratoires CERCLL et TRAME, ED 586

 

Présentation

L’aspiration à la pureté s’accompagne invariablement de la déploration d’une perte ou d’un inachèvement. La pureté s’inscrit toujours implicitement dans un récit tendu entre des directions opposées. Ce récit s’est longtemps déployé dans le cadre d’une anthropologie chrétienne de chute symbolique où le présent n’est plus qu’une marche laborieuse vers un avenir qui signera le retour vers la pureté originelle – rêvée et fantasmée – d’un temps mythique. Mais depuis le XIXe siècle, ce récit est désormais de plus en plus informé par une anthropologie évolutionniste où l’homme tente de s’arracher à son impureté originelle grâce au processus de civilisation historique, mais manque toujours d’y retomber.

Ineffable, la pureté ne semble pas exister, pas même chez le saint, sinon comme idéal régulateur. Comme le conclut Colette dans son essai intitulé Le Pur et l’impur, « le mot pur ne m’a pas découvert son sens intelligible ». Le réel au contraire permet de dire l’impureté, des corps, des intentions, car il est le lieu par excellence du mélange, des compromis et des ambivalences, du devenir et de la corruption. Les jugements de pureté et d’impureté engagent ainsi tout un système symbolique dont les implications métaphysiques, philosophiques, morales, politiques et esthétiques doivent être questionnées, et qui, loin d’être considérés comme des objets immuables, doivent être historicisés.

Ce colloque de jeunes chercheurs se propose donc d’étudier les différentes constructions des notions de pureté et d’impureté en littérature, et selon un vaste spectre temporel, du Moyen Âge à nos jours.

Axes

La réflexion pourra s’articuler autour d’une ou plusieurs de ces problématiques :

  • Figurations : Comment les textes représentent-ils le couple du pur et de l’impur ? Comment le pur et l’impur se donnent-ils à lire ou à voir ? Quelles sont les preuves qui permettent de conclure à l’un ou l’autre et comment s’y lient le corps et l’âme, le physique et le moral ? Une attention particulière pourra être portée aux représentations de figures archétypales de la pureté et/ou de l’impureté telles que les saints, les bâtards ou certaines minorités comme les juifs, les lépreux et les sorcières dans les littératures médiévales et modernes.
  • Écriture : Comment les représentations de la souillure et d’une éventuelle purification informent-elles les structures et thèmes des récits du Moyen Âge à nos jours ? Est-il possible de noter des inflexions en fonction des périodes et des genres littéraires ? Ces représentations peuvent-elles se concevoir en dehors de l’anthropologie chrétienne de la chute et de la rédemption ? La référence chrétienne est-elle systématiquement engagée dans la pensée de cette dialectique de la souillure et de la purification ?
  • Enjeux politiques  et polémiques : les discours sur la pureté et l’impureté sont loin de se limiter à la stricte sphère spirituelle, ils irriguent les représentations sociales et les discours politiques et polémiques, qu’il s’agisse de la pureté du sang en régime monarchique, ou de celle de la race à partir du XIXe, en passant par la construction du « sang impur » des ennemis de la Nation qu’invite à combattre La Marseillaise. On pourra donc se demander comment les textes font de la pureté un usage polémique voire pamphlétaire, et comment le couple du pur et de l’impur est réinvesti en fonction des différents contextes politiques et/religieux propres à chaque époque.
  • Symbolique et représentations : le pur et l’impur se déclinent plus largement dans quasiment tous les domaines de l’existence humaine. Comme l’a montré Mary Douglas, ces concepts impliquent une méditation générale « sur le rapport de l'ordre au désordre, de l'être au non-être, de la forme au manque de forme, de la vie à la mort »[1]. Ce caractère  général explique le facile déplacement de ces concepts dans des domaines divers de l’expérience humaine. Cette faculté d’adaptation et sa mise en texte pourront faire l’objet de questionnements. Jusqu’où peuvent se propager les concepts du pur et de l’impur, et comment s’entrecroisent-ils avec d’autres couples conceptuels comme le propre et le sale ? Comment les textes jouent-ils de ces déplacements et sous quelles formes métaphoriques peuvent se retrouver le pur et l’impur ? Comment s’entrecroisent alors différents discours de savoir et/ou de croyance, tels que la théologie, les discours médicaux et les discours moraux autour d’objets variés que la qualification de purs ou d’impurs invite à considérer sous un jour nouveau ?
  • Réceptions : qu’est-ce qui rend un texte pur ou impur ? L’impureté ou la pureté d’un texte sont-elles consubstantielles à celui-ci, dans sa forme et son contenu, ou sont-elles le fait de l’observateur ? Quel rôle joue la réception dans l’assignation d’impureté d’un texte ? Quels sont les arguments avancés pour justifier ces considérations ?  Ces perceptions survivent-elles à l’époque de leur émission? L’impureté clamée par les détracteurs des textes ne serait-elle pas, à tout prendre, du fait du lecteur bien plus que de l’auteur, comme nous le rappelle La Critique de L’École des femmes, dans laquelle Uranie rétorque à Climène, qui prétend que la pièce est obscène : « Il faut donc que pour les ordures, vous ayez des lumières, que les autres n’ont pas : car pour moi je n’y en ai point vu »[2]?

 

1 Mary Douglas, De la souillure : essai sur les notions de pollution et de tabou[1966], Paris, La Découverte, 1992, p. 27.

La Critique de L’École des femmes, scène III.

 

Bibliographie indicative :

- Georges Bataille, L’Érotisme, Paris, éditions de minuit, 1957 ; « L’Abjection et les formes misérables », Œuvres complètes, II, Écrits posthumes 1922-1940 , Paris, Gallimard, 1972, p. 217-221.

- Alain Corbin, Une histoire des sens, Paris, Robert Laffon, 2016 ; Histoire du corps (dir.), Paris, Seuil, 3 volumes, 2011.

-  Mary Douglas, De la souillure : essai sur les notions de pollution et de tabou[1966], Paris, La Découverte, 1992.

- Emile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse : le système totémique en Australie, Paris, PUF, 2012.

- Béatrice Didier, L’Infâme et le sublime. Quelques représentations du sacré des Lumières au Romantisme, Paris, Honoré Champion, 2017.

- Norbert Elias, La Civilisation des mœurs, Paris, Calmann-Lévy, 1973.

- René Girard, La violence et le sacré, Paris, Grasset, 1972.

- Vladimir Jankélévitch, Le Pur et l’impur, Paris, Flammarion, 1960.

- Julia Kristeva, Pouvoirs de l’horreur : essai sur l’abjection, Paris, Seuil, 1980.

- William Ian Miller, Anatomy of disgust, Cambridge (Mass.), Harvard university press, 1997.

- Antonio Pinelli, La bellezza impura : arte e politica nell’Italia del Rinascimento, Roma-Bari, Laterza, 2004.

- Fabrizio Vecoli, Il sole e il fango : puro e impuro tra i padri del deserto, Roma, 2007.

- Georges Vigarello, Le propre et le sale : l’hygiène du corps depuis le Moyen-Âge, Paris, Seuil, 1985 ; Le sain et le malsain : santé et mieux-être depuis le Moyen-Âge, Paris, Seuil, 1993.

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Modalités de soumission :

Cet appel s’adresse aux doctorants et aux jeunes docteurs. Les propositions sont à envoyer jusqu’au 5 mai 2019 à colloquepurimpur@gmail.com, précédées d’un titre, et ne devront pas excéder 250 mots. Elles seront accompagnées d’une notice bio-bibliographique mentionnant l’université de rattachement et la situation administrative du candidat. Les travaux pourront faire l’objet d’une publication ultérieure. Le comité de sélection fera part de ses résultats aux alentours du 20 mai et communiquera alors plus d’informations pratiques aux candidats retenus.

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Comité scientifique

Annabelle Bolot ; Louise Dehondt ; Véronique Dominguez ; Anne Duprat ; Audrey Duru ; Julien Goeury ; Catherine Grall ; Kévin Hémery ; Loïc Le Sayec ; Marie-Françoise Melmoux-Montaubin.

New Publications

Abbé Prévost, Manon Lescaut (éd. Audrey Faulot, Érik Leborgne, Jean Sgard)
Posted: 20 Jun 2022 - 09:07

Abbé Prévost, Manon Lescaut, éd. Audrey Faulot, Érik Leborgne, Jean Sgard, Paris, Flammarion, coll. "GF", 2022.

« Je me trouvai enflammé tout d’un coup jusqu’au transport » : le jeune chevalier des Grieux vient de découvrir Manon Lescaut dans la cour d’une auberge d’Amiens. Plus tard, cette « charmante et adorable créature » se retrouve dans un convoi de prostituées en partance pour le Nouveau Monde, suivie de son amant ruiné. Comment le couple est-il parvenu à une telle déchéance ? C’est ce que nous apprend le récit du chevalier à son retour d’Amérique.

Les aventures de ce couple formé de deux êtres que tout oppose socialement deviennent, sous la plume de Prévost, un « exemple terrible de la force des passions », traitant de questions fondamentales : l’amour et la morale sont-ils conciliables ? La passion est-elle possible dans une société corrompue ? Le bonheur n’est-il qu’un « fantôme » ?

Dossier

1. Le contexte historique de Manon Lescaut
2. Personnages de marginaux : aventuriers, chevaliers d’industrie, tricheurs
3. Plaisirs du romanesque : coups de foudre, passions, héroïnes « fatales »
4. Réception de Manon Lescaut.

EAN: 9782080273352
384 pages
Prix : 3€

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Madeleine de Scudéry, Histoire de deux caméléons, suivi de Description anatomique de Claude Perrault (Édition dirigée par Aude Volpilhac)
Posted: 20 Jun 2022 - 09:05

Madeleine de Scudéry, Histoire de deux caméléons, suivi de Description anatomique de Claude Perrault, Édition dirigée par Aude Volpilhac, Vincennes, Thierry Marchaisse, 2022.

Ce texte écoféministe, jamais republié depuis le XVIIe siècle, nous plonge en un temps où écrire les sciences naturelles au féminin ne va pas de soi, et où (après Descartes) l’idée même d’affect animal passe pour de la sensiblerie ridicule.

Trois chercheurs nous introduisent, à partir de leur discipline, aux enjeux complexes suscités par la découverte du caméléon en Europe. Ils rouvrent le dialogue souterrain, mais bien réel, entre Madeleine de Scudéry, la romancière des sentiments, et Claude Perrault, l’anatomiste de Louis XIV.

Et ils montrent sa fécondité surprenante, puisque « le cas Méléon » permet d’éclairer les débats actuels autour du féminisme et du droit des animaux.

Lire sur Fabula la Préface et le début du texte, et parcourir la Table des matières…

Une source oubliée de l’éthologie moderne, où s’invente la poétique des biographies animales, et où l’on découvre que l’esthétique galante de l’âge classique rend lisible les sentiments des bêtes, au moment même où ils sont invisibilisés par le nouveau paradigme cartésien.

Édition dirigée par Aude Volpilhac, spécialiste de la littérature du XVIIe siècle, avec la collaboration de Anthony Herrel, du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, et de Thierry Hoquet, spécialiste de philosophie des sciences naturelles.

EAN: 9782362802843
192 pages
Prix : 18,50 EUR

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Le grand siècle au féminin. Femmes de foi, de culture et de gouvernement (Marie-Joëlle Guillaume)
Posted: 20 Jun 2022 - 08:52

Marie-Joëlle Guillaume, Le grand siècle au féminin. Femmes de foi, de culture et de gouvernement, Paris, Perrin, 2022.

Les onze Muses du Grand siècle. 

Il existe de nombreuses biographies de femmes célèbres au XVIIe siècle, gravitant immanquablement autour de Versailles. Mais la présentation d’une galerie de onze portraits thématique, rassemblant à la fois de grandes dames de la spiritualité, de la vie culturelle et littéraire et de la politique, est une démarche originale et qui n’a pas d’équivalent. Alors que le thème de la femme est très largement abordé dans l’édition contemporaine, tous siècles confondus, sous l’angle de la condition féminine, le propos tenu par Marie-Joëlle Guillaume, spécialiste du XVIIe siècle, se décentre, voire se renverse : c’est la force de leur empreinte sur la civilisation du XVIIe siècle qui est mise en valeur.

S'ajoutent aux portraits fameux des figures moins illustres mais tout aussi essentielles : Barbe Acarie, Louise de Marillac, Marie de l'Incarnation, Angélique Arnauld, Catherine de Rambouillet, Madeleine de Scudéry, Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, duchesse de Longueville, Anne d'Autriche et Mme de Maintenon.  Ils permettent une plongée concrète et très humaine dans les mentalités de l’époque, de Corneille à Port-Royal. Enfin, cet ouvrage enlevé offre une « défense et illustration » de la civilisation du Grand Siècle, dont l’appellation suggère l’excellence. Une excellence incarnée par des femmes d’élite qui en furent les actrices et les inspiratrices.

EAN: 9782262086220
384 pages
Prix : 24 EUR
Date de publication : 07 Avril 2022

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Juge de Montaigne. Une tragi-comédie (Jean Rouaud)
Posted: 20 Jun 2022 - 08:49

Jean Rouaud, Juge de Montaigne. Une tragi-comédie, Paris, Plon, 2022.

« Chaque fois qu’on se met à la recherche d’un esprit libre, c’est vers lui qu’on se tourne. » Parce que l’intolérance et la barbarie menacent toujours et encore, et parce qu’il estime que Montaigne, avec sa parole de la fin du xvie siècle, offre la réponse la plus pertinente à l’œuvre destructrice des fous de Dieu, Jean Rouaud a imaginé un affrontement entre l’auteur des Essais et un juge sectaire chargé de mener son procès. « Un jugement pour de faux pour tenter de dire le vrai. »

« C’est ici un livre de bonne foi, lecteur » : ainsi commencent les Essais. Quelle audace quand, au temps des guerres de Religion, c’est précisément cette question de la bonne foi qui divise l’Europe… Jean Rouaud propose cette clef pour éclairer l’œuvre de Montaigne et son humanisme intemporel.

Dans cette tragi-comédie, qui mêle vers rimés et non rimés, morceaux choisis, étude littéraire et réflexion politique, Jean Rouaud s’adonne à une écriture poétique, étonne, amuse et s’amuse, et trouve un terrain où s’exercent sa virtuosité comme son humour, mais aussi sa capacité d’indignation.

Jean Rouaud s’est fait connaître dès son premier roman, Les Champs d’honneur (éditions de Minuit), qu’a récompensé le prix Goncourt en 1990. Creusant le rapport entre racines, mémoire et écriture, il a poursuivi son cycle familial et autobiographique à travers quatre livres publiés aux éditions de Minuit et les cinq du cycle de La Vie poétique, chez Gallimard (Comment gagner sa vie honnêtement, 2011), puis chez Grasset (Kiosque, 2019). Il est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages. Il a récemment fait paraître La Splendeur escamotée de Frère Cheval ou Le Secret des grottes ornées (Grasset, 2018), L’Avenir des simples (Grasset, 2020) et La Constellation Rimbaud, (Grasset, 2021).

« les guerres de religion ont toutes un air
de parenté
il faut une grande liberté d’esprit
pour choisir de se retirer
plutôt que de participer à cette répétition
terrestre du Jugement dernier
tout en s’accordant
autre pied de nez
de sonner les cloches à toute volée
le matin de Pâques en terre réformée
il faut un grand détachement pour ne pas
céder à ces luttes partisanes
et tenter de démêler les fils
embrouillés entre les frères ennemis
il faut un culot monstre pour
profitant de ce cyclone ravageur
faire le calme en soi et
avec un œil d’une lucidité impeccable
s’offrir comme cobaye humain
il faut être Montaigne »

EAN: 9782232145407
112 pages
Prix : 15 EUR
Date de publication : 27 Janvier 2022

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Entre Anciens et Modernes. La Tradition républicaine anglaise dans la France du dix-huitième siècle (Rachel Hammersley)
Posted: 20 Jun 2022 - 08:46

Rachel Hammersley, Entre Anciens et Modernes. La Tradition républicaine anglaise dans la France du dix-huitième siècle, trad. Myriam-Isabelle Ducrocq, Lormont, Le Bord de l'eau, coll. "Nouvelle bibliothèque républicaine", 2022.

Titre original : The English Republican Tradition and Eighteenth-Century France by Rachel Hammersley

À un moment où La République est sur toutes les lèvres, mais où une conception nationalo-centrée de cette dernière domine les débats, montrer que les transferts culturels ont joué à plein aux origines de la Révolution française et du républicanisme français peut-être utile.

Ce travail s’inscrit à la fois dans le développement des études des transferts culturels et dans le renouvellement de la pensée politique depuis une vingtaine d’années, de la définition et de l’histoire du républicanisme, à partir des travaux de Philip Pettit et de Quentin Skinner.

En refusant les oppositions entre vertu et droit qui ont dominé durant des décennies l’historiographie, en complexifiant le rapport entre libéralisme et républicanisme qui n’est pas de seule opposition, ces travaux sont aujourd’hui ceux qui guident les jeunes générations de politistes, d’historiens et de philosophes.

À cet égard, le travail de Rachel Hammersley est un des plus représentatifs de ce renouveau des études républicaines. Ce livre contribue à une autre compréhension du XVIIIe siècle, des lumières françaises et des origines intellectuelles de la Révolution.

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L’ouvrage de R. Hammersley a été recensé dans plusieurs revues internationales (Journal for Eighteenth-Century Studies, 2021, The Journal of Modern History en 2013, The American Historical Review en 2014…) et a eu un retentissement important dans les pays anglophones. Ses travaux sont également connus des spécialistes en France, bien qu’elle n’ait publié que peu de textes en français. Son apport à l’historiographie du républicanisme en France justifie la traduction de son ouvrage qui est de nature à modifier en profondeur notre compréhension de la Révolution française.

Ouvrage publié par le concours du CNL et de la MGEN

EAN: 9782356878434
240 pages
Prix : 24 EUR
Date de publication : 13 Juin 2022

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