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Calls for Papers and Contributions

Appel à communications: Femmes et pouvoir dans les sociétés et cultures françaises et francophones
Posted: Tuesday, July 10, 2018 - 01:05

Leeds (17-19 mai 2019), avant le 1er sept. 2018

WOMEN IN FRENCH UK 15th BIENNIAL CONFERENCE (WiF UK / CCWW)

INTERVENANTE INVITÉE : Leïla Slimani

APPEL À COMMUNICATIONS

Le thème « femmes et pouvoir » revêt une pertinence particulière dans le contexte de la France d’aujourd’hui. Cinquante ans après les événements de mai 68, la société française est en train de vivre une nouvelle vague de mouvements revendicatifs tels que « La Barbe », ou, plus récemment, la campagne « Balance ton porc » contre le harcèlement sexuel et le sexisme dans la vie publique. De la même manière, l’écriture féministe française a joué un rôle déterminant en lançant un défi aux normes littéraires, sociales et sexuelles du patriarcat et beaucoup d’écrivaines francophones continuent à repousser les limites dans leur façon de représenter les rapports de force qui s’inscrivent dans le vécu féminin. Mais où précisément se situe le pouvoir dans la société française contemporaine ? De quelle manière le pouvoir est-il genré et que nous révèlent ses lignes de faille, dans leurs déplacements même, à propos de l’accession et du maintien des femmes au pouvoir ? Est-il possible de réconcilier l’objectif d’une « égalité dans la différence » porté par certains courants féministes avec une société réellement égalitaire et qui partage le pouvoir ? Comment se manifestent les rapports variés des femmes au pouvoir, en fonction de leur classe, de leur génération ou de leur ethnicité ? Et quelles sont les épreuves et même les contradictions vécues par les femmes au pouvoir ? Ce colloque s’intéressera aux manifestations historiques et contemporaines du pouvoir (et de l’impuissance) des femmes, à leur accès au pouvoir et aux formes de leur marginalisation, pour mieux explorer un sujet insuffisamment étudié jusqu’à présent. Parce que les organisatrices de ce colloque soutiennent que ce vaste thème de recherches sera mieux servi par des approches interdisciplinaires, les propositions de communications et de séances de disciplines diverses seront donc particulièrement appréciées, tout comme les contributions de doctorantes et celles de chercheuses venant de l’étranger. Les communications ne dépasseront pas 20 minutes.

Nous proposons les champs de travail suivants, mais la liste n’est pas exhaustive :

Espaces du pouvoir (y compris virtuels, médiatiques et quotidiens)

Femmes et pouvoir dans la théorie et la pensée

Femmes dans le domaine politique (par exemple, la parité, les politiques publiques, le militantisme)

Femmes et monde du travail (y compris universitaire)

Femmes et médias (par exemple, les maisons d’éditions gérées par les femmes, les metteuses en scène, les traductrices)

Femmes et pouvoir dans la littérature et le cinéma

Femmes, corps et réalités corporelles (par exemple, le sexe, la sexualité, la violence, les politiques de la reproduction)

Pouvoir, langage et voix (par exemple, l’éloquence, le rire) ou impossibilité de se faire entendre

Pouvoir et marginalisation (par exemple, le colonialisme, le postcolonialisme, l’ethnicité)

Pouvoir et cycle de vie (par exemple, l’enfance, l’adolescence, la maternité, la vieillesse)

Par ailleurs, WiF au Royaume-Uni est uni depuis 2017 par un partenariat avec WiF en Amérique du Nord autour du programme « Un Livre, un WiF ». Le projet vise à encourager la collaboration entre les deux associations lors de leurs deux colloques respectifs. Par cette démarche, nous espérons attirer l’attention critique sur le travail d’écrivaines de langue française qui n’ont pas encore acquis la notoriété, en France ou dans le monde francophone. Pour ce colloque, c’est l’écrivaine Claire Legendre qui est proposée, et le livre choisi sera L’Écorchée vive (2009) : toutes les propositions de communications ou de séances qui traitent de cette écrivaine sont les bienvenues.

Ce colloque est organisé en association avec le « Centre for the Study of Contemporary Women’s Writing » (CCWW), qui fait partie de l’Institute for Modern Languages Research à l’université de Londres.

Les propositions de communications, ou de séances entières (chaque séance consistera en trois communications), rédigées en anglais ou en français (300 mots maximum), devront parvenir AUX TROIS CO-ORGANISATRICES DU COLLOQUE (adresses ci-dessous) au plus tard le 1er septembre 2018. Les propositions devront être accompagnées d’une courte biographie (maximum 100 mots) ainsi que d’une affiliation institutionnelle.

Shirley Jordan : shirley.jordan@newcastle.ac.uk

Siobhán McIlvanney : siobhan.mcilvanney@kcl.ac.uk

Jackie Clark : Jackie.clarke@glasgow.ac.uk

 

Appel à communications: La mélancolie face aux crises de l’histoire. Valeurs esthétiques et politiques d’un rapport au temps (XVIe-XXIe s.)
Posted: Thursday, June 28, 2018 - 01:40

a mélancolie face aux crises de l’histoire.

Valeurs esthétiques et politiques d’un rapport au temps (XVIe-XXIe siècles)

Colloque organisé par Anne Teulade

les 6-7 juin 2019 à l’université de Nantes,

avec le soutien de l’Institut Universitaire de France.

À travers ce colloque, on se propose de réfléchir sur l’état mélancolique en tant que rapport au temps. La mélancolie est favorisée par les périodes de rupture et de changement violent de paradigme historique ou politique ; elle résulte d’une prise de conscience aiguë des mutations que ces crises entraînent. Cette association entre mélancolie et conscience du temps est connue s’agissant de la mélancolie romantique – qui est fréquemment corrélée au désenchantement face à l’histoire – et pour les périodes contemporaines, mais elle mérite d’être approfondie pour les XVIe et XVIIe siècles, période de transition où se superposent plusieurs strates de la pensée mélancolique. Au cœur de cette recomposition, la conscience du temps présent est vive, et l’on peut affiner l’idée selon laquelle le XVIIe siècle marquerait une évolution de la conception de la mélancolie, allant de l’affection morbide vers une affliction morale associée à la nostalgie[1]. En effet, cette conception mélancolique du temps n’est pas seulement un sentiment de perte et de rêverie sur le passé, elle peut adopter une tournure plus précise, dirigée contre le temps présent et les développements historiques qui l’ont forgée. La mélancolie des ruines et la déploration de la perte évoquées par Walter Benjamin à propos du drame silésien[2], tout comme la « mélancolie d’anachronisme[3] » mobilisée par Marc Vitse à propos du Siècle d’Or espagnol, constituent une piste à creuser pour penser plus largement la mélancolie de la première modernité comme rapport au temps, et la situer par rapport aux périodes ultérieures. 

Ainsi, de la fin du féodalisme à l’écroulement des utopies communautaires[4], en passant par les nouveaux régimes du début du XIXe siècle[5] et le hiatus insondable provoqué par la Shoah[6], nombreux sont les moments qui occasionnent l’émergence d’une mélancolie prise en charge par les arts. On notera d’ailleurs que la mélancolie est plus largement motivée dans les œuvres par des changements de paradigmes temporels : les divers moments de confrontation à des modernités pensées comme des failles sont vécus de manière souvent aussi violente que les catastrophes[7].

À travers ce colloque, on souhaiterait approfondir le sens des liens entre mélancolie et crises de l’histoire :

  • Revenir sur le rapport entre mélancolie et rapport au temps, en examinant ses formes et la façon dont il se dit dans les textes : est-il figuré par des personnages, par la figure auctoriale, se modélise dans genres particuliers, poésie épique, lyrique, tragédie, drame, roman comique, roman pastoral, essai, etc. ? Et engendre-t-il des inflexions génériques singulières ?
  • Penser la relation entre le changement de régime d’historicité et la mélancolie, en s’attachant aux particularités de chaque période. La mélancolie semble associée aux différents moments qualifiés de « modernes ». Qu’en est-il, et comment interroger à nouveaux frais ce rapport entre mélancolie et modernité  ?
  • Articuler l’état mélancolique et la construction d’une conscience individuelle.  Quels types de subjectivation s’élaborent dans la psyché mélancolique : un solipsisme anomique, une folie réversible, un for intérieur procédant d’une séparation avec la pensée du groupe, une subjectivité entée sur la mémoire ? Et lorsque c’est la figure auctoriale qui endosse la posture mélancolique, comment celle-ci s’élabore-t-elle ?
  • Interroger la puissance créatrice de la mémoire mélancolique : de quelles esthétiques cette pensée hantée par les spectres et les images est-elle porteuse ?
  • Explorer la traduction politique du refus de faire le deuil du passé : l’anachronisme est-il présenté comme négativité pathologique ou apparaît-il porteur de valeurs utopiques ou positives ? Comment le sujet mélancolique oscille-t-il entre réaction et révolution, entre aveuglement au présent et dissidence ?  

Ces approches pourront être développées à partir d’œuvres d’art s’inscrivant dans un empan chronologique large, depuis les textes de Montaigne et Cervantès, jusqu’à Treme (David Simon/Eric Ovemeyer) ou La Villa de Robert Guédiguian.

*

Les propositions (d’environ 2000 signes et assorties d’une courte notice bio-bibliographique) devront être adressées à anne.teulade@univ-nantes.fr, avant le 30 septembre 2018.

 

[1] Patrick Dandrey, « Nostalgie et mélancolie : de l’affection morbide à l’affliction morale », dans De la mélancolie. Les entretiens de la fondation des Treilles, Paris, Gallimard, 2007, p. 95-129.

[2] Walter Benjamin, Origine du drame baroque allemand, Paris, Flammarion, Champs, 1985 [éd. originale 1974], p. 153-169.

[3] Marc Vitse, Éléments pour une théorie du théâtre espagnol du XVIIe siècle, Toulouse, PUM, 1990, p. 381, notamment à propos du Chevalier d’Olmedo de Lope de Vega.

[4] Michelle Perrot, Mélancolie ouvrière, « Je suis entrée comme apprentie, j’avais alors douze ans », Lucie Baud, 1908, Grasset, 2012 ; Enzo Traverso, Mélancolie de gauche. La force d’une tradition cachée (XIXe-XXIe siècles), La Découverte, 2016.

[5] Voir notamment Anne Larue, Romantisme et mélancolie. Le Journal de Delacroix, Champion, 1998 ; Michael Löwvy et Robert Sayre, Révolte et mélancolie. Le Romantisme à contre-courant de la modernité, Payot, 1992 ; Jean-François Hamel, « Les uchronies fantômes. Poétique de l’histoire et mélancolie du progrès chez Louis-Sébastien Mercier et Victor Hugo », Poétique, 144, 2005/4, p. 429-441 ; Stéphanie Genand, La Chambre noire. Germaine de Staël et la pensée du négatif, Genève, Droz, « Histoire des idées et critique littéraire », 2017, p. 301-307.

[6] Régine Waintrater, « La temporalité mélancolique », dans Luba Jurgenson et Alexandre Prstojevic (dir.), Des témoins aux héritiers, l’écriture de la Shoah et la culture européenne, Éditions Pétra, « Usages de la mémoire », 2012, p. 261-273 ; Raphaëlle Guidée, « Politique de la catastrophe : mélancolie et dépolitisation de l’histoire dans l’œuvre de W.G. Sebald », Europe, 109, mai 2013, p. 53-67 ; Muriel Pic (dir. ), Politique de la mélancolie. À propos de W.G. Sebald, Les Presses du Réel, 2016.

[7] Catherine Coquio, « La ‘Baudelairité’ décadente, un modèle spectral », Romantisme, 82, 1993, p. 91-107 et L’Art contre l’art. Baudelaire, le « joujou » moderne et la « décadence », Vallongues, 2005 ; Jean-François Hamel, Revenances de l’histoire. Répétition, narrativité, modernité, Éditions de Minuit, 2006 ; Karine Winkelvoss, « Trakl et les fantômes. Mélancolie, survivance, métamorphose », Europe, 984, avril 2011, p. 83-95 ; Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire, trad. Olivier Mannoni, préf. Patrick Boucheron, Payot, 2013, p. Miguel Abensour, Les Passages Blanqui. Walter Benjamin entre mélancolie et révolution, Sens&Tonka éditeurs, 2013, p. 57-71.

http://lamo.univ-nantes.fr/

Source: Fabula

Appel à communications: Monarchie et Modernité depuis 1500
Posted: Thursday, June 28, 2018 - 01:37

Cambridge, les 9 et 10 janvier 2019

 

Si l’histoire de l’Europe est essentiellement celle d’États monarchiques, les monarchies encore en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ne ressemblent plus guère à celles qui régissaient le continent à la fin du Moyen Âge. L’époque contemporaine a transformé la monarchie comme état de fait en une opinion, dans le même mouvement qui faisait basculer un monde marqué par l’omniprésence du sacré vers un autre marqué par celle du profane. Les désignants ont pu demeurer inchangés – tout comme se sont perpétués familles, domaines et résidences princières -, mais leur sens s’est modifié en profondeur au fil des siècles et au gré des pays, transformant les mécanismes et les fonctions du pouvoir monarchique comme sa substance même.

Les approches spéculatives et conceptuelles ont peu étudié la signification de la monarchie comme notion complexe, du fait notamment des cloisonnements disciplinaires. La science politique, l’histoire des idées, l’histoire du droit et la critique littéraire l’appréhendent souvent comme un sujet subalterne, tandis que les historiens tendent pour leur part à privilégier la stricte chronologie au détriment des concepts. C’est en partie la nature de la monarchie en soi qui a pu susciter pareilles divergences. Le fondement semi-magique et providentialiste du droit divin, en particulier, contribue à présenter l’idée monarchique comme un paradoxe : celui d’une théorie politique à la fois anti-politique et anti-théorique. Ce colloque se propose, pour la première fois, de rompre ces barrières disciplinaires en croisant les perspectives de spécialistes de la monarchie avec celles de chercheurs en histoire sociale, culturelle, politique, et en anthropologie.

Partant du postulat selon lequel les épisodes critiques sont spécifiquement propices à la lecture de cours des événements et des évolutions marquées, trois (longs) temps forts de l’histoire des monarchies européennes seront privilégiés : la Révolution anglaise, la Révolution française, la généralisation enfin du modèle républicain dans la première moitié du XXe siècle. Ces trois moments ne constituent cependant que des pôles de référence possibles ; les communications abordant les questions de la réinvention, de la représentation ou encore de la conceptualisation de la monarchie pour d’autres périodes, du XVIe siècle à nos jours, seront les bienvenues. Des sujets d’histoire moderne pourront ainsi fournir une matière introductive, et d’autres, plus contemporains, une matière conclusive à nos discussions.

Deux approches sont prioritairement encouragées : l’une se concentrant sur la signification politique de la monarchie, l’autre sur sa signification socioculturelle, psychologique, religieuse, voire spirituelle. L’approche politico-juridique peut embrasser des thèmes tels que la relation historique des monarchies européennes avec les cadres légaux, administratifs et juridiques, ainsi qu’avec les traditions démocratiques, républicaines et aristocratiques. Les perspectives théologiques, sociologiques et anthropologiques s’attacheront quant à elles à considérer la monarchie comme un ensemble de rituels et de processus informels exprimant et donnant à voir la souveraineté, organisant la temporalité et les rapports humains, offrant aux nations un ancrage identitaire et plaçant les individus dans une situation de contact affectif avec les espaces du sacré et avec la sacralité du pouvoir, en particulier dans la représentation qu’en donnent les religions catholique et protestante.

Des études portant sur des monarchies extra-européennes pourront être acceptées, en relation toutefois avec la monarchie européenne.

Les communications pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants :

La monarchie dans la pensée politique ;

Monarchie et constitution;

La monarchie dans sa relation avec la religion, la théologie et le spirituel ;

La relation entre les pouvoirs spirituels et temporels ;

Royalisme et monarchisme;

La représentation de la nation et de la souveraineté ;

L’imaginaire royal et les représentations de la monarchie, y compris dans la littérature ;

Monarchie et propriété ;

La monarchie et la culture matérielle, l’art, la mode, l’espace ;

Fêtes royales, rituels royaux, processions et célébrations ;

Les femmes dans la monarchie;

Les monarchies extra-européennes, de préférence en rapport avec la monarchie européenne.

*

La durée des communications sera de 20 minutes. Les versions écrites seront soumises à expertise par des spécialistes en vue de la publication d’actes du colloque. Les doctorants sont également invités à participer, et les communications en allemand, anglais, espagnol, français, italien, portugais et hollandais seront acceptées, avec toutefois une préférence pour l’anglais.

Le colloque aura lieu à l’université de Cambridge les 9 et 10 janvier 2019.

Les propositions (200 mots) sont à envoyer, accompagnées d’un CV synthétique d’une page, aux deux adresses suivantes avant le 15 août 2018 :

Carolina Armenteros: cra22@cam.ac.uk

Flavien Bertran de Balanda : flavien.bertran-de-balanda@laposte.net

Source: Fabula

Journée d'études : Saint-Simon et les égarements du langage
Posted: Thursday, June 28, 2018 - 01:34

Journée organisée au Château de Versailles

Le samedi 16 mars 2019

 

Par Marc Hersant (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, EA 174 FIRL) et Delphine Mouquin de Garidel (Université de Nantes)

 

PRESENTATION

Les Mémoires de Saint-Simon – mais aussi ses autres grandes sommes comme ses Notes sur tous les duchés-pairies ou ses Additions au Journal de Dangeau – sont à bien des égards une mise en scène de la parole humaine. Non seulement Saint-Simon emprunte parfois leur récit à des témoins, non seulement bien des faits rapportés sont le fruit de récits faits par autrui, mais la parole est souvent au centre du récit, soit qu’elle constitue le pivot d’une anecdote, par son sel comique ou sa fonction de révélation, soit que la relation historique se fasse récit de conversation, soit encore qu’une parole contestée fasse l’objet du récit.

Au sein de cet usage de la parole, à la fois divers et unifié par la voix du mémorialiste, quel sort est fait à la parole individuelle ? De la parole du roi, concise et dilatoire (« Je verrai ») à la logorrhée inefficace d’un Noailles, peut-on dire que les personnages de Saint-Simon sont caractérisés par un parler ou une « parlure », comme le seront ceux de comédies humaines à venir ?

Les portraits ne manquent pas de signaler si tel ou tel est capable de dire ce qu’il veut comme il le veut : ce n’est pas le cas général et le lecteur des Mémoires est confronté à des cas surprenants d’aphasie, de bégaiement, de lapsus, d’actes (de langage) manqués, de ratures obsessionnelles, de mots d’esprit fulgurants parfois autodestructeurs, de dérapages non contrôlés (comme les insultes dont Villeroi accable soudain Dubois qu’il rencontre pour faire la paix avec lui) et autres débordements de langage.

Saint-Simon montre même une étonnante prédilection, en cette époque où la rhétorique semble régner sur les usages langagiers des élites, pour tout ce qui, dans le rapport des sujets à la parole, échappe au contrôle des premiers et les montre plus en proie au langage que maîtres du langage.

La Journée Saint-Simon 2019 abordera sous des angles disciplinaires divers ce thème des états de la parole chez les personnages saint-simoniens. Dans ses crises ou ses triomphes, à travers ce qu’elle révèle ou tait de l’individu qui la profère, dans ce qu’elle nous apprend aussi de l’art du mémorialiste, nous nous demanderons quel rôle joue la parole, et notamment la parole en panne, dans l’entreprise de résurrection du passé du duc de Saint-Simon. Il y a là matière à analyses littéraires, mais aussi plus purement linguistiques, philosophiques, ou encore psychanalytiques, dans ce que le rapport aux mots peut dire de celui qui tente – bien souvent à ses dépens – de les employer.

 

COMMUNICATIONS

Les propositions de communications doivent être envoyées aux deux adresses suivantes : m.hersant@free.fr et delphmouquin@gmail.com au plus tard le 15 octobre 2018, sous la forme de présentations de 3000 signes environ.

http://www.univ-paris3.fr/firl-formes-et-idees-de-la-renaissance-aux-lumieres-ea-174-3431.kjsp

Source: Fabula

Appel à contributions : Fabula-LhT : La Mort de l'auteur
Posted: Thursday, June 28, 2018 - 01:27

Comment lire À l'ami qui ne m’a pas sauvé la vie sans penser à la maladie de Hervé Guibert ? La pièce 4.48 Psychose ne fait-elle pas avant tout écho au suicide de Sarah Kane ? La série OPALKA 1965/1-∞ note-t-elle autre chose que le temps vécu par Roman Opalka ? Et de quelle mort s’agit-il dans The Death of James Lee Byars, sinon de celle de James Lee Byars lui-même[1] ?

Cinquante ans après « La mort de l’auteur » de Roland Barthes qui proclamait une symétrique « naissance du lecteur », ce sont aux morts réelles et non métaphoriques des auteurs et autrices (tous arts confondus : bande dessinée, beaux-arts, chanson, cinéma, littérature, performance, télévision, théâtre, etc.), et à leurs conséquences sur la création et la réception des œuvres qu’entend s’intéresser ce numéro de Fabula-LhT. Les propositions de contributions peuvent relever de toutes les approches critiques.

Est-il toujours aisé de savoir sur quel plan interpréter dans une œuvre la référence à la mort réelle de son auteur ? Dans le cas des genres relevant de l’écriture de soi et de ses marges, de l’histoire, ou encore du portrait, comment comprendre un tel événement qui se conjugue au futur, contrairement aux autres contenus, qui sont de l’ordre du passé et du présent ? Peut-on, outre celui de la « littérature SIDA »[2], isoler des corpus qui sont structurés autour de la question de la mort imminente, considérée non comme événement inéluctable à venir, mais comme s’avérant déjà actuelle ? Les dernières œuvres méritent-elles à cet égard un traitement particulier ? Et dans le cas d’une fiction, faut-il considérer la référence à la mort de l’auteur comme un motif, à ranger peut-être dans la catégorie des effets de réel particulièrement saisissants — à la coloration tragique, ironique, métaphysique, etc. —, ou comme une information brisant définitivement le pacte fictionnel, en tant qu’elle ancre dans une œuvre la vie de celle ou de celui qui l’aura perdue (sur le mode du document, du témoignage, du testament, etc.) ? Cette référence à la mort réelle dit-elle quelque chose des rapports que les artistes conçoivent entre leur art et leur vie ? Que penser, par exemple, de l’apparente surreprésentation des morts d’auteurs dans la littérature (au sens large) dès la seconde partie du XXe siècle ? La mort de l’auteur oriente-t-elle la création, ou est-elle intégrée à un projet artistique ? Enfin, quels effets cette référence a-t-elle sur la réception des œuvres ?

Par ailleurs, que se passe-t-il lorsque la référence est inférée a posteriori, la mort de l’auteur venant soudainement éclairer l’œuvre sous un jour nouveau, à l’image de The Show Must Go On du groupe Queen et d’Ève de Péguy ? Est-ce le fruit du hasard si l’on peut lire dans Tout casse une manière de mise en scène du suicide de Bernard Lamarche-Vadel survenu pourtant cinq ans plus tard[3] ? Y a-t-il des limites à cet exercice ? Irait-on jusqu’à rapprocher le rapace du Prométhée enchaîné de celui qui lâcha une tortue sur la tête d’Eschyle, les satires de Pierre l’Arétin du fou-rire qui l’acheva, voire deux faits apparemment sans rapport, comme Manon Lescaut et la vivisection intempestive à laquelle n’aurait pas survécu l’Abbé Prévost ? De fait, même des morts accidentelles, telle celle de Stanley Kubrick lors du tournage d’Eyes Wide Shut, ou celle encore de Molière, sont en mesure d’imprimer une lecture particulière de l’œuvre. Qu’est-ce que tout cela dit de notre rapport aux artistes et à leurs œuvres ? Dans quelle mesure cela nourrit-il un mythe (personnel, générationnel, etc.) ? Peut-on historiciser les imaginaires convoqués[4] ? Et que cela nous apprend-il de nos manières de lire — ou plus généralement du fonctionnement (cognitif, social, institutionnel, etc.) de l’herméneutique en sciences humaines (communicabilité, validité, etc.) ?

Dans quelle mesure, enfin, la référence à la mort réelle (dont on peut distinguer les modes [annonce, évocation, œuvre à clé, etc.] selon qu’elles sont planifiées [suicide] ou anticipées [maladie, extrême vieillesse]) se laisse-t-elle décrire en termes de « scénographie auctoriale » (D. Maigueneau, J. L. Diaz) et de « posture » (J. Meizoz) ? En fonction des corpus considérés, affaiblit-elle ou renforce-t-elle au contraire les distinctions désormais classiques entre « l’auteur » et « le narrateur », voire entre l’auteur et « l’écrivain », c’est-à-dire entre le créateur et l’individu ? Comment répondraient à ces questions les représentants des diverses traditions critiques et disciplines en jeu (littérature, histoire de l’art, études théâtrales, cinéma, etc.), et que penser des relations assez différentes qu’ils entretiennent aujourd’hui avec le biographique ?  

Modalités de participation

Les propositions de contributions, qui consistent en une ébauche de l’article projeté (de 4 à 5 pages rédigées, accompagnées d'une bibliographie indicative) sont à envoyer à Romain Bionda et Jean Louis Jeannelle (romain.bionda@fabula.org et jeannelle@fabula.org) avant le 15 septembre 2018. Elles seront évaluées anonymement par le comité de rédaction de la revue. Les auteurs et autrices seront informés des résultats le 1er octobre 2018 et auront jusqu’au 15 janvier 2019 pour envoyer une première version complète, qui pourra éventuellement faire l’objet d’une discussion lors d’une journée d’étude organisée à Paris en février 2019. La version définitive de l’article devra être rendue au mois d’avril 2019.

Notes

[1] Quand on demande à James Lee Byars ce qu’est The Death of James Lee Byars, performance censée l’« exercer à la mort », il répond qu’il s’agit d’une « exposition d’art ». Voir Deadline (Paris, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 2009), catalogue de l’exposition éponyme (2009-2010). [2] Traité notamment par Ross Chambers dans Facing It: AIDS Diaries and the Death of the Author, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1998. [3] « Dans Tout casse, il met en scène, avec force précision, son suicide : “Ne pas être en contact immédiat avec la boîte crânienne, se réserver l'épaisseur de la langue, que le fracas osseux soit à terme, octroient une fraction de seconde supplémentaire entre la gâchette pressée et le déménagement infernal du crâne.” » (Marie Gobin, « Bernard Lamarche‑Vadel mettait fin à ses jours le 2 mai », dans L’Express, en ligne, 01.11.2000.) [4] Voir p. ex. le chapitre sur les « poètes mourants » de la partie sur les « imaginaires de l’écrivain à l’époque romantique » dans José‑Luis Diaz, L’Écrivain imaginaire : scénographies auctoriales à l’époque romantique, Paris, Honoré Champion, 2007.

New Publications

Pierre Matthieu, Tablettes de la vie et de la mort (éd. Gilles Ernst)
Posted: 14 Mar 2022 - 10:01

Pierre Matthieu, Tablettes de la vie et de la mort, éd. Gilles Ernst, Paris, Classiques Garnier, 2022.

Les Tablettes de la vie et de la mort de Pierre Matthieu (1563-1621), parues entre 1606 et 1622 et éditées par Gilles Ernst, sont un bon document sur la pensée de la mort du xvie au xviie siècle, sur l’irénisme d’un écrivain ex-ligueur face à la Réforme ainsi que sur sa technique du quatrain.

Nombre de pages: 265
Parution: 02/03/2022
Collection: Bibliothèque du xviie siècle, n° 43
Série: Voix poétiques, n° 11
ISBN: 978-2-406-12594-5
ISSN: 2105-9527

Plus d'informations ici.

Le Personnel musical de la Sainte-Chapelle de Paris xvie et xviie siècles (Charles-Yvan Élissèche)
Posted: 14 Mar 2022 - 09:59

Charles-Yvan Élissèche, Le Personnel musical de la Sainte-Chapelle de Paris xvie et xviie siècles, Paris, Classiques Garnier, 2022.

Cet ouvrage porte sur le personnel ecclésiastique et sur la vie musicale de la Sainte-Chapelle de Paris aux xvie et xviie siècles, mettant en avant un fait propre à la Sainte-Chapelle : l’interdépendance du statut ecclésiastique et de la compétence de chantre.

Nombre de pages: 423
Parution: 02/03/2022
Collection: Musicologie, n° 15
ISBN: 978-2-406-12557-0
ISSN: 2495-5485

Plus d'informations ici.

Les Géants de Rabelais Folklore, histoire ancienne, nationalisme (Walter Stephens)
Posted: 14 Mar 2022 - 09:53

Walter Stephens, Les Géants de Rabelais Folklore, histoire ancienne, nationalisme, trad. Florian Preisig, Paris, Classiques Garnier, (2006) 2022.

Les Géants de Rabelais, érudits et chrétiens, jouent un rôle crucial dans l’évolution de la figure du géant depuis l’Ancien Testament. Les fictions rabelaisiennes naissent de l’opposition entre les géants malveillants de la tradition folklorique et les géants héroïques d’une nouvelle histoire nationale.

Nombre de pages: 590
Parution: 02/03/2022
Réimpression de l’édition de: 2006
Collection: Études et essais sur la Renaissance, n° 69
Série: La Renaissance française, n° 12
ISBN: 978-2-406-12946-2
ISSN: 2105-8814

Plus d'informations ici.

"Sur la narration" : "Exercices de rhétorique" n°18 (2022)
Posted: 14 Mar 2022 - 09:47

Exercices de rhétorique

Direction
francis.goyet@univ-grenoble-alpes.fr
christine.noille@sorbonne-universite.fr

18 | 2022
Sur la narration

·         DOSSIER. Dispositifs rhétoriques dans la narration d’un personnage (xve-xviiie siècles)

Sous la direction de Pascale Mounier

Pascale Mounier
Présentation. Théories de la narration [Texte intégral]

Ellen Delvallée
Aspects et fonctions de la narratio dans Le Séjour d’Honneur d’Octovien de Saint-Gelais [Texte intégral]

Véronique Montagne
Narratio et discours rapportés dans L’Heptaméron [Texte intégral]

Amina Houara
Démontrer l’évidence : la déixis spatiale comme stratégie rhétorique dans les Propos rustiques de Du Fail [Texte intégral]

Marie-Gabrielle Lallemand
Les narrations brèves dans un long roman, Artamene ou le Grand Cyrus des Scudéry [Texte intégral]

Isabelle Delage-Béland
L’histoire d’un récit inséré. Dispositio et narratio dans Pierre de Provence et la belle Maguelonne, du xve au xviiie siècle [Texte intégral]

·         ATELIER. La narration humaniste

Jean Lecointe
L’agrément des faits : le retour de la « vertu » de suauitas dans la rhétorique humaniste de la narration (1450-1710) [Texte intégral]

Jean Lecointe
Matériaux pour l’étude de la théorie de la narration dans la rhétorique humaniste [Texte intégral]

·         DOCUMENTS. La narration par Majoragius (1569) et Caussin (1619)

Lise Charles et Suzanne Duval
La narration, par Majoragius (1569) et Caussin (1619). Introduction, transcription, traduction et notes [Texte intégral]

·         ANALYSE D’UN DISCOURS

Mathieu Goux
L’écriture de la circularité dans les Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R***. Lettre xix : « Je ne vous ai pas vu hier… » [Texte intégral]

Une piété lotharingienne Foi publique, foi intériorisée (xiie-xviiie siècles) (dir. Guyon (Catherine), Krumenacker (Yves), Maes (Bruno))
Posted: 14 Mar 2022 - 09:36

Une piété lotharingienne Foi publique, foi intériorisée (xiie-xviiie siècles), dir. Catherine Guyon, Yves Krumenacker et Bruno Maes, Paris, Classiques Garnoer, 2022.

La "Dorsale catholique", issue de l'Axe lotharingien, désigne la longue écharpe née du partage de l'empire carolingien qui s'étire de la Mer du Nord au Milanais. Ce couloir européen présente de nombreuses particularités sur le plan religieux. Il a été un lieu d'échanges intenses et constitue un excellent observatoire de la manière dont les fidèles vivaient leur foi dans les sociétés d'Ancien Régime.

Nombre de pages: 357
Parution: 09/03/2022
Collection: Rencontres, n° 530
Série: Histoire religieuse, n° 4
ISBN: 978-2-406-12216-6
ISSN: 2103-5636

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