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Calls for Papers and Contributions

La représentation du luxe en littérature et la question du genre
Posted: Saturday, March 3, 2018 - 03:00

Le 23, 24, 25 mai 2019

Collège militaire royal du Canada – Kingston (Ontario)

L’invention du luxe a certes été favorable à Louis XIV pour étendre son pouvoir[1]. La fin des lois somptuaires, qui réglaient la consommation dans la France d’Ancien Régime et qui défendaient l’idéologie nobiliaire, entraîne un nivellement social et une confusion des signes que certains célèbrent et que d’autres condamnent. Preuve de la dignité, de l’intelligence et de la supériorité humaines, le luxe peut conduire à la « félicité publique[2] » selon qu’il est durable et utile, faute de quoi il « rétrécit l’esprit, avilit l’âme, et offre sans cesse l’exemple des folies les plus méprisables et les plus monstrueuses[3] », explique Mme de Genlis. Bien qu’ils reconnaissent la valeur économique du luxe, les Encyclopédistes décrient la frivolité comprise comme un remède inutile à l’ennui et susceptible de conduire à l’ineptie et à la dépravation. Lorsque la parure tient lieu de passion, il en résulte un grand désœuvrement explique Mme de Genlis, consciente des peines qu’elle inflige aux femmes[4].

Au lendemain de la Révolution, le luxe commencera par être souvenir ou tare du passé d’une aristocratie à jamais perdue. Il envahit la sphère privée et redéfinit la norme du moi ostentatoire. Le progrès technique et les nouvelles pratiques de consommation transforment la culture matérielle. Germaine de Staël se défend de faire une quelconque dépense « en luxe », alors qu’elle voit « des milliers d'hommes jadis riches [...] réduits à la plus affreuse mendicité[5] ». George Sand, de son côté, quoique ne détestant pas le luxe le considère « sans usage agréable pour elle[6] », car « une belle robe est gênante[7] » et « les bijoux égratignent[8] ».

Après cette ère du soupçon, le luxe se convertit tout au long du XIXe siècle en accumulation bourgeoise de l’inutile ; c’est l’âge d’or du bibelot et la naissance du grand magasin à rayons, c’est l’affolement des clientes du foisonnant Au bonheur des dames (1883) de Zola. S’affirme alors avec plus d’évidence la distinction entre la sobriété du « vrai » luxe et l’ostentation du « faux », mais aussi entre la mode au féminin et celle au masculin. « Genré[9] », le commerce culturel règle désormais l’idée qu’on se fait de la féminité.

C’est donc terni que le mot luxe passe au XXe siècle, est confronté, et confié, aux nouvelles industries. Les milieux, désormais multiples, de la mode s’en emparent et ne le débarrassent guère des défiances du passé, bien au contraire. Colette s'interrogera sur le mot, l’imprègnera de son regard, le distinguera, elle aussi, de l’accumulation et de l’affectation, en fera la combinaison parfaite de la poésie et de la sensation[10].

Qu’est devenu le luxe à notre époque ? Pour Annie Ernaux, enfant, il s’agit de « manteaux de fourrure, [de] robes longues et [de] villas au bord de la mer[11]. » L’auteure explique bien dans Passion simple (1991) que son regard s’est transformé au fil du temps et que désormais, le luxe est passé du côté des sentiments.

Parmi les auteurs dits francophones, le Libanais Amin Maalouf n’en finit pas d’évoquer les vestiges du luxe d’un empire ottoman déchu, d’une culture persane désormais négligée et d’un monde arabe qui, à part l’arrogance ostentatoire de certains, ne connaît désormais du luxe que le souvenir ou l’arrogance de quelques « happy few ». En 1980, après un silence littéraire d’une dizaine d’années, Assia Djebar revient à l’écriture avec un recueil de nouvelles au titre bien évocateur, Femmes d’Alger dans leur appartement. Ces récits, coiffés du titre du tableau de Delacroix, contestent le regard orientaliste du peintre français faisant de la femme algérienne un objet de luxe parmi d’autres représentés dans l’enfermement d’un intérieur exotique.

Certes, du regard philosophique que pose Martin Heidegger sur « la chose[12] » à la « thing theory[13] » de Bill Brown, en passant par l’analyse sociologique des objets de Jean Baudrillard[14], l’approche sémiologique de Roland Barthes[15] et les recherches historiques de Daniel Roche sur la « culture des apparences[16] », les ouvrages et travaux qui traitent de la culture matérielle sont nombreux et variés. En revanche, on compte peu d’études sur la représentation du luxe en littérature et plus précisément sur ses rapports avec la question du genre.

Quels traitements réservent les romanciers et les romancières français et francophones à ses dimensions morale, sociale et économique ? De quelles façons le luxe est-il réhabilité, célébré, dénigré, réfuté ou dénoncé dans la fiction de langue française ? Dans quelles mesures les personnages féminins y sont-ils condamnés, en sont-ils victimes ou le transforment-ils en un instrument de pouvoir ? Que révèle la représentation littéraire du luxe sur l’imaginaire culturel ? La mise en scène du luxe féminin est-elle culturellement déterminée ? Connaît-elle des frontières ? Voilà un certain nombre de questions auxquelles le présent colloque tentera de répondre.

Thématiques proposées :

- Vrai et faux luxe

- Luxe des uns et misère des autres

- Éducation des femmes et luxe; féminité et luxe; féminisme et luxe

- Devoir de distinction ou obligation sociale par le luxe

- Luxe et représentation de soi

- Poétique du luxe

- Philosophie du luxe

- Culture du luxe; dynamique du luxe (ostentation et envie)

- Économie du luxe : échange, transmission et circulation des biens

- Luxe, sociabilité et civilité

- Objets du luxe; occasions du luxe

- Sémiotique du luxe

- Luxe et imaginaire de l’Orient

- Luxe et auteurs francophones

- Luxe, source de conflits entre les sexes

- Personnages féminins, victimes du luxe et du paraître

- Pièges et dangers du luxe

- Mascarade et usurpation du luxe

- Luxe, miroir aux alouettes et source d’illusions

- Étiquette, conformisme et bienséance ou l’empire du luxe

- Du reflet du miroir au regard de l’autre ou comment s’affirmer par le luxe

- Grisette et marchandes de mode ou le marché du luxe

- Démocratisation du luxe et féminisation de la mode

Envoi des propositions

Merci d’envoyer votre proposition de communication (400 mots) accompagnée d’une brève notice bio-bibliographique à Soundouss El Kettani (Soundouss.El.Kettani@rmc.ca) et à Isabelle Tremblay (Isabelle.Tremblay@rmc.ca) avant le 15 août 2018.

[1] À ce sujet, voir Joan Dejean, The Essence of Style. How the French Invented High Fashion, Fine Food, Chic, Cafés, Style, Sophistication, and Glamour, New York/London/Toronto/Sydney, Free Press, 2005.

[2] Mme de Genlis, « luxe », Dictionnaire critique et raisonné des étiquettes de la Cour ou l’esprit des étiquettes et des usages anciens, Paris, P. Mongie Aîné, 1818, p. 339.

[3] Mme de Genlis, Discours sur le luxe et l’hospitalité, Paris, Onfroy, 1791, p. 4.

[4] Mme de Genlis, « parure », Dictionnaire, op. cit., p. 40-41.

[5] Germaine de Staël, lettre du 2 juin 1793 à M. de Staël, dans Lettres diverses, Correspondance générale, Paris, Pauvert, et Ed. B. W. Jasinski, 1965, tome II, p. 452.

[6] George Sand, Histoire de ma vie, Paris, Michel Lévy Frères, 1856, tome V, p. 38.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

[9] Jennifer Jones explique que « the gendered commercial culture of fashion that had emerged by the late eighteenth century established the foundations for nineteenth-century commercial culture and domestic ideology ». (Sexing La Mode. Gender, Fashion and Commercial Culture in Old Regime France, Oxford/New York, Berg, 2004, p. 5.)

[10] Voir Michel Mercier, « Le renouvellement d’un mot ou le luxe selon Colette », Études littéraires. Colette : le luxe et l’écriture, 1993, vol. 26, n° 1, p. 11-19.

[11] Annie Ernaux, Passion simple, Paris, Gallimard, 1991, p. 77.

[12] Martin Heidegger, Qu'est-ce qu'une chose ? (traduit de l'allemand par Jean Reboul et Jacques Taminiaux), Paris, Gallimard, (1935-1936) 1988.

[13] Bill Brown, “Thing Theory”, Critical Inquiry, 2001, vol. 28, n° 1, p. 1-22.

[14] Jean Baudrillard, Le Système des objets, Paris, Denoel/Gonthier, (1968) 1978.

[15] Roland Barthes, Le Système de la mode, Paris, Seuil, 1973.

[16] Daniel Roche, La Culture des apparences. Une histoire du vêtement, XVII -XVIII siècle, Paris, Fayard, 1989.

Appel à communications: La palette des émotions
Posted: Tuesday, February 27, 2018 - 13:51

MSH Poitiers

Les émotions, parfois appelées passions, affects ou encore états d’âme font régulièrement l’objet de réflexions, notamment en philosophie. Selon des rythmes différents, de très nombreuses disciplines relevant du périmètre de la MSHS de Poitiers se sont emparées de la question des émotions: la psychologie, la philosophie, la littérature, l’histoire, l’économie, la sociologie, la linguistique ou la géographie… D’autres domaines comme la médecine et le droit, s’y intéressent également. Selon les disciplines, les émotions sont classées en fonction de leur rationalité, selon une taxinomie qui part des émotions « les plus agréables » pour aller vers les plus désagréables, en passant par celles qualifiées de « neutres » ou de catégoriser les émotions selon leur intensité (en fonction d’expressions faciales et/ou corporelles) ou la manière dont elles permettent aux hommes et aux femmes de se mouvoir dans le monde social à un moment donné… Pour mieux étudier celles-ci, nous proposons de les regrouper selon trois ensembles destiné à favoriser les échanges autour d’un objet commun et d’en préciser les contours, les usages et les enjeux heuristiques.

Les Ardentes : colère, liesse, amour, joie, peur, effroi, jalousie, admiration, surprise… Ces émotions pousseraient l’individu à agir de manière souvent involontaire et rapide, qu’il soit isolé ou en groupe. D’intensités fortes, « les Ardentes » se manifestent par des manifestations comportementales et verbales puissantes. A ce titre, elles ont été longtemps considérées comme inappropriées en tant que passions (destructrices) opposées à la raison. Toutefois, elles peuvent être sources de motivations humaines qui, à l’échelle d’un individu ou d’une société, permettent une avancée finalement salutaire dans l’adaptation à son environnement physique et social.

Les Morales : indignation, honte, culpabilité… Scandales, massacres, famines, provocations verbales, agressions… suscitent des réactions variées, allant de l’indifférence à la protestation. Par exemple, on peut distinguer « l’indignation qui rassemble », « l’indignation qui divise » et « l’indignation qui trouble ». « Les Morales » peuvent correspondre à une « conscience outragée » face à une situation révélée. Elles sont parfois limitées à l’individu ou exprimées dans l’espace public en mobilisant des groupes ou des catégories plus ou moins importants. Sans doute « les Morales » mettent-elles en jeu l’image de soi, des valeurs ou des références, et conduisent, soit à se dérober, soit à agir. Elles peuvent aussi s’exprimer sur tous les tons et de toutes les façons mais sont tributaires d’une époque et d’une société.

Les Brumeuses : tristesse, mélancolie, détresse, ennui, dégout, mépris… Latentes ou sournoises, « les Brumeuses » déstabilisent par les sentiments et les manifestations doucement amers qu’elles peuvent susciter. Leur complexité peut tenir à la langueur qui envahit l’individu ou le groupe d’individus de manière diffuse, parfois sans objet et sans contour précis. « Les Brumeuses » correspondent ont plus ou moins d’intensité, immobilisent souvent les individus ou les sociétés en les enfermant dans un avant, un regret ou un impossible.

CONSIGNES :

Les propositions de communication seront à faire parvenir sous forme de fichier word à l’adresse : colloque-emotions@univ-poitiers.fr

Elles comprendront 1500 signes + 500 signes de bibliographie.

Il sera impératif de mentionner le nom, le prénom, l’institution et le laboratoire d’appartenance de l’auteur, ainsi que son adresse postale. 3 et 5 mots-clés devront être identifiés afin de permettre une première identification thématique de la communication.

L’auteur devra préciser s’il préfère présenter une communication écrite ou orale en cochant son souhait sur le formulaire.

Le comité scientifique pourra proposer de changer le schéma proposé.

Nota : un certain nombre de communications seront soumises à un comité de lecture afin d’être publiées dans un ouvrage collectif. Si la communication orale est acceptée, les frais d’hôtel et de restauration seront prise en charge par le comité d’organisation.

Pour les deux types de présentation, les frais s’inscription seront pris en charge par les organisateurs. Colloque « La Palette des Emotions » - MSHS de Poitiers, 3,4,5 octobre 2018

INFORMATIONS PRATIQUES

CALENDRIER

- Date limite de réception des soumissions : 30 mars 2018

- Retour et envoi éventuel pour modifications : 15 avril 2018

- Date limite réception des soumissions révisées : 30 avril 2018

CONTACTS : Coordination, réponses au appels à communications,

Courriel : colloque-emotions@univ-poitiers.fr

RESPONSABLE : Maison des Sciences de l'Homme et de la Société

http://mshs.univ-poitiers.fr/la-mshs/appel-a-communication-pour-le-collo...

Source: Fabula

CfP SATOR 2019, Toulouse
Posted: Monday, February 26, 2018 - 04:56

SI CE COLLOQUE VOUS INTÉRESSE, PRIÈRE DE CONTACTER HÉLÈNE CUSSAC AUSSITÔT QUE POSSIBLE POUR APPUYER LA PRÉPARATION DU DOSSIER DE SUBVENTION.

XXXIIIe Colloque international de la SATOR Université Jean Jaurès - Toulouse - PLH-ELH 17-19 mai 2019

Appel à communication

Sons, voix, bruits, chants : place et sens du sonore dans l'analyse topique des textes narratifs d’Ancien Régime

La SATOR (Société d’analyse des topiques romanesques, http://satorbase.org), sous l’égide dulaboratoire Patrimoine-Littérature-Herméneutique (PLH) et de l’Équipe Littérature Herméneutique (ELH) organise son colloque international annuel de l’année 2019 à l’Université Jean Jaurès de Toulouse. Il s’agira d’examiner non seulement la place et le sens qu’a pu tenir le sens de l’ouïe dans les textes narratifs d’Ancien Régime, mais surtout de se demander en quelle mesure l’objet sonore participerait de la scène topique, voire lui donnerait parfois tout son sens, au point que sons et bruits pourraient peut-être être compris comme des topoï.

1 – Son et topos : prolégomènes théoriques

« Défini comme configuration narrative récurrente, le topos constitue l’unité de base du travail de la SATOR » (« Avant-Propos », Actes du XVIIIe Colloque SATOR, P. U. de Laval, Québec, 2006, p. XI). Cette définition fait que dans un premier temps la présence du son dans un texte ne peut en elle-même être considérée comme une configuration - ou scène - narrative. Pourtant, outre le fait que le son, sur un plan épistémologique et anthropologique, revêt du sens pour un chercheur, la thématique des sons et des bruits dans les textes narratifs d’Ancien Régime (du Moyen Âge à la toute fin du 18e siècle) se prête bien, semble-t-il, à une étude topique. Certes, nous viendront immédiatement à l’esprit des scènes romanesques telles que celles de la leçon de musique, où du fait même de l’inscription d’un instrument, on peut imaginer que le son est présent. Néanmoins, si ce moment narratif est récurrent, du moins dans des romans du 18e siècle, on sait que la leçon est souvent prétexte à un échange d’ordre sentimental ; l’instrument est donc là au service de la narration, il revêt une fonction pragmatique et le son n’est pas ce qui intéresse : il n’en est d’ailleurs parfois pas fait mention. Mais est-ce toujours le cas ? On sait que les Lettres neuchâteloises de madame de Charrière se lisent au son de la basse, du violon, de l’alte, de la harpe, du clavecin et de la flûte, jusqu’à la mort du personnage (Caliste) dont le dernier plaisir est de faire « exécuter des morceaux du Messiah de Haendel, d’un Miserere qu’on lui avait envoyé d’Italie, et du Stabat Mater de Pergolèse » (éd. Trousson, 1996, Lettre 25, p. 474). Trouve-t-on, par exemple, d’autres « morts romanesques » imprégnées de musique et si c’est le cas, ne peut-on entendre le son – bien que n’entrant pas ici en tant que tel dans la langue – comme topos ? Si l’on considère la scène comme représentative de la mort d’un personnage, c’est bien la présence de la musique qui affine la configuration topique. On ne pourrait considérer, dans cet exemple, qu’il y a topique seulement à partir de la mort du personnage ; on ne peut en effet définir la scène topique, à suivre le modèle du thesaurus de la Sator, que de la façon suivante : « mort de personnage avec musique » (sachant, selon la Sator, que l’on peut parler de topique à partir du moment où l’on rencontre au moins trois occurrences de la configuration). Ne pourrait-on par conséquent envisager le morceau de musique et à travers lui le son, dans la situation d’une mort de personnage, comme topos ayant permis de créer la scène topique ? Les démonstrations et discussions lors du colloque auront pour tâche de réfléchir à cette interrogation.

2 – Sensible sonore du Moyen-Âge à 1800 : questionnements

Pensons par exemple encore aux fictions s’ouvrant sur un personnage découvrant un Paris résonnant de bruits de carrosses, de chevaux et de cris des marchands ambulants. Cette scène, dont la dimension sociologique est patente, est récurrente dans des récits du 18e siècle. Ne peut-on parler toutefois de topique dès le Moyen-Âge, cette période vivant sous le régime de « l’oralité mixte » (Zumthor, La lettre et la voix de la « littérature médiévale », 1987) non seulement du point de vue de la configuration (« entrée dans une ville ») mais aussi de la présence sonore qui contribue à l’élaboration de la scène topique (« entrée dans une ville bruyante ») ? Le son est-il alors plus ou moins prégnant ? La langue le prend-elle en charge ? On réfléchira donc non seulement à la topique sur la continuité, mais aussi à la place et au rôle du sonore. Il semble intéressant en effet d’observer si ce sens singulier qu’est l’ouïe a été intégré dans le narratif. La vue est le sens primordial du Moyen Âge au 18e siècle. L’ouïe fut placée au second rang au Moyen Âge, parfois à égalité avec la vue au 18e siècle. Les penseurs des Lumières, du fait de sa relation avec la voix, comprirent l’importance première de l’ouïe qui permettait le commerce avec autrui. La voix, chantée notamment, perçue comme pure car naturelle, donna ses lettres de noblesse à l’ouïe, et même si le 17e siècle, sous l’influence janséniste, dénonçait le plaisir des sens, notamment celui de l’ouïe, il prisait la grande éloquence chez des ecclésiastiques dont la voix résonnait puissamment à l’oreille de leurs ouailles. Les textes narratifs – en prose et en vers - prirent-ils en compte l’intérêt des théoriciens qui débattaient des sensations, et si ce fut le cas, qu’en fut-il particulièrement du son ?

Au Moyen Âge, comme l’a montré récemment l’ouvrage collectif dirigé par Florence Bouchet et Anne-Hélène Klinger-Dollé (Garnier 2015), « les cinq sens ont généré abondance de productions artistiques et d'écrits à visée scientifique, spirituelle, morale et littéraire ». Mais si un sens comme celui de la vue est utile le plus souvent au service de la description qui donne son cadre à la scène, celui de l’ouïe revêt un intérêt semble-t-il plus profond : dès le Moyen Âge il représente en effet un « objet de savoir » ainsi que le démontre par exemple le « bestiaire sonore » offert en appendice au grand livre de J.-M. Fritz (Paysages sonores du Moyen Âge..., Champion 2000). Le sonore animal entre-t-il alors dans des scènes narratives médiévales et si c’est le cas, peut-on parler de topique sonore ? Si la sensorialité dans les récits de ce temps a été bien étudiée depuis une vingtaine d’années (voir La cloche et la lyre..., J.-M. Fritz, 2011 ; M. Zink, Nature et poésie au Moyen Âge, Fayard 2006 ; Bruits et sons dans notre histoire..., J.-P. Gutton, 2000 ; etc.), il serait pertinent d’approfondir cette donnée à partir de la notion de topos, et d’observer aussi ce qu’il en est entre Moyen Âge - Renaissance et 17e siècle. Jusqu’à quand perdure par exemple la représentation de la coutume du charivari qui fait son entrée dans les documents dès le début du 14e siècle ? Ces représentations forment-elles une topique sonore ?

Le 16e siècle, se préoccupant lui aussi de la hiérarchie des sens et remarquant que l’oreille n’est « jamais oisive » (Pierre Boaistuau, Bref discours de l’excellence et dignité de l’homme, Droz 1982, p. 52), lui donne toute sa dignité. N’est-elle pas en effet l’organe qui conduit le plus sûrement à la connaissance, comme l’affirme Rabelais ? (« [...] tous jours, toutes nuyctz, continuellement, puissions ouyr : et par ouye perpetuellement apprendre : car c’est le sens sus tous aultres plus apte es disciplines », Tiers Livre, XVI, à propos de la Sibylle de Panzoust). Mais le 16e siècle ne s’en tient pas aux notions théoriques sur le sens de l’ouïe ; il tente de mettre en mots les sons, quitte parfois à en passer par les couleurs ; il essaie de rendre visible par exemple une scène de bataille, scène topique s’il en est, mais dans un tableau qui désormais intégrerait le sonore (cf. l’évolution de Rabelais au cours des rééditions du Quart Livre, dont la poétique cherche à exprimer toujours davantage les bruits du monde). Lié au développement de l’imprimé, il cherche à représenter un monde vivant, une parole vive. Ainsi le narratif ne chercherait-il pas à libérer les « paroles gelées » qu’Alcofribas voulait emporter ? Ne dit-il pas l’ordre – et le désordre - de l’espace sonore ? (voir L. Hublot et L. Vissière, Les paysages sonores du Moyen-âge à la Renaissance, P. U. Rennes, 2016).

Au Grand siècle, hormis du côté des mondains, tel que Théophile de Viau, ou encore Gassendi, les sens, sous l’influence austère du jansénisme ambiant et l’influence des traités de savoir- vivre publiés depuis le 16e siècle jusqu’aux Art[s] de se taire (pour reprendre le titre de l’ouvrage de l’abbé Dinouart, 1771), se trouvent moralement condamnés : « Ne vous étonnez point, s’il ne raisonne pas bien à présent, une mouche bourdonne à son oreille [...] chassez cet animal » (Pascal, Pensées, fr. 8, Classiques Garnier, 1991, p. 180). Même un petit animal devient un divertissement sonore malvenu. Mais le roman ne semble pas épouser cette dénonciation : de quelle façon en effet Mlle. de Chartres est-elle touchée au coeur par M. de Nemours si ce n’est, au moment de la rencontre, d’abord par le grand bruit qui se fait à l’entrée de ce dernier dans la salle de bal puis à sa vue ? Le 17e siècle ne correspond-il pas aussi à cet Âge de l’éloquence, bien étudié par M. Fumaroli (1980) ? Sans oublier qu’à partir de la deuxième moitié du 17e siècle jusqu’à la première moitié du 18e, l’intérêt se porta tout particulièrement sur le rôle des sens — dont celui de l’ouïe — comme critères de jugement du beau.

La présence du son dans le narratif qui fait sans doute le lien avec les préoccupations scientifiques du temps pourrait donc là aussi être interrogée. Nombre de ces textes sont effectivement imprégnés de chant et de musique et si la séquence de la leçon de musique est bien un topos du roman du 18e siècle, comme on l’a évoqué, à partir de quel moment les sonorités vocales et musicales font-elles leur entrée dans les textes narratifs ? Peut-on remarquer une récurrence de certaines scènes ? Le 18e siècle, même s’il montre une prédilection pour les sons naturels et apprécie particulièrement le chant qui ravit l’âme de l’auditeur, d’une certaine manière réhabilite le bruit en tant qu’il témoigne de l’énergie humaine : on pensera à tous les romans de Diderot et à la performance vocale du Neveu de Rameau qui témoigne de ce dynamisme, mais aussi à la fin du siècle au Tableau de Paris de L.-S. Mercier (voir les travaux d’A. Farge). Tout un monde sonore emplit l’espace textuel du roman du 18e siècle et l’écriture cherche à rendre l’expérience sensible (voir les romans et journaux de Marivaux ; de Rousseau ; de Diderot, pour ne citer qu’eux). L’intégration du sonore dans un récit ne se fait donc plus seulement dans un objectif pragmatique au service de la narration, mais le son devient peut-être parfois lui-même un objet narratif.

3 – Axes

Si les points d’entrée du sonore apparaissent donc nombreux, on pensera non seulement à sa récurrence, offrant la possibilité d’identifier une scène topique, mais aussi aux continuités, aux ruptures éventuelles, et aux nouveautés dans la place qui lui est accordée au cours de la longue période envisagée. Le topos est en effet « un objet historique et à ce titre constitue un témoin précieux pour l’historien de la littérature » (M. Weil et P. Rodriguez, 1996, http://satorbase.org/index.php?do=outils); « Un topos naît et meurt » (Jan Hermann, satorbase.org) ; parfois peut-être renaît : les travaux devraient nous permettre d’examiner ce point. On sera attentif aussi à la signification (morale, sociologique, politique, philosophique...) que revêt le son et si celle-ci est la même à chaque occurrence, ou à ce qui crée une modification du sens. On observera encore avec précision le lexique employé pour dire la présence sonore, au point de remarquer si on retrouverait les mêmes phrases et/ou mots dans des scènes d’autres récits, comme le montre le thesaurus de la SATOR (http://satorbase.org/index.php?do=categorie).

Associé dans la tradition rhétorique à l’inventio, « le topos est [en effet] intimement lié à la formation et à l’évolution des genres narratifs », peut-on lire sur le site de la SATOR qui a pris soin de mettre à la portée des intervenants des outils théoriques (http://www.satorbase.org/index.php?do=outils#2.1). Bien que des travaux aient été plus nombreux depuis une dizaine d’années au sujet de notre objet (notamment concernant le Moyen Âge), peu l’ont observé sur la continuité et à partir de la notion topique. Il semble donc que ce colloque sera susceptible de les enrichir.

Le travail de recherche ne s’arrêtera pas au genre romanesque, mais s’élargira à d’autres types de textes narratifs tels que :

- Des récits à l’intérieur de livrets d’opéra

- Des chansons (cris de Paris)

- L’écrit narratif en vers

- Le texte mi-documentaire/mi-fictionnel (exemple du Tableau de Paris, déjà évoqué) Les axes thématiques pourront être définis par :

- Le sonore de la nature humaine (bruit du corps, voix inarticulée)

- La représentation sonore des institutions (Monarchie, Église...)

- Le sonore matériel : bruits d’objets (instruments de musique, cloches, instruments de travail, armes, etc.)

- Le sonore animal

- Le son de la nature végétale, aérienne (tonnerre, etc.)

(NB : si aux 17e et 18e siècles, on a porté la réflexion sur la distinction entre son et bruit, et si cette distinction est intéressante sur le plan esthétique, elle présente moins de pertinence dans l’approche thématique qui est la nôtre, donc nous employons l’un ou l’autre mot indistinctement dans cette présentation).

Hélène Cussac

Les propositions sont à envoyer à Hélène Cussac : elencussac@orange.fr

Date limite : 30 septembre 2018

Mais, en vue du montage du dossier de subvention auprès du Conseil scientifique dès maintenant, il serait bienvenu de signaler le plus rapidement possible votre intention de participer en faisant parvenir les informations suivantes :

- Le sujet envisagé – voire le titre de la communication (même provisoire) –

- votre statut

- votre université et unité de rattachement

Comité scientifique :

Florence Bouchet (Université Jean Jaurès-Toulouse II-ELH-bouchet@univ-tlse2.fr )

Pascale Chiron (Université Jean Jaurès-Toulouse II-ELH- pascale.chiron@univ-tlse2.fr)

Jean-Pierre Dubost (Université Blaise Pascal-Clermont II – ex-Président de la SATOR dubost.jeanpierre@gmail.com)

Jean-Philippe Grosperrin (Université Jean Jaurès- Toulouse II-ELH-grosperr@univ-tlse2.fr) ;

Madeleine Jeay (Université McMaster, Canada) – ex-Présidente de la Sator jeaymad@mcmaster.ca)

Stéphane Lojkine (Université d’Aix-en-Provence - stephane.lojkine@univ-amu.fr )

Catriona Seth (Université d’Oxford – Présidente de la SFEDS - catriona.seth@modlangs.ox.ac.uk)

Yen-Maï Trans-Gervat (Université Paris 3) – Présidente de la Sator - yen-mai.trangervat@ univ-paris3.fr

Comité d’organisation à l’Université Jean Jaurès – Toulouse-PLH/ELH :

Hélène Cussac : elencussac@orange.fr Pascale Chiron : pascale.chiron@univ-tlse2.fr Cristina Noacco : cnoacco@yahoo.fr

Appel à communications: Les mi-lieux entre Orient et Occident dans les récits de voyage
Posted: Thursday, February 22, 2018 - 13:59

Tozeur – Tunisie)

- L’ISEAH de Tozeur (Université de Gafsa) - Le réseau de recherche « Les Orients désorientés » (UCA, PHIER et IHRIM, Université de Clermont-Ferrand) - Unité de recherche URLDC Sfax

Date : 12 et 13 décembre 2018

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Appel à contribution Dans le cadre d’une collaboration avec le réseau de recherche Les Orients désorientés (https://lesordesor.hypotheses.org/) et l’Unité de Recherche URLDC Sfax, l’Institut Supérieur des Etudes Appliquées en Humanités de Tozeur organise un colloque international sur les mi-lieux entre Orient et Occident dans les récits de voyage. Le propos est de poser des questions convergentes : dans le monde globalisé qui est le nôtre, marqué par une tension et une dialectique entre local et global, comment aborder dans sa dimension transculturelle la question cruciale du lieu, du monde comme entour – de ce qu’Augustin Berque (fils du grand arabisant Jacques Berque) appelle en tant que géographe, mais aussi japonologue et sinologue, « l’écoumène », c’est-à-dire cette relation à la fois sensible, sociétale et culturelle entre le soi et l’entour qu’il traite autant en chercheur occidental qu’à partir de la pensée japonaise. Cette thématique, qui engage autant le statut de l’espace et les mutations de la temporalité de nos existences et de nos sociétés que notre appréhension de l’entour et de l’habitabilité du monde, a déjà donné lieu à plusieurs séminaires, en partie documentés sur le site des « Orients désorientés ».

Ce colloque se propose d’aborder ces questions notamment par le biais de la riche matière des voyages entre Orient et Occident dans la perspective ouverte par le projet de recherche Les mi-lieux entre Orient et Occident. Il ne s’agit donc pas simplement de se pencher sur la littérature de voyage qui a fait l’objet de nombreux travaux (voir par exemple le site du CRLV), mais d’interroger des modalités de relation Orient/Occident en rapport avec l’approche globale qui est celle des Orients désorientés, qui s’attache à déconstruire les représentations en revenant sur l’impensé ou le refoulé des relations complexes entre Orient et Occident, faites de rencontres et d’emmêlements culturels d’une très grande diversité.

Il s’agit en tout cas d’interroger les relations entre Orient et Occident non comme un simple "aller vers" mais comme une multiplicité de tracés et de rencontres produisant autant de « mi-lieux » entre Orient et Occident indissociables de noms, de scènes et de lieux qui relèvent autant d’une cartographie mentale que de rencontres vécues avec des cultures, des territoires. Les récits de voyage en Orient, depuis l’Europe ou depuis les Amériques, mais tout aussi bien les voyages des orientaux vers les contrées occidentales, offrent une riche matière permettant d’interroger le concept de « mi-lieux ».

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Comité scientifique : Hassen BKHAIRIA (ISEAH Tozeur, Université de Gafsa), Jean-Pierre DUBOST (PHIER, UCA, Université de Clermont-Ferrand), Jalel EL GHARBI (Université de la Mannouba), Kamel GAHA (Université de Tunis), Axel GASQUET (IHRIM, UCA, Université de Clermont-Ferrand), Francis LACOSTE (Université de Gafsa), Laure LEVEQUE (Université de Toulon), Sarga MOUSSA (CNRS/THALIM, Paris III-Sorbonne), Alain PETIT, (PHIER, UCA, Université de Clermont-Ferrand), Mustapha TRABELSI (Université de Sfax). Coordinateurs : Jean-Pierre Dubost, Hassen Bkhairia. ***

La proposition de communication ainsi qu’une notice biobibliographique sont à envoyer aux adresses suivantes hasbkhairia@gmail.com dubost.jeanpierre@gmail.com avant le 15 avril 2018.

RESPONSABLE : Hassen Bkhairia et Jean-Pierre Dubost

http/:www.iseah.tz

Source: Fabula

Appel à communications: Le discours préfaciel
Posted: Thursday, February 22, 2018 - 13:52

République tunisienne Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Université de Kairouan Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan

L’École doctorale « Nouveaux horizons en langues, en lettres, en arts et en humanités » de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan organise un colloque international portant sur : Le discours préfaciel

Du 16 au 18 avril 2018

L’œuvre, considérée comme la finalité de la création littéraire, a toujours été au centre de l’entreprise critique. De la sociologie à l’anthropologie en passant par la psychologie, la linguistique et la philosophie, l’œuvre a fait l’objet des approches les plus diverses. L’étude des textes traditionnellement considérés comme secondaires, tels que la préface, l’avant-propos ou le prologue est, en revanche, un phénomène relativement récent. Dans Seuils, un des ouvrages de référence sur la question, Gérard Genette étudie les rapports qui relient le texte à sa périphérie, composée des textes parallèles, ou « paratextes », que sont le titre, le sous-titre, l’avant-propos, la dédicace, la postface, etc. Dans le prolongement de Palimpsestes ou la littérature au second degré, où avaient été abordées les différentes relations qu’un texte peut avoir avec d’autres textes (la transtextualité), Seuils montre, notamment, le rôle déterminant du discours préfaciel, qui peut aussi bien « assurer au texte une bonne lecture » que mettre en œuvre une véritable stratégie de réception. En effet, la préface occupe une place privilégiée parmi les paratextes recensés par Genette. S’efforçant de repérer ses différents types, l’auteur de Seuils en a établi une classification précise, qui distingue des préfaces« auctoriale »,« ultérieure »,« tardive »,« actoriale »ou encore « allographe ». Ainsi, considérée sous toutes ses coutures, la préface devient un objet d’étude en soi.

Le discours préfaciel n’est pas seulement en rapport avec le texte qu’il introduit, il est aussi intimement lié aux autres « paratextes » (tels que le titre, l’épigraphe, les entretiens ou le témoignage), permettant de déceler leurs structures et leur rapport à l’énonciation.Henri Mitterand l’a bien vu lorsqu’il a considéré, dans son Discours du roman, que la préface était le lieu qui indiquait les fondements du discours, mais aussi les lois de la communication linguistique considérées dans leurs rapports au contexte et à la situation d’énonciation avec ses différentes composantes : le destinateur et le destinataire, le jeu des pronoms, les déictiques, les structures linguistiques, etc. De fait, le texte introductif n’est pas simplement un texte en marge du texte ; si, en apparence, il a le statut d’un texte de circonstance, il joue un rôle déterminant dans la réception de l’œuvre en lui conférant, d’entrée de jeu, une identité spécifique. Ainsi, ce « seuil du texte » peut attirer le lecteur dans les filets de l’œuvre, le parer contre d’éventuelles méprises du sens, lui fournir les outils nécessaires à la compréhension des circonstances qui ont suscité la naissance du texte, et même attester l’évolution socioculturelle de toute une vision du monde, en indiquant les structures mentales, symboliques et idéologiques de la société.

Certes, le discours préfaciel a suscité, à ce jour, des études nombreuses et variées. Portant sur des œuvres littéraires, plastiques, et même scientifiques, celui-ci a donné lieu à des réflexions dans divers domaines, tels que la linguistique, la philosophie ou l’esthétique. En témoignent les travaux d’Henri Mitterand, mais aussi ceux de Jacques Derrida, de Philippe Lejeune, de Claude Duchet, de John Herman, de Philippe Lane, d’Elisabeth Zawisza, d’Anne Cayuela et de bien d’autres, qui ont interrogé le discours préfaciel en essayant de comprendre son fonctionnement, mais aussi ses fonctions et ses effets sur les autres discours. Cependant, ces études elles-mêmes nous invitent à mener la réflexion plus loin, en approfondissant les questions que suscite encore le discours préfaciel, notamment à la lumière de l’analyse du discours. Cette réflexion peut porter sur les questions suivantes :

Quels sont les différents rapports entre le discours préfaciel et le texte ?Peut être interrogée, dans ce sens, la dialectique entre le texte et sa périphérie, entre l’imaginaire et le réel, entre le langage et le métalangage.

Comment appréhender la spécificité du discours préfaciel dans les divers genres ?Et peut-on considérer ce type de discours comme un genre ?

Quel lien peut-il y avoir entre le discours préfaciel et le discours et le manifeste?

Quelle relation peut-on dégager entre le discours préfaciel et l’appareil péritextuel (titres, épigraphes, notes…) ?

Peut-on parler d’une typologie des préfaces ? Et quels seraient les rapports entre ces éventuels types?

Dans quelle mesure les préfaces allographes ont-elles contribué à faire connaître les œuvres et à renforcer leur diffusion, comme cela a été le cas dans les préfaces de Taoufik Baccar ?

Comment lire les préfaces des traducteurs et quelle peut être leur importance dans la diffusion du savoir ?

Dans quelle mesure l’éditeur peut-il influer sur la réception de l’œuvre par l’intermédiaire du préfacier?

Comment peut-on lire le discours préfaciel à travers la pluralité des approches, telles que l’approche sémiotique, cognitive, herméneutique ou encore celle de l’analyse du discours ?

Le discours préfaciel peut-il « obscurcir » le texte au lieu de l’éclairer ?

Modalités de participation :

Les propositions (une page au maximum, en indiquant les mots-clés) sont à envoyer à l’adresse ecoldoc@gmail.com avant le 10 mars 2018.

Celles-ci peuvent être en arabe, en français ou en anglais.

Les propositions acceptées seront fixées au plus tard le 19 Mars.

Les textes des communications sont à envoyer au plus tard le 10 avril.

Les textes retenus par le comité de lecture devront répondre aux normes de mise en page suivantes : Police Times New Roman, corps 12 dans le texte et 10 dans les notes de bas de page. Les numéros des notes doivent êtres réinitialisés à chaque page.

La note, dans la première occurrence, doit être indiquée comme suit :

Nom de l’auteur, titre, lieu d’édition, éditeur, volume, date, page. Indiquer la bibliographie à la fin du texte.

L’École doctorale de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan se charge du déplacement à l’intérieur du territoire et du séjour des communicants pendant la durée du colloque, ainsi que de la publication ultérieure des travaux acceptés par le comité.

Pour tout contact, veuillez utiliser l’adresse électronique ecoldoc@gmail.com.

Comité scientifique : Professeurs : Ridha Ben Hamid, Mohamed Atallah, Abderrazak Majbri, Belgacem Tabbabi, Abdelaziz Chebil, Lahdhili Yahya, Hamadi Sammoud, Mohamed-Slaheddine Cherif, Mohamed Chaouch, Monjia Mensiya, Mabrouk Manaï, Jalila Triter, Mohamed Khbou, Khaled Ghribi, Mohamed-Moncef Louhaibi, Nacer Ladjimi, Bechir Oueslati, Taoufiq Aloui, Abdelaziz Messaoudi, Machhour Mustafa, Houcine Hammouda, Amna Belaala, Taher Rouayniya, Mohamed Khatabi, Saïd Yaktine, Khaled Belgacem.

Comité d’organisation : Ridha Ben Hamid,Mohamed Atallah,Belgacem Tabbabi,Lahdhili Yahya, Hatem Selmi, Abdelmonaem Chiha, Monia Abidi, Ridha Labiyadh, Nidhar Hammami, Hadhami Abdelwahed, Dhahbi Youssef, Modamed-Mehdi Makdoud, Monji Omri, Habib Bouabdallah, Sobha Sassi, Jihen Souki, Nouri Mbarek. RESPONSABLE : L'École doctorale « Nouveaux horizons en langues, en lettres, en arts et en humanités » de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan

http://ecoldoc.e-monsite.com Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Kairouan

Source: Fabula

New Publications

Les Pennonages lyonnais. De la milice populaire à la garde bourgeoise (xvie-xviiie siècle) (Olivier Zeller)
Posted: 15 Jan 2022 - 15:10

Olivier Zeller, Les Pennonages lyonnais. De la milice populaire à la garde bourgeoise (xvie-xviiie siècle), Paris, Classiques Garnier, 2022.

L’ouvrage traite des diverses évolutions de la milice lyonnaise du xvie siècle à la Révolution, de la convivialité festive à la géostratégie anti-émeutes. Par là, l’histoire de la milice devient le miroir des relations sociales grâce aux analyses spatiales, symboliques, politiques et littéraires que nous offre cette étude.

Nombre de pages: 1073

Parution: 12/01/2022

Collection: Histoire des Temps modernes, n° 10

ISBN: 978-2-406-11989-0

ISSN: 2276-2582

Monstres et chimères Montaigne, le texte et le fantasme (Fausta Garavini)
Posted: 15 Jan 2022 - 15:08

Fausta Garavini, Monstres et chimères. Montaigne, le texte et le fantasme, Paris, Classiques Garnier, 2021.

Cet ouvrage interroge dans Les Essais les espaces où l'écriture accueille les « chimères et monstres fantasques » venant de la profondeur de l'inconscient. La fonction des Essais est en fait de mobiliser le pouvoir rédempteur de la parole raisonnable pour résister à l'assaut des « monstres ».

Disponible en librairie et sur le site de l'éditeur.

Nombre de pages: 281

Parution: 12/01/2022

Réimpression de l’édition de: 1993

Collection: Études montaignistes, n° 13

ISBN: 978-2-406-12810-6

ISSN: 0986-492X

Popular Opera in Eighteenth-Century France. Music and Entertainment before the Revolution (David Charlton)
Posted: 15 Jan 2022 - 15:01

David Charlton, Popular Opera in Eighteenth-Century France. Music and Entertainment before the Revolution, Cambridge University Press, 2021.

This is the first book for a century to explore the development of French opera with spoken dialogue from its beginnings. Musical comedy in this form came in different styles and formed a distinct genre of opera, whose history has been obscured by neglect. Its songs were performed in private homes, where operas themselves were also given. The subject-matter was far wider in scope than is normally thought, with news stories and political themes finding their way onto the popular stage. In this book, David Charlton describes the comedic and musical nature of eighteenth-century popular French opera, considering topics such as Gherardi's theatre, Fair Theatre and the 'musico-dramatic art' created in the mid-eighteenth century. Performance practices, singers, audience experiences and theatre staging are included, as well as a pioneering account of the formation of a core of 'canonical' popular works.

David Charlton is Emeritus Professor of Music History at Royal Holloway, University of London. He has published on topics in opera between Bizet and Purcell. He is author of Grétry and the Growth of Opera-Comique (Cambridge University Press, 1986) and Opera in the Age of Rousseau (Cambridge University Press, 2012), editor of The Cambridge Companion to Grand Opera (Cambridge University Press, 2003) and also of The Music of Simon Holt (The Boydell Press, 2017).

Available here.

Date Published: December 2021

format: Hardback

isbn: 9781316515846

Les espaces du spectacle vivant dans la ville. Permanences, mutations, hybridité (XVIIIe-XXIe siècles) (Pauline Beaucé, Sandrine Dubouilh et Cyril Triolaire)
Posted: 15 Jan 2022 - 14:58

Les espaces du spectacle vivant dans la ville. Permanences, mutations, hybridité (XVIIIe-XXIe siècles), dirigé par Pauline Beaucé, Sandrine Dubouilh et Cyril Triolaire, Presses Universitaires Blaise Pascal, "Histoires croisées", 2021.

Site de l'éditeur-table des matières

 

Résumé : Là où l’histoire de l’architecture des théâtres s’est globalement focalisée sur quelques archétypes inspirés de monuments remarquables, l’étude des espaces de spectacle et de divertissement révèle a contrario une grande diversité de formes, d’échelles et d’usages. Le temps long privilégié, du XVIIIe siècle à nos jours, permet d’observer et d’interroger les permanences et les mutations de ces espaces voués au spectacle vivant ; des analyses circonscrites à une période, à des villes précises ou à un phénomène culturel particulier enrichissent aussi cette perspective diachronique. La variété de l’offre spectaculaire contribue à l’émergence des lieux et des espaces qu’il est possible d’appréhender en questionnant leur hybridité.

 

En dépit des nombreuses disparitions et transformations, signes des turbulences de l’histoire de l’architecture des lieux scéniques, force est de constater que les activités liées au spectacle et au divertissement perdurent dans la ville, sur plusieurs siècles parfois, à des échelles plus grandes que celles des bâtiments, pour se penser au niveau de quartiers ou d’îlots. Et c’est finalement la longévité même de certaines de ces vocations « spectaculaires » qui peut nous interroger et nous faire porter, à travers ces équipements, un autre regard sur l’histoire de la ville.

Contributeurs et contributrices : Philippe Bourdin, Guillaume Cot, Agnès Curel, Sandrine Dubouilh, Paul François, Rafaël Magrou, Natalie Morel Borotra, Aurélie Mouton-Rezzouk, Natalie Petiteau, Daniel Polletti, Emeline Rotolo, Marc Soléranski, Pauline Valade,

 

Charles-Marie de La Condamine, Voyages en Amérique (éd. Matthias Soubise)
Posted: 15 Jan 2022 - 14:54

Charles-Marie de La Condamine, Voyages en Amérique, Introduction de Matthias Soubise, Texte établi par Matthias Soubise, Illustrations de Benjamin Van Blancke, Paris, Les Belles Lettres, 2021.

Quand il s’embarque à La Rochelle le 16 mai 1735, Charles-Marie de La Condamine est loin de penser que son voyage en Amérique du Sud occuperait dix ans de sa vie. Parti mesurer un angle de méridien et mettre un terme à la longue querelle scientifique autour de la forme de la Terre, l’homme de science doit affronter, outre la rudesse du climat de la cordillère des Andes, les tensions, les rancœurs et les intrigues qui agitent les membres de cette expédition.

Table des matières disponible ici.

460 pages

Bibliographie, 14 Illustration(s) N&B

Livre broché

15.4 x 22.6 cm

Parution : 03/12/2021

CLIL : 3640

EAN13 : 9782251452241